‹ Afrique, Asie, InsulindeChapitre 16 sur 86 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

ili'^ime dos moussons, saison stcho, saison lunnidc. Fleuves côliors : Oqoiin, Ouétné, Voila, Comoé, Cavall;/, Casamaiice, Gambie. Le Sénégal, type (les llcuves de plateaux, sé|)aré en plusieurs bieis par des barrages, est formé par la réunion du Ihikhoy et du Ba/iiif/. Les ciMes du Soudan maiilinie sont parsemées de lagunes, du Sénégal au cap Vert, et même plus loin; au sud du cap lloxo le littoral est découpé, déchiqueté en écueils, bancs de sable, îles, estuaires ; la côte do Sierra-Leonc et de Libéria est rocheuse, celles dites d'Ivoire, de l'Or, des Esclaves sont très régulières. A partir du fond du golfe de Bénin, la vase succède au sable. La barre. Flore et faunes tropicales au sud ; plus au nord la steppe. Races extrêmement mélangées : nègres Ouolofs, Toncouleurs, Mandingues, etc. Colonies françaises : Sénégal. Guinée française, côte d'Ivoire, Uahomcv. Colonies anglaises et portugaises, territoire lihn^ de Sierra-Leone ; le Togoland allemand. — La forêt tropicale : largeur de 200 kilomètres. Végétation très riche le long des vallées. Céréales, café, tabac, etc. Mines d'or très abondantes dans le Fouta-Djalon, dit-on. Industrie très prospère. Accroissement du commerce développé jiar les voies de communication.

Position et limites. — Sénégambie et Guinée ne sont a])i^ès tout que la pai'tie maritime du Soudan; ce sont aussi les dédouchés de toute larégion soudanaisedontles produits sont dirig-és par les fleuves ou pai^ les voies ferrées sur le pourtour maritime de l'Afrique occidentale.

Climat. — La zone maritime du Soudan est un pays de moussons comme le Soudan lui-même ; aussi les variations de la température s'expliquent-elles surtout par les chang-cments de saisons. Les mois d'été sont tellement humides que le thermomètre dépasse rarement pendant cette saison 27" ou 28° : les plus hautes températures sont g-énéralement observées à la fin de la saison sèche, c'est-à-dire vers le mois d'avril ou de mai. Il y a d'ailleui^s de notables diiïéi^ences entre la côte et l'intérieur. A Saint-Louis du Sénég-al, dans lile de Gorée, à Sierra-Leone, des brises de mer locales rafraîchissent la saison sèche. C'est surtout dans l'intérieur où les pluies de mer n'arrivent pas, que les trois derniers mois de la saison sèche sont brûlants.

Fleuves. — Les fleuves côtiers qui arrosent la zone

maritime du Soudan ont un trait commun: ce sont des fleuves de terrasses, divisés en plusieurs biefs par des chutes et des rapides.

Au Dahomey le lleuve le ])lus important est VOuémé, mesurant environ 300 kilomètres de long- et qui aboutit à la lag-ume de Porto-Novo,

La Volta, reconnue par Bing-er, est un fleuve plus considérable, dont l'embouchure a quatre ou cinq mètres de profondeur ; malheureusement une cataracte arrête la navig-ation à 92 kilomètres de la mer.

C'est aussi un beau fleuve que le Coinoé qui débouche au Grand-Bassam et vient du pays de Kong-; on le peut remonter jusqu'à 40 kilomètres de la côte environ.

Les rivières qui descendent du pays de Libéria et de Sierra-Leone, le Cai^alli/, la Sassandra, roulent un flot considérable que remonte la marée, mais sont aussi coupées de cataractes. Le Rio-Grande a un estuaire qui s'enfonce de plus de 100 kilomètres à l'intérieur des terres. hdiCasnmance est navig-ablc sur 175 kilomètres jusqu'à Sedhiou, pour les bateaux de 2 mètres de tirant d'eau. La G(nnbie est le fleuve le plus abondant de toute la rég'ion de l'ouest ; grâce à son relèvement par la marée, les navires la remontent en tout temps jusqu'à Mac Garthy, à280 kilomètres de la côte.

Le Sihiéfjal Qsi formé surtout par doux rivières, le Bnkhoy et le Bdf'tng . Mais c'est le Bafing- ou Rivière Noire, venue du Foula-Djalon, qui est l'affluent essentiel du Sénég-al. t^'est aussi du Foula-Djalon ([ue descend le plus grand affluent du Sénégal, la Falémé, rivière larg-e de 300 mètres à son confluent et qui a des creux de 8 mètres et plus.

Le Sénég-al est malheureusement encombré d'une série de barrages. Déjà le Bakhoy et le Biding- sont interrompus de chutes. De Bafoulabé à Kayes le Sénég-al franchit les cataractes de Gouina et de Félou.

Les côtes. — La côte sénég-ambicnno et g-uinéenne, cjui est le débouché du Soudan, se divise en plusieurs parties distinctes :

1" Du Sénég-al au Cap 'Vert le littoral est bordé d'alluvions sablonneuses qui ont été apportées par le Sénégal ; il n'y a au(;un port jus(prà la ])ointe rocheuse; du Ca]) Vert. Le Sénég-al débouche tlans une longue lagune dont le chenal

de sortie varie constamment : rarement Ton trouve plus de 4 mètres de profondeur, à marée basse, au delà de la barre. Le vrai port, le point d'appui des flottes de g-uerre françaises en même temps que Tescale des navires qui viennent d'Améri((ue du Sud en Europe, c'est Dakar, bien abrité derrière le massif basaltique du Cap Vert.

2" Du Gap Vert au cap Roxo, les alluvions sont interrompues par les profonds estuaires de la Gambie et de la Gasamance.

3" Au sud du cap Roxo le littoral est découpé on écueils, bancs de sable, îles et estuaires ; les lies Jiissagos, de Los, Scherbro ne sont que les débris de la côte primitive dont on peut suivre la ligne. Certains récifs, comme lesWes AI cat ras, sont recouverts d'une couche épaisse de guano.

4° Sur la côte de Sierra-Leone et de Libéria, les dernières terrasses du Fouta-Djalon, hautes de 200 à 300 mètres, viennent en contact avec la mer. La presqu'île rocheuse de Sierra-Leone se dresse à 700 mètres au sud de l'estuaire de la Rokelle et abrite le port très sûr de Freetown. Monrovia est aussi à la base d'une saillie montag-neuse.

5" La partie nord du g'olfe de Guinée qui commence au cap Palmas est d'une étonnante régularité : les côtes dites de flvoire, de l'Or, des Esclaves, se suivent presque en droite lig-ne, et le seul point saillant qui dépasse est le delta du Niger : cette avancée a divisé le fond du golfe en deux baies, celle de Bénin et de Biafra. Çà et là pourtant on observe quelques étendues de hautes falaises, par exemple dans la partie occidentale de la côte d'Ivoire et sur la bordure du pays desAchantis. Toutefois l'étendue des côtes à lag-unes est bien plus considérable. On cite surtout la lagune d'Ebrié en face de Grand-Bassam, le lac Denhani ou lag'une de Porto-Novo, la lag-une de Lagos : la fortune de Lag-os, le g-rand port de la Guinée, vient justement de ce que l'ouverture de sa lagune est facile.

Le phénomène caractéristique de la côte de Guinée est la barre, ligne ininterrompue de hautes vagues qui se brisent avec force sur les bas-fonds en avant de la côte et qui rendent les débarquements dangereux.

Populations, races. — Dans le Soudan maritime, les races sont très mélang-ées. Au nord du Sénégal, sur les confins du désert, errent les tribus maures (Trarzas, Braknas, Douaïch) que la France a refoulées loin des populations

noires qu'elles opprimaient. Dans le Sénég^al proprement dit sont les Ouolof's, g-rande nation de noirs vig-oureux qui fournissent à la France ses meilleurs ouvriers et ses plus fidèles soldats; les Toiicouleia'S, très nombreux entre Podor et Bakel; les Soninké ou Sara/.olets, pacifiques et très âpres au gain ; et les Mandbigucs ou Dioula qui servent d'intermédiaires entre la côte et Je Haut-Nig-er. Sur la côte de Libéria et de l'Ivoire est une tribu d'exellents marins, les Krou.

Géographie politique. — C'est la France qui a exploré la plus g-rande partie du Soudan maritime. Binger en a fondé la géographie en donnant pour la première fois une idée juste du relief; la grande traversée de Monteil entre la côte de Guinée et la Tripolilaine a confirmé les données du grand explorateur Barth. Dans la Guinée, Salesses, Noirot et Maclaud nous ont fait définitivement connaître le Fouta- Djalon ; c'est en arrière de la Côte d'Ivoire, dans la vallée du Bandama, que Marchand a fait sa première grande exploration ; Ballot, Alby et Toutée nous ont révélé le Dahomey sous ses aspects si divers. La France est aussi la puissance coloniale prépondérante dans ces parag-es.

I. Le SénégaL — Notre colonie du Sénég-al comprend : 1° des pays possédés directement par la France; 2° des pays de protectorat ; ;> des pays alliés par traités. Le territoire français ne comprend qu'une étroite bande le long- du fleuve jusqu'à Bafoulabé et le long de la côte de Saint-Louis au Saloum. Ce territoire est divisé en deux arrondissements : Saint-Louis et Dakar. Le reste se compose de territoires protégés. Ce sont, d'une part, des parties de l'ancien Sénégal : Cayor, Saloiim, DJolof, Fou/a, Bondoii, Batnbouk^ etc.; d'autre part, des territoires de l'ancien Soudan français, supprimé en 1900 en tant que gouvernement autonome : Bélédoiigou, Ségou, etc., etc.

Sur un total d'environ 15 millions d'habitants que compi'ond l'Afrique occidentale française, le Sénégal en a o millions et demi, y compris les populations de la Sénégambie et du Niger. Saint-l^ouis, la vieille capitale, a 20000 habilants, 50000 en y comprenant sa banlieue. Le grand port de Dakar, résidence du gouverneur général de l'AiVirpio occidentale, a 12000 habitants. Rufisque, le grand marché des arachides, HOOti.

II. Gambie anglaise. — L'Angleterre possède le cours de laGamliio hord»- d'une étroite bande déterre, dcîpuisYarlialenda jusqu'à reniliouchure. Dans cette colonie ani^Iaise, c'est le connnerce français qui prédomine. C'est une région très malsaine : dans la capitale, Bathurst, on compta 737 morts contre 202 naissances en 1884.

m. Guinée portugaise. — La (juinée portugaise est également enclavée dans notre territoire; elle comprend le cours du Gaclieo, du Rio Geba, du Rio Gassini, le cours inférieur du Rio Grande ainsi que les îles Bissag-os. Le chef-lieu est Boulam {3700 hab.) dans une île h l'entrée du Rio Grande. Le commerce est surtout aux mains de maisons françaises.

IV. Guinée française. — La Guinée française a été séparée en 1889 de la colonie du Sénégal : on a constitué cette colonie nouvelle pour assurer à la région du Pouta-Djalon un débouché maritime, en même temjjs que pour assurer du trafic au chemin de fer qui unira bientôt la côte au Niger, Konakry à Kouroussa par Thnbo. Ivonakry, le chef-lieu, fondé il y a dix ans, est déjà une ville de 15000 âmes.

V. Sierra-Leone. — La colonie anglaise de Sierra-Leone, comprise entre les Rivières du Sud françaises et le Libéria, mesure 73000 kilomètres carrés et compte 000000 habitants. C'est peut-être la colonie la plus malsaine de toute la région g'uinéenne : il arrive qu'en une seule année la mort emporte un tiers de la population blanche. Aussi dans la capitale Freetown, qui a 30 000 habitants, le commerce est-il aux mains de noirs à demi civilisés, descendants des esclaves délivrés par les croiseurs angdais et débarqués par eux sur cette côte.

VI. République de Libéria. — En 1822, une société américaine pour l'établissement des nèg-res affranchis fondait une colonie au cap Mesurado; en 1848, la colonie, devenue considérable, prenait le nom de République de Libéria. Aujourd'hui le territoire de la République s'étend des confins du Sierra-Leone anglais jusqu'à la rivière Gavally, près de la colonie française de la Côte d'Ivoire, Sa

GÉOG. CL. b'^. 5

population est de iSUOU citoyens et de 150000U nègTes vassaux. Les blancs, qui ne sont ni électeurs, ni cligibles, sont du moins les principaux maîtres du commerce. La caiiitale Monroi'ia (en Thonneur du président américain Monroe», assez célèbre parce quelle s'élève sur les pentes du mont Mesurado, n'a que loOOfJ habitants. De récentes explorations françaises ont prouvé que l'autorité de la République de Libéria était fort méconnue, sinon inconnue dans les pays de Tintérieur.

Vil. Colonie française de la Côte d'Ivoire. — La fondation de cette colonie est résultée des grands voyages de découvertes de l'explorateur Binger, qui a montré rim]iortance des fleuves de cette cùte qu'on croyait jadis de courts torrents descendant des imaginaires monts de Kong-. Cette colonie mesure 3( H) 000 kilomètres carrés et a 2 millions d'haliitants. Sur la côte se trouvent les vieux comptoirs de Grand-Bassam et d'Assinic, à l'intérieur le grand marché musulman de Kong- dont l'active et honnête population a été délivrée par la France des brigandages de Samory. Depuis Tannée 1901, le chef-lieu du gouvernement a été transféré h Bingei'ville que l'on va doter d'un port en eau profonde, et qui sera la tête d'une voie ferrée menant à Kong- et au Nig-er.

VUI. Colonie anglaise de la Côte de l'Or. — Depuis lachat des derniers comptoirs hollandais en 1871, la (îrande- Bretag-ne est maîtresse de toute la cùte, sur 000 kilomètres, entre Assinie et Tog-o. C'est un domaine de 50 000 habitants ; la Grandc-Bretag-ne a dû faire maintes guerres, notammenten 187G, pour soumettre les Achantis,\)e,u\)\^dQ guerrière, et prendre leur capitale Coumassie. Le sièg-e du gouvernement, autrefois à Gape-Coast-Castle, a été transféré poui- raison de salubrité à ChrhllanboryAcra, villes jumelles comptant ensemble 10000 habitants.

IX. Colonie du Togo allemand. — La colonie allemande du Togo, (ir-limiléo pai' la convention de 1807, s'étend de la côte de l'Or au Dahomey français, sur une superficie de 87000 kilomètres carrés, avec unepopulalion assez dense de 2 millions d'habitants. C'est une petite colonie où les Allemands ont IVu-t Mcn organisé h's plantalinns cl le rom-

merce, et dont la position n permis au commerce germanique de s'introduire aisément dans toutes les autres colonies d'Afrique occidentale ang-Iaises ou françaises qui sont iieaucoup plus riches. Les principales escales du Togo sont Petil-Popo et l'oi'fo-Scf/urn. A l'intérieur, h 27)0 kilomètres de la côte, s'élève Bhmarckhourg sur un plateau de 700 mètres d'altitude.

X. Colonie française du Dahomey. — Le Dahomey, ancien État monarchique de la cèle des î]sclaves, a été conquis par la France sur ses monarques sanguinaires en 1892. 11 a une superficie de 150 000 kilomètres carrés et une population de plus d'un million d'habitants. A l'intérieur sont les deux villes de Cana et cVAhomcy, ancienne capitale deBéhanzin; sur la côte sont les com])toirs de Kotonou, de Grand-Popo et de Whidnh. Le petit royaume dePorlo- A'ovo, peuplé de 150000 liabitants, est sous notre protectorat. Une voie ferrée sera bientôt construite qui doit relier Kotonou àAbomey, puisa Nikkidans la direction du Nig-er.

XL Colonie Anglaise de Lagos et territoire du Niger. -

A l'ancienne colonie de La g o.s, sur l;i côte des Esclaves, comptant 3 millions d'habitants, s'est ajouté limmense territoire de la Nigeria, ancien domaine de la Compag-nie royale anglaise du Niger rétrocédé à l'État britannique. C'est une belle colonie de 875000 kilomètres carrés et de 24 millions d'habitants. Elle est sillonnée par le Nig-er et la Bénoué, c'est-à-dire qu'elle tient laclefdela vallée du Nig-er et de tous les pays du Tchad. Il se fait déjà d'importantes opérations commerciales par la branche de Forcados navigable avec 5 mètres de tirant d'eau. La ville principale est Akassa, à l'entrée de la branche principale du delta du Nig-er.

Géographie économique. — Vers le littoral compris entre les bouches du Niger et celles du Sénégal alïluentles ressources de la cueillette et de l'agriculture de tout le Soudan maritime et d'une grande partie des régions de l'intérieur.

Tout d'abord on exploite, dans lazone littorale et quelquefois jusqu'à 250 et 300 kilomètres à l'intérieur, la riche forêt de palmiers à huile qui est la caractéristique des contrées

humides de la Guinée. La valeur de l'huile de palme exportée chaque année par les porls de cette vaste réyion dépasse 50 millions de francs : on sait qu'elle est employée notamment dans les industries de la savonnerie et de la stéarinerie. La forêt de palmiers à huile a toute sa richesse et sa plus g'rande larg-eur dans la colonie française de la Cote d'Ivoire.

Il y a aussi dans celte même zone de pluies a])ondantes des pays les plus voisins de la mer, d'admirables forêts de bois de construction et d'ébénisterie, teck, acajou, etc., etc. ; à cet ég'ard encore, la Côte d'Ivoire est admirablement dotée. Dans la zone la plus proche de la mer sont do belles plantations de cocotiers, arbres qui donnent un fruit comestible, des fibres précieuses |)Our la fabrication des cordes et la vannerie, enfin le coprah.

Mais les cultures proprement dites ne sont encore qu'à leur début. L'exportation du café, en dépit des conditions favorables du pays, ne peut être comi)arée, même de loin, ni à celle du Brésil, ni à celle de Java, l^endant longtemps on s'est obstiné à cultiver la canne à sucre, dont le succès en ces parages ferait une concurrence désastreuse à nos vieilles colonies des Antilles et de la Réunion etaux champs de betteraves de la métropole. On cultive en grand les ai-achides dans le Sénég-al, notamment dans le ('ayor, tout le long- de la ligne de chemin de fer de Saint-Louis à Dakar-, on en exporte chaque année 70 à 80 000 tonnes valant une quinzaine de millions.

Industrie. — La culture delà terre et l'exploitation dos richesses naturelles végétales sont encore une telle ressource dans ces pays que l'industrie ne s'y est guère dévelojj})ée, sauf l'industrie rudimcntaire usitée dans les familles et dans les tribus et ([ui s'applique à la fabrication do quelques tissus, notanunent de cotonnades. A cet égard lesindig-ènes et les Français auront égah^menl intérêt h ce que l'on développe en grand la culture du cotonnier (pji cni-ichiia l'Afrique occidentale, tandis que les manufactures d'Euroftc g-agn(!ront à travailler cette denrée et à en exporter les produits.

J/exploilation minière; est encore très simj)le. Tatjdis que les prcinifu-s commerçants (jui visitèrent l'Afrique occidentah; achelaicnt (l(;s indigènes de mciuies (piaulilés (le

pondre d'or, on exploite directement aujourd'hui les gisements aurifères du Bouré et du Bambouk dans le Sénégal et de la Côte d'Ivoire française. On n'est pas encore fixé sur la valeur de tous ces g-isemcnts aurifères.

Commerce. — Sauf le Nig'er et la Bénoué, et une fraction du Bas-Sénégal, puis quelques tronçons de rivières de Guinée, les voies navig-ables de l'Afrique occidentale ne peuvent suffire aux communications des ports avec l'intérieur. C'est pourquoi les puissances européennes procèdent à la construction de voies ferrées destinées à amener vers la mer les denrées de l'intérieur et à porter vers l'intérieur les produits manufacturés de l'Europe. Les trois principales lignes en construction sont sur des territoires français; ce sont :

1" La ligne du Haut-Sénég-al au Niger, c'est-à-dire de Kayes à Bafoulabé, Kita elle Nig-er ;

2° De Konakry à Timbo, capitale du Fouta-DJalon, et au Nig'er;

3" De Bing-erville, sur la Côte d'Ivoire, à Kong- et vers les ])ays de la boucle du Niger;

4° De Kotonou, port du Dahomey, à Abomey, Nikki et le Bas-Niger.

Ces voies ferrées seront les affluents des lignes de navigation qui desservent la côte et parmi lesquelles il en est trois françaises, celle des Mcssaf/rricn Marithnrs dont les paquebots touchent Dakar, à l'aller et au retour des voyages vers l'Amérique du Sud, les Chart/eurs Réunis et la Co7npagnie Fraisslnet, qui desservent les ])rincipaux ports de toute la côte de Guinée. En vertu de traités passés entre les différentes puissances coloniales de ces parages, les navires étrang-ers visitent nos ports dans les mêmes conditions que les navires français : c'est un grand gain pour l'Allemagne qui possédant peu de territoire, a cependant les mêmes avantages commerciaux que les États richement pourvus de colonies.

C'est ce qui explique que le pavillon étranger fasse beaucoup plus de commerce que le ijavillon français dans nos propres colonies. L'ensemble de tous ces pays d'Afrique occidentale fait aujourd'hui un commerce de plus de 300 millions de francs, dont 130 à 140 pour les colonies françaises.

LesprincipaiixportssontZ>^//iT/;',à l'extrémité du CapVerti Bathnrst port anglais des bouches de la Gambie, Groiul- Bassam et bientôt Binr/ervil/c port de notre Côte d'Ivoire, Kolonou au débouché du Dahomev.

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