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CHAPITRE IX

AKUigUK AUSTI^VLK.

SOMMAIRF.

lii'/icf. — 1" Une zorio de terres élevées sépare la cùle (ncidetilale de riiili'iicur. L'allilude iiii^Miieiile de la rôli' à riiili'rieur (chaînes du DaiiKtra, massif de Vihmihtki), 2 :!00 ni.) ; dans la colonie du Cap, chaîne de VOlifnii/, mont de la Tahie (1 100 m.) ; 2" la zone des niontaj;iies coliéres se comiiose d'une série de croupes parallèles à la côte (les ipuiole Zivarlelx'ff/eii, 2'iOO m.; le plateau du Kai'rmc les monts N/eum'ircld); "i" sur la C(Me orientale se trouvent les |tlus haides chaînes (les lh'(i/,ciilirrijcii , :!()00 m. ; les Itii ii(//)C)'(/cii). A l'ouest, les jjlateaux se liennenl à nni';:randi' lianlciir |il.ili an du Transvaal, 1400 m.). An delà dn Liinpopo,

il n y a plus do cliaîiio parallèle à la côte (plaleaii des Malchélës, massif (lu Manivd, etc.).

Cliiiiat. — 11 convient de dislinj^ner plusieurs zones : 1" zone dn Zambèze où les pluies ne tombent qu'en été (le vent vient du nord); pendant le reste de ianiK'e, la séclieresse s'établit (le vent vient du sud). La température varie de + 38° à 18"; 2" la côte dn Cap où l'été est sec et l'hiver pluvieux; 3" la cùle ouest où il ne pleut presque jamais à cause des vents frais du sud-ouest; 4» à l'intérieur. Là, c'est la bordure moiita;.'ncuse qui diminue les pluies (au Gap, 70 eentim. ; au Transvaal, 40; au Kalabari, 'iù). (iràce au courant anlarclique dn sud et à l'alizé du sudest, la température est inférieure aux latitudes corres[)ondanles de la Méditerranée.

Hi/drof/iaphie. — Pas de cours d'eau i)ernianenls dans la moitii' occidentale de l'Afrique australe (le Counèné, le lac Nfjuml). Avec le lleuve Orange (2 140 kil.) commence une région plus arrosée. Son princijial al'lluenl est le Vaal. Les rivières côtiéres du sud et de l'est sont peu importanles. Le Limpopo est un fleuve de 1 500 kilomètres, navigable seulement sur 150. Le Zambèze est, par sa longueur, le (piatrième lleuve de rAfri(|ue. Né sous le nom de Liba, il traverse une n'gion de marécages, puis s'engage dans une région de rapides (cbutes Victoria). Dans cette partie moyenne de son cours, il reçoit le Tchohé, le Kafoué, le Louauf/oué. Dans son cours inférieur, le Zambèze traverse les montagnes bordières par les gorges de Lupu/a et icçoit le Chiré qui ouvre une voie d'accès vers les grands lacs. Le delta du fleuve est très étendu.

Ciilcs. — La cùte ouest s'étend presipie sans indexions du caj) Vilo à la baie de Sainte-Hélène (baies de Walfisk et iV A nr/ ra-l'ccj uena). Une cùle |»lus rocheuse commence avec le cap Sainl-Mar/in (baies de la Tahle, de False); cap des Aujuilles ; ports de Capetoivii. (ÏÉlisabclh^ d'Ea.sl-Lonilon et de Porl-Xa/al. La seule baie vraiment sure est celle de Delagoa avec Loiirenço-Mavqiiez. La côte île Mozandji(|ue n'a que peu de ports {Quilimane est le meilleur).

Végétation. — La flore du Damara et du Xamaqua est désertif/ue (arbustes épineux, acacias) ; celle du Cap est lem|)ér('e, mais elle finit en brousse sur la côte ouest. Les forêts couronnent les croupes des Drakcnbergen. Le Transvaal a la végétation des savanes.

\'te animale. — Sur les bords du Zambèze existe une faune très riche {éléphant, hippopotame, rhinocéros, etc.) (ju'on ne voit plus guère au sud de l'Orange (hyène, chacal, etc.' ; au nord, le cours du Limpopo marque la limite de la faune europi'enne (mouche tsétsé).

Populations. — Les populations du Uamaralund appartiennent à la race des nègres bantou au nord et hotlentole au sud. Les blancs les plus nombreux de l'Afrique australe sont les Bocrs, mélange de Français huguenots et de colons hollandais. La moitié orientale de l'Afrique australe est occupée iiar les Cafres, Zoulous, Betchouanas et Basoulos.

Géoi/raphie politique. — 1» Les Allemands ont établi, en 1884, leur protectorat sur toute la côte de l'Orange au cap Frio, sauf la baie de Walfisli ; 2" la colonie dn Cap, fondée par les Hollandais en 1G52, appartient aux Anglais depuis ISI5; 3" fuyant la domination anglaise, les Boérs ont fondé, en 1834, l'État de l'Orange, celui du Natal (conlisqué par les Anglais en 1843) et la R(''i)ubli(pie du Transvaal contre laquelle la Grande-Bretagne a engagé plusieurs guerres dont la dernière s'est terminée par la soumission des Boers. C'est également à une Compagnie anglaise privilégiée qu'appartiennent le Basoutoland, le Zoulouland et le Mutébé-

léland. D'autre part, li's Purliii^ais ont conquis tous k's Icrriloircs limitrophes (lu Zambt'ze et auraient réussi à souder leurs eol')uies de la coti' ouest à eelles de la côle est s'ils ne s'étaient heurtés au\ soldais des conipa.L'uies britanniques (liaité du 20 août 1890). Les principales villes de 1 Al'ri(iue australe sont Ca/jcloini [itl OW) hah.), KiiJiljcr/c>/ (28000 liah.) ; Diirhan. Pretoria, Johannisbiirr/ (900O0 hab.) ; Loureriço-Mrir<iiiez, Trlt'.

(h'ii(jraphie économique. — 1" La région du Zambèze, bieu que voisine de l'équateur, n'est pas extrêmement riche. Le sol se prêterait à l'élevage, mais la mouche tsétsé rend toute tentative impossible. En revanche, c'est un des pays les plus riches en mines [houille près de Tété, liions aurifères à Sofala et sur le plateau de Manica ; fer dans la région de Tété») ; 2" L'Afriipie méridionale s'est enrichie j)ar Vêleimge (3 millions de hèles à cornes); la vigne réussit sur les montagnes du Cap; dans les plaines basses du Natal et de la Cafrerie poussent la canne à sucre, le rir, Vindif/o et le coton; dans les hautes vallées se cultivent le maïs et le sorr/ho; le tabac vient partout sur le plateau et l'arbuste ;i thé sur les monts Drakenbergen. Bien (jne l'agriculture soit très développée, l'industrie est plus prospère encore (minesde diamant (]a.ns le Gricjnala nd-\Vesl et à Kiinlierley; mines d'or du Witivatersrand : houille au Transvaal ; mines de cuivre du Nauia(pialand et (VOoliiep). Le sel se lecueille sur la côle occidentale. L'industrie manuracluiière est encore en enlance.

Voies de coninjunicaliiin. — Les llcuves ne sont guère utilisables, mais il existe 1 .'■)00 kilomètres de bonnes routes, près de 8 000 kilomètres de voies ferrées et 20000 kilomètres de lils télégraphiques.

Commerce. — 11 a dépassé, en 1900, I .SOOOOOOOO de francs dont un nniliard pour les colonies anglaises et dépendances. Les importations consistent eu tissus, mercerie, machines, etc.; les exportations en diamants, ur, cuivre, plumes d'autruche, elc. La France ne prend à ce commerce ([u'uiie part insignifiante.

Relief. — L'Afri(|uc auslralc comi)rend plusieurs zones de felicl' li'ùs distinctes :

1" La zone de terres élevées qui sépare la côte occidentale de rifitérieur et qui se compose de terrasses s'élevant rapidetncnt. Ainsi, à lOU kiloin(M,res de la haie de Wallisli, on est déjà à (500 mètres de hauteur. Ce plateau est surmonté çà et là de montagMies. Les chaînes calcaires du DaiiKiraliind atteignent 2 300 mèti'es dans le massif de TO/y/a/^/Ao, à l'est de la haie de Walfish ; dans le pays des XanuKinii, il faut franchir im col de 1000 mètres d'altitude ])Our passer du jioi-t (rAni;'ra-l'e(piena à Béthanie dans rintél'ieur.

Dans la colonie du Cap, les montagnes côtières sont déjà foi-t élevées : la (;hahie de VOlifunt se termine par un piton de 2 085 mètres (ît la montagne de la Table, qui forme l'ossature du cap de lioime-Ksijéranc.e, dresse ses lianes ahi'iqtls à près de 11(10 mètres au-dessus de la ville du Cap.

AFRIQUE AUSTRALE. '.Il

2" La zone des montag-nes cùtières qui termine le plateau africain au sud du continent se compose d'une série de croupes pai-allèles à la côte, qui s'étagent en augmentant de liauleur vers l'intérieur. Les f ironie Zwarlelx'rijrn (g-randes montagnes noires) ont plus de 2 200 mètres d'altitude. x\u delà de cette zone côtière, l'immense plateau du Knvroii s'étend jusqu'au fleuve Orang-e vers lequel il s'abaisse en pente douce. Ce plateau est coupé en deux par une chaîne sinueuse dont le milieu est connu sous le nom de Nieuwcreld, et qui linit à l'est par le massif du Compass (2700 mètres).

3° C'est à l'est que se trouvent les plus hautes chaînes de l'Afrique occidentale. Les montagnes bordières, les Drahcnbrrfjen^ s'élèvent par trois échelons successifs à des liauteurs de plus de 3000 mètres (Champag-ne-Castle, 3 lOOmètres; montllamilton, 34S0 mètres). Ellesneforment du reste muraille que d'un côté : à l'ouest, elles ne sont que le rebord [teu saillant du plateau, et vers le nord elles prennent de plus en plus la physionomie d'immenses falaises, d'où le nom de Randbergen (montagne du liord).

A l'ouest de ces régions plissées, le plateau sud-africain se maintient à une grande hauteur; le sol du Transvaal est en moyenne à 13 ou 1400 mètres et s'abaisse doucement vers le Kalahari.

Au nord, le plateau des Mat<il)élés et du pays de Gaza s'élève par une série de terrasses irrégulières qui dominent çà et là des massifs comme VOutobi (1200 à 1400 mètres). V^ers l'ouest, le plateau est plus élevé ; par exemple le socle du massif de Manica n'a pas moins de 2000 mètres d'altitude. C'est ce (jue les g-éog-raphes ont longtemps ap[)elé le plateau de Monomotapa.

Climat. — Le climat de l'Afrique australe varie beaucoup du nord au sud et de l'est à l'ouest :

1" Zone du Zambèze. — Dans la région du Zambèze tombent des pluies d'été, c'est-à-dire d'octobre en mars, puisqu'on est dans l'hémisphère austral : les vents pluvieux viennent du nord nord-est. Le vent sec de l'autre saison est le vent du sud-est. C'est naturellement dans les pays les plus chauds du nord qu'il pleut le plus. Enfin, dans ces pays tous très chauds, la température est particulièrement constante dans les districts les plus humides et les plus voisins

de la mer ; à rintérieur des terres, elle est plus variable. A Télé, sur le Zambèze, la plus haute température observée est de -j- 38° et la plus basse de -\- 18°.

2" Côtes du Cap. — A Test, la côte du Natal a, comme les pays du Zambèze, des pluies estivales. A l'ouest, vers la colonie du Cap, c'est au contraire l'hiver qui est pluvieux : il tombe GO p. 100 des pluies annuelles de mai à août.

3° Cotes de l'ouest. — La côte ouest de l'Afrique occidentale est d'une extrême sécheresse. Il pleut une fois par an à Angra-Pequena, cinq ou six fois à Walfish-Bay, environ une fois tous les deux ans à Mossamédès. En revanche, les brouillards y sont extrêmement fréquents.

4° Pays de l'intérieur. — Dans les districts de l'intérieur, les pluies, arrêtées par les bordures montagneuses de l'est, sont rares. Tandis qu'au Cap, on observe encore GO à 70 centimètres de pluie, il n'en tombe guère que 40 au Transvaal et moins de 20 dans les déserts et steppes du Kalahari.

Fleuves et lacs. — 1" Toute la moitié occidentale de rAfriqueaustraleestdé])Ourvue de cours d'eau permanents. Le Counené, qui descend du plateau de Bihé, est presque à sec à l'endroit où son lit confine à la mer. Les rivières venant des montagnes de Mossamédès vers le Kalahari et (lu ])lateau des Damara vers la Zambèze sont épuisées à peu de distance de leurs régions de source. Elles se perdent dans des cuvettes peu profondes, sur lesquelles s'étend une couche de sel. Tel est le lac A'f/a/ni, véritable mare aux rivages changeants et qui, après les crues, se déverse pai' la v'w'wvo Zouf/a dans une autre lagune tout à fait salée, le Malx(U'il,ari.

2° Le fleuve Orange mwcqnù au sud la limite de cette zone desséchée. Long- de 2140 kilomètres, il descend du Champiig-ne-(^astle ou mont Cathkin, puis serpente vers l'ouest à travers le plateau, recevant un affluent plus long', mais plus pauvre que; lui en eau, le Vaal. L'Orange lui-même diminue de volume à mesure qu'il s'avance vers l'ouest. Après les Anf/hraÙLCs, g-randes cataractes où il descend brusquement de 800 mètres à GGO, il ne reçoit plus d'affluent permanent : une biwre obstrue son embouchure ])rès du cap Voltas.

Les rivières côtièrcs du sud et de l'est de la colonie du Gap sont exlrêmenicnl brèves, par exemple le AVy et la

Tugeld, mais moins indigentes que celles de rouesl.

3" Le Lunpopo, long- de 1500 kilomètres, sort des collines qui dominent Pretoria et descend par de superbes cascades l'escalier des monts du littoral. Sa pauvreté en eau, comme l'àpreté de ses pentes, empêche qu'on le remonte à plus de 150 kilomètres de l'embouchure.

4° Le Zambrze mesure environ v>200 kilomètres de longueur. Né, sous le nom de Liba, sur un plateau d'environ 1200 mètres d'altitude, puis grossi par un émissaire du lac Djilolo qui alimente également le Kassaï, il s'étale d'abord en immense nappe marécag-euse. Après 400 kilomètres de ce cours de plateau, il tourne au sucl-est et s'engage dans une région de rapides, puis, 200 kilomètres plus loin, il sengloutit tout entier dans une fissure profonde de 120 mètres et large de 30. Ce sont les chutes Victoria, « la fumée tonnante » décrite ])ar Living'stone. Le Zambèze descend encore deux séries de rapides, ceux de Kansalo et t\(' Ki'br(fbassa, avant de devenir navigable. C'est dans cette j^artie moyenne de son cours qu'il reçoit ses grands affluents: 1° à l'ouest, le Tchobé qui lui apporte les eaux du plateau de Lounda et a un cours très facilement navigable ■,2" \cKafone, affluent de gauche, encore mal connu ; '.j° le Loangotié, qui ap])orte au Zambèze les eaux du pays situé entre le Tanganika et le Nyassa.

Dans son cours inférieur, le Zambèze franchit les montagnes bordières par les gorges de Lupata, longues de 17 kilomètres, rétrécies ])arfois jusqu'à 40 mètres, mais où une belle profondeur de 20 mètres environ permet la navigation. C'estlà quele67//;7', déversoir du lac Nyassa, tombe flans le Zambèze. C'est une belle rivière, malheureusement coupée de cataractes sur une distance d'environ 75 kilomètres en amont de Katonga.

A travers le vaste delta du Zambèze, plusieurs branches s'ouvrent un chemin, celle du Koama, la plus considérable, celle du Mulo, peu praticable et f{ui aboutit à Quilimane. La meilleure branche ilu delta paraît être le Tchindé.

Côtes. — 1° Côte ouest. — La côte ouest, de caractère déscrlii[ue, se déveloj)pe sans infUîxion du cap Frio à la baie de Sainte-Hélène, |)rès du caj). On n'y voit que deux échancrures, Walfish-Bay, bien abritée et jirofonde de 7 mètres et Angra-Pequena, ayant des fonds de 13 à

14 mètres. Les deux mouillages sont presque ég'alemcut dépourvus d'eau douce.

2° CÔTE SUD ET EST. — Très dUTérente est la côte méridionale bien découpée par la baie de Saldanha et la baie de la Table. Ca))e-Town est admirablement |>rotég"é ])ai" rhémicycle des montag'nes du Lion, de la Table et du pic du Diable. Ni la Fahe-Iiay largement ouverte aux vents du larg-e, ni même la crique mieux fermée de Simons-Town ne sont de bons abris. Les parag-es du cap des Aiguiller sont particulièrement redoutés des navigateurs, et il faut aller jusqu'à Aliiual Souf/i, <lans la J/osscZ-hoij, pour trouver un l»on mouillag-e. Porl-E/isabeth., dans la baie (ÏA/t/oa, est mal protégé ])ar le cap Recife. Le port cVEast-London vaut moins encore ; et si Port-Natal est mieux à couvert des vents, sa profondeur est insuffisante.

C'est la baie de Delar/oa, admirablement abritée et iir-ofonde, qui est le vrai débouché de l'est. Lourenço-Marqurc, au fond de cette baie, a encore des profondeurs de 6 mètres. A l'occasion de la guerre avec le Transvaal, la Grandc- Bretag-ne a fait de ces baies un usag'e qu'elle espère bien voir tourner en possession, en dé])it des molles protestations du Portugal.

Très dangereuse est la côte de Mozambique que rase, au sud du cap Corriciitcs-, le courant de Mozambique. La baie û' I nlidinliaiH' et ranti(]ue Sofala manquent d(!S fonds nécessaires aux gi-ands navircîs. (Juifi/nanc, mal placé sur une branche peu navigable du Zambèze, sera sans doute supplardé par lic'ira^ à l'embouchure ilu Pounfjoué.

Vies végétale et animale. — Les régions les ])lus riches en végétaliitn sont iialurcllement celles du nord-est et de l'est, où règ'iKiut de belles pluies d'été et où d'ailleurs l'humidité n(! munc{uei)resque <lans aucune saison ; les plateaux adossés aux montag'nes à l'intérieiu-, comme le Transvaal, sont (l(''jà fies régions plus sèclies, où l'on j)asse. successivement (le la pauvreté des savanes et des stepi)es à la misère du désert. Dans les montag'nes bien arrosées des Drakenbergen sont de belb^s forêts, tandis (piau Ti'ansvital, de g-rasses savanes pcnnclli ni li'levage c^t, moyennant riiM-ig-alion, de ri(;h(;s cullurcs. En revanche, le Damara, le Nainaqua, b^ Kalahari ol]i(^nt le s|)ectacle de grandes ôten-

ducs privées de végélalion ou garnies d"arbustcs éi)inoux cl (le plantes grasses.

De même la vie animale est d'une grande richesse et dune beauté remarquable dans les pays du Zambèze^ où l'éléphant, le buffle, l'hippopotame et le rhinocéros sont encore en g-rand nombre, où de grands troupeaux d'antilopes font migration de pâturage en pâturage. La girafe et lautruche. animaux des steppes, ne se montrent qu'au sud du Zambèze. Quant à la vie animale du Gap, elle a été modifiée dans son caractère par l'importation des animaux européens. Cette acclimatation a été arrêtée, j)ar le fléau de la mouche tsétsé, à la limite du Limpopo : c'est une mouche qui fait \)énv rapidement le bétail.

Populations. — Indigènes et Européens sont surtout en grand nombre à l'est et au centre, où sont les meilleures ressources : les régions de l'intérieur et de l'ouest sont des séjours de vie nomade ou même de véritables déserts. Les indigènes les plus nombreux et les plus vigoureux de TAfrique australe sont ceux qui se rattachent à la grande lamille Bantou et qui peuplent les districts de l'est et du nord-est, Cfifres, Zoulous, Bctc/ioi/anas et Basoiftos. Ils sont -'lOOOOUdans la colonie du Gap, 000 000 en y comptant les métis. Dans la Gafrerie, à l'est, il y a 520 000 Gafres, c'est-à-dire environ 13 par kilomètre carré. Au Natal il y a [)lus de 400 000 indigènes en face de 40 000 blancs ; enfin le pays zoulou est à ])eu |)rès exclusivement peuplé de ces noirs.

Dans les pays de l'ouest, Damaraland, Namaqualand, il n'y a guère que 230 000 indigènes ap})artenant à la race Bantou dans le nord (Ovambo, Herrero), à la race hottentote au sud vers l'Orange.

Los colons blancs se sont établis et multipliés dans la région tempérée du Gap et sur les hauts plateaux; ils sont au nombre de 340 000 dans la colonie du Gap, de 240 000 au Transvaal et de 78 000 dans la république d'Orange. La plupart descendent de colons hollandais et de Français pi'otestants, réfugiés dans le sud de l'Afrique à la suite de persécutions. G'est une forte race, dont la ténacité a fait ses preuves au cours de la dernière guerre contre la Grande- Bretagne.

Géographie politique. — i"* TERRiTomES allemands. —

En 1884, l'Allemagne a établi son protectorat sur la côte sud-ouest, entre l'Orange et le cap Frio. Elle a étendu son jirotectorat à Tintérieur sur des territoires qui ont pris le nom d'Afrique occidentale du sud allemande : ces possessions représentent une superficie de 830 000 kilomètres carrés, mais ne sont g-uère peuplées que de 200 000 habitants dont 4 500 blancs.

II. Afrique australe anglaise. — La colonie du Cap a été fondée par des Hollandais et i^enforcée par des apports de huguenots français en 1085. La Grande-Bretagne s'attribua d'abord la g-arde de la colonie hollandaise contre les entreprises françaises, puis se l'adjug-ea en 1815. Ce fut le signal de l'émig'ration des Boers qui fondci-ent en 1834 l'pjtat d'Orange et celui de Natal confisqués dès 184;) par la Grande- Bretagne. Les Boers fondèrent alors le Transvaal qui résista à la fois pendant longtemps aux attaques des indigènes zoulous et à celles des Anglais. Après une héroïque l'ésistance, c|ui a exig-é l'emploi de la majeure ])ai"tie de l'armée anglaise, le Transvaal el l'État d'Orange ont été annexés à l'empire colonial anglais, en 1000, L't soumis seulement à la tin de mai 1902. A la suite de ces annexions, les territoires anglais comprennent :

1° La colonie du Cap^ ca[). Capcloirn (51000 hab.). L'ensemble delà colonie du Gap estpeupléde 1527 000 habitants dont 377 000 Européens ou blancs;

2° Le Griqualand-West, cap. Kiinhcrley (28000 hab.), au centre de mines de diamant;

?>° Le Bassoutoland;

4" La (iAFiiKuiE ;

5" Le Na'I'al, peuplé de 50 000 Anglais, Allemands ou Norvégiens cl de 40 000 coolies indous. La plus grande ville est JJiD'Ixni^ mais le siège du gouvernemcnl esta PictcDinirilzh()uv<j. Le Natal est une « colonie; de; la coui-onne >- ; au Nabil a été armexé, en 1807, le Zoiilonhiiid \

0" J^e |)rotectorat du licIchoïKiiKtldiul , pcuph- d'enNinm 200000 habilanls;

7° Les j»ays annrxi'-s de Traiisraiil vX *\'(h'<t/i(/r, avec, les villes de Jo/Kf/nicshitr;/ (00000 hab.), de Pré/o/'ia (8000 hab.);

8" Au norddeces pays rég-ulièrenicnt g-ouviîrnés et administrés s'étendent N's domaines de In /dinhi'-: ia .

La Z(imhe:iu ou British Soufh African Company est un compagnie anglaise fondée par M. Gécii Rhodes et établie dans le but d'exploiter toutes les régions comprises entre le Gaj) e( le Zambèze.

L'œuvre d'envahissement de cette compagin'e dans les anciennes colonies portugaises fut d'ailleurs aidée par l'intervention d'une autre compagnie britannicj ue, la Compagnie africaine des lacs « African Lakc Company » f[ui travaillait à ouvrir aux Anglais la route du Chiré. C'est le 20 août 1800 (jue, sans aucun droit, sans aucun avertissement, la Grande- Bretagne somma le Portugal d'abandonner le Chiré, et coupa ainsi l'une de l'autre les deux colonies portug-aises de l'Ang-ola et du Mozambique. Depuis cette spoliation, la Zambezia anglaise a ])Oussé ses chemins de fer vers le nord. A la fin de l'année 100;^, la ligne avait dépassé Boulawayo et les célèbres charbonnages de Wankie : on est en train d'achever la section qui doit mener aux chutes Victoria du Zambèze, et de là au lac Tang-anika. Toutes sortes d'entreprises d'exploitation des mines et de culture ont été vivement poussées dans le gigantesque domaine de \a/i/w(/<'sia, ainsi appelée du nom de son fondateur Cécil Rhodes.

III. Colonies portugaises. — Les Portug-ais, menacés par les progrès de l'État du Congo et de la Grande-Bretagne, ont procédé, à partir de l'année 1880, à la réunion de leur colonie de Mozambique avec celle de l'Angola. C'était une œuvre menée à bien en 1800, grâce aux admirables explorations de Capello, de Gardazo et de Serpa-Pinto, quand la Grande-Bretagne employa soudain la violence pour empêcher cette œuvre. Désormais la colonie ])ortugaise de Mozambique ne mesure plus que 708 000 kilomètres carrés, avec une population de 3 120 000 habitants. Avec l'Angola, qui s'étend sur 1 315 000 kilomètres carrés et est peuplé de 1 500 000 habitants, c'est encore un assez beau domaine ; par malheur, entre ces deux tronçons de colonie, s'est intercalée la Rhodesia.La capitale du Mozambique portugais est Mozambique (10 000 habitants) ; mais la plus importante ville est Lourenço-Marquez sur la baie de Delag-oa. A l'intérieur, on peut citer Tété, à 400 kilomètres de la côte et Massai'a, sur le plateau de Manica.

Géographie économique. — I. Région du Z.\mbèze. — Dans l'ensemble des pays d'Afrique australe, la région du

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Zanibèze peut être considérée à part ; elle n"a ni le même climat, ni les mêmes cultures que la plupart des autres pays d'xVfrique australe. Enfin elle ne leur est encore attachée que dune manière très précaire, en dépit des proyrès des voies ferrées aniilaises que l'on pousse ra])idement vers le plateau des lacs. Pendant longtemps, ce pays a été dévasté par les marchands d'esclaves arabes qui en décimaient les indig'ènes en dirigeant des convois de captifs vers les ports de Test, où des boutres arabes les embarquaient.

De récentes explorations ont montré i[ue le Zambèze est une des régions d'Afrique les })lus riches en mines. La houille y existe en gisements énormes, dans les environs de la baie de Delagoa et près de Tété. Il semble que les i»ays de Sofala et le massif de Manica ont de beaux filons aurifères.

II. Afrique australe anglaise et allemande. — C'est dans les régions tempérées de l'Afrique australe que s'est surtout développée la colonisation européenne, à laquclleon doit l'expansion des richesses naturelles du pays.

Les cultures y sont extrêmement variées. Dans les plaines basses du Natal et de la Gafrerie, chaudes et bien arrosées, la canne à sucre, le r/r, Yindigo, le coton réussissent admilablement. Dans les hautes vallées du Natal, on sème le maïa et le sorgho : sur les jtlaleaux de l'ouest, les céréales de nos pays, blé, org-e, avoine. Toutefois les céréales ne sont I)as produites en quantité suffisante pour Texporlation.

La vif/ne, cultivée avec succès au Gap, donne des produits depuis longtemps célèbres en Euiope, sous le nom de vin (le Coîistance, près du Ga[). Dans les années de belles ven~ (langes on exporte jusqu'à 50000 hectolitres de vin.

Mais la véritable ressource agricole de l'Afrique australe, celle qui occupe le tiers de la population, c estcerlainement re'ferrif/e. On estime qu'il y a bien 700 000 chevaux dans l'ensemble des pays de colonisation anglaise, 'A 000 000 de bêtes à cornes sur les plateaux de la région orientale du Gap au Transvaal et dans les vallées de la Gafrerie et du Natal. On compterait environ 25 000 000 de moutons dans le Gap, le Natal et l'Orange; l'expoi'talion de la hiine compte; en ell'et pour une centaine de millions de fi'ancs. Kndn, on élève dans ces pays 7 000 000 de chèvres angoras et 1<SU 000 autruches: les paj'cs à autruches de l'Afrique australe sont uni; richesse très |)articulièrc ù ce ])ays et dont l'orgaïusalion a été fort difficile.

Toiilorois la découverte des mines de métaux précieux et usuels a relégué au second rang- la richesse d'élevage en Afrique austi-ale. On ex])loile les diamants dans le Griqualand-West, non loin du confluent du fleuve Orange et du Transvaal. Quatre puits ]»rincipaux sont ouverts ; le plus important est celui de Kiinherloij^ [)rès duquel s'est bâtie une ville importante.

Depuis l'année 1870, i"ex[)loitation des diamants n'a cessé de prospérer; le principal artisan de cette prosi)érité a été C(''cil Rhodes. En certaines années, on a récolté jusqu'à 700 kilogrammes de diamant, re})résentant une valeur de plus de 100 millions de francs.

Beaucoup plus importantes sont les exploitations d'or du Transvaal, qui datent de l'année 1884, mais qui n'avaient été bien organisées qu'après la crise ou krach de 1895. Avant la guerre, dont elles ont été l'un des motifs les plus certains et les moins avoués, les mines du Ti-ansvaal occupaient 00 000 ouvriers noirs et blancs. De 1884 à 1808, le Transvaal a produit pour 1 milliard 700 millions de francs d'or. Après la suspension du labeur pendant les deux années de -uerre, on va réorganiser cette industrie par l'introduction de coolies chinois ({ui suppléeront à l'insuffisance de la main-d'œuvre indigène.

D'excellentes mines de cuivre ont été découvertes et commencent à être exploitées dans l'ouest africain allemand, notamment à Ookiep. La houille existe en abondance au Transvaal et dans le Natal, mais jusqu'ici le labeur de l'exploitation de l'or a absorbé toute la main-d'œuvre indigène ou blanche, qui suffit à peine à cette tâche.

Les voies de communication font d'ailleurs encore défaut. Dans l'ouest africain allemand, il n'y a que de petits chemins de fer industriels pour le transport des minerais. Le réseau est surtout développé dans la partie orientale de l'Afrique du Sud, qui est à la fois la plus riche par les cultures et la plus favorisée par les ressources industrielles. La construction du chemin de fer a été très activement poussée ])endant ces dernières années. Une première ligne, destinée à relier la ville du Gap au centre de l'Afrique jusqu'à Mafeking et Motsc/iudie, a été construite ; lui embranchement a été poussé ensuite jusqu'à Boulawayo, capitale du Matabéléland. Enfin les voies ferrées de la Rhodesia, déjà mises en relation avec le port de Beiru, sont poussées

dans la direction du Chiré et des lacs Nyassa et Tanganika.

Au sud-est, deux lignes partant de Port-Elisabeth et d'East- London, traversent l'Orange, passent par Bloemfontein et atteignent Pretoria du TransvaaI. Pretoria se trouve ainsi au nœud central des voies ferrées du sud de l'Afrique. Elle est en commvmication avec Je Gap (1674 kilomètres de distance), Port- Elisabeth (1101 kilomètres!, East-London (1 114 kilomètres! et Lourenço-Marquez (593 kilomètres).

L'ensemble ch\ro)umerce de l'Afrique australe s'élève à plus d'un milliard et demi, dont un milliard 200 millions pour les colonies anglaises et dépendances. Les importations consistent en tissus, mercerie, machines et quincaillerie, substances alimentaires. Parmi les exportations principales, au premier rang-, fig-urent l'or, les diamants, puis les laines, les peaux, les plumes d'autruche, le cuivre, etc. La Grande-Bretagne fait les neuf dixièmes de ce commerce, grâce à la multiplicité de ses lignes maritimes, et à l'importance des capitaux anglais eng-ag"és dans les entreprises d'Afrique occidentale. LaFranee a contribué poui' uneassez forte part à la mise en valeur des mines d'or du TransvaaI. Les progrès de l'Allemag-ne dans ces ])arages sont remarquables depuis quelques aimées, grâce à l'établissement de l)ons services de navigation entre Hambourg- et l'Afrique du Sud; car l'Afrique allemande du sud-ouest ne fait g-uèie plus d'une dizaine de millions de commerce.

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