CINQUIÈME SECTION
.SITUES ILES DE l'oCÉAN IMUEN.
l" AMIR.A.NTES et Seychelles. — Lcs xVmirantes et les Seychelles sont deux groupes d'îlots granitiques, situés à 600 kilomètres de Madagascar. L'île la plus étendue (Mahé) des Seychelles est une île chaude, bien arrosée de pluies et montagneuse. Les Seychelles, colonisées au xvni" siècle par les Français, sont devenues colonie anglaise. Le cheflieu est Port-Victoria (8 000 habitants), bon port de l'île de Mahé. Les Seychelles et les Amirantes ont quelques plantations de cocotiers, de bananiers et d'épices. Leur commerce ne dépasse pas une valeur de 3 à 4 millions. K 2° SoKOTORA. — L'île de Sokotora, également anglaise, B surveille l'entrée du golfe d'Aden, à 200 kilomètres au nord- V ouest du cap Guardafui. C'est une île au climat presque
désertique, à la végétation pauvre, il y a quelques verg'ers de palmiers-dattiers et d orang-ers,
3° Les CoMORES. — Les Comores (Mayotle, la Grande- Gomore, Anjouan et Alohéli) sont un groupe de volcans émerg-és au milieu du canal de Mozambique. L'archipel couvre une superficie de 2500 kilomètres carrés et compte G2000 habitants métis d'Arabes et de nèg'res. Ges îles sont hautes, bien arrosées, malsaines même pour FEuropéen à force d'humidité. Leur sol de cendres et de débris volcaniques est d'inie fertilité admirable. Outre l'exploitation des forêts qui sont très riches, les Gomoriens ont comme ressource la culture de la canne à sucre qui n'est plus g-uère rémunératrice, et que l'on remplace de plus en plus par des cultures de café, de riz, de maïs, de vanille et de tabac.
Nous occupons l'Ile de Mayolte depuis 18il ; depuis l'année 1809 les Gomores ont été groupées en un gouvernement spécial.
4° Les Mascareigxes. — Le groupe des Mascareignes se compose de deux îles, la Réunion et J/aiwice (ancienne île de France), toutes deux volcaniques etayant l'une et l'autre environ 2 000 kilomètres carrés de superficie, même climat et mêmes productions. Maurice est plus basse, avec une plaine assez développée au nord. A la Réunion, de petites plaines et de vastes cirques s'adossent aux grands volcans, le piton des lYoif/es (3 000 mètres) et le piton de ]a Fournaise (2025 mètres).
Maurice et la Réunion sont l'une et l'autre soumises au climat de moussons; leur température, très ag-réable, varie g-énéralement de 15" à 25°. Toutes deux sont trop souvent éprouvées par des cyclones qui ravagent les plantations et causent de cruels désastres. L'île Maurice a du moins pour elle un très beau yjort naturel, le porf Louis, qui est le meilleur refuge de l'océan Indien, tandis que le littoral de la Réunion n'olTre que des rades foraines comme Saint- Denis, Saint-Paul, Saint-Louis et Saint-Benoît. Tl a fallu creuser le poi'l artificiel de la poin/c i/cs dnlcls.
Maurice, devenue colonie anglaise en 1815, a conservé la langue et les mœurs de la France. Elle est la plus peuplée des deux Mascareig-nes et compte 370000 habitants, soit 103 par kilomètre carré, dont 250 000 coolies indous. La Ri'-union a 170000 habitants (OG par kilomètre carré), dont 20000 blancs. Les doux plus grandes villesde la lléu'
nion sont Saint-Denis (35 000 habilants) et Saint-Pierre (30 000 habitants).
Des deux Mascareignes la mieux cultivée est Maurice qui d'ailleurs possède la plus grande plaine. La culture de la canne à sucre a longtemps été la seule ressource et même la meilleure richesse des deux îles. Mais tandis que la Réunion souil'rait de la concurrence des sucres de betterave de sa métroi)oIe, lile Maurice vendait facilement ses récoltes. C'est pourquoi les colons français de la Réunion ont eu recours, pour remédiera la crise, au développement des cultures de café, de vanille, d'épices, de cacao et de tabac.
Au total, les deux Mascareig-nes font un commerce d'environ 200 millions de francs, dont les trois quarts reviennent à Maurice. La France peut espérer que Tattrait de Madagascar lui ferarevenir un nombre notable des compatriotes qu'elle a perdus en perdant Maurice, et contribuera aussi à soulag-er les maux de la Réunion si éprouvée par la crise sucrière.
5° Saint-Paul, Amsterdam et Kerguelen. — La France possède aussi les îles de Saint-Paul, d'Amsterdam et l'archipel des Kerg'uelen. Lesîles de Saint-Paul et d'Amsterdam ont quelque importance comme rendez-vous de pêche de nos petits armateurs de la Réunion. L'archipel des Kerg-uelen, situé par 48° de latitude sud, n'a encore reçu que la visite de quelques colons et pécheurs.
GÉOG. CL. 5«.