CHAPITRE IV
Sommaire.
On comprend sons le nom d'Iran nn jilateau (k^ 2 millions ol demi de kilomètres carrés, silné entre les plaines de la Mésopotamie, le golfe Persique, la plaine de l'Indus et les steppes du Turkestan.
Relief. — L'Hindon-Koncti rnlniine au Tirulcli)nir{l 500 m.V 11 est coupé par <\r nombreuses lirèclies. An delà s'élèvent le Sefid-Koh et le snulèvciiinit (lu Souleï»iaii-I)ii;/h tronc de Salomou, 3 440 m.). A l'ouest les l'drnjHunisudvs c(Hiliinii ni l'Hindou-Kouch. Au sml de la Caspienne se dresse VElbourz .imt I;i niasse volcanique du Demaveiid '^.^000 m.). La liurdnrc occidentale de l'Iran est formée i)ar les hautes terres du htiurdislan {Koh-i-Baha, 5 200 m.). Au sud le plateau se dé|iriuie ii;ir une sui'cession de terrasses, de la Moiilaf/ne-Xoire (1500 m.), an hoh-illuzur (■'I-200 m.l. La plus ^'cande étendue de l'Iran consiste en vastes
plateaux sabi eu\ île Dec/il-i-Kevir, le Loid et le Dechl). Les chaînes
iiordières sont égalemi'iit coupées de cols (le col de Zoulfikar, celui de liiuniun, les l'ols de lionioul et de liolaii).
Climul. — On disliiifrue trois zones cliinaté-ricpies distinctes : 1" la lisière maritime rie la r.aspienin' et de la mer d'Oman, région chaude et humide; '2° les régions montagneuses avec une température relativement nn)dérée; ;}o la zone des plateaux et des déserts visités par des vents extrêmement secs (en hiver, froids <le — 20°; en été, chaleurs de + 40").
]li/(liof/raphie. — Les cours d'eau sont peu ini|)0rtants : 1<» des nmnts dn Kourdislan sortent la l\crl,a et le h'ni-oini, al'Iluents du Chatl-el-Arab ; 2<' les monts du Kliorassan alimentent VA/rc/,- (pu aboutit à la mer Caspienne; :}" de la bordure se|ilentrionale desciiMJcnt VIlpii-Roud et le Mouri/d/i: 4» la chanu' de rilinddU-Koneh fuiirnit a llndu;* le Kalnml.
L'IfiAN. 131
F.os principaux lacs sont ceux d'Ounniah, de Niris et (VHumoun (|ui reçoit Vliilmend.
Cotes. — La côlc persane sur la nier Caspienne coniinence an sud de la baie de Kizil-Afiatch. Elle est basse et insalubre (baie d'Enzeli, port de Meched-Isser, golfe d'AsIerabad). Sur le golfe Persi(ine le rivage est torride et insaluine. Le meilleur jiort est celui de Bender-Bouchir. Le lilloral du Mekran est beaucoup plus rociieux. On lron\c sur celte côle les îles de Tainlah el dWchtola.
Piailles el animcnn-, — Tout le plateau extérieur est occupé par des sables et des déserts. Le sol n'est produclif que dans les vallées montagneuses. On y trouve toub's les V(''gi'tations depuis les forêts lempéri'es juscpi'aux cultures tropicales ; d'une jtart, le lilé, la vigne, les rizières et, d'autre jiart, \çs palmiers, la canne à sucre, le coton et Y opium. Sur les plateaux on trouve Wf' gazelles. \cs ours, ]cs sangliers, les loups; dans les vaih'es, le lion ; dans le Mazendéran, le ligre.
Populations. — La race indigène est la race iranienne ; la race conquérante est celle des Turcs (les Kourdes babitent les montagnes de l'ouest). A la race se^nï/^i/e appartiennent les Arabes et les Baloulciies. Dans les vallées de l'Hindou-Kouck résident les Kaprs.
Géographie politique. — L'Iran est partagé entre trois Étais plus ou moins indépendants : 1° la Perse, Y Afghanistan et le Bélouchistan. La Perse occupe 1 G4o000kilomètres carrés etest peuplée de Omillionsdbabitantsdont 2 millions et demi sont nomades. Elle est gouvernée par un prince appelé schah, assisté de vizirs. Son pouvoir est absolu. Les grandes, villes sont : Téhéran (-230 000 hab.) ; Tariris (ou Tébriz) (180 000 bab.) ; Ispahan (00 000 bal).): Méched, ville sainte et Hamadan; 2° V Afghanistan a 700 000 kilomètres carrés et 4 raillions d'habitants pour la plupart nomades. La capitale est Kaboul (60 000 hab.)- Les autres villes sont Kandahar (GO 000 bab.); Hérat (100000 bab.). Le Kafirisfan forme un petit Etat autonome. Mais ces deux royaumes sont surveillés étroitement ])ar la Russie ; 3» le Bélouchistan (260000 kil.carr. : 500 000 bab.) a pour capitale Khélat. Ce pays est sous la dépendance directe de l'Angleterre. Dans la l'erse que les Anglais et les Russes ont essayé d'attirer dans leur sphère d'influence, les Russes ont obtenu définitivement la prépondérance. Quant ;'i l'Af;,dianistan, par la concession de la voie b'rrée il est aujourd'hui sous la di'pendance de l'Angleterre ; mais ce protectorat est mal acceplipar les habitants du pays.
Géographie économique. — Agriculture. — 11 n'y a en Perse que des di'serts et des jardins. Les céréales viennent peu, mais le r/; réussit àmerveille. La vraie culture consiste dans les Iruits et dans le tabac. La vigne est en décadence. L'opium et le coton suffisent à la consommation locale. L'Iran est très favorable à l'élevage du mouton et des chèvres. Les clianieaux servent au transjiort dans les plaines et les mulets dans la montagne. Les chevaux sont très estimés. La Perse produit 400000 kilogrammes de soie.
Produits minéraux. — Les richesses minérales sont nombreuses et variiVs : or dans les cours d'eau de l'Afghanistan; argent, fer et cuivre dans riIindou-Koucb; sel dans les di'serts ; mais ces richesses sont peu exploiti''es.
Industrie. — L'industrie, autrefois prospère, est déchue. Les Persans sont restés habiles dans la trempe de Vacier; ils fabriquent des tapis renommés, les Afghans des chdles et d'antres étolTes.
Voies de communicalion. — Deux cours deau sont utilisés : le Karoun et le Kaboul. Les routes principales sont celles d'Hérat à Bokhara. de Tébriz à Trébizonde, de Téhéran à Redit (la voie ferrée sera bientôt terminée). Une autre voie ferrée est en construction de Téhéran à Enzeli. A l'intérieur, il n"y a que des sentiers de caravanes.
Commerce. — 11 n'y a de véritable activité que sur le pourtour. Dans la Perse, Tébriz est le grand entrepôt des marchandises entre la Turquie et riran; dans TAfghanistan. Hérat deviendra un centre imiiortant d'échanges ; à l'extérieur, Recht et Barfrouch seraient, sans la jalousie de la Russie, des ports fréquentés. Le commerce total de la Perse est de 350 millions. Les importations consistent en cotonnades, lainages, verrerie, thé. café, etc.; les exportations en fruits, opium, riz. coton, soie et tapis. L'Iran est menacé à la fois par les convoitises de la Russie et de r.Angleterre.
Étendue et caractère général. — L'Irrni, ou pays des Aryens, est un grand plateau de 2 millions et demi de kilomètres carrés, compris entre les plaines de la Mésopotamie, du golfe Persique, la plaine de llndus et le Tui^kestan. A l'est, il se rattache aux plateaux de l'Asie centrale par l'Hindou-Kouch; à Fouest, à l'Asie Mineure, parles massifs arméniens.
Relief. — La plus grande étendue de l'Iran consiste en vastes plateaux sablonneux, que parsèment de rares oasis. Tels sont, au nord-est, le Decht-i-Kevir, désert de sable, le désert de Louf, le « Sahara persan », immense nappe sablonneuse cimentée de sel, puis, dans l'.Vfghanistan, le désert pieri-eux de Dec/if, furieusemenl balayé par les tourbillons du simoun. L'altitude moyenne du plateau est d'environ 1 200 mètres.
S'il y a dans l'Iran de vastes étendues désertiques, il y a aussi, partout où se dressent des montag-nes, soit sui^ la bordure, soit sur le plateau lui-même, des pays assez riches.
La bordure septentrionale de l'Iran est formée surtout parTHindou-Kouch, qui se soude au Pamir et à lachahie du Karakorum par le col de Baroghil (3100 m.). C'est une énorme masse dont l'altitude moyenne est sans doute supérieure à 'idOO mètres, et qui compte un sommet de 7 5(X) mètres, le 'firotc/tmir, à l'ouest de la rivière de Tchitral. A l'ouest de THindou-Kouch, la bordure du plateau est formée par la chaîne du Koh-i-Baba (5 000 m.) et du K/>orossn?i. Enfin l'escarpe de l'Iran sur la mer Caspienne est constituée [lar Y IHhoiir^, où se dresse l'imposante masse volcanique du /Je/ziarend {ôd^K) m.).