L'IRAN
Géographie économique. — Ï/Iran est partagé entre trois Étais dum' indr'pciKlaiice fort relative: la Perse, l'Afghanistan et l(^ Bi'loufchistan.
La Perseoccupe 1 (ViÔOOOkilnmètrescarrt'setest [leiipléede 9 millions d'habitants, dont 2 miUions et demi de nomades. La population sédentaire et laborieuse réside dans les provinces montag-neuses du nord-ouest, de l'ouest et du sudouest, notamment daus VAderbaïdjan et dans le Farsistan ou ancienne Perse. Gouvernée par un scha/i, de pouvoir absolu, la Perse est divisée en provinces ou gouvernements. Une récente convention financière et militaire a singulièrement rapproché la Perse des intérêts de l'empire russe.
Les granrles villes sotit situées dans les régions montagneuses, à l'entrée et aux points de croisement des principales vallées, dans les régions du climat le plus doux : telle est Téhéran, la capitale (280000 habitants), qui se dresse au pied de l'Elbrouz, au milieu d'adorables jardins. Tébriz ou Taui'is (200000 habitants) est l'entrepôt des marchandises échangées entre la Turquie, les pays du Caucase et l'Iran. hpalian (70000 habitants) fut jadis capitale, et n'est plus aujourd'hui qu'une importante ville de garnison. Méched (00 000 habitants), dans le Khoi'assan, ville sainte, est visitée cha(|ue année par 100 000 pèlerins. Barfrouch et Redit sont les médiocres ports de la Caspienne, comme Bender-Bouchir ai Bendcr-Abbas, les étapes du golfe Persique.
L'Afg'hanistan (700 000 kil. carrés) n'a guère que 5 millions d'habitants, la plupart nomades. La capitale actuelle est Kaboul (00000 habitants) ; Kandahar (00 000 habitants) commande la route de Kaboul à Hérat. Cette célèbre cité de Hérat compte 100 000 habitants.
Le Béloutchistan est sous la dépendance de la Grande- Bretagne qui entretient des résidents depuis 1841 dans la petite capitale de K/iélal, et des garnisons à Quelta et Gouadav. Le Béloutchistan compte environ 300000 habitants.
Le plateau de l'Iran est le lieu de rencontre des deux influences de la Russie et de la Grande-Bretagne, l'une s'exerçant par leTurkestan, l'autre par l'Inde. Les Anglais ont absorbé le Béloutchistan, menacé à plusieurs reprises l'Afghanistan et occupé tout récemment la vallée de Tchi-
tral, chemin do lOxus à llnde. Les Russes se tiennent à courte distance de la grande ville de Hérat.
Géographie économique. — L'Iran ne compte qu'un petit nombre de régions d'une réelle valeur agricole ; son industrie ne suffit guère qu'à des besoins locaux ; le voisinag-e des empires russe et anglais donne à ce pays une certaine valeur commerciale.
Les régions basses qui bordent la Caspienne et le g-olfe Persique ont de belles cultures de riz, les moyennes montagnes de la Perse des champs de blé et d'org-e. Mais dans ces pays généralement secs, prédominent les cultures arborescentes, celles des arbres fruitiers, dont beaucoup nous sont venus de la Perse, de la vigne. Les cultures du tabac et de l'opium donnent lieu à une exportation de quelque valeur. Mais l'élevage, dans ces régions où abondent les savanes et les steppes, est peut-être encore une ressource supérieure ; chevaux de la Perse et du pays de Hérat sont justement célèbres; les steppes sont peuplés de moutons et de chèvres. De nombreux troupeaux de chameaux sont élevés à l'usage des caravanes.
LaPerse a g-ardé quelques industries traditionnelles telles que la fabrication des armes blanches richement ornementées, celle de quelques fins lainag-es et de beaux tapis tels que ceux de Kirman.
Cette industrie, g-ravement compromise par l'importation des produits à bon marché d'Europe, contribue toutefois à entretenir un commerce de caravanes de quelque importance. Au nord, Hérat et Méehed sont en relations régulières avec Bochara. Téhéran, la capitale, est reliée iVRecht sur la Caspiennepar une chaussée carrossable que doublera bientôt une voie ferrée. Ces routes du noid sont les voies de pénétration de l'influence russe.
La Grande-Breragne fait sentir son action dans l'Iran, sur les marchés deKandahar et de Kaboul.
Enfin des caravanes traversent régulièrement le ])lateau de l'Iran, entre l'Inde, l'Arménie et lEui-ope, pour aboutir aux ports d'Asie Mineure.
Llian fait un comnuirce d'environ 250 millions de francs par an, dont deux cents pour le compte de la Perse. C'est la Russi(! qui tient le premier rang- sur le marché de la Perse, tant à rim|)Oilation qu'à l'exportation. J^a France