CHAPITRE IX
l'in'de.
Sommaire.
L'Inde occupe une superlicie de 3 80(IOO() kilomètres carrés; elle est loul entière comprise dans la zone tropicale.
Relief. — On distingue trois régions : 1» la région montagneuse du nord; 2" la grande plaine du Gange ; 3» le plateau péninsulaire. 1° Les hauteurs ([ui bordent l'Inde au nord sur 2 OOO kilomètres ont reçu le nom d'Himalai/ii. Le liaiirisankar, le géant du monde, a 8 840 mètres; le Khilchîiidjiiirja a 8 580 mètres, le Djavalajiri 8 180. L'Himalaya est douhN' du Karalioroum dont la hauteur moyenne dépasse celle de l'IIimalaya. Tous ces monts contiennent d'importants glaciers et ont été creusés par li's pluies. 2o La plaine indienne est formée de deux dépressions séparées par un seuil de 250 mètres. 3" Le Dekkan est un plateau triangulaire, d'une hauteur moyenne de 1 000 mètres et bordé par des montagnes : au nord par le massif des monts Vindkia (2 200 m.) et la chaîne des Aravalli ; à l'ouest et à l'est par les chaînes littorales appelées Ghats. La partie méridionale porte le nom de jilateau de Maïssour limité jiar les chaînes de XUf/hiri.
Climat. — L'Inde est une région chaude avec une température remarquablement égale. L'année se partage en trois saisons : l'hiver, les vents soufflent du nord-est, froids et secs; le printemps est une saison sèche mais brûlante; l'été est i'épocfue des moussons humides et persistantes. La pluie est médiocre dans le bassin de l'Indus (à Karalchi, 19 cent.): sur l'Himalaya, les pluies sont très abondantes, ainsi que dans la vallée du Gange.
Ifijflrofjraphie. — h' Indus (2 900 kil.; flcscciul du plateau du Tibet et entre en plaine à Allolc. Il reçoit à droite le Kahoul et à gauche le puissant Sulledj. Le débit moyen de l'Indus est de 5560 mètres cubes et il se termine par un delta de 8 GOO kilomètres carrés. Le Gange (2 550 kil.) nait sur le versant sud de l'Himalaya. Il débouche en plaine à la porte de IJurdvar et coule parallèlement au systènu^ montagneux. Il reçoit adroite la Djemnah et la Sone et à gauche la Goumti et la Gor/ra. Son débit moyen est de 15000 mètres cubes et son delta commence à 380 kilomètres de la mer. Le Brahmapoulre descend aussi de 1 Himalaya et roule beaucoup d'eau. Tous ces tleuves inondent fréquemment la plaine et entraînent avec eux une quantité considérable d'alluvions. La Nerhuddah et le Tapli se jettent dans la mer Arabi(|ue. Le .Mahanaddy, le Godaver//, la Krichna et le Cuveri aboutissent ;'i l'océan Indien. Tous sont de véritables torrents, presque à sec pendant quelques mois et gonflés pendant la saison des pluies.
Cotes et lies. — Le littoral a un développement de 3 000 kilomètres. Au sud de l'Indus et de la grande île de Koutch s'ouvre le golfe de Camhaye et s'avance la |)resqu'ile de Guzerale. La côte de Malabar s'étend presque rigide jusipi'au cap Comorin. La rade de Bombay est la seule échancrure sérieuse. Au sud se développe une suite de lagunes. Les côtes orientales de ConniKiiiilcl . iVOrissa el do llcnr/alc sont basses, marécageuses et
malsaines. Le grand bras de Vnour/ly est I "accident le plus remarquable. A l'extrémité sud de la péninsule, le golfe de Manaar et le détroit de Palk séparent du conlinent l'ile de Ceylan, montagneuse (le Pedrotallagalla, 2500 m.; le pic d'Adam. 2 200 m.). Le versant occidental est très arrosé en été et le versant oriental l'hiver. Les rivières sont peu considérables et de régime inégal. La température est constante (27 à 28" en moyenne) ; les côtes sont peu hospitalières. Les archipels des Laquedives et des Maldives sont d'origine madréporique.
Plantes et animaux. — On distingue cinq zones distinctes : l» la région des pentes himalayennes (bambous, palmiers, oliviers, chênes, bouleaux; 2° le bassin de VIndus [arbustes épineux, jetantes grasses); 3° le bassin du Gange (cultures tropicales et forêts} ; 4" YAssam (poivrier, cannelier, coton, indigo, etc.) : 5° le Dekkan (platanes, baobabs, pâturages). Dans les vallées supérieures de l'Himalaya, on trouve les antilopes, les yaks, les gazelles; puis les our.s, les loups, les renards. Dans le Teraï et dans l'Assam, Véléphant ; dans le Bengale, les tigres; partout les serpents et les oiseaux.
Populations. — L'Inde compte 290 millions d'habitants qui se répartissent en cinq races différentes : les Aryas ou Aryens: les Uravidiens dans l'Inde centrale et méridionale: au centre les populations nomades des Kohi, àciBandjaris, des Gond, etc. ; entre le Brahmapoutre et l'Iraouaddy. la tribu des Khasi ou Khasia : dans l'Himalaya, les Tibétains et les Sikhs. Le type dominant est celui de ['Hindou. 11 y a dans l'Inde 130 000 étrangers dont 100000 Anglais. Le nombre des dialectes parlés dans l'Inde est de 140. Les principales religions professées sont : le brahmanisme, ï islamisme, le bouddhisme, le christianisme.
Géographie politique. — Depuis 187G, le souverain de la Grande-Bretagne est empereur des Indes; un ministère spécial de l'Inde a été créé ; un viceroi, résidant à Calcutta, a été institué. L'Inde est divisée en trois présidences {Bombay, Madras, Calcutta}. On compte 300 États vassaux. Le Népaul et le lioutan sont presque indépendants. L'armée compte 214 000 hommes dont 74000 Anglais.
Villes de l'Inde. — Il n'y a que trente villes qui dépassent 100 000 habitants. La capitale, Calcutta, compte 811000 habitants; Lucknoir C273000 hab.) : Bénarès (219U00 hab.); Delhi 200000 iiab.): Palna (IfJôOOO hab.) ; Agra (188 000 hab.). Dans le Dekkan, il faut citer Bombay (822000 hab.); Madras (.509 000 hab.); Uaiderabad (448 000 hab.), etc. Dans le Kachmir, Srinagar {\\%()0[)\vàh.).
Colonies portugaises. — Les Portugais ne jtossèdent |)lus que les ports de Diu, de Daman, l'ilot de Salsette et Goa (20 000 hab.).
Colonies françaises. — 11 ne nous reste plus de notre amiien empire qiu' cinq comptoirs : Mahé, Karikal, Yanaon, Chandernagor et Pondichéry (.iOOOO hab.).
Géographie économique. — L'Inde est, avant tout, un jjays agricole. Les forêts de teck et de santal sont encore très étendues ; le riz a été longtemps la nourriture nationale ; la culture des céréales donne 20 millions d'hectolitres; la j)roduclion du ///c' augmente chaque année (32 000000 de kilos). Le café est abandonné ;iiiisi que la canne à sucre. Le chini/ioua ii'iissit dans le Bengale cl les éjiircs sur la côte de .Malabar. On trou\e nos arbres fruitiers sur les avant-monts de l'Ilinialaw». Comme plantes iiuhistrielles, il faut citer le coton (8 millions de quintaux); le jute (4 millions de (piintaux); l'indigo dans le Bengale, ['opium dans ['Assam, le tabac. L'Inde n'est jias un pa\s d'élevage (t/u'ivci- du Tibet, moulons du Dekkan).
LYIevage du ver à soie (400 000 kilos de soie) n'est pas prospère. L'Iudo possède peu de minéraux. L'or et les diamants sont à peu prés épuisés, la houille du Bengale est médiocre. On trouve du fer, du cuivre, du salpêtre dans le Pendjab; du sel à rembouchure du Gange. Les industries de luxe sont en décadence. La fabrication des tissus de coton est pratiquée dans 154 filatures; celle du jute dans 32; l'industrie delà laine est peu active (cliàlcs du Kaclimir).
Voies de communication. — Les voies navigables ne comprennent guère (pie le réseau du Gange, du Brahmapoutre, de l'Indus et de l'Iraouaddy. Comme canaux, il faut citer celui de Doab et le grand canal de Hurdvar à Cawnpore. La plus longue route de l'Inde est le Great Trunk de Calcutta à Pescbaver (2 500 ki.l). Il existe dans l'Inde près île 42 000 kilomètres de lignes ferrées. Les principaux ports sont ceux de Calcutta et de Bombay. Le mouvement des ports est d'environ 10 millions de tonneavix.
Situation et dimension. — L'Inde est une péninsule de o 800 000 kilomètres carrés, soit douze fois les Iles Britanniques. x\dossée à l'immense masse montagneuse de l'Himalaya, elle se compose d'une région de plaine, la plaine indo-gang-étique qui fait corps avec le continent, et d'une péninsule proprement dite qui est constituée par des plateaux et des montagnes. Elle doit aux grands plateaux qui la bordent au nord de recevoir les pluies de mousson qui font sa richesse. C'est un des pays les plus opulents du monde et les plus peuplés.
Relief. — On peut distinguer, dans le relief de l'Inde, trois parties : i" la zone montagneuse au nord; 2° la grande plaine du Gange et rie l'Indus ; 3° un plateau triangulaire qui compose essentiellement la péninsule.
i° Zone montagneuse du nord. — Les hauteurs qui bordent l'Inde au nord se développent entre le plateau de Pamir et les confins de l'Indo-Chine en arc de cercle d'environ 2 500 kilomètres. La masse essentielle est VUlinalaija., puis le vaste système montagneux du Karukoroum. Le système himalayen se compose de deux parties, l'Himalaya proprement dit, découpé en énormes massifs que séparent les vallées des rivières allant à l'Indus et au Gange, puis en arrière, placée comme un mur de soutènement tout contre le plateau thibétain, la chaîne beaucoup plus continue du Translnmalaya. Tandis que les massifs hymalayens dominent par des escarpements de .5 ou 6 000 mètres la plaine du Gange, le Translnmalaya ne surplombe le plateau du Tibet que de 1 000 ou i 500 mètres.
Les monts Himalaya comptent 17 pics d'une altitude supérieure à 8 000 mètres et 40 au-dessus de 7 000 mètres. Le point culminant est le sommet du Gaurisfiiikar ou mont Everest (^8840 m.). Le Kintchindjinga (8 580 m.), le Djaralajiri (8180m.) sont ég-alement d'admirables montagnes. Le récent voyag-e de M''^ Freschfield Gardwood et Victorio Sella a révélé autour du Kintchindjinga des glaciers de 24 et 28 kilomètres de longueur ; la surface glaciaire de ce groupe serait de 450 kilomètres carrés au moins.
L'altitude moyenne du Karakoroum est peut-être supérieure à celle de l'Himalaya. Une exploration récente a permis l'observation d'un sonmiet de 8G20mètres. D'immenses glaciers, comme celui du Baltoro, mesurant 90 kilomètres de longueur, entourent ce massif.
Au sud de l'Himalaya, deux bandes de plaines s'étendent, que la nature du terrain, sous un ciel aussi pluvieux, rend fort malsaines. L'une est le Bhaver aux marécages pestilentiels, et l'autre le Tera'i où dorment d'innombrables étang-s.
2° Plaine indo-gangétique. — La plaine indo-g"angétique n'est autre que laccumulation des alluvions arrachées 7)ar les fleuves aux flancs de l'Himalaya et jetées en dépôt à sa base, comme aujourd'hui le Gange comble le golfe de Bengale. Cette plaine est formée de deux dépressions séparées par un seuil qui n'a pas plus de 250 mètres entre chacune des plaines du Gange et de l'Indus.
3" Plateau PÉNiNSULAmE. — Le g-rand plateau triangulaire du Dekkan se compose d'une masse de terrains cristallins, granits, g'-neiss. schistes, sur lesquels se sont épanchés d'énormes dépôts volcaniques. L'altitude moyenne do ce pilateau est d'à peu près 1 000 mètres. Au nord, il est limité par les monts Vindhia (2200 mètres), par les monts des Ilddjpoute.^ et les AiviveUL A l'est et à l'ouest il s'appuie sur des chaînes littorales appelées Ghats (escaliers). ]^cs fî/iafs orri(/(>n(ffk's {2 ()i)0 mètres d'altilude moyenne) s'alignent sur un millier de kilomètres et tombent d'un côté vers la mer par une série de gradins, de l'autre vers l'intérieur du plateau par une pente douce. Les Ghats orirnlnlos^ beaucoup moins élevées, ne sont g-uère qu'une série d'ondulations.
La j)artie mi'-iidionale du j)lateau du Dekkan jUT-nd le nom de Maïssoi/r et est isolée au sud-ouest pai- le massif
de A'ih/hiri que coupe la brèche de Pal-Ghat, utilisée pour le passage de la voie ferrée de Calicut à Madras.
Climat. — Le mouvement de la température et le régime des pluies dans l'Inde sont réglés par Talternance des moussons ou vents de saisons. L'année se partage en trois saisons : pendant l'hiver, les vents de nord-est soufflent froids et secs ; le printemps est encore une saison sèche, mais déjà brûlante ; en été soufflent de la mer, entre sudouest et sud-est, les moussons humides qui arrosent le pays. Naturellement les pluies visitent dabord Ceylan et le sud lie la péninsule et gagnent de proche en proche jusqu'aux pentes de l'Himalaya. Grâce à la présence de cet écran montag-neux, Fefîet utile des pluies venues du sud est multiplié ; non seulement il pleut sur la plaine indo-gangétique, mais toutes les nuées qui se sont abattues sur les remparts montagneux reviennent à la plaine sous forme de rivières. Il tombe de 50 à 75 centimètres d'eau sur le Dekkan central et oriental, plus d'un mètre dans le Dekkan occidental, 1 à 2 mètres dans la plaine indo-g-ang"étique, et la valeur de 4 à 5 mètres, sous forme de pluie ou de neige, dans les massifs de l'Himalaya.
La température est d'une remarquable constance au sud de l'Inde, un peu plus variée sur le plateau et dans la plaine indo-gang'é tique. Dans l'Himalaya, grâce à la g'rande altitude de ces montagnes, on passe par toutes les sortes de climats depuis la base jusqu'au sommet. Pendant l'été, les Anglais se réfugient dans les hautes vallées, à 3 ou 4000 mètres d'altitude. Au nord-ouest, le Pendjab est une région sèche très différente du reste de l'Inde.
Fleuves. — L'Inde a des fleuves abondants, grâce à la richesse de ses pluies ; les principaux sont l'Indus et le Gange.
h' Indus (long-ueur 2400 kilomètres; surface drainée : un million de kilomètres carrés), alimenté par les glaciers de rilimalaya occidental etdu Karakoroum, descend duplateau du Tibet dans une haute vallée longitudinale, puis il tourne vers le sud-ouest. A Atto/i\ il reçoit sur sa droite le Kaboul venu des monts de l'Hindou-Kouch. Son cours montagneux fmit à la cluse de Knlahag/i. L'Indus se dirige alors vers le désert et l'évaporation lui a déjà enlevé une partie de ses
eaux quand il reçoit à g-auche les cinq grandes rivières hinialayennes du Pendjab. La plus jjuissante est le Sutledj^ originaire, comme rindus,du Tibet et qui traverse l'Himalaya par des gorges dérosion profonde. La rivière le Kaclimi?\ à l'admirable vallée, est une de ses tributaires.
Pendant la période des crues, toutes ces rivières débordant sur un sol peu incliné, transforment la plaine en une mer tem))oraire. Alors le Sutledj, large de plusieurs kilomètres, roule jusqu'à GOOO mètres cubes à le seconde.
Semblable au Nil, Tlndus sillonne de vastes déserts où il ne reçoit [ilus une goutte d'eau. A 150 kilomètres de la mer, il entre dans sa région deltaïque qui mesure 9000 kilomètres carrés. Son débit moyen est de 5500 mètres cubes, le débit de crue atteint 17 000 mètres cubes.
Le Gange (longueur 2 500 kilomètres; surface drainée. lOGOOOO kilomètres carrés) est le fleuve himalayen par excellence, le fleuve sacré des Hindous. A la diflerence de l'Indus et du Sutledj, il naît non pas sur le plateau tibétain, mais sur le versant sud de l'Himalaya, à 4206 mètres d'altitude, et il débouche en plaine à la porte de Hardva)\ à 311 mètres au-dessus de la mer. Tandis que l'Indus moyen s'éloigne de l'Himalaya, le Gange coule jusqu'à son embouchure parallèlement au grand système montagneux duquel il reçoit la plupart de ses affluents. Navigable dès sa sortie des montag-nes, il parcourt une rég-ion plate où ses eaux se répartissent en un grand nombre de canaux d'irrig-ation. A Allahabad, le Gang-e reçoit à droite la DJrnuna, \)\ns longue que lui et qu'alimentent à la fois les eaux do la lisière himalay(uine et celles de l'Inde centrale. Larg-e de 1 kilomètre et demi, il se heiuHe aux escai-pements des Vindhia qui le rejelt(mt à l'est, i)uis s(; rapproche de l'Himalaya dont il suit la lisière. Sesafflucmts himalaycMis tels que le (routnll et la (logra lui a|)|)ortent un tribu constant et abondant, tandis que les rivières venues des collines l)ordières du Dekkan, comme la-S'onc, ont un cours torrentueux et irrég-ulier. Le g-rand fleuve déroule ses méamlres dans une vaste plaine où il se dé|)lace sans cesse. Le sommet de son delta se trouve à 320 kilomèli'os de la mer; la branche occidentale qui passe à Culculla s"a|ipelle Vllougli. Son débit moyen est de 12 à 15000 mètres cubes; les crues le portent à 50000.
Le Bralimapoulre prend sa source, sous le nom de Yaru-
/s(in-ùij, à peu de distance duSutledj. A son entrée dans la plaine de Sadija, le Brahmapoutre roule déjà, même pendant la saison sèche, une masse d'eau plus considérable que le Rhône ou le Rhin. Il vient en eflet de la région la plus abondamment arrosée de pluies cpii soit en Asie et peutêtre au monde.
Les fleuves de l'Inde péninsulaire sont à la fois moindres dans leur développement que l'Indus et le Gange, moins riches en eau et sujetsà des variations beaucoup |)lus grandes et plus subites. Le golfe d'Oman ne reç.oitque rieux g-rands fleuves, le Nerbuddah et le Tapli. Les deux coulent dans les sillons étroits du plateau et sont presque dépourvus d'affluents ; pendant l'hiver, ce sont de maig-res courants serpentant parmi les sables ; mais quand vient la mousson, ils roulent des eaux troubles et abondantes.
Dans le golfe du Beng-ale tombent le Mahanaddij (836 kil.), le Godavery (1445 kil.), la Kriclma et le Caveri. T^e Godavery et la Krichna, nés à moins de 100 kilomètres du golfe d'Oman, sillonnent le plateau du Dekkan dans toute salarg-eur.
Rivières des deux versants sont également des torrents par leurs pentes et leurs régimes. Les crues du Godavery font monter son niveau de 20 mètres, dans les passages resserrés de son cours. Le Caveri, dont le débit ordinaire est de 500 mètres cubes, peut monter jusqu'à 5000 en temps de crue. Tous ces coui's d'eau ont été munis de barrages et répartis entre des canaux qui fertilisent les terres souterraines asséchées du i)lateau du Dekkan.
Côtes et îles. — Le littoral de l'Inde a un développement de oOOO kilomètres ; ce littoral est assez peu découpé, et peu favorable à la navigation qui d'ailleurs ti-ouve surtout à s'employer dans la région des embouchures du Gang-e et de l'Indus. Au nord-ouest se développe d'abord le vaste delta sablonneux de l'Indus : puis, la grande île de Koutch couvre l'entrée d'une vaste lagune, le Rann de Koutch. Au sud s'avance la presqu'île <le Gu-zerate, rattachée au continent par un isthme sablonneux et marécageux. Une petite île voisine du rivage méridional porte le fort et la ville de Diu.
A partir de ce point, la côte prend la direction du sud qu'elle conserve, en s'infléchissant lentement vers le sud-est
jusqu'au cap Conioriit. C'est la cùtu de Malabar, boi'dée par les Ghats occidentales qui serrent de très près la mer sur une longueur de 1300 kilomètres. La rade de Bojnbay, \\n des rares bons ports de cette côte, est abritée du côté de la mer par un archipel. Goa, Malié et Calicut ont été construites dans des criques produites par une avancée do la haute bordure des monts.
La côte orientale de l'Inde, celle de Coromandcl, d'Orissa et du Bengale sont encore moins hospitalières que celle de Malabar. Formées d'une étroite plaine sédimentaire et des alluvions charriées par les fleuves, elles sont basses, marécageuses, malsaines, entrecou])ées de deltas et d'étangs. A l'extrémité méridionale le golfe de Manaar et le détroit de Palk séparent du continent l'ile de Ceylan, plus g'rande que la Grèce (64000 kil. carrés). C'est une l3elle île montagneuse et fertile, avec les deux cimes élevées du Pcdrolallaijalla (2 500 mètres) et du iiic d'Adam (2200 mètres). Entre Ceylad et le continent il n'y a que de faibles profondeurs.
Les archipels des Laquedives et des Maldives sont formés d'îlots d'orig-ine madréporique, et sont de véritables récifs aux({uels se sont accolés des bancs de sable. Huit seulement sont habités.
Vies végétale et animale. — Les vies végélah; et animale sont foi't variées dans l'Inde, où l'on compte des i)laines basses, des plateaux et de gigantesques montag'iies, où il y a des districts prodigieusement arrosés et d'autres presque déserts. On y distingue généralement cinq zones :
1" La région des pentes himalayennes : Sur cesi)entes s'élagent, depuis la plaine jusqu'aux sommets, des végétations forestières fort dillëreiites, bambous et palmiers jusqu'à i 000 mètres; t-hènes, ifs et sa[)ins, de 1 000 à 2 500 mèli-es ; bouleaux jusqu'à 4000 mèli'cs ; genévriers et rhododendrons jusqu'à 5500 mètres.
2° Au nord-ouest, dans le bassin de l'Indus, presque dépourvu de pluies, se développe une végétation d'arbustes é|)incux, de |ilaid(>s grasses et de broussailles.
\i" Le bassin du (lange, beaucoup mieux ai'rosé, est favorable à toutes les cultures cpii exigent beaiicou|) dhuniidilé (!t de clialeur ; le laideur de riiomme y fait recuh^i' les forêts, jadis très développétis.
4" l>'.l.s.sY//y/, pays prodigieusement airosé, est le do-
niaiiio de la canne h sucre, du |)oivrier, du cannelier, du tlîéier. Palmiers et bambous de nombreuses espèces s'entrecroisent dans ces forêts.
5" Le Dekkan, moins imprégné d'humidité, sauf sur les Oliats occidentales, a une végétation jilus clairsemée en généi^al. S'il y a des forêts de teck et de bois de santal dans les montag-nes de l'ouest, le centre est souvent occupé par des savanes. Sur les pentes inférieures et dans les vallées, sont cultivés le coton, le café et le thé.
Ceylan forme un monde à i)art. La chaleur et l'humidité y sont constantes ; la température, tiède, y varie peu, mais l'existence d'un relief considérable permet une certaine variété des cultures.
Même variété dans la répartition de la vie animale. Les vallées supérieures de l'Himalaya ont, comme le Tibet, de nombreux troupeaux migrateurs de yacks, d'antilopes, de gazelles et un nombre considérable encore d'ours, de loups, de chacals et de renards. Dans la région chaude et humide du Terai et de VAssam^ on rencontre encore des troupeaux d'élé|ihants. On sait h^s ravages exercés dans le Bengale par le teri-ible animal qu'est le tigre royal : on estime que que 10 à 12 000 personnes ont été tuées par les animaux carnassiers dans le Beng-ale, au cours des six dernières années. Les serpents, fort nombreux, coûtent la vie aussi à des milliers d'indig'ènes.
Populations. — La population de l'Inde était, en 1901, de 204 millions dhabitants, en augmentation de 7 millions sur Tannée 1891. Les grandes aggiomérations se pressent dans la vallée du Gange et sur les côtes. La présidence du Beng-ale, dont la superficie est inférieure à celle de la France, a 75 millions d'habitants. Dans la vallée de llndus, la densité oscille, suivant les districts, de 20 à GO habitants. Cette population appartient à cinq races bien caractérisées :
1'' Les Aryas ou Ai^yens^ qui seraient arrivés dans l'Inde vers le vingt-troisième siècle avant notre ère.. Ils seraient venus des plaines du Touran, se seraient d'abord fixés dans l'admirable vallée de Kachmir, puis auraient g'agné le Pendjab et la plaine g-ang-étique. Les Aryens d'origine, habitant le haut bassin du Gange, ne dépassent guère le nombre de 10 millions; mais 170 millions d'Hindous parlent la lang-ue arvenne.
2«Les Draridiens furent refoulés dans l'Inde centrale et méridionale par les conquêtes des Aryens, à la suite des luttes mémorables qui sont racontées dans le Ramayana. Ils habitent la rég-ion des plateaux, c'est-à-dire un pays médiocrement fertile.
3° Au centre, sont les nomades, tels que les Kohi, les Bandjat'is^ les (iond, les Bodo, descendants des anciens maîtres de la péninsule. Ils descendent de populations noires, à cheveux luisants, dont le type se retrouve encore dans les montag-nes des Nilghiri.
4" Entre le Brahmapoutre et l'Iraouaddy, réside la g-randc tribu dos K/iasi ou Khasia.
5" Dans riiimalaya vivent des Tibétains, reconnaissablés à leur teint clair, à leur tête larg-e, à leur nez aplati et à leurs yeux légèrement obliques.
En somme, tous ces peuples divisés par la race et par la langue, le sont bien plus encore par la religion. Il y a 180 millions d'adeptes de la religion des brainnaiies, 60 millions de sectateurs de Vislamismc, 7 à8 millions de boudhistes, 2 millions et demi de chrétiens.
Il n'y a dans l'Inde, en face de cette population indigène, que 130000 Européens, dont 100 000 Anglais, la plupart militaires ou fonctionnaires.
Géographie politique ; villes, colonies étrangères. — Ces
divisions des indigènes rendent plus facile le gouvernement dos Anglais, qui ont achevé la conquête du pays, après avoir éliminé les Français, leurs rivaux, |)ar le traité de Paris en 1703. Le jiays de J/yso/r ou Maïssoi/r fut occupé au commencement du xix" siècle; en 1805, fut détruite la puissante confédération des Mahrattes. En 1818, le Nepaul, dans l'Himayala, et l'île de Geylan s'ajoutaient à l'Inde angolaise. Tout le royaume d'Aoude fut soumis en 18.T). Enfin, 1(! maharajah do K'achniir a dû abdiquer au mois de mars 1880. L'ancieime Comjiagiiie des Indes a été su|)primée, à la suite de la terrible insurrection des ci[)ayes (1857-1858), qui mit la domination anglaise en si grand danger. P]n 1870, la reine d'Angleterre a été proclamée impératrice des Indes et 1(3 gouvernement confié à un vice-roi l'ésidant à (ialcutla.
L'Inde anglaise pro[)rement dite (2 500000 kilomètres carrés, 200 millions d'hab.) comprend les trois présidences
de UciKjale^ de Madras et de Bombay, le pays d\4.dJemi/% le Bérar, les procinces du nord-ouest et VAoude, le Pendjab, VAssam cl ]es provhices centrales anglaises. Le reste forme les Etats vassaux au nombre de 300, i)armi lesquels le RadJpoKtana, les États de Baroda^ ^YUaiderabad et de Mtjsorc ou Maissour. Une armée forte de 200 000 hommes, dont 75 000 Ang-lais, veille à la soumission de l'Inde. L'Inde est peut-être le pays du monde où, relativement au chifliG absolu de la population, on trouve le moins do grandes villes : elle compte 3i villes au-dessus de 100 000 habitants ; 52.de 50 000 à 100 000 ; 167 de 20 000 à 50 000. Encore faut-il observer que plusieurs des grandes villes de l'Inde renferment dans leurs faubourgs une nombreuse population de maraîchers, c'est-à-dire d'agriculteurs.
La plupart des grandes villes se trouvent dans la plaine du nord, dans les bassins du Gange et de l'Inclus. La capitale, Calcutta (1125000 hab. en comptant les faubourgs), est construite sur la branche la plus navigable du delta, celle de l'Hougly. Elle se divise en deux parties : la ville noire « Black-town », malpropre et grouillante, la ville moderne, dotée de parcs et de jardins splendides. Lucknow (273 000 hab.) est l'ancienne capitale de l'Aoude. Bénarès (219000 hab.), située sur la rive gauche du Gange, est une ville sacrée qui présente le contraste frappant de mille pagodes luxueuses entourées de chaumières. La métropole du culte brahmanique, une des plus anciennes et des plus célèbres cités de la péninsule, Delhi (200 000 hab.) est tombée du rang- de capitale de l'empire Mogol à celui de simple chef-lieu de province dans le gouvernement du Pendjab. Citons cncoi'c Patna (105 000 hab.), vieille cité de la plaine du Gange, A(jra (188000 hab.), sur la rive droite de la Djemna, à 200 mètres d'altitude; Caionpore (107 000 hab.), près du Gange, qui fut le centre de la grande révolte de 1857 ; Allahabad (172 000 hab.), au confluent du Gange avec la Djemna.
Dans le haut Pendjab, Laliore (203 000 hab.) est la métropole des pays musulmans de l'Inde ; Amrilsar{\.(J2 0()()[iii[).) est presque aussi importante.
Les grandes cités sont beaucoup moins nombreuses dans le Dekkan. Il s'en trouve quelques-unes le long des côtes et dans les vallées fertiles de l'intérieur. Botubay (822000 hab.), la seconde ville de l'Inde par le chiffre de sa population, est
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bâtie sur une île de la côte de Malabar ; c'est la cité indienne la plus proche de l'isthme de Suez. Des voies ferrées la relient à Calcutta et à Madras. Madras (509000 hab.) est la plus grande cité de la côte de Goromandel. Elle a aussi sa belle ville Blanche et sa laide ville Noire. Haidara^af/ (448000 hab.) est au centre du plateau, dans le bassin de la Krichna et dans le voisinage des plus belles mines de diamants de rinde. A7/rrt/c/?/ (110000 hab.) doit son développement à sa belle position au débouché du bassin de rindus.
Colonies portugaises. — Les Portugais, qui ont révélé à l'Europe le chemin maritime des Indes et fondé dans ces parages les premières colonies en se substituant aux Arabes, n'ont gardé de leur ancien domaine que des comptoirs peuplés d'environ 450 000 habitants sur la côte du golfe d 'Oman : Diu au sud de la presqu'île de Guzerate^ Daman sur le golfe de Cambaye, l'îlot de Sahette près de Bombay, enfin la petite ville de Goa (20 000 hab.) sur la côte de Malabar.
Colonies françaises. — Il ne reste à la France de son immense empire des Indes que cinq comptoirs, peuplés de 280 000 habitants: Malié^ sur la côte de Malabar ; Karlkal et Pondiclu'i'ij^ le chef-lieu, sur la côte de Goromandel ; Yanao?i, aux bouches du Godavery; Cliandeniagoi\ sur le Gange. Le chef-lieu, Pondichéry, n'a que 47 000 habitants.
Géographie économique. — L'Inde est une contrée remarquablement fertile en ressources de toute nature: une grande partie de son sol est dune fécondité mei'veilleuse : ni les métaux précieux, ni les métaux usuels n'y font défaut. Enfin une long-ue tradition de labeur original y rend possible le développement de l'industrie; et la position de rinde sur un des chemins du plus grand commerce du monde y stimule la production et les échanges.
Agriculture. — Toutefois l'agriculture reste dans l'Inde la principale richesse. On calcule que la population agricole proprement dite comprend 102 millions sur 294 de population totale. Le sol n'a pas encore été com|)lètement mis en valeur. M est au nord-ouest des zones de désert, au pied de riliinalaya des plaines man'-cageuses dont on ne poiu la sans doute jamais vaincre la misère et rinsalultrilc Les
parties les mieux arrosées de Tlnde par les pluies, comme les plaines du Gange, ont cependant besoin d'une canalisation savante. Le canal du (iange^ de Ilardvar à Gawnpore, long- de 500 kilomètres, est un des plus célèbres du monde : plus de 8 millions d'hectares sont déjà fertilisés par lirrigation. La culture des céréales s'est beaucoup développée depuis trente ans, grâce à la mise en valeur de terres à blé. Depuis fort longtemps le riz est la plante alimentaire par excellence des Hindous: 200 millions sur 294 vivent de céréales, dont 70 millions de riz. Le Bengale, les régions deltaïques du littoral sont les meilleures terres à riz de rinde. Quant au blé, on le cultive sur 15 millions d'hectares environ, dans le Pendjab et dans les provinces du nordouest. La récolte annuelle est d'environ 100 millions d'hectolitres. Outre le riz et le blé, on cultive dans l'Inde le millet, l'orge et le maïs.
Malgré cette riche production en céréales de toute nature, de cruelles famines visitent l'Inde, quand la mousson humide s'est trop longtemps fait attendre ou s'est déchaînée avec un excès d'abondance.
La production du thé a fait de rapides progrès dans l'Inde et à Geylan. Avec cette ile, c'est l'Assam qui en cultive le plus : au total la récolte indienne oscille entre 35 ou 40 millions de kilogrammes, soit la sixième partie de la production du monde.
Le café, introduit dans llnde au xyi"^ siècle par un pèlerin de la Mecque, a longtemps enrichi Geylan et les pays du sud. L'Inde en exporte encore pour une vingtaine de millions de francs. Le Ghinchona ou quinquina, les épices, poivre, gingembre, muscades, figurent aussi au nombre des belles cultures de l'Inde.
On doit noter toutefois que les nécessités de l'industrie anglaise ont développé dans sa colonie les cultures industrielles de préférence aux autres. C'est pour se passer dans une large mesure des États-Unis d'Amérique que la Grande- Bretagne a développé les cultures du coton dans les provinces de Bombay et de Madras et dans le Bérar. L'Inde produit chaque année 5 à G millions de quintaux de coton. Le jute occupe des champs étendus dans le Bengale et dans le pays d'Assam. L'exportation de ce produit vaut annuellement plus de 200 millions de francs. Le pavot blanc, dont on retire l'opium, pousse dans la région du Gange et sur
le plateau de Malwa. On sait que la Grande-Bretag-ne a fait la g"uerre à la Chine pour maintenir les exportations d'opium de l'Inde dans ce pays. L'Inde en vend encore aujourd'hui pour 130 ou 140 millions par an.
L'Inde nest pas plus un pays délevage que la plupart des régions surpeuplées du domaine des moussons, où l'homme doit utiliser complètement la terre })Our sa nourriture et fournir lui-même le labeur cultural. L'éléphant est l'animal caractéristique de l'Inde dans les districts humides; le chameau est la béte de somme des pays secs du nordouest; on élève des moutons dans les districs montagneux du Dekkan, des chèvres à la toison précieuse dans la vallée do Kachmir et autres vallées himalayennes.
Industrie. — L'Inde exploite quelques minéraux précieux, notamment les diamants du pays de Golconde. Beaucoup plus importante que cette ancienne renommée d'une richesse en or, en arg-ent et en pierres précieuses, est. la découverte de la houille, du fer et du cuivre. Déjà l'Inde produit 6 millions et demi de tonnes de houille, c'est-à-dire de quoi alimenter quelques industries, dont la plus importante, qui fait une dangereuse concurrence à la métroj)ol(;. celle du coton, est de vieille tradition dans l'Inde. Il y a aujourd'hui plus de 5 millions de broches et 175000 ouvriers travaillant le coton, notamment à Bombay. Calcutta commence à monter des manufactures de tissus de jute.
Commerce. — Le commerce de l'Inde s'est beaucoup développé, g-ràce à l'établissement de belles voies de communication, qui, entre autres bienfaits, permettent de secourir les districts ravag'és parla famine. La plus longue route, qui était ftussi la plus importante avant la construction des voies ferrées, est ce que l'on api)elle le « Grand Tronc >> de Calcutta à Peschavcr ^2."300 kil.). Ouant aux voies ferrées, il y en a aujourd'hui -42 000 kilomètres. Calcutta, Bombay, Madras sont autant de centres où aboutissent, de tous les points de l'horizon, les voies ferrées, comme vers Karatchi, le port d'attache de la vallée de l'Indus. La filus grande ligne est (;clle (|ui traverse, connue le (îrand Ti'onc, la plaine indo-gangélii|uc, jtour réunir Pescliaver à Calcutta, par Lahore, Allahabad et hénarès.
Toute cette concentration des produits de l'intérieur détermine une puissante expansion des ports maritimes. Le mouvement total des [xjrts de l'Inde s'élève à 11 millions
de tonnes: et c'est un mouvement ealciilc sur des cargaisons de très haute valeur.
Calcutta, sin^rHougly, à 150 kilomètres de rembouchure, est le premier port de l'Inde, le dèliouché dune grande partie de la vallée du Gang-e et de tout le Beng-ale. Bombaij est le grand port d'exportation du coton, des blés, de l'opium. Co/ufnbo est le port d'exportation de Geylan et le point de relâche des pa(|uebots se rendant en Indo-Chine et en Extrême-Orient.
Les relations de l'Inde avec l'Europe sont assurées par la puissante compag-nie anglaise « Péninsulaire et Orientale », par la compagnie française des Messageries Maritimes, par diverses lignes allemandes, autrichiennes, etc., etc.
Le commerce de l'Inde atteint le chilï're de 3 milliards et demi de francs. Les ventes représentent près de 2 milliards, c'est-à-dire sont très supérieures aux achats. L'Inde vend du riz, du coton, du jute, de l'opium, du thé, de l'indig'o, etc.; elle achète des tissus de coton, des articles de fer et d'acier, du sucre, du pétrole, des machines, etc., etc. La Grande-Bretagne fait plus de la moitié de ce commerce. De plus, les capitaux anglais sont intéressés et larg-ement rémunérés dans nombre d'entreprises de l'Inde. Enfin, parla prépondérance de sa marine marchande, la Grande-Bretagne prélève un bénéfice universel sur tous les échang-es du pays indien. La France est dans une condition absolument dilférente : elle achète à l'Inde beaucoup de coton, de jute, qu'elle pourrait demander et qu'elle demandera sans doute bientôt à ses colonies, tandis qu'elle ne vend que pour quelques millions de vin, desoieries, de dentelles, etc., et de menus objets. Même dans ses colonies de l'Inde, elle n'a pas la prépondérance des bénéfices.