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CHAPITRE XI

ASIE CENTRALE. — PAYS TRIBUTAIRES DE l'eMPIRE CHINOIS,

SOMMAIKE.

Relief. — Les hautes terres de l'Asie affectent la forme d'un immense quadrilatère à peu près égal à l'Europe en étendue. Elles sont divisées en deux grandes régions par le Kouen-lun (altitude moyenne : G OUO m.). Le Koueii-luii est, en quelque sorte, donltlé par la cliaine de VAltln-tagli et complété à l'est par le système du Nancluin. Entre le Kouen-lun et l'Himalaya est compris le plateau du Tibel, large de 1 400 kilomètres et haut en moyenne de 3 GOO mètres. Son rebord méridional est constitué par des montagnes appelées Ganij-dis-ri ou monts de Tsaiig (G .SOO à 7iiOO m.). Au nord du lac Tenyri-nor, le massif de Tany-la est le j)oinl de départ d'une chaîne Lordière orientale. Le GubI ou Cluutio s'étend sur 850 kilomètres du nord au sud et sur 'MMQ kilomètres de l'ouest à l'est. Sa superticie est de 2 millions de kilomètres carrés et son altitude moyenne de 1 2U0 mètres. On distingue dans le Gobi trois grandes régions : !<> le plateau des OrJos ; 2" à l'ouest, le désert A'Alachan; 3" dans la partie septentrionale, la ^Mongolie. La Mongolie se termine à l'occident, par deux grandes dépressions que sépare le Thian-chait ; ce sont les bassins du Tarira et la Dzoïinr/ufie. De nombreux sentiers permettent de communiquer avec les plaines du Touran (cols de Touroug-Tart et col de Terekli). Un seul est utilisé' toute l'année, celui de Tevek-daban (3135 m.). Le Gobi oriental est borné à l'ouest jiar la chaîne du Chinrjan (2 500m.), d'origine volcanique. L'arête maîtresse de la .Mandchourie est celle du Chan-alitt, longue de I 500 kilomètres. Climal. — Le climat de l'Asie centrale est essentiellement continental. Dans le Tibet, le thermomètre s'abaisse jusqu'à — 40°; au début de l'été souflleut les vents d'ouest extrêmement violents. L'écart entre les extrêmes de température est de 80°. Le Tibet oriental bénélicie des moussons. Dans le

désert de Gobi, on a observé des froids de — 32" et de — 48" à Ouvga et en été le tbermoniètre monte à 38° et même 45° à l'ombre. Les ré;,'ions septentrionales et centrales reçoivent riiuniidité des vents polaires (Ow/v/a, 26 cent.). Le climat dn Turkestan nriental est extrêmement sec et calme en hiver; l'été connaît les tourmentes de salde et les orages secs. De juillet à octobre, il pleut cliacjue jour dans la montagne : aussi comple-t-on sept glaciers importants.

liijdroqraphie. — Les glaciers ilu Rarakoroum alimentent des rivières telles que le Yarkand-daria et le Kara-havh. Les plateaux du libel nordoccidental sont couverts de marais salants (lac l)a»f/ra->jum, lac Tenf/iinov). Entre la chaîne du Ga/ig-dis-ri et le Trans-Uhnnla>ia coulent en sens inverse VIndus et le Suflcdj d'une part: le Tsaiig-bo, d'autre part, qui est, peut-être, la branche supérieure du iiralimapoutre. Dans le Gobi, l'eau s'évapore si rapidement qu'il n'y a pas de rivières permanentes. La Mongolie est riche en bassins lacustres (lac Oîiiso-?ior). Les eaux descendues du Karakoroum et du Pamir convergent vers le bassin du Tarim (2 000 kil.) (jui aboutit au Lob-nor.

l'iiuiles cl animaux. — Dans le Tibet, les vallées du sud-est sont couvertes de forêts immenses; l'animal caractéristique est le yack. On trouve aussi des aiililo])es, des renards Qt des chacals. Au nord-est et au sud-est du Gobi, ou trouve d'excellents pâturages; dans les vallées du Chingan, ou rencontre les arbres fruiliers, mais sur les plateaux la sécheresse est absolue. Les lif/res sont très nombreux dans les moulagues et chassent les anlilopes, les cerfs, les chèvres, etc. Dans les vallées du Turkestan orienlal, la verdure abonde; les oasis renferment les chevaux et de nombreux animaux sauvages. On rencontre le cha))icau sur les bcirds du Lobnor. \.c?,clievaiix sont importés du Ferghana.

Géographie polilifjue. — Le Tibet, \a. Dzounyarie, le Turkestan oriental. la Mongolie et la Mandchourie sont des pays tributaires de l'cnqiirc chinois : 1" le Tiljel a 2 110 000 kilomètres carrés et renferme 2 2.)0 000 habitants. Ils sont de race mongole, mais un peu dilférents des Chinois. Ils sont bouddhistes zélés. Les principales villes sont : Dingri, C/iigalzé et la ville sainte de IJiassa (là 000 liah.) ; 2o la Mongolie (2 790000 kil. carr.) ne renferme que 1850 000 habitants. Les Mongols se partagent en trois rameaux : ils forment des confédérations, protégées i)ar les Chinois dont ils ne sont séparés q\ie par \n grande mnraille. Leur religion est le bouddhisme. La principale ville est celle d'Ourgti (10 000 lamas: 30000 liab.); 3o \a. Kachgarie cl \ii Dzoungarie conq)tent 1 tOOOOO habitants pour une superlicie de 1500000 kilomètres carrés. Li's habitants appartiennent à des races diverses {Mongols, Tibétains, Turcs, Chinois). L'élément principal est formé des Kirghiz et des Kalrnovks. La langue dominante est le turc et la religion l'islanùsme. Les principales villes sont Yaïkand ((;0 à 80000 bah.), Kachgar et Khotan: •'i» la Mandchourie (DiOOOO kil. carr.) conqile 5 CUO (tOO haliilants, dont la majorité est chinoise. Les .l/rt/K/c/(Oî/.r eux-mêmes ont changé de types et de nneurs. La capitale est Moukden (180 000 bah.).

Géographie éconuniigrie. — On ne trouve guère, en Asie centrale, (pie des steppes où on peut pratiquer l'élevage et l'exploitation du bétail [zébus, brebis, chevaiLT, yacks, etc.). Cependant, dans les vallées, on cultive les arbres fruitiers, \e^ céréales (d le mûrier. L'industrie est rndinu'ntaire. Les TilK'tains tissent avec la laine de leurs chèvres et les fils de leurs \ ers à soie des l'IolTes reelierclu'CS. La Mandchourie est beaucoup [dus riche j)ar le développement îles forêts et di!S cultures à saisons tranchées.

ASIE CEiNTRALE. PAYS TRIBUTAIRES DE L'EMPIRE CHINOIS- 197

Dans la vallée de la Souiu/ai'i, ou récolte le riz. Au uord, des pàlurajçes nourrissent des chevaux et des troupeaux. 11 n'y a, pour ainsi dire, pas de commerce. Kachf/ar est en complète décadence. Cependant des caravanes réj.'uliéres relient le Tibet et l'Inde. Le tralic se lait avec la Sibérie par les caiavanes qui francliissenl la frontière à Kiakla ; mais le passage du Transsibérien à travers la Mandchourie modifiera complètement les conditions économiques de cette partie de l'Asie.

Situation et caractère général. — C'est an terme d'une valeuf contestable que le ternie d'Asie centrale, par lequel on désig-ne d'ordinaire une énorme masse de hautes terres qui sépai^ent les plaines du nord de l'Asie des péninsules du sud et qui se dcveloi)pent en réalité depuis les confins du Turkestan russe jusqu'à l'est de l'empire chinois. C'est une bande de hautes terres et non un centre. D'ailleurs leshauts plateaux dits d'Asie centrale ne sont que la continuation de l'énorme plate-forme qui traverse l'ancien continent, depuis le Sahara occidental jusqu'aux bords du Pacifique. Seulement les hauts plateaux d'Asie ont une altitude supérieure de beaucoup aux plateaux d'Afrique de la même catégorie ; ils sont sous une latitude plus élevée, et, pour toutes ces raisons, présentent des cai^actères très différents de climat, de vie vég'étale et animale et de civilisation humaine. Toutefois, comme ceux d'Afrique, ce sont des pays mal peu|)]és et misérables pour la i)lupart.

Relief. — Cet ensemble de hautes terres est limité au nord par lesmonls Célesles T/tian-chan , r.l//«i'"etles monts de la Sibérie orientale, à l'est par les systèmes chinois, à l'ouest par le Pamir, au sud [)ar l'Himalaya. La masse est divisée en deux g-randes régions par les rameaux montag-neux qui se détachent de l'Hindou-kouch, au nœud du Karakoroum. Le soulèvement central, que l'on a considéré comme une sorte de cordillère de l'Asie est le Kouen-lun, dont l'altitude moyenne est de GOOO mètres.

Les monts Kouen-lun sont moins coupés de vallées, moins entamés de dépression que l'Himalaya : on se l'explique en pensant que les montagnes du pourtour des hauts plateaux protèg-ent le Kouen-lun contre l'érosion en le masquant des grandes pluies du sud. Situé sous un ciel plus sec, le Kouenlun n'a pas les magnifiques glaciers ni les neiges épaisses de l'Himalaya.

Tibet. — Entre le Kouen-lun et rHimalaya est compris le plateau du Tibet, exploré par Prjevalski, puis, en 1890, par MM. Bonvalot et Henri d'Orléans, tout récemment par le français Dutreuil de Rhins, que les indigènes assassinèrent, mais dont le compagnon, M. Grenard, a publié le récit de mission.

C'est un plateau d'environ 4000 000 de kilomètres carrés, d'une altitude moyenne d'au moins 3G00 mètres. De vastes sillons montag-neux se développent dans la partie centrale, d'ouest en est, et se relient en éventail au nord de l'Indo- Chine dont les g-rands fleuves, à leur naissance, sont insérés entre les haules montagnes tibétaines. Le rebord méridional du Tibet est formé par de hautes montagnes appelées Gang-dis-ri ou monts de Tsang-, où il y a des sommets de G 500 à 7 500 mètres.

Le Gobi. — Le Gobi, appelé par les Chinois Chanio ou « océan de sable » , s'étend sur une longueur de 850 kilomètres, entre les montagnes de la Sibérie méridionale et celle du Tibet, de 3500 kilomètres d'est en ouest : il mesure 2 millions de kilomètres carrés entre l'Altaï au nord, le Chingan à l'est, le Kouen-lun au sud et le Pamir à l'ouest. Son altitude moyenne est de 1200 mètres : c'est un plateau ondulé où se dressent quelques croupes montagneuses de 1500 mètres environ. Le sol présente tantôt l'aspect d'une masse de gravier et de g-alets rougeâtres. tantôt celui de sables mouvants. On y distingue trois g-raiK les régions :

1" A l'est, le plateau des Ordox, délimité par le cours du Iloang'-ho. C'est un désert sablonneux ou salin de 1 000 à 1 300 mètres d'altitude, partout impropre à la culture, sauf dans la vallée même du Meuve ;

2° Le désert d'AUi-rlian, h l'ouest de l'Oidos. C'est le fond d'un bassin lacustre. Le fond, limoneux ou couvert d'efflorescences salines, offre partout le caractère de la désolation, sauf dansh^ voisinage de l'oasis de K/iami.

3' Au nord, la Mongolie ou Turkostan mongol, vaste désort de sable.

Kachgarie et Dzoungarie. — A l'ouest de la Mongolie, sont deux grandes dépressions, le bassin du Varim. appelé h'ar/ti/a7'ie ou Turkeslan chinois et la Droinif/ai-ie. L'altitude n'y est guère que de 0 ;i 700 mèti'cs au jtlus. La Kai^h-

garie et la Dzoungarie communiquent aisément avec le pays voisin. On peut, pendant toute Tannée, gag-ner le Fcrghana par le fameux passag-e de Terek-daban (3 145 m.).

Mandchourie. — Le Gobi oriental est borné à l'est par la chaîne (\\\ Chlngan (2500 m.). L'arête maîtresse de la Mandchourie est le Chan-alui qui s'étend sur une longueur de 1 500 kilomètres depuis le détroit du Petchili jusqu'aux sources de l'Oussouri. Les cimes les plus élevées ont de 3 000 à 3 000 mètres. Entre ces deux soulèvements est compris un pays de plaines et de collines où coule la Soungari, tributaire de l'Amour.

Climat. — Le climat de l'Asie centrale est essentiellement continental. Presque toutes ces hautes terres sont masquées des vents de mer par des hautes montag-nes de bordure. Aussi la sécheresse y est-elle grande et les écarts de température considérables.

Dans le Tibet, pendant l'hiver, le thermomètre s'abaisse jusqu'à — 40": tous les fleuves sont gelés. ï]n revanche, pendant l'été, la température monte à -\- 35» et -f- 40°. Dans le Gobi on a mesuré des températures de — 48° en hiver et de 4- 45° en été. Ce sont par là des pays voués à la vie nomade.

Fleuves et lacs. — Toutefois, dans les montagnes de bordure où sur les reliefs très puissants de l'intérieur, ou encore à l'est dans le voisinage de l'océan Pacifique, il y a quelques régions favorisées de pluie. Ainsi les g-rands glaciers du Karakoroum nourrissent des rivières qui vont arroser les plaines de Khotan et de Kachg-ar, comme le Yarkanddaria et le Kara-kach; ce dernier coule au fond de défilés que surplombent des montagnes de 3800 mètres. Par les vallées de ces fleuves, on pénètre facilement du Tarim dans le Tibet. Les plateaux du nord-ouest du Tibet, hauts de 4500 à 4 800 mètres, sont couverts de marais et de lacs formés par les eaux des montagnes environnantes. Le lac Dangra-yum mesure 300 kilomètres de tour ; le Tengri-nor a 80 kilomètres de longueur sur 20 à 40 de large.

Entre la chaîne du Gang-dis-ri et le Trans-Himalaya s'ouvre une grande dépression que ])aicourent en sens inverse rindus et leSutledj d'une ])ai-t, le Tsang-bo de l'autre, allant vers l'Indus, et le Brahmapoutre.

Le Tibet du sud-est, le plus riche en pluie, ]iuisque ses vallées indo-chinoises s'ouvrent en long's couloirs dans le sens même de la mousson de Tocéan Indien, est découpé comme en éventail par ces vallées. Le Yang-tsé-kiang- et riraouaddy, dont les embouchures sont si lointaines, ont leurs vallées su]>érieures dans les hautes régions tibétaines.

Le Gobi est d'une telle sécheresse qu'on n'y peut guère citer que des rivières temporaires et de pauvres lacs. Quant au bassin Tarim, il est favorisé par le voisinage des hautes montag-nes du Karakoroum, du Pamir, et du Thian-chan. Le Tarim, formé parles eaux de ces montagnes, est un fleuve de 2000 kilomètres de long-, finissant dans le Lob-nor tour à tour lac et marécage, suivant les saisons.

"Vies végétale et animale. — Il n y a de vie végétale liche et bien dévelojipée que dans les régions [)0urvues de ])luie. Ainsi, dans le Tibet, les vallées du sud-est sont couvertes d'immenses forêts. De même au nord-est et au sud-ost du Gobi, il y a de vastes étendues de steppes et même quelques excellents |)àturages. La vallée de la Soungari renfei'me des herbages d'une richesse jirodigieuse. En revanche, dans les régions asséchées, c'est une effroyable misère. Entre Kaigan et Ourga, sur un parcours de 700 kilomètres, un voyag'eur a compté seulement deux arbres rabougris. Dans le Turkestan oriental, la verduir abonde et l'on trouve des arbres d'une belle vig-ueur.

Les pojiulations sédentaires ou nomades ont adapté à rélcvag-e et à quelques cultures, les régions irriguées «le l'Asie centrale. Les tribus du Turkt'slan et du Gobi élèvent des chevaux et des chameaux. A l'ouest, dans le Tibet, l'animal caractéristique est le //«c/t, qui sert de bête de somme. Partout ailleurs, dans les régions de savanes, de steppes ou de déserts, la vie ;niimale est non)ade : on chasse d'immenses troupeaux A'nntilojics qui émigrent d'un pâturage à l'autre et parcourent de vastes espaces; les voyag-eurs ont rencontré parfois «les trou|)eaux couqitant jus^.pi'à 2 000 tètes.

Géographie politique. — Le Tili.i. la D/.itiin-ario. le Turkoslan oriciilal, la Mongolie cl la Mauili-li«)iu-ie sont «les pays Iribiilaires «le lempire «•liinois. Kn lait, la .Manilcliourie est actuellement sons rinllnence russe.

Le Tibrt (2110000 kil. car. et 2250000 hab.) est peuplé par une race lég-èrement dillV'rente des Chinois, petite mais vigoureuse. A la population tibétaine proprement dite viennent s'ajouter des nomades, turcs ou mong'ols qui, sous le nom de Khor et de Sok, habitent la rég-ion septentrionale. C'est dans les provinces méridionales que la po[)ulation est le plus dense; partout ailleurs, le Tibet présente le caractère de désert et de pays de parcours.

Les Tibi''tains sont les j)lus zélés des l)Ouddhistcs : ils ont été convertis au V siècle par des missionnaires hindous. Ils reconnaissent plusieurs bouddhas vivants, parmi lesquels le Talélama ou prince ecclésiastique de la ville sainte de Lhassa.

Celle métropole du bouddhisme ne comf)te g'uère que 1.5O00 habitants. La ville et les environs renferment environ 20000 prêtres.

La Mongolie (2790000 kil. car. et 1 800000 hab.) est peuplée par des confédérations ou « bannières » des trois principales tribus de Mongols, Mongols orientaux ou A'rt/A«, Mongols occidentaux ou Eleales^ Mong'ols sibériens ou Boui'iales. Les Mongols sont bouddhistes et pailent une langue voisine du turc.

Entre la Mongolie et la Chine, s'élève la grande muraille long'ue de 3300 kilomètres, haute de 8 à 10 mètres, épaisse deO, et qui, commencée au V siècle avant notre ère, fut forcée par Gengis-Khan. La seule ville importante de Mong-olie est Ourrja., composée d'une ville i-eligieuse de 10000 lamas et d'une ville de commerce de 30000 habitants.

La Kachgarie et la Dzoungnrie comptent environ 1 100(100 habitants pour une superticie de environ 1 million et demi de kilomètres carrés. La population se compose de Mongols, de Tibétains, de Turcs et de Chinois qui sont venus coloniser et établir des cultures sur le bord des Meuves. La lang-ue dominante est le turc, la religion la plus suivie l'islan). Depuis 1877, les Chinois ont envoyé de fortes g-arnisons dans le pays. Il y a là quelques grandes villes analogues aux cités ag-ricoles du Turkestan russe. La principale est Yarkand (60000 à 80 000 hab.). Kachgar et Khotan renferment chacune environ 40000 habitants.

La 3Iandchoune['i)A0(M) kil. car. et 5600 000 hab.), pays de riches pâturages où il y a aussi de belles cultures, est peuplée de Chinois et de Mandchoux auxquels s'adjoignent

des colons russes de plus en plus nombreux. Ce pays, qui est en grand contraste par sa lichesse relative avec le reste de l'Asie centrale, dépend de plus en plus nettement de l'empire moscovite, depuis que le transsibérien a été continué par le transmandchourien aboutissant à Port-Arthur, désormais à 12 jours de l'Europe.

La capitale de la Mandchourie est Moulalpii (180000 habitants).

Géographie économique. — La plupart des pays que Ton comprend sous le nom discutable d'Asie centrale, n'ont g'uère de valeur en eux-mêmes. Mais leurs conditions de richesse, comme leurs conditions politiques, intéressent quelques puissants voisins comme l'empire russe de Turkestan et de Sibérie, l'empire anglais des Indes, l'empire chinois, et même, à l'Extrême-Orient, l'empire japonais. La Gi-ande-Bretag-ne en ce moment même, profitant des embarras de la Russie en Extrême-Orient, s'etVorce de dominer le Tibet afin d'éviter à son Inde de trop dang-ereux voisinages. La Russie protèg'e ou administre provisoirement la Mandchourie. La Chine s'efforce de conserver les riches régions irriguées du Turkestan. Le Japon est en concurrence avec la Russie pour la domination de la Mandchourie.

La plupart de ces pays sontpays d'élevag-e ou de culture. Au Tibet et dans le Turkestan on élève des troupeaux de yacks, de moutons et fie chèvres. La Mandchourie est pays de foi'êts, de culture et de prairies : la vallée de la Soungari a des terres fertiles qui [iroduisent le blé, le riz etTor-ge; sa rég-ion seiitentrionale est un admii'al)lo pays d'élevage des chevaux.

Seule la partie orientale de l'Asie centrale, c'est-à-dire la Mandchourie etla |)artieorientale de la Mongolie, ont chance de devenir lieux depassag'e de gT-andes voies internationales. Aujourd'hui encore un trafic important se fait entre la Sibérie et la Mongolie, par Kiakhta, grand centre de commerce du thé. Mais la construction du Itansmandchouriefi rendra bientôt inutile cette pénible traversée d'un pays désert par- caravanes coûteuses et lentes. L'Asie centrale a perdu de son inqxtrtance depuis qu'au sud les voies ferrées et les lignes de [la^picbots dess(irv(;nt le sud de la Chine, rindo-CiliiiH' (il riiidc par le canal de Suez, depuis qu'au noi'il le transmandclKinricn et le liaiissib(''ri(Mi mettent la

Chine à une douzaine de joui.s do l'Europe. Entre ces deux courants, l'un surtout maritime, l'auti-e exclusivement continental, l'Asie centrale devient comme un « point moi't ».

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