‹ Afrique, Asie, InsulindeChapitre 46 sur 86 · ÉTUDE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

ÉTUDE GÉNÉRALE

Situation et dimensions. — Lo terme (Ylnsidinde ou Inde insulaire manque de clarté pour désig'ner des îles qui ont plus de rapport avec l'Indo-Ghine et la Chine qu'avec l'Inde. Le terme d'Auslralasie est quelquefois employé pour désigner les îles qui font transition entre l'Asie et le monde austral ; mais il manque aussi de rigueur puisqu'il y a nombre de ces îles qui sont dans l'hémisphère boréal. L'expression qui conviendrait le mieux serait sans doute celle d'Asie insulaire et orientale, qui rappelleiait le terme d'Asie péninsulaire et orientale souvent employé parles voyag-eurs et les commerçants. On ne peut accepter non plus sans réserve le terme de 3/alaisie, en dépit de la prépondérance des indig-ènes de race malaise dans les plus importants de ces archipels. Enfin, pourquoi et au nom de quelle classification scienti(i([ue tiace-t-on une lig-ne de délimitation entre les îles qu'on suppose dépendre de l'Asie et celles qu'on rattache à l'Australie ou que l'on considère comme indépendantes à la surface du Pacifique ? Il n'y a pas à cela de raison déterminante, sinon l'habitude des grandes îles de la Malaisie et de l'archipel des Philippines de partici|jeràla vie économique de l'Asie orientale. Le lien, s'il en est un, est essentiellement un lien d'intérêt commercial.

On estime pourtant que ces îles forment un tout géog"ral)hique précisément à cause de leur ressemblance de formation volcanique, de climat et de productions. On considère

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souvent pour cette raison les mers qui s'étendent entre les iles et l'Asie comme des mers intérieures ou médilerranées. Ce nom ne saurait convenir à l'archipel malais, car les petites étendues marines que ces îles interceptent sont en très libre communication avec les grands océans voisins dont elles subissent l'influence, comme le prouvent la fréquence et l'intensité des pluies. La mer de Jara, la ??ier de Banda, la mer de Soulou^ la mer de Célèbes sont en communication par des détroits nombreux et ramifiés à l'infini, le détroit de la Sonde entre Sumatra et Java, de Makassar entre Bornéo et Célèbes, des Moluques entre Célèbes et les Moluques.

Relief. — Le socle sous-marin qui porte ces îles grandes et petites émerg-e sur de vastes surfaces : une longue traînée de volcans s'étend presque sans discontinuité de Sumatra à Timor, et de là, par les Moluques et les Philippines, jusqu'à Formose, en laissant à part Célèbes où il n'y a qu'un seul volcan et Bornéo qui ne paraît pas en compter. On compte jusqu'à quarante-neuf volcans en activité dans ces parages. A une extrême variété du relief émergé correspond une diversité ég-ale des profondeurs marines. Entre Java, Sumatra et Bornéo, la sonde touche le fond à GO mètres : mais dans le détroit de Lombok, large de 36 kilomètres, les profondeurs atteignent 1000 mètres. La mer de Banda a une fosse de 4300 mètres, celle de Célèbes de 5000. Il faut se garder de vouloir établir une relation trop étroitement géométrique entre les hauteurs volcaniques et les fonds marins, et éviter de croire que les parages des îles de l'Asie orientale ollrent irrémédiablement la condition de terres qui j)réscntent très peu de résistance et sontcn voie de destruction. Si la grande éruption du Krakatoa en 18(S3 a détruit un énorme volume dci'ochcs dans le détroit de la Sonde, elle en a aussi réédifié ; d'ailleurs on ne doit jamais oublier qu'en aucun point du monde la terre ne gagne plus rapidement sur la mer par l'apport des deltas. La reconstruction dans ces parages est donc aussi i'emar(pial)lc que la desti'uction.

Climat. — Les pays d'Asie insulaire et orientale sont soumis à un climat très humide qu'expliquent leur exposition à de multiples vents de mer, la forte évapo'^ation que

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