‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 12 sur 82 · G. CL. 3*. G · texte numérisé non relu

G. CL. 3*. G

«2 AFWQUE.

med'Ali, elle 6tait depuis 1841 la possession her<5dilaire dc sa famille, qui r^gnait sous la suzerainete de la Porle. Lc coiitr6le anglo-frangais etabli en 1879 avait place les finances ct, en fait, tout le gouvernement ^gyptien sous la protection coramtinc do la France et de TAngleterre. La revolte d'Arabi-paclia contrc le contr61e en 1882, suivie du pillage d'Alexandrie, et rhosilalion du cabinet fran^ais k intervenir, ont permis k FAnglctcrpe d'envoyer seule des troupes en Egypte : Finsurrection du Soudan cgyptien, le massacre dune armee en novembre 1885 dans le Kordofan, enfin la prise de Khartoum, lui ont fourni Toccasion de les y garder. Le khedive n*est plus aujourd'hui qu un instrument cntre les mains de I'Angleterre. L*Angleterre place ses fonctionnaires k la tMe de tons les services; elle cherche a s*assurer le monopole de la route du Nil et la possession exclusivedu canal de Suez, cette oeuvre frangaise qu'elle a jadis entravee de toutes ses forces.

L'Egypte proprement dite est divisee administrativement en Haute et Basse-Egypte et en 8 mohafzas ou gouvernements : Alexandrie, Rosette ^ Damiette^ Port-Said. El Arich, hmailia, Suez et Kosseir. La capitale est le Caire (375 000 hab.). G*est la ville la plus populeuse de I'Afrique et le centre dcs etudes musulmanes : son university d'El-Azhay* compte une douzaine de mille etudiants. Le Caire ri valise avec Alger par les institutions europeennes : ecole de medecine et de pharmacie, bibliotheque, obscrvatoire, Societe de geographie, Institut egyptien, etc. — 11 est sans rival par les tr^sors d art entasses dans son musee, collection unique due surtout aux recherches de deux Francais, Auguste Mariette et M. Maspero.

Jusqu'en 1884, laNubiey le Haut-f^iU le Kordofan, le Dar-For formaient ensemble le Soudan egyptien, sous les ordres dun gouverneur general residant k Khartoum. Maintenant toutes ces provinces sont au pouvoir d*une insurrection musulmane; les postes anglais ne depassent guere la deuxieme cataracte, Ouiidi Haifa, c'est-^-dire la limite de I'Egypte proprement dite.

Les oasis du desert libyque rattachees k TEgypte sont El- Khargueh (3000 hab.) Dakhel (17000 hab.) Farafrah et Siouah (6000 hab.), I'ancienne oasis de Jupiter Ammon. La region de la mer Rouge 6tait divisee en deux provinces : Souakim et Massaouah. Les Italiens se. sont fait ceder par di verses conventions la baie d'Assab et Massouah, d'ou ils pen^trent mainte-.

fiGYPTB BT NUBIE. 9$

nant dans le nord de TAbyssinie. De son c6t6, TAngleterre a occup6 Souakim, pour tenir la route de caravanes qui rejoint la boucle du Nil h Berber, Les Italiens voudraient bien s'emparer d*une autre route, qui m^ne de Hassaouah a Khartoum par la place forte de Kassala, en ce moment au pouvoir des derviches; mais I'Angleterre s'y est oppos^e jusqu'ici.

G6ographie dconomique. — On sait que c*est aux inondations du Nil et au precieux limon qu'il depose que TEgypte doit |K)ur une grande part la fecondit^ de son sol. L'abondance des recoltes depend done . uniquement de la r^gularit^ des inondations. Si elles sont trop abondantes ou trop pauyres, si elles viennent quelques jours trop t6t ou trop tard, les moissons peuvent 6tre eomproraises et amener la famine h bref d61ai. €'esl Fhistoire de& vaches maigres et des vaches grasses, et c'est justement pour pr^venir ce fl^au que les gouverneraents do Tfigypte ont de toute antiquity apport^ tous leurs soins aux grands travaux d*irrigation et d'amenageitient des eaux.

Deux systemes ont et6 de tout temps en presence : Tinondation par bassins, Tirrigation par canaux. L'inondation par bassins dispense, il est vrai, de toute culture; le Nil depose chaqne ann^e sur le sol le limon fecondant qui renouvelle ind^finiment la fertilite de la terre, sans qu*il soit besoin de la retourner. Les instruments sont inutiles et sont encore les no^mes qu*au temps d* Abraham, ou tout au moins d'Herodote; le fellah ne travaille qu'avec la main ; d6s que Teau se retire, il jette la semence sur la terre encore tout amollie par les eaux, et pour I'enterrer il se «ontente de lecher dans ses champs ses pores ou ses boeufs. Mais il faut que J'cau reste au moins soixante-dix jours dans chaque bassin pour y deposer les mati^res fertilisantes d'ayril h oclobre ; la culture est done pendant cette p6riode complete?ment arrSt^e et le sol ne produit qu'en hiver. C*est le syst6me encore employ^ dans toute la Haute-Egypte. . >

L*irrigation par canaux a precisement Tavantage de laisser la terre libre durant Tannee enti^re et permet de lui demander annuellement plusieurs moissons successives. EUe a remplaee dans la plus grande partie du delta la submersion. Tout un r6seau serr6 3e canaux sillonne deja la Basse-^Egyp^e sur prfis de 4000 kilometres de longueur. Quand les champs sont trop «leY6s aunfessus du niveau general des eaux, les indigenes ^mploient de grossiefe^ machines agricoles; le a chadouf» e»t

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une sorte de panier qui peut au moyen d'un levier k grands bras porter I'eau k 3 ou 4 metres de hauteur. Le « sakieh » esl une roue mue par les boeufs ou les dues. Les Europ^ens ont u limr tour construit de puissantes porapes k vapeur ; on en comple dej^ plus de cinq cents.

Ce systeme permet h la fois les cultures d'6t6 et d'hiver. Pendant cettc derni^re saison on plante et on r^colte les ce'reales ; la p^riode estivale, qui est de beaucoup la plus feconde, voit murir le ru, les legumes, les fruits, les melons et toutes les plantes industrielles, le colon, le iahac, Vindigo, la canne a Sucre, Dans les champs ou la moisson peut se faire en aoiU ou en septembre,. on s6me immediatement d*autres plantes, dont la periode de maturation est reduite a soixante ou soixante-dix jours, coitime le mais, le sorgho, le sesame : ce sont les cultures d'automne.

Ce syst6me de production intensive offre h son tour plusieurs inconv6nients. II necessite d'abord de grands travaux qui sont bien loin d'etre terminus. 11 faut completer le reseau des canaux, nettoyer sans cesse les rigoles existantes, creer des barrages. Mais surtout il est a craindre que la fertilite de la couche superficielle du sol nc diminue rapidement, maintenant que le Nil ne depose plus chaque annee de nouvelles couches de limon. II faudra recourir alors aux engrais; les alluvions du Nil s*6puiseront comme celles de tons les autres grand^ fleuves, commc celles par exemple du Mississipi, et Tepuisement sera d'autanl plus rapide qu'aux anciens produits de Tagriculture 6gyptienne se sont ajoutees d'autres cultures particuli^rement epuisantes : le tabac, le coton, la canne k sucre.

Agriculture. — L'etat des cultures est encore tout k fait rudimentaire, Les fellahs, qui sont une des richesses de I'Egypte par la modicite extreme des salaires dont ils se contentent, travaillent peu et mal, abrutis qu'ils sont par la misere, decourages par la rapacite du fisc : les produits qu'ils r^coltent sont en general mediocres. te ble, mal r^colle, sature de scl, peu riche en gluten, n'est pas eslime sur les marches d'Europe; les fibres de coton sontplcines d'impuretes; Tindigo est brCkle, etc. De grands progr^s restent a accomplir de ce c6te k I'agriculture egyjptieone.

Ea6n^ tout un bon tiers du delta rcste encore improductif. C'est la region des sables du littoral qui s'^tendent depuis le

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lac Mariout jusqu'au lac Menzaleh. De puissanies usines hydrauliques ont d^j& ^t^ construites pour travailler au dess^chement des marais; mais Toeuvre est k peine commenc^e.

A toutes ces raisons qui expliquent pourquoi T^gypte se trouve aujourd'hui dans un 6tal si precaire, il faut ajouter une derni^re cause humaine. II ne semble pas que Tadministration des Anglais ait ete tres favorable aux progr^s de Tagriculture dans les pays du Nil. Nous ne voulons m^me pas parler des consequences tres fAcheuses que les ^venements politiques ont pu exercer de ce chef; mais les ing^nieurs dont le gouvernement britannique a inonde le pays appartenaient aux services de rinde. lis ont cru decouvrir le Nil, et ont pretendu y appliquer les precedes en usage pour Tam^nagement des eaux de rindus et du Gauge, fleuves tr6s dilTerents d'origine, de nature et de r6le. De 1^ une s^rie de maladresses, qui n'ont eu pour resultat que de rendre le Nil plus torrentiel, et qui ont 6te beaucoup plus nuisiblcs qu'utiles k Tagriculture.

Les cereales et les legumes occupent environ la moiti6 des tcrres cultivees : 1 250000 hectares. Ce chiffre n*est d'ailleurs qu'approximatif; le service de statistique organist jadis par Amici-bcy a ete supprim^, et il est difficile d*avoir des donnees r6centes et precises.

Une bonne r^colte moyenne produit, d*apr6s les rapports consulaires :

6^8 millions d'hectolitres de bl^.

2 4 4 — d'orge.

5 4 6 — de mais.

Cette variation si grande dans les chilTres de production depend du resultat plus ou moins favorable des inondations annuelles du fleuve.

Les cereales proprement dites, le bl6 et I'orge sont cultivees surtout dans la Haule-figypte. Le riz n'est plants sur une grande 6chelle que dans les provinces de Beherat, Garbieh, Dakarlieh; la production ne suffit pas au reste k la consommation locale.

Les legumes sont une des principales ressources du pays. Outre les pois, qiii sont au premier raftg, il convient de citer les feves et les lentilles. Le sol humide convient k merveille k ce genre de produits. On cultive en grand dans toute I'Egypte les dattiersj qui donnent des produits excellents.

Sa AFAIQUE.

La canne h mere est plantee specialement dans Tancien domaine particulier du khedive, la Daira-Sanieh » devenu depuis doniaine d'£tat. Elle couvre une superflcie de plus de 20 000 hectares et la production s'est accrue dans des proportions considerables. Elle atteignait dansles deruieres annees 55000 tonnes valant pres de 50 millions de francs. La plus grande partie des produits sont envoy^s a Marseille.

Le eafe, dont on avait tent6 la culture, n'a pas donne de resultats satisfaisants. La production du iabac n'est pas non plus tr^s importante, elle ne depasse pas un million de kilogrammes. La consommation locale, tr6s considerable, necessite une importation quatre fois plus forte.

Le coton a ^te introduit en Egypte dans la premiere moilie du dix-neuvi^me siecle par le Frangais Jumel. Lors de la guerre de Secession la culture de la pr^cieuse iibre a\ait pris une extension rapide. L*Egypte a naturellement souflert de la reprise des adaires en Amerique. Mais le climat sec des pays du Nil, joint a rhtlndidite artificielle du sol, convient a merveille a ce genre de culture; aussi TEgypte est-elle restee malgre tout un des pays producteurs de coton les plus iraportants du monde. 400 000 hectares sont cultives eh cotonniers, particuli5rement dans le delta ; mais c'est une exploitation difficile et couteuse, qui ne peut se faire avec profit que dans les grandes proprietes ou Tentretien des canaux est assure. L*exportation atteint, ann^e moyenne, 30 millions de kilogrammes. La graine du coton a elle-m^me en Egypte une grande valeur marchande. L*huile qu'on en retire sert dans le pays m6me k lalimentalion des fellahs, et on Temploie dans le Royaume-Uni a la iabri-

tion des savons.

Le henne fournit a la fois de la poudre employee dans la leinture et des eaux de senteur. Les nombreux rosievh du l^ayoura servent k la preparation de I'huile et de I'eau de roses.

Les oasis du desert de Libye fournissent, outre les dattes, de grandes quantites de gommes et cultivent I'arbuste a manne.

Ce sont les dnes qui sont le plus g^neralement employes pour les transpoits. Leur nombre est considerable et la race est tres belle. Les hosufs dans la Haute-Egypte et les buffles dans les champs marecageux du delta sont employes au labour et surtout au d^c(»rticage des grains; leur cuir est tres estime pour la fabrication des outres, et leur poil sert k la preparation des

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toiles k tentes. La viande du mouton est la nourriiure animale la plus repaodue, mais la laine est grossiere. Les chevres^ les porcsj la voldille abondent aussi dans tout le pays.

Des cspeces variees de polssons sont p^cliees sur les cotes de la Mediterranee, dans les lagunes du littoral ct dans les differents bras du Nil. 440 barques sont employees a cette induslrie sur le seul lac de Menzaleh.

Telles gont les principales ressources de Tagriculture dans la region du Nil inferieur. On voit qu'elles sont variees et nombreuscs; et Ton comprend ainsi comment I'Egypte a pu sufiire, dans I'antiquit^y a nourrir une population plus nombreusc encore que de nos jours.

Mais I'Egypte ne renferme ni bois, ni charbon, ni minerais. Vindustne y aura done elle-mtoe un caract6re tout agricole.

Les pierres a bdtir existent toutefois en d^pdts abondants, qui ont rendu possibles ces grandes constructions dont les ruines ont surv6cu : pyramides, palais, etc. On extrait le porphyre et diverses autres pierres precieuses, grenat, etc., des carri^res d'Assouan. De riches gisoments d'alb^tre et de marbre k Siout, a Esneli, fournissaient jadis des mat^riaux estimes pour les <EUvres artistiques. Les c6tes de la raer sont bord^es de salines, a Damiette, a Rosette, k Souakim, et le sel est encore extrait des lacs Natron. Le salp^tre se tire du Fayoum et le soufre vient de la mer Rouge. On a recemment decouvert enfin non loin de cette mer, a 300 kilometres au sud de Suez, des sources de p6trole que les Egyptiens ont exploitees d(i']k dans I'antiquite. On se propose d'amener le petrole de Jcmsah, le lieu d'exploitation, au moyen de luyaux de fonte, a Suez et de la a Port- Said, d'ou on Texpedierait directeraent en Asie et en Europe.

L*iNDUSTRiE proprement dite ne comprend guere que les industries textiles et les raffineries. Le centre de Tindustrie cotonniSre est le Caire. On trouve encore des manufactures actives a Alexandrie, a Girgeh, a Siout. Les raffineries les plus nombreuses sont egalement installees au Caire et dans la Haute- Egypte. A ces industries, organisees d'apres les rn^thodes modernes suivies eii Europe 6u en Amerique, il faut ensuite ajouter tous les objets fabriques a la maniere orientale par de nombreux artisans dissemines dans tout le pays. Les soieries, les colonnades, les toiles, les chMes, ainsi produits, sont livres chaque ann^e au commerce pour une somme importante, Les poterics

d'Edfou sont encore cel^bres, et la bijouterie ^gyptieniie est renoram6e,

Au point de vue du commerce, TEgyptc joue dans le monde uu rdle important. Ge pays, dont la nature semblait avoir f . t une region compleitement fermee, entre deux deserts slerfJes et qui n'a pas meme de bons ports, se trouve toe a Theure presente un des grands carrefours du monde. II est d*abord le lieu , de passage entre la Medilerranee et la mer Rouge, e'est-'.-dirc, depuis I'ouverture du canal de Suez, entre I'Europe et I'extremc Orient. C'est, en second lieu, un intermediaire nalurel entre FAsie et TAfrique. Le Caire est le point de rencontre naturel do toutes les caravanes, de tons les pelerinages qui se dirigent vers la Mecque de tons les pointe de TAfrique. Le Nil est enfin une des principales portes de sortie de tout le continent noir.

Les relations k I'interieur sont assurees surtout par les voie^ navigables naturelles ou artificie'lrs. Les canaux d*irrigation, rendent au commerce non moins de services qu*a I'agriculture, Le principal est le canal Mahmoudieh, qui rattache Alexandric au Nil et au Caire.

De bonnes routes sont difficiies k conslruire et plus encore a entretenir sur ce sol peu ferme. Ce sont encore les digues cu Nil ou les berges des cananx qui sont les meilleures voies de communication par terre.

L'^tablissement des chemins de fer presentaient egalement de grands obstacles. Le reseau s'est pourlant developpe avec rapidite; I'Egypte comptait, en 1890, plus de 2 000 kilometres en exploitation. L'activite des relations par voies ferrees ne pent nianquer de prendre une grande extension, quand les lignes ^gyptiennes penetreront plus avant dans I'interieur de TAfrique, ou elles ne depassent pas aujourd'hui Siout, a 500 kilometres du sud du Caire. Une compagnie americaine songe k construire une ligne qui de Port-Said ou d'un autre point quelconque du canal de Suez gagnerait Damas et desservirait ainsi toute la Syrie. Actuellement les lignes frequent6es sont celles qui conduisent d'Alexandrie au Caire el k Suez.

Les lignes tele'graphiques sillonnent TEgypte sur 5 800 kilometres. La plus grande partie est exploitee par Fadministration du khedive; le trajet Alexandrie-Suez, qui unit les cables de la Mediterranee k ceux de la mer Rouge, est entre les mains d'une compagnie anglaise.

£GYPTE £T MDIE. SO

Le conuTierce en £gypte se fait suivant quatre grandes directions :

1® Les caravanes africaines apporlent au Caire les marchandises du Maroc et du Fezzan : maroquins, babouches, burnous et tapis. Le Soudan envoie tons les produits qu'il fournit; un des plus importants objets de ce trafic est encore constitu6 par les esclaves, dont la vente clandestine siir les marches du Caire est plus ou moins toleree par le gouvernement; Tivoire, les plumes d autruche, les gommes, les peaux, les cafes d'Abyssinie, meritent cnsuite d'etre cites.

2<» D'Asie, TEgypte re<joit paries caravanes de Syrie des fruits, des huiles, des soieries; les negociants d*Arabie lui vendent du cafe, des armes, des pellcteries.

En Afriqae commc en Asie, FEgypte expedie en retour les produits de son propre sol, ou ceux qu*elle re^oit d'Europe.

5* Les relations de I'Egypte avec TEurope sont done alimontees dej^ pour une bonne part, par le commerce de transit, dont il est difficile d*evaluer separement la valeur. EUes atteignent environ 600 millions de francs, dont 350 millions reviennent k Texportation.

Ce sont naturellement les produits agricoles qui torment le contingent principal des ventes h Ve'tranger, Le coton y figure h lui seul pour 225 millions en 1891, les f^vespour22 millions, le Sucre pour 14 millions.

Les tissus sont au premier rang des importations, Les melaux et machines, les houilles et matieres combustibles trouvent un abondant debouch^ dans ce pays si pauvre en minerals. Le tabac, les boissons, le betail, les denrees coloniales constituent ensuite les achats les plus importants.

\J Angletenvre fait environ la moitie de ce commerce (300 millions en 1891). C'est Londres qui regoit la plus grande quantile du coton egyptien.

La Tvrquie^ la France et la Russie vlennent au second rang (environ 50 millions chacune). La France vend k TEgypte des soieries et des draps, des vins et des liqueurs, de la quincaillerie, des articles de Paris ; elle en regoit pour une valeur a peu pr6s equivalente du coton, des graines oleagineus^s, des fruits, des gommes. Notre commerce avec TEgypIo a dlminue ; c^etait une consequence facile a prevoir du desinteressement

m^r rf

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dont notre gouvemement a fait prcuve dans les affaires poliliques de ce pays.

UAutriche ct YI(alie font chacune avec TEgyple pour 25 millions d'affaires.

C'est le port d'Alexandrie qui importe et qui exporle la lotalite des marchandises achetees ou vendues par I'Europe en Egyple. Le mouveraent de son port est de 3 500 000 tonnes, entrees et sorties reunies. Le pavilion d'Angleterre entre dans ce total pour la moitie.

4<^Le commerce de transity par le canal de Suez, est enorme. II est inulile d*insister sur Tiraportance extraordinaire de cetic voie naiurelle de communication, con^ue et executee par un Fraa- (jais, a Taide de capitaux en grande parlie fran^ais. II est inutile de rappeler tons les obstacles opposes a sa construction par la jalousie malveillante de la puissance qui devait le plus en prafiter. L*^ouverture du canal de Suez est en tous cas I'evenement qui a le plus contribue au developpcment prodigieux que la marine et le commerce ont pris depuis vingt ans. En diminuant de moitie la distance entre I'Europe et I'lnde, elle a eu pour premier r^sultat de substituer peu k peu la marine k vapeur a la marine k voiles.

Le trafic s'est k son tour developpe avec une telle rapidite (6 780000 tonnes en 1889) que le canal, ouvert a peine depuis vingt ans, est aujourd'hui reconnu insuffisant. Les Anglais les premiers ont projet^ la construction d'un second canal, parallele au premier, ou coupant transversalement le delta, en prolongement du canal Mahmoudieh. Mais la Compagnie de Suez a le monopole de toulc creation de canal entre les deux mers ; apres de longues negocialions, elle s'est engagee a executor tous les travaux necessaircs pour assurer la rapidite et la regularile du transit. II a ete convenu que le canal actuel sera elargi ou qu'un nouveau sera creusS quand le mouvement annuel dopassera 10 millions de tonnes.

Six puissances marilimes participent surtout au trafic du canal : I Co Anglais viennent en tete absorbant les trois quarts du tonnage : c'est pour eux le chemin de Flnde et de I'Australie. Les Allemands tiennent le second rang ; la France le troisiime. Le qualrieme appartient aux Hollandais. C'est par cette voie que les Hollandais entretiennent des relations avec les lies de la Sonde. Les Italiens tombent au cinquieme. Les na-

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vires du Lloyd austrohongrois occmpent eiifin une place appreciable.

Le canal s'^tend sur une longueur de 160 kilometres. La largeur est de 70 h 100 metres a la surface, de 22 sur le fond. La profondeur depasse 8 metres. Port-Said, fonde k Tentree sur la Mediterranee, est un immense d^pdt de charbon ou peuvent s*approvisionner les paquebots au long cours. Suez a Textremit^ oppos^e, sur la mer Rouge, prend une grande importance. Le mouvement de son port ind^pendarament de celui du canal, depasse 1 800 000 tonnes, hmailia est le principal garage, situe .v^i*s le milieu du tfajet.

. En principe, le canal de Suez est neutre, et cette neutrality a ete reconnue formellement par une convention r^cente conclue entre les grandes puissances maritimes. Le canal ne pent ^tre bloque par aucune puissance; et chacune d'elles se trouve sur le pied d'egalite.

Mais on ne pent iiier qu*en fait les Anglais y exercent, par Tenormite meme du trafic fait sous leur pavilion, une preponderance r^elle; ils n*ont rien neglig^ d'ailleurs pour s'en rendre au besoin les maitres : Gibraltar, Malte et Ghypre dans la Mediterranee, Perim et Aden dansTocean Indien, gardent les passes qui y menent. L'occupation prolongee de I'Egypte ne doit laisser cnfin aucune illusion k cet egard; Tintervention des troupes anglaises dans ce pays, si malheureusement abandonne par la France, n*a pas en realite d*autre but que de permcttre a cette puissance de surveiller de pr^s et de tenir, pour ainsi dire, sous sa main, ce passage international.

C*est ainsi que I'Egypte a paye cher les avantages de sa position. II ne semble pas en effet qu'elle ait beaucoup gagne en prosperite sous I'administration britannique. Le plus clair resultatde Toccupationaete de faire perdre au pays un de ses principaux debouches, le Soudan.

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