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ABYSSINIE

rarm^e anglaise. Detruite par lord Napier, elle a ^te reconstruitc & cause de sa position importante sur la route du Choa.

Dans le pays alpestre du Sim^n, Dobarik conunande le d^bouch^ du col de Lamalmon par ou passe la route du Tigre a Gondar.

A Test du Takazze, Sokata (2240 m.) est situ^e sur la route du Choa a Adoua (1950 m. d'altitude), capitale du Tigre et une des villes les plus importantes de I'Abyssinie; c*est Ik que se reunissent les routes du nord venant Tune de la baie d*Adulis par la passe de Koumalli (route suivie par les Anglais en 1868), Tautre de Hassaouah par Keren. Asmara, k la t^te des vallees de I'Anseba et du Mareb superieur, et Godofelassi sur le Mareb, sont les stapes de cette derni^re route maintenant occupee par les Italiens. Axoum, remplac^e par Adoua pour le commerce, est encore la cite sainte ou les negus se font couronner.

Les plateaux du sud, Choa, Godjam, KaiTa, ont dH a leur isolement naturel une existence politique k part. Le Choa et le Godjam, vaincus maintes fois par los rois d'Abyssinic, n'ont pu 6tre fondus dans le royaume et sont restos des royaumes tributaires. L*Abyssinie n'a jamais ^t6 un Etat centralise: en theorie, le suzerain ou negous est le chef civil et militaire de tout le pays; mais en pratique, les « ras » ou gouverneurs des provinces de Hamdsen, du Tigre\ du Lasta, etc., ne faisaient qu'assister k la guerre le souverain residant dans VAmhara ou province du Tana. Apr^s la mort du roi Johannes, vaincu et tue par les derviches du Hahdi musulman, le roi du Clioa, Menehk, a profits des divisions des ras abyssins pour s'emparer du tr6ne des ndgus et les rdles sont maintenant renverses: le suzerain est maintenant au sud, et a fort a faire pour forcer k I'obeissance les chefs de I'Abyssinie proprement dite. Menelik a accepts Talliance que lui offraient les Italiens et s'est mis sous leur protectorat en les autorisant a occuper la route d'Adoua.

La partie la plus peupl6e du Choa est le plateau situe entre le Nil bleu et I'Aouach. Lk s'eleve la capitale actuelle de Menelik, Litche. La ville d'Anhobery k la porte d'un defile de la chaine orientale, est le point d'arrivee des routes de caravanes de Tadjourah et de Zeilah, par le Harrar.

L'ouest et le sud-ouest du Choa sont peupl^s par des tribus non abyssines, de race galla; ce sont les restes d'une grande invasion de negres venus du sud au xv® siecle. Us sont seden-

taires comme les Abyssins, mais musulmans, et forment de pelites confederations tributaires (pays de Gourage, de Kabena, deLitnmou avec la ville de Sakica), Au sud, les habitants du Kaffa^e disent chr6tiens et reconnaissent la suzerainet6 du roi d'Abyssinie. Le Godjam^ ce plateau isol6 par le Nil bleu, est peupl6 egalement d'un melange d'Abyssins et de Galla. Son chef, qui porte le titre de roi comme celui du Choa, reside h Monkorer, sur le versant sud; il poss6de au nord les villes de Motta et de Basso. Un pont, construit en 1884 par un ing^nieur italien, relie le royaume au reste de I'Abyssinie.

La religion des Abyssins est le christianismey introduit au IV® siecle: c*est le rite copte, du reste m^le de norabreuses pratiques paiennes.

G^ographie economique. — Le pays comprend plusieurs zones agricoles. Dans les terres chaudes ou kollUy les conditions climateriqucs conviennent a merveille k la culture de la canne a sucre, dU tabac, et en general de toutes les planles qui exigent pour murir beaucoup de chaleur et d'humidite. Les v&ina dega sont le pays d'election du cafe, de la vigne et desautres cultures arborescentes de la zone mediterraneenne. Au-dessus de cette altitude, les degas sont particuli^rement favorables k Televage du betail.

GrAce k cette variete si particuliere du relief, TAbyssinie pourrait devenir pour les Europeens un veritable grenier d'abondance; mais, sans parler des moyens de transport qui son! encore tout primitifs et tr^s coiiteux, les proced^s de culture sont encore rudiraentaires, et les habitants se donnent tout juste la peine de recueillir les fruits spontan6s du sol. La production suffit tout au plus aux besoins locaux.

Toutes les ce're'ales, le ble, le riz, Torge surtout, sont cultiv6es; les legumesy entre autres les pommes de terre et le chou rouge, introduit par les voyageurs et les missionnaires alleraands, sont une des principales nourritures des habitants. La vigne est aussi d*origine 6trang6re; elle donne de bons produits; mais la plupart des ceps ont ete arrach6s dans ces temps' derniers sur les ordres du n^gus. Tous les fruits europeens mi]irissent, le cafeier pousse a T^tat sauvage dans le Godjam, aux environs de Gondar; on en expedie chaque annee en Arable des quantites considerables qui sont ensuite dirig^es sur TEurope et vendues sous le nom de a moka ». La canne a sucre est plant^e dans les

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plaincs inondies des terres basses, et notamment dans le Clioa ; la culture du coton est appelee ^prendre une grande extension, lorsque FEthiopie s*ouvrira d Tinfluence europ^enne. Le lin est la fibre des terres hautes.

Le quinquina retrouve dans ce pays les conditions d*altitude et de climat cpii lui permettent de prosp6rer sur les flancs orientaux des Andes. Le tabac du Tigre est estim^.

Bien que I'Abyssinie ait Taspect d'un pays deboise, les arbres sont encore nombreux et d'une belle venue. On rencontre encore dans quelques regions d'immenses forets de genevriers. Les palmiers ne prosp^rent pas loin de la c6te, et les habitants de rGthiopie sont obliges de faire venir des pays voisins, les dattes qu'ils consomment.

L'Abyssinie, ou les pMurages s*etendent dans les degas, sur de vastes espaces, est un grand pays A'eLevage et de chasse. Le bi^iail est tr6s abondant etle commerce des peaux et du beurre est un des plus productifs. La faune domestique varie, comrae la flore, suivant Taltitude. Les chameaux ne vivent pas au-dessus de 1200 metres. L'dne ne rend que peu de services; mais le chevaU d'origine arabe, s'est transforme sous Tinfluence du milieu; devenu animal de montagne, il gravit les rochers d'un pied tr6s sur. Les Abyssins cl6vent diverses especes de moutons et de chtvrei&a^ grands troupeaux; le gros b^tail, en revanche, n'est pas nombreux.

Dans les plaines inf^rieures on chasse la girafe, le zebre, le buffle sauvage, Telephant. Les autruches sont aussi un animal caract^ristique des terres basses. La civette porte-musc est tres repandue; on obtient chaque ann^e pour une valeur considerable de mati^re parfuni6e.

L*£thiopie est pauvre en minerais; on recueille dans le Godjam, le Damot et sur les rives du Tzana, un peu de poudre d'or, et on asignale quelques gisements de houille non loin du littoral ; les mines du Choa et du Tigr^ donnent un excellent fer ; le soufre se rencontre dans les regions volcaniques. Mais c'est le sel qui est Tobjet du commerce le plus actif. Les depots de sel gisent au pied des monts de THaramat dans le pays des Danakils, qui ont le monopole de I'exploitation, et qui vendent la precieuse denree aux caravanes de Fint^rieur.

Ce ne sont done ni les minerais ni Tindustrie qui sont la ressource decette region. Cest un pays essentiellement agricole;

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c*est un des plus favoris^s du monde, par la vari6t6 de son climat et Tuniversalit^ de sa flore ; toutes les plantes europ^ennes, comme les cultures indiennes, peuvent y prosp^rer ^galement. Mais ces qualit^s si remarquables du pays abyssin resteront sans utilite pour le commerce g^n^ral, tant que les moyens de communication avec la cdte ne seront pas meilleurs.

Commerce. Yoies de commokication. — II n*y a pas en Abyssinie de cours d*eau navigable. Les routes n'y existent pas et seront difficiles k construire dans ce pays 06 les hauts plateaux de 3 000 metres sont h peine eloignes du littoral d*une centaine de kilometres. Tons* les transports se font actuellement k dos d'hommes ou de bMes.

L* Abyssinie a trois portes de sortie :

La pente gen6rale du relief la tourne vers le Nil; c'est peut- ^tre, malgre la longueur du trajet et la difficult^ de la navigation, le couloir ou s*engageront le plus volontiers k destination d'Alexandrie les produits des valines et des terrasses ethiopiennes. Mais Tetat politique du Soudan ^gyptien tient cette route absolument fermee.

On ne pent nier toutefois que la voie d'Adulis, de Massaouah et de Souakim, n'ait des avantages nombreux. C'est par 1^ que r Abyssinie touche k la mer, et si le rebord du plateau, s'elevant k peu pr^s k pic au-dessus du littoral, est difficile k franchir, les vallees de quelques cours d'eau facilitent les communications. C*est, en effet, de ce cdte, que se sont 6coul6es jusqu'i present toutes les denrees 6thiopiennes : peaux, beurre, cafe, muse, plumes d'autruche, ivoire, poudre d*or, tabac. Les matchandises de prix, peu encombrantes, sont les seules dpnt la vente, en Fetat actuel des voies de communication, est r^muneratrice. Les Europ^ens payent en soieries italiennes, en colonnades anglaises, en thalaris ou 6cus d'argent autrichiens, la seule monnaie de m6tal employee dans TAbyssinie. On lvalue ^ 12 ou 13 millions de francs les transactions qui s'operent k Massaouah.

Si FAmhara regarde le Nil et si le Tigr6 a pour d^bouch^ naturel Massaouah, le Choa pourra trouver dans lavenir inleret k diriger ses produits sur notre colonic d'Obok, C'est la seule valeur commerciale de ce poste qui est surtout une station militaire, un dep6t de charbon. La distance est sans doute beaucoup plus longue que celle qui s^pare les hauts plateaux du Tigre de

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la raer ; mais le relief s*6tage en pente plus douce k partir de la €6te.

Mais aotuelleraent ce sont les Italiens qui font 1p plus d*efforts pour introduire leur influence sur les plateaux d'Abyssinie et pour en d^tourner k leur profit le commerce vers Massaouah, oii fiotte leur drapeau. II ne semble pas que le commerce g^n^ral ait beaucoup gagne k Tintervention des Italiens dans ces parages. Si le trafic de Massaouah s*est accru, cen*est que gr^ce au corps expeditionnaire.

C6te de la mer Rouge & Test de TAbyssinie. — La cdle sud-occidentale de la mer Rouge est une dependance naturelle de TAbyssinie; c*est par \k que le commerce et les armees europeennes ont p6n6tr6 dans ce pays. C'est une bande de terre •s^che et infertile, ou Ton retrouve les oueds dessech^s, les salines ^t les acacias des steppes egyptiennes, qu*elle depasse encore par la chaleur : Massaouah est une des regions les plus brCklantes du globe, de 1^ son excessive mortality. Mais sur la cdte s*ouvrent de bons ports : Massaouah ellennSme, la baie de Zoula, la baie d'Assab, Obock et Tatljourah dans le golfe de Tadjourah, enfin Zeilah, Obock, en face d'Aden, a sur ce dernier port Tavantage d*avoir de Teau potable, et son mouillage, accessible aux plus grands navires, est tout aussi sAr.

La cdte et Tinti^rieur sont parcourus par des tribus f^roces, lesDanaA:i7ou Afar^ musulmans fanatiques et affili^s aux Senousi, •qui ont deji massacre maints voyageurs europ^ens (Henry Lamoert, consul fran^ais d'Aden, expeditions de Munzinger en 1875, de Giuletti en 1879, Pierre Arnouxen 1881, etc.). Le centre de fanatisme est la ville sainte de Harrar,

Trois puissances europ6ennes se partagent la c6te: Y Italic a occupy successivement la baie d^Assab, Massaouah et la cdte interraediaire : c'est ce qu*elle appelle la colonic Ery three ; la France a mis un depdt de charbon k Obock, achete d6s 1862, et possede sur le pourtour du golfe de Tadjourah, environ 900 kilometres de c6tes. Des negociants fran(?ais, MM. Pierre Arnoux, Bremand, Soleillet se sont efforces d y attirer le commerce du Choa, qui commence k en prendre le chemin. Les Anglais^ dans la meme pens^e, ont oceupe le port de Zeilah, au sud de Tadjourah.

L*oasis de Harrar^ situee k 280 kilometres de la cdte, A moitie chemin entre Ankober et Zeilah, a une importance

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qu'augmente encore sa position h 1 700 metres d'altitude, avec un climat sain et des eaux courantes. EUe est, avec ses 9500 maisons, la ville la plus peupl^e de TAfrique orientale, du Caire k Zanzibar. Aussi le ;roi Men61ik n'a-t-il pas manqu^ de mettre la main sur le Harrar el cette route du Choa. Des traites conclus en 1885 par M. Lagarde, commandant d'Obock, ont placd les sultans de Tadjourah et de Gobad sous notre protection.

BibUographie

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Sujets de deToirs

La c6te africaine de la mer Rouge, les ports et les TOies de commerce qui

aboutissent.

Les diverses regions naturelles de I'Afrique du nord, differences de relief, climat et hydrographie.

Productions de TAbyssinio, influence du climat.

Les nations europdennes dans r.Afrique du nord Leurs colonies, leur* zones d'influence, leurs enlreprises

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