Woeikof, Diekltmnte dcrErde
im AVRIQUB.
relief en quatre parties distinctes: 1<* le Soudan oriental, pays de plateaux; 2® la grande plaine alluviale du lac Tchad; 5^^ les plateaux et les montagnies du Haoussa ; 4" au del& de la valine du iNiger, les terrasses du Soudan occidental.
1" Le Soudan oriental, Kordofan^ Dar-For^ Ouadai, etc., est un pays de plateaux ondul^s, hauts de 500 metres en moyenne, et accident^s par des massifs isol^s de monts granitiques et de volcans. Dans Test, ces hauteurs sont isolees et peu ^levees: le djebel Kordofan^ le djebel Deyer^ le djebel Nouba n'ont gu6re que 300 metres de plus que la steppe et 800 metres de hauteur absolue. Le Dar-For poss6de un veritable massif : le Marrah. Les montagnes, croupes de granit et volcans eteints, se succedenl sur 200 kilometres du nord au sud et atteignent plus de 1 800 metres, soit 900 metres de plus que le plateau environnant. Des monts peu connus, comme le djebel Abou-UaraZj paraissent raltacher au nord-ouest le djebel Marrah aux monts de I'Ennedi et du Tibesti^ qui continuent la serie volcanique k travers le Sahara.
A Touest du Marrah, le plateau s'incline vers le lac Tehad, mais d*innombrables rides accidentent sa surface et la divisent en un certain nombre de cuvettes; les monts du Dar-Soulla, puis le djebel Ghe're (i 000 m. environ) et le djebel Medogo torment autant de barri^res entre lesquelles les eaux s'amassent en lagunes.
2* Plaine du tchad. — Le milieu du Soudan est occup^ par une depression considerable : c*est la plaine alluviale oil s*amassent les eaux du Tchad, D*est en ouest elle a environ 400 kilometres de large; sa longueur au sud, vers le Chari, est encore inconnue. Le Tchad n'est qu'S environ 268 metres audessus de la mer, et le pays qui s*etend au sud du lac est absolument plat : le voyageur Nachtigal estimait qu'^ 450 kilometres de distance dans le sud, il n*etait pas arrive a plus de 50 metres au-dessus du niveau du lac. La depression du Tchad pent done se prolonger sur de vastes espaces au sud, et peut-etre le seuil qui separe les eaux du Chari de celles du Congo est-il tres peu
eieve.
3® Plateaux du Haoussa. — A Touest du lac recommencent les hautes terras^ mais ce sont des massifs isoies et non un plateau continu. Entre le Tchad et la Benoue s'eievent les monts du Ouandala (Wandala) peu eieves (environ 800 metres), mais se
dressant comme une forteresse au-dessus des plaines. Au sud, le cdne isole du mont Mendifj qui est peut-6lre un ancien volcan, a peut-^tre 2 000 metres. A I'ouest du Ouandala, un dos de pays (environ 200 m. au-dessus des plaines) separe seul, dans le pays des Marghi et, le Tchad de la fienou^; mais plus loin, entro le Tchad, le Niger et le B^nou^ s*^tendent les plateaux du Haoussay vaste triangle calcaire au nord, granitique au sud et haul de 580 a 600 metres en moyenne (La ville de Zaria est k 620 ra., celle de YaTioba k 750,celle de Gombe k environ 420). Ces hautes telres sont limit^es nettement par 5 depressions profondes: 1<* au nord, la faille oix coulent en sens inverse le Sokoto et le Komadougou Yoobe (altitude k Sokoto: environ 230 m.); 2» k Touest, la valine du Niger (altitude k Rabba, 170 metres); 3<» au sud, la vallee encore plus profonde de la Benoue (altitude a Loko : 60 metres seulement au-dessus du niveau de la mer) .
La par tie orientate de ces plateaux, le Yakoba ou Baoutchi, s*eleve en veritable pays alpestre : RohKs estime le fond des vallees k plus de 900 metres au-dessus de la mer, et certaines montagnes, conmie le Saran^/a, ont plus de,2000 metres de hauteur.
4° Terrasses du Soudan occidental. — Le relief des pays k Touest du Niger est beaucoup moins bien connu. Deux voyageurs seulement ont traverse la boucle du Niger de part en part : Barth dans le nord, entre Say et Tombouctou, et le capitaine Binger de Touest au sud. Onsait cependant que, 1^ encore, domine la forme de plateau. 11 y a quelques mois encore, on croyait g^neralement k Texistence d'une grande chafne allant d*est en ouest, du Niger k TAtlantique, et sur les cartes, les « monts de Kong », courant paralleles k la c6te, figuraient une grande barrifere naturelle qui aurait isole le Soudan des pays du golfe de Guinee. Le voyage du capitaine Binger k travers ces contr^es, rest^es jusqu'alors tierges de toute exploration, a reduit cette conception k neant. On sait maintenant que le pays de Kong, — comme le soup^onnait Barth, le sagace explorateur du Soudan, — estnon pasun massif de montagnes, mais un pays de terrasses en moyenne peu 6 levees (la ville de Kong n'est qu'a environ 650 m. d'altitude). II y a ^^ et \k des montagnes: le mont de Naouri, dans le pays des Mossi, auquel M. Binger donne 1800 metres; les monts de Bousso, au nord du Dahomey, qui ont plus de 2 000 metres, s'il faut en croire
Skertehley; iliais nulle part le pays ne pr^sente Taspect d'une chaine. Sous la m^me latitude le caprice des pentes menetantdt vers le Niger, tant6t vers la mer: ainsi les fleuves cdtiers, le Gomo6 et le Volta, drainerit jusque vers le 12® degre de latitude une grande partie de la boucle du Niger, et parfois des seuils insignifiants separent les rivieres qui coulent dans des directions opposees.
Aucun Europ6en n*a encore explore le « plateau des Man-- (Ungues » qui separe la boucle du Niger de Tarriere-pays de Liberia. Les plateaux k Test de sierra Leone sont un peu mieux connus. Des monts d'une certaine altitude, le Yucca^ le raont Daro (1 340 m^t. environ), le mont Kourouivoro (1 180 met.) et la chaine du Loma separent les sources du Niger de la Rokelln et rejoignent probablement par des crates d'environ 800 metres le massif du Fouta-Djallon.
Le Fouta-Djallon est le noeud orographique d'oii sortent deux bras du Senegal, la Gambie, la Casaraance, le rio Grande, le rio Nunez, le rio Pongo, et a, comme tel, une certaine importance. Son altitude a 616 toutefois exageree : au lieu de 3 000 metres que lui attribuait Lambert en 1 860, les cimes n*en ont peut-6tre pas 2 000. Le plateau de Labe\ on naissent la Gambie et le rio Grande, est a environ 1 150 metres; le plateau de TimbOt d'ou sort le Bafing, a environ 750; nulle part le socle qui porte les pics ne parait depasser 1400 metres, hauteur alteinte par M. Bayol. L*ensemble des terres est incline vers Touest, c*est-^-dire que le plateau se dresse en pentes raides a Test au-dessus de la Gambie sup^rieure et de la Faleme, tandis qu'il s*abaisse par Echelons vers la cdte.
Le Fouta-Djallon se desarticule au nord entre la Gambie, la Falem6, le Bafing etle Niger en plateaux isoles qui seprolongent jusqu'au Senegial : tel est le massif de Tambaoura dans le Bambouk, qui se dresse comme une forteresse entre la Faleme et le Senegal.
Les hauteurs continuent entre le Niger et le S6n6gal sans qu*il puisse 6tre question d'une chaine. Ce sont des plateaus de gres, dont la pente abrupte est du c6le du Niger; au-dessus d'eux s'eleve de temps en temps un petit massif insulaire de roches plus anciennes. Tel est le rocher de Kita, qui domine la route du Senegal au Niger; il n'a gu6re plus de 600 metres au-dessus de la mer. Plus au nord, les plateaux du Deledougou et du
Bambara n'ont plus gu6re que 300 mMres : on voit combien sont peu importantes les hauteurs qui forcent le Niger a se delourner vers Timbouctou.
Glimat. — Moussons. — La partie de TAfrique comprise entre les 5<» et 17** de latitude nord et entre TAtlantique et TAbyssinie est, suivant Texpression d un met^orologiste, « un pays de moussons tr^s caract6ris6es*. » Pendant Tete boreal, Ic Sahara chauff6 par le soleil joue le r61e de foyer d'appel : c*est probablement dans le sud du desert, vers 17«» de latitude, que se trouve alors le centre de depression barometrique vers lequel accourent les vents. Aussi les souffles du sud-est et du sud-ouest apportent-ils les vapeurs de TAtlantique et de Toc^an Indien jusqu*^ la lisi^re du desert. C*est la saison des pluies, Mais en hiver il n'en est pas de m^rae. Le soleil se trouve alors dans rhemisph6re austral, vers le tropique du Capricorne, et la zone de plus grande chaleur se trouve transport6e vers le b^ de latitude et le golfe de Guinee. En m^me temps I'air s'amasse dans le nord du desert, relativemenl plus froid que la mer en celte saison, et il en r6sulte des vents du nord et du nord-est soufflant avec persistance du desert vers TAfrique ^quatoriale et le golfe de Guinee. C'est la saison seche,
Naturellement ce renversement de la mousson est graduel. PluSvUn endroit est proche de la lisi^re nord du Soudan, plus le temps pendant lequel soufflent les vents du sud est court, et moins il a de pluies. Ainsi on compte sur la c6te de Guinee pres de 250 jours de pluie par an. Sur la B^nou^ les pluies durent encore de fin avril k commencement octobre; elles ne sont plus que de quatre mois k Zaria, et il n'y a plus que 90 jours de pluie en moyenne k Gandou. De m^me, les pluies durent huit k neuf mois sur le Nil superieur k Lado {5<» lat. nord) ; entre 6* et 9<> de latitude elles commencent en mai et finissent en octobre ; k Khartoum (15° de lat.) la saison pluvieuse (charif) est reduite h trois mois : juillet, aoAt et septembre.
Ainsi, dans tout le Soudan, le climat est caract6ris6 par I'alternance d'une saison s6che, pendant laquelle soufflent les vents du nord, et d'une saison humide, pendant laquelle les pluies et les orages viennent toujours des regions du sud.
Temperature. — Le Soudan etant la partie la plus large de