‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 18 sur 82 · G. CL · texte numérisé non relu

G. CL

i^O AFRIQUE

pale des gens du Haoussa. De nombreux legumes^ oiguons, igua-* ines> past^ques, f6ves, entrent egaleraent pour une part importante dans Talimentation publique.

Les fruits mediterran^ens, acclimates au Soudan, citrons, figues, atteignent un volume considerable; mais ils attnt fades et sans goiit.

Le colon est la culture industrielle de beaivcoup la plus repandue. Dans le Haoussa et le B6nou6, ou les proc6d6s savants de plantation sont le plus en progr6s, les ffljres atteignent un ^clat et une solidite remarquables. Les (^toffes port6es par les indigenes sont en general de couleur bleue ; aussi Vindigo est-il cultiv6 en grand. Le sesame et les arachides donnent des huiles y on rencontre enfin de nombreux champs de tabac.

h'elevage est en honneur dans une grande parlie du Souddn.- Les chevaux et les dnes, qui sont excellents, servent aux transports. Les boeufs appartiennent k diverses esp^ces; la plus repandue est celle du zebu^ ou boeufs bosse. Les moutcns k poil et les chevres font la richesse des peuples Foula. La volaille et les pigeons sont une nourriture tres repandue. L'a])iculture enfin est prosp6re et les ruches sont particuliferement soignees.

La peche, sur les bords du Niger et du lac Tchad, est uno Industrie active.

Mais la chasse est pour ce pays une reSJBource bien autrement importante. La faune sauvage est extraordinairement abondante. EUe ne trouve un champ "moins favorable que dans le Haoussa, un des pays les mieux cultiv^s du Soudan. Les lions, les pantheres, les leopards, sont traques partout pour leurs fourrures, qui forment un objet de commerce pr6cieux. Les autruches donnent leurs plumes, et les civettes leur muse. Mais c'est aux elephants que les indigenes font la chasse la plus active, ipour s*emparer de leurs defenses; grdce h cette poursuite incessante, le nombre de ccs animaux diminue rapidement. L'ivoire du Soudan est moins blanc que celui de TAfrique orientaie; mais il est plus dur et surlout plus transparent. Le poids des quantites vendues aux traitants dans chacune des annees dernieres peut Hre evalue k 100 ou 120 000 kilogrammes, autant que la statistique peut donner de chiffres dignes de foi.

Un autre genre do chasse non moins fructueux se fait encore dans toule I'etendue du Soudan, c'est la chasse k Thomrae.

Cette partie de TAfrique est le pays du monde qui a fourni le plus grand nombre d*esclaves. Cost par milliers qu'en emm^ne encore chaque ann^e les caravanes en Egypte, k Tripoli, en Maroc; et c'est pour subvenir aux besoins de ce commerce, que les tribus et les empires n^gres se font perp^tuellement la guerre. Bien que le commerce des esclaves soit une des branches les plus importantes du traflc soudanien, ce n'en est pas moins la grande plaie de ce pays si m^me on n'euvisage la question qu*au point de vue brutal des int^r^ts ^conomiques. 11 enleve k la region ses meilleurs travailleurs et perp^tue dans toute r^tendue du pays un etat d*ins6curit»^ et de guerre.

Industrie. — Le Soudan est riche en minerais, mais les mines sont peu exploitees et peu connues. Le Boure, sur le cours superieur du Niger, foumit de Vor en abondance ; Timbouctou 6tait jadis un grand marche pour le commerce de ce m^tal ; les caravanes n*ont pas cess6 d'en apporter sur les marches mediterraneens des quantit^s appreciables. Le Baghirmi rec^le de Y argent et les montagnes du Haoussa sont particuli^rement riches en metaux divers; mais c'est le fer qui est Tobjet de Texploitation la plus active. On I'extrait dans le Bornou. Le m^me pays renferme quelques mines de sd gemme^ mais en general le Soudan est pauvre de cette denrce de premiere necessity : il faut la faire venir par des caravanes, des salines du Sahara.

Vindtistrie proprement dite, au sens europ^en, n'existe pas, mais la petite industrie familiale est bien organisee. C'est le tissage et la teinture des colonnades, qui occupent le plus grand nombre d'ouvriers. Les etoffes de Kano dans le Haoussa sont les plus estim^es et les plus repandues. La laine est beaucoup moins employee. Un ver du tamarinier donne une soie grossi^re. Le travail du cuir est tres prospfere et les mille objets en cuir brode que le pays exporte ne manqucnt pas d*un certain goAt artistique. Les fondeurs, les forgerons, les armuriers, les orffevres sont nombreux k Kouka, a Kano, k Sokoto; les bagues et les bracelets d*or sont finement cisel^s.

Le COMMERCE du Soudan est assez actif ; k Tinterieur du pays les ^changes ont donn^ naissance k un important traflc entre les diflerentes regions.

Mais c'est surtout au point de vue des rapports avec I'^tranger qu'il est interessant d'^tudier les facilit^s qu'oitre ce pays au commerce. Les relations sont favoris6es par le nombre et Tim-

portance des voies naturelles. Le Niger draine toutc la region occidentale ; il est vrai qu*on ne peut Tutiliser sur tout son cours. Mais on est en droit de penser que la misfe en communication des trois bassins est realisable; actuellement des rapides et des chutes interrompent encore la navigation vers Koulikoro et pres de Boussa. On connait la belle reconnaissance tentee r6cemment par le lieutenant de vaisseau Garon, de Bamakou h Kabra, le port de Timbouctou; des cannoniferes frangaises sillonnent actuellement cette partie du grand fleuve ; les vapeurs anglais le remontent d'autre part dans sa partie basse jusqu'A pres do 800 kilometres de Tembouclmre. Mais son afduent, le Benoue, est une vole de communication bien autrement facile ; c'est en effet le seul des cours d'eau africains qui ne soit pas interrompu par des cataractes dans son cours moyen. II contourne au sud les pays les plus fertiles et les plus populeux du Soudan et ouvre une voie directe vers le bassin ferme du lac Tchad.

II semblerait done que tous les produits du Soudan dussent suivre cette double voie. Or, en reahtc, le commerce suit jusqu'a present une tout autre direction : les communications sont faciles entre les affluents du Chari et du Bahr el Arab ; c'est la voie que suivent encore en partie les caravanes pour gagner Khartoum, Le Cairo, Alexandrie. Mais la route du Nil n'est pas encore celle par ou s'ecoulent la plusgrande quantitedes marchandises ; chose 6trange, c'est du c6t6 ou ce pays semble le plus compl6tement ferme aux relations du dehors, c'est a travers le Sahara que les ^changes sont les plus nombreux. Ce ph^nomene s'explique au reste, si Ton songe que les Elals barbarviques ont ete de tout temps le meilleur client du Soudan. Quand les Europeens se sont substitues comme acheteurs aux habiiants du Maghreb, les caravanes n'ont pas change de route, elles ont seulement porte leurs produits jusqu'aux ports de Mogador, Tanger, Tripoli, d'ou on les expediait sur Gibraltar et sur Malte.

Mais la difficulte, la longueur et le coiit des transports k dos de chameaux restreint forcement le commerce, efTectu^ de cette sorte, aux marchandises de prix. II est naturel que les blancs cherchent a ouvrir aux produits du Soudan d'autres debouches. La voie du Niger ne peut manquer alors de regagner ses droits. Les denrees de la region oriental e du bassin du Tchad continueronl peut-^tre — quand les routes du Soudan egyptien seront redevenues libres — k gagner Khartoum et TEgypte, ou bien

encore' Tripoli ; raais les pays du Baghirmi, du Bornou, dii Son rhai et surtout du Haoussa, trouveront avantage k faire descendre par le Chari et par la Benoiie dune part, par le Niger d'aulre part, leurs produits jusqu'a la mer. Le voyageur allemand Gerhard Rohlfs, un des hommes qui connaissent le mieux le Soudan, prevoit que Tutilisation de ces magnifiques voies navigables et T^tablissement des routes et des chemins de fer d6velopperont dans des proportions considerables la prosp^rite de ce pays.

Mais on ne peut esp6rer faire suivre la m^me voie aux marchandises du Soudan occidental, et, k vrai dire, les Frangais ne le doivent pas souhaiter. Toute la contr^e en amont de Timbouctou ne peut entrelenir des relations actives avec le bas Niger. Les marchands trouveront bien plut6t interet a remonter le cours du fleuve et k gagner la c6te par le Senegal. Les deux cours d'eau ne sont s^pares Tun de I'autre que par un seuil etroit, d'altitude mediocre; la construction dune voie ferr^e facilitera ces relations. Les Rivieres du Sud, frangaises et anglaises, pourront, k leur tour, attirer le commerce de la region des sources.

Les principaux marches du Soudan sont situ^s dans le Bornou et dans le Haoussa. Kouka et Kano paraissent etre de notre temps les plus prosp6res. Timhouclou est bien dechu ; on estime toutefois k 25000 tonnes encore le raouvement commercial de Kabrttf son port sur le Niger.

II est impossible d'evaluer en ehiffres le commerce du Soudan ; il n'est gu6re plus aise d'indiquer exactement la destination et la provenance des marchandises. On doit se contenter d'enumerer rapidement les plus importantes d*entre elles.

Les exportations comprennent les esclaves en premiere ligne.

L*ivoire et Tor sont vendus en quantity de plus en plus faibles. Les caravanes transportent encore des plumes d*autruche, de la gomme, de la cire, des peaux d*animaux sauvages, des noix de kola. De grosses cargaisons de noix de kola sont exportees aussi en Amerique, k destination des n^gres. Les cereales, les peaux, le betail, Tindigo et beaucoup d*autres produits pourront fournir dans Tavenir un aliment considerable au commerce.

Les importations consistent en draps et cotonnades, tapis de damas, caftans de Stamboul, sel, sucre et farines; fusih et munitions, menus objetsde tout genre, provenant en majeure parJie d'ltalie et d*Angleterre : aiguilles, couteaux, rasoirs, miroirs^

i5i AFRIQUE.

vcrroterie, papiers, etc. On ne peut negliger de citer aussi les a cauris », petits coquillages iinportes des iles de I'ocean Indicu et qui servent dans une grande partie de I'Afrique de monnaie divisionnaire.

Deux puissances europeennes s.c disputent le Soudan, la France et I'Angleterre. On peut ajoutcr que les Allemands convoilent aussi d'attirer vers leur colonic de Cameroun une partie du commerce soudanien.

Les Anglais ont su se faire la part du lion. Nous avons ddtj^ vu leurs tentatives — a vrai dire assez malheureuses — pour s'implanter au Soudan egyptien. lis restent en tout cas les maitres de I'Egypte. Mais leur situation sur le Niger et sur le Benoue est bien autrement solide. La « Royal Niger Company » , reconnue officiellement et soutenue par le gouvernement britannique, rogne en maitresse sur les deux fleuves. Elle exerce les droits souverains. Elle a, bien entendu, le monopole du commerce et bloque veritablement le Niger. L'Angleterre esp^re par ce moyen — et non sans quelque apparence de raison — exercer dans tout le Soudan central une influence prepond^rante.

La conference de Berlin lui a d*ailleurs reconnu formellement la suzerainete du Niger inferieur, en mfirae temps qu'elle consacrait les droits et les pretentions de la France sur le cours superieur du mtoe fleuve.

II faut bien reconnaitre toutefois que notre position n'est pas aussi privilegiee. Dans le pays soumis^ notre influence, le sol esi moins fertile, la population moins dense, les communications moins aisees. On ne peut douter que I'^tablissement de routes unissant le Niger au Senegal n'y ddveloppe le commerce et n*y r6tablisse la prosperity. Notre drapeau flotte sur le Niger, nos canonnieres le parcourent et font connaitre sur les rives le nom et la puissance de la France. Peu a peu les peuplades de Tinterieur s*habitueront h nouer des relations avec nos postes. Le principal est h rheure actuelle d*assurer la facilite des communications avec la cdte.

Notons, en terminant, qu*en principe la navigation du Niger est libre, aussi bien que le commerce fait sur ses rives; la conference de Berlin a maintenu formellement les droits et Tegalite parfaite de toutes les puissances.

Le Soudan egyptien, — Cette region, qui comprend le Sennar, le Darfour> le Kordofan, le Dar-Ferlit, ne merite plus son ancien

noni> depuis que les troupes du khedive et des Anglais en ont et^ chasseespar les bandesdu mahdi.

La perte de ce pays est un desastre pour TEgypte, non point tant encore a cause de sa fertility qui n'est pas tr6s grande, qu*en raison des communications qu'il ouvrait avec le centre de TAfrique.

Les xNubiens sont d'excellents agricuUeurs. lis s^ment deux especesparticulieres decereales qui supportent particulierement la f^cheresse, le dcmkhn et le dourah. Le tabac et le coton sont les.principales cultures industdelles avec le se'sam^ et les aratiide$ 4*ou on extrait desbmies.

L'ariire k gomme abonde lians le Kordofan, le long des rivieres tcmporaires; le cassa senna, plus repandu encore, donne le sene. Les bois de toute sorte sont abondants.

Le Darfour et le Kordofan sont des pays de steppes et de ptorages favorables k Yelevage, qui pourrait y prendre un grand developpement : les bceufs a bosse, les moutons» les ch^wessoBt nombreux. C*est la chasse qui fournit au commerce le pllt» de ressources; les plumes d'autruche sont un des objets les pliis precieux que transportent les cara vanes. Le Kordofan seul en vendait avant la guerre pour 2 150000 francs, mais le nombre des oiseaux sauvages diminue.

La Nubie et le Soudan egyptien sont riches en produits mine-

raux. Les mines d*or des monts de TEtbai, en Nubie, ont el6

prosperes; elles sont aujourd'hui trop pauvres pour fournir a une

' exploitation remuneratrice. Le cuivre est tres abondant parlout,

mais il n*est pas exploite.

On pent neanmoins, des a present, conclure que toule la region du Soudan egyptien devra son importance, dans Tavenir, moins peut-etre aux produits do son agriculture qu'aux richesses de son sous-sol. Le climat est peu favorable k la culture; la population est tres clairsemee, I'industrie est k peu pres nulle : c*est en somme un pays pauvre.

Mais par centre, au point de vue commercial, c'est la voie naturelle de penetration a Tinlerieur de TAfrique, dans la region des grands lacs, sur le Congo, dans le Soudan et m^me en Abyssinie. G'est une sorte de bassin dans lequel viennent affluer tons les produits de ces regions voisines, pour s'engager ensuite par la voie du Nil, vers TEgypte et vers I'Europe. De 1^ venait I'importance de Kob6 dans le Darfour, d'El-Obeid dans le Kordofan,

de Khartoum en Nubie. C'etaient autant de grands marches oi!i se reunissaient chaque jour vendeurs et acheteurs, au nombre de plusieurs milliers, pour y ^changer les marchandises de TAfrique contre les colonnades et les verroteries venues d'Europe. Ces considerations expliquent pourquoi les Anglais se sont montres si empresses de « proteger » FEgypte de ce cdt6 et d y envoyer leurs troupes; elles jettent aussi un certain jour sur les entreprises resides quelque peu raysterieuses d'Emin-Pacha et de Stanley.

Mais on sait qu a Theure actuelle ce pays est absolument fenme au commerce.

Les principaux objets des echanges 6taient, avant la guerre, les esclaves, I'ivoire, les plumes d'autruche, les gommes, les peaux, les bois.

deuxi£mb section

SOUDAN MARITIME : S^N^GAMBIE ET GUIN£e ,

Position et limites. — La Sen^gambie el la Guin^e ne sont dans la nature que la partie maritime du Soudan. Separee netteraent de la region saharienne par le cours du Senegal^ au nord duquel on ne trouve plu^ que des steppes, la Senegambie n'a, au sud et k Test, d'autres limites que celles que la convention a bien voylu }ui donner. Entre le Senegal et le Niger, il n'y a aucune chaine de montagnes, aucune difference dans le climat ou Taspect du pays ; de meme les plateaux qui separent au sud le Haut-Niger de TAtlantique ne diff^irent en rien de ceux du Senegal, si ce n'est qu'il y pleut un peu plus longtemps. G'est done par une classification absolument Active qu'on comprend sous le nom de Senegambie les divers pays compris entre le Senegal au nord, la Rokelle au sud, la mer et le seuil indecis qui separe les sources de ces cours d*eau du Niger, et qu'on design e du nom de Guine'e la cdte du golfe de ce nom, qu*aucune frontiere naturelle ne separe de rint^rieur.

Climat* -^ La zone maritime du Soudan est soumise comme le Soudan ^ui-meme au regime des moussons^ e'est-^-dire qu'elle a deux saisons bien tranch^es, la saison s^che et la saison humidet amenees par TaUernance des vents du nord-est

en hiver, du sud et du sud-ouest en ^te. Rien n'est plus r^gulier que ce renversement de vents qui se fait peu k peu, et on a pu noter sur la c6te les differentes etapes que parcourt h Taller et au retour la mousson pluvieuse. EUe se montre d'abord sur la c6te d'lvoire au commencement de mars. Aux premiers jours d'avril, elle souffle h Sierra Leone, k la fin du mois elle est au rio Nufiez, au milieu de mai k Bissao, a la fin de mai sur la Casamance. Vers le 20 juin, elle atteint la Gambie ; elle est k Goree dans les premiers jours de juillet, un peu plus tard encore a . Saint-Louis. Puis, quand le soleil revenant vers Themisph^re austral ram^ne au sud le foyer d*appel des vents, les souffles du sud-ouest perdent peu a peu de leur force et de leur regularity, puis cessent tout a fait. Apres une p^riode de vents variables, les vents du nord venus du desert s'^tablissenl, gagnent peu k peu vers le sud, et ainsi les pluies r^trogradent, lentement comme elles ^taient venues, vers le golfe de Guin^e, II en r6sulte que les divers points de la c6te ont des pluies d'autant plus longues et plus abondantes qu'ils sont situ^s plus loin vers le sud. En effet, Sierra Leone compte par an environ 140 jours de pluie, tandis qu'il n*y en a plus que 110 ^ Bissao (11^,8' de lati^ tude), 84 k Sedhtou (12^,6' de latitude), 48 sur la Gambie et environ 55 seulement au Senegal, En m^me temps, la quantity de pluie tombee diminue vers le nord : il pleut des jours entiers sur le rio Nuiiez, tandis quk Saint*Louis les averses ne diirent que deux k trois heures. La quantite annuelle de pluie sur la c6te est la suivante :

Lagos [cdte basse) : environ 1 m. 70

Sierra Leone (cdte montagneuse] : environ 3 m.

Goree n). 53

Saint-Louis ni. 40

Les observations manquent dans Tinterieur, mais il est tres probable qu'on y observera la mdme diminution du sud au nord. De plus, il est certain qu*il pleut plus dans les r^giond montagneuses. A Kitaf qui est situ6 a 600 metres seulement, k peu pr6s sous la latitude de Sainte-Marie-de-Bathurst, la quantite annuelle est dej^ d'environ 1 m. 30.

La temperature de la S6n^gambie et de la Guin^e varie non avec la latitude, mais avec le changement de saison. Les pluies abaissent dune fa<?on g^nerale la moyenne des mois humides, et le thermom^tre se tient presque partout a la temperature uni-

forme de 27&28 degr^s centigrades ; il ne s*en ecartc que tr6s pcu dans cette atmosphere satur^e de vapeur d*eau. C*est une chaleur moderec^ mais continuelie etd*autantplusaccablante. II en est tout autrement pendant I'autre saison. Le vent du nord-est qui souffle alors a passe par le desert et favorise par sa secheresse les ecarts de temperature. En hiver, ou le desert se r^froidit la nuit par rayonnement, ce vent arrive froid en S^negambie : il a fait descendre le thermotn^tre jusqu'a moins de 8 degres, a Saint-Louis. Mais, au printemps, quand le desert s'echaufTet le vent devient rapidement briilant, et c'est lui encore qui, apres avoir apporte au S^n^gal les temperatures les plus basses, y apporte les plus fortes chaleurs : 44*^,8 k Saint-Louis.

lilnfin, il faut noter une difference sensible entre la cdte et rinterieur. A Saint-Louis, k Goree, k Sierra Leone, des brisesde mer locales rafraichissent la saison s^che, et le courant froid qui longe du nord ati sud la cdte ouest d*Afrique, contribue encore k abaisser la temperature. Mais dans Finterieur, ou les brises de mer n'arrivent pas, les trois derniers mois de la saison s^che sont brCklants. Tandis qu a Saint-Louis la limite de 40 degres a I'ombre n*est depass^e qu'environ deux fois par an, le fait se produit une quarantaine de fois a BakeU et Ton arrive ainsi k des moyennes de 34 et 56 degres k Tombre pour les mois d'avril et de mai, pendant qu'^ Saint-Louis le mois le plus chaud n'a qu*une moyenne de 28 degres.

Comme dans le Soudan proprement dit, c'est au nord qu*il fait le plus chaud, et les temperatures de la saison seche s'attenuent k mcsure qu'on avance vers le sud. Aussi ne remarquet-on plus, au sud de Goree, de difference de temperature entre la cdte et Tinterieur.

Hydrographie. — Les fleuves cdtiers qui arrosent la zone maritime du Soudan ont un trait commun ; ce sont des fleuves de terrasses, divises en plusieurs biefs par des chutes et des fipides.

Les cours d'eau du Yorouba et du Dahomey, YOgoun qui debouche k Logos, le Oueme qui aboutit k la lagune de Portoyovo ou lac Denham, n*ont guere que 300 kilometres de long par suite de la proximite des terrasses de rinterieur. Aussi ne sont-ils navigables que pendant la saison des pluies, et ne peuvent-ils mainienir leurs embouchures libres comme le puissant Niger.

LB SOUDAN. 13d

* La Voitn est sxu conlraire un flcuve considerable, dontle cours s'est singuli^reraent prolonge surles cartes depuis le voyage du capitaine Dinger, et dont les crues formidables font monter le niveau de 15 et 20,mfetres enlre juillet et octobre. Malheureuseraent le fleuve, qui laisse entrer des navires de 5 metres, est dejacoup6 par des rapides a 92 kilometres de son embouchure. ' Le Comoe on Komoi, qui d^bouche au Grand-Bassam, figure sur les cartes jusqu*^ la latitude de Kong, depuis que MM. Binger et Treich-Lapl^ne Tont descendu en 1889. C'est egalcment unc riviere abondantc qui prend sa source k quinze journees de marche seulement de Bamakou sur le Niger; raaiseile cesse d'etre navigable k 40 kilometres de la cdte. Le cours du fleuve LoAou est encore inconnu. '

Les rivieres qui descendent du Liberia et du Sierra Leone, le Saint-Paulf la Rokelle; les Scarcies, ainsi que les Rivieres du Sud venues du Fouta-Djallon, n'ont que peu de longueur par suite du pcu de developpement de leurs versants; mais elles sent alimcntees par les pluies abondantes de la montagne et roulent un flot considerable que la maree grossit encore. Ainsi le rio Nunez a 5 ^ 6 metres de profondeur a maree basse k 60 kilometres do la c6te et la maree y monte de 6 metres dans Testuaire : il est done accessible aux grands navires. Le rio Grande, long d*en* viron 750 kilometres et sorti du ccEur du Fouta-Djallon, forme avec le rio Geba un estuaire de plusieurs kilometres de large, qui s'enfonce de plus de 100 kilometres dans les terres. La Casamancef qui n*a que 300 kilometres en tout, est navigable sur 175 kilometres jusqu'li Sedhiou pour les bateaux de 2 metres. Enfin la Gambie est le modele du genre :, nee a H50 metres dans le voisinage des monts les plus eleves du Fouta-Djallon, elle regoit dans son lit et celui de son affluent le Greg-River une quantite d'eau qui en fait le fleuve le plus abondant de toute la Senegambie; les navires la remontent en tout temps jusqu*i Mac-Carthy k 280 kilometres de la cdte, et la navigation des barques n'est arretee definitivement que par le seuil de Barrakounda, k 450 kilometres de la mer, sans compter qu'au del^ de ce seuil existe un bief superieur navigable sur 170 kilometres encore. N*etait son climat si meurtrier, la Gambie oflrirait plus d*avantages que le Senegal pour penetrer dans rinterieur: son estuaire a 20 metres de profondeur.

Entre la Gambie et'le Senegal le voisinage du desert se fait

140 afriqie;

sentir. Aucune riviere ne vient des steppes au nord de celle de Saloum.

Le Senegal lui-m^me, qui apporte k la <;dte les eaux d'un climat plus humide, ne regoit d'affluents ni de droite ni de gauche dans tout son cours inferieur, et on pent le comparer au Nil inerieur dont il a aussi les biefs coupes de cascades, avec cettc restriction que le Senegal traverse non le desert, mais la steppe qui precede le desert. Le Senegal est forme par la reunion de deux rivieres, le Bakhoy et le Bafing. Le Bakhoy sort des collines que longe le Niger, non loin du Tankisso, et suit la direction du nord jusqu'^ ce qu*il se heurte au plateau de Kaarta. L^ il rc^it de Test une riviere nee k quelques kilometres seulement du Niger, et qui continue exactement le Cours du bas Senegal : le Baoule. he Bakhoy et le Baoule, nds dans unreUel' de peu d'importance, roulent un flot mediocre : le grand courant du Senegal est le Bafing, la « riviere Noire » et vient du Fouta-Djallon pr6s de Timbo. C*est encore du Fouta-Djallon que Tient le plus grand affluent du fleuve, la Falemey riviere large de 300 metres au confluent avec des cnies de 8 metres et plus. Au deli, le Senegal ne re^oit que quelques oueds vite dessech^s. Vers la c6te, il se ramifie dans la plaine en un dedale de mari" gois ou canaux qui aboutissent de nouveau au fleuve principal. Tel est au nord de Dagana le Cacar, lac ou se deverse le trop plein des crues; le lac de Guier est un cul-de-sac qui se prolonge tr^s loin dans le pays des Djoloff.

Le Senegal est le type des fleuves de plateau, separes en plusieurs biefs par une s6rie de barrages. D6ji le Bakhoy et le Bafing surtout, qui descend d'une hauteur de plus de 600 metres dans son cours jusqu'i Bafoulabe, sont interrompus par des chutes nombreuses. De Bafoulabe aux Kayes, le Senegal descend encore de 143 metres k 67 par une serie de cataractes : celles de Gouina et du Felou ont environ 16 metres de hauteur. H6me en aval, bien que le fleuve n'ait plus que 67 metres k descendre en 1 000 kilometres de cours, de nombreux seuils de roches viennent affleurer la surface de Teau pendant la saison s^che. Les inconv^nients de ces barrages sont evidents : le Senegal n'est navigable en toute saison pour les petits vapeurs que jusqu'Si Mafou, k 350 kilometres de la c6te, et m^me pendant les hautes eaux, lorsque le fleuve monte de 12 et 15 metres k Bakel, on est arr^te k Medine par les chutes de Felou. Mais ce regime a aussi

ses avantag6s. Les barrages du haut ileuve reticuncnt les eaux de crue ; sans eux, le haut Senegal ne recevant pas de pluies pendant les trois quarts de I'ann^e serait peut-^tre k sec pendant la saison sfeche. De cette fa<?on, le Bakhoy et le Bafing conservent des reservoirs d'eau tranquiUe et profonde, souvent navigables sur une grande distance ; Thumidite de Teau fait naitre sur leyrs bords une vegetation d'arbres toufTus, qui, u leur tour, les prot^gent contre I'evaporation.

Cdtes. — La c6te g^n^gambienne se divise en plusieurs parties distinctes :

i^'Du Senegal au cap Vert, des alluvions sablonneuses, charri^es par le Senegal, font une ceinture d une vingtaine de kilometres de large aux plateaux de Tinterieur; aussi la cdte s*etend-elle suivant une courbe tr^s douce, et sans aucun port, jusqu'ft la pointe rocheuse du cap Vert, Ces alluvions mouvantes, d^posees sur une c6te basse et dans une mer ou la maree n'est gu^re que de 2 metres, ont donne lieu aux m^mes phenomenes que sur nos cdtes basses de la Mediterran^e. Elles ont forme au point de rencontre de la mer et du Senegal un cordon liUoral^ dit langue de Barbaric, long d une trentaine de kilometres, large de 400 metres seulement en moyenne, oil les sables se sont accumuies en petites dunes. Le Senegal debouche ainsi non dans la mer, mais dans une longue lagune doni le grau ou chenal de sortie varie constamment suivant les caprices de la mer ou la force du courant fluvial. Aussi le Senegal est-il un des fleuves d'Afrique dont I'entree est le plus difficile ; le chenal a rarement plus de 4 metres k maree basse, et il est deja arrive que la barre soil rest6e impraticable aux gros na vires pendant deux mois. Le vrai port de cette cdte s'ouvre k Tabri du massif basaltique du cap Vert : c'est Dakar^ port profond ct sur ou les transatlantiques viennent a quai. G*est 1^ qu'est le veritable debouche du Senegal, et que sera peut-etre la capitale plus tard.

2° La cdte decrit une seconde grande courbe du cap Vert au cap Roxo; mais 1^ les alluvions sont decoupees par la Gambie et la Gasamance, qui se sont ouvert de profonds estuaires. La barre de la Gambie, nettoyee par la forte masse d'eau qu'elle roule en tout temps, a 9 metres d*eau k maree basse. En de^a, k Tentree de Testuaire, les navires trouvent devant Sainte^Mariede-Bathurst des fonds de 20 k 25 metres d'eau. La Gasamance

U2 AFRIQCE.

par coiilrc n a que 2 metres d*eau sur $a barre h basse mcr.

Z^ Au sud du cap Roxo, la cdte est tout le coatraire de ce qu'elle est au nord du cap Vert, decoupee, d^chiquetee en ecueils, bancs de sable, iles, estuaires; les lies Bissagos^ de Los, Sherbro ne sont que les debris de la cdte primitive dont la ligne de hauts fonds se prolonge avec r6gularit6 au large. On attribue aux rivieres descendant du Fouta-Djallon et aussi k d'anciens glaciers ces gigantesques erosions. Devant I'embouchure du rio Geba et du rio Grande la c^ est rendue dangereuse par lo labyrinthe des iles Bissagos, entources d'innombrables r^cif&. De ce nombre sont les iles Alcatras, rochers compl^tement st6riles, mais importants par T^paisse couche de guano dont ils sont reconverts. lis sont devenus c61ebres par le martyre de quelques nfegres du rio Nunez, envoy^s par le gouverneur du Senegal pour y tenir garnison au nora de la France, et que rincurie administrative laissa mourir de soif et de faim/Au sud de la Guinee portugaise, la cdte toujours basse est decoupee par les estuaires du rio Nunez, du rio Pongo, de la Mellacoree; mais les dentelures sont moins profondes.

4° La c6te de Sierra Leone et de Liberia est un pen differente : les derni^res terrasses du Fouta-Djallon, encore hautes d'environ 300 metres, s'avancent ]usqu*a la mer et font saillie de temps en temps sur la c6te basse : la p^ninsule rocbeuse de Sierra Leone se dresse k 700 metres au sud de I'estuaire de la Rokelle; elle abrite un port sur : Freetown. De m^me, les ports de Robei'tsport, de Monrovia s'ouvrent h la base des deux seules saillies de la monotone et presque rectiligne c6te du Poivre : le cap Mount, haut de 325 metres, et le mont Mesurado,

5° La partie nord du golfe de Guinee, qui commence au cap Palmas, est d'une etonnante regularite : les cdtes dites de VIvoire, de VOr, des Esclaves, se suivent presque en droite ligne et le seul saillant important est le delta du Niger qui, en s*avan- ^ant dans la mer, a divise le fond du golfe en deux baies : celles de Benin et de Biafra.

La cdte des Esclaves est rocbeuse a Touest et se presente d'abord sous forme de falaises de gres de 100 ^ 200 metres de hauteur. II en est de m^me d'une partie de la Cdte de TOr, oil les collines granitiques du pays des Achanti ferment le seul promontoire urt pen en saillie jusqu'au Niger : le cap des TroiS' Pointes. C'est dans cette partie que se groupent surtout lea

LE SOUDAM. 143

escales europ^ennes : Etminay Cape-Coast'Castley Akkra, etc.

Mais dans son ensemble, la cdte de Guinee est basse et bordoe de lagunes. Du fleuve Lahou k ApoUonie sur la cdte des Esclaves, et de la Volta au Niger, la c6te est double presque partout : du cdte de la mer ce sont de longues fleches de sable sans cesse bord^es d'une blanche ligne d'ecume; du c6te de la terre on trouve les eaux tranquilles de lagunes ou les fleuves deposent leurs alluvions en se raihifiant k Tinfini. La lagune d*Ebrie s*6tend ainsi en ligne ininterrompue entre le Lahou et Ic Comoe; elle communique avec la mer par le grau du Grand-Bassam, qui, deblay^ par le courant du Comoe, est devenu un des rares ports de cette cdte accessiblcs aux navires de 3 metres. Plus loin, la lagune d'Assini n'a pas 2 m^^tres d'eau dans son chenal. Celle de Quetta, k Test de la Volfa, a au moins 400 kilometres carres; elle reste encore en arri6re de celles qui se prolongent k partir du Togo. Le nom de cdte des Esctaves rappelle encore les facilit^s qu*eurent les n^griers d'exercer leur trafic dans les mille canaux de ces lagunes, k Tabri des vaisseaux de guerre qui ne pouvaient franchir la barre. Le lac Denham ou lagune de PoriO'NovOj la lagune dlkoradou ou de Lagos se prolongent en ligne presque continue jusqu'au delta du Niger. Le peu de stabilite et de profondeur des graus donne une grande importance a ceux d'entre eux qui restent toujours accessibles aux navires. C'est ce qui a fait la fortune de Lagosy le grand port de la Guinee. Notre lao^une de Porto-Novo est une voie importante parce que le fleuve qui s'y jetle, TOueme, peut 6tre remonte jusqu*i la hauteur d'Abomey pendant les hautes eaux; mais elle n*a pour entree directe que le chenal instable de Kotonou et souvent les bateaux sont obliges de faire un detour par Lagos pour y penetrer.

6® La cdte change encore d'aspect a partir du fond du golfe de Benin. Au sable succede la vase : c*est le delta du Niger. Sur plus de 350 kilometres, la cdte ne consiste qu'en plages boueuses et noy6es, ou la ligne sombre des paletuviers marque seule Tendroit ou fmit la terre et ou commence Toc^an. ' Le ph6nom6ne caract6ristique de la cdte de Guinee est la barre^ ligne ininterrompue de vagues qui se brisent avec force sur les bas-fonds en avant de la cdte et qui rendent les d6barquements da ge eux.

Flore. — La flore des cdtes passe comme celle du Soudan

proprement dit, de la tor&i tropicale au sud a la vegetation des steppes au nord. On retrouve sur la c6te de Guin^e, de Liberia, de Sierra Leone, des Riviferes du Sud, les arbres de la for^t vierge du Bas-Niger : palmier a huile, cocotievy bananier^ arbre a heurrcy kola, etc. Dans le Fouta-Djallon et sur le haut Sen6gal on ne remarque deja plus le palmier k huile et le cocotier; les arbres caracteristiques sont Yarbre a beurre et le kola.

Enfin au nord, vers Bakel et le Fouta, les arbres tropicaux ne se rencontrent plus que le long des cours d eau, oil ils peuvent braver de longues s6cheresses et forraent encore des fourr6s impen^trables. Partout ailleurs, les graminees alternent avec les acacias ou arbres a gomme : c*est d^ik la ceinture de steppes du Sahara. Le voisinage du desert se r^vele aussi par I'apparition du dattier : il atteint le Senegal dans la region particulierement chaude comprise entre Medine et Bakel.

Le long de la mer, Thumidite de I'air permet aux plantes tropicales d'avancer plus loin vers le nord. Ainsi le cocotier croit maintenant en grand nombre sur le bas Senegal.

Faiine. — La faune passe par les mSmes transitions que la riore. Sur la cdte de Guin^e elle est d'une richesse incomparable. Les grands animaux de TAfrique 6quatoriale y ont trouve un milieu favorable; seulement Velephanty traqu^ par Thomme, a disparu de la cdte des Esclaves el de la cdte de TOr; Vhippopotame est egalement en voie de disparition. Les especes nuisibles sont nombreuses ; les termites ou fourmis de terre, dont la voraciLe est proverbiale, y deviennent un veritable fleau, une mouche analogue k la tsetse rend la presence du b^tail impossible sur certains points de la cdte ; enfin un insecte importe du Bresil, la chique (pulex penetrans) est tr^s redou table ^ Thomme : il depose ses oeufs sous les ongles du pied, ce qui am^ne la perte du doigt attaque.

De Liberia au Senegal, la faune s*appauvrit peu.^ peu, elle reste equatoriale jusqu*aux Rivieres du Sud ; le cheval, le chien meurent en peu de temps au Sierra Leone.

Au Senegal r61(^phant et Thippopotame ne se rencontrent plus que le long des affluents du haut fleuve ; par centre apparaissent les animaux de la steppe : girafe^ antilope, chacaly lion sans cri-' nicre. Autre preuve du changement de climat : le cheval peul y vivre.

Popnlation — Races. — Les races sont tres diverses dans

le Soudan maritime. Sur la rive nord du Sfn^gal errent les ^ibus maures (Trarza, Brakna, Douaich), melange de Berbfires, d'Arabes et de noira; elles ae distinguent par leur rapacity et leiir cruaute, et auraient Tail le vide sur le baa S^n^gal, s^ la France ne leup avail impose par les armes I'obligation de ne plus franchir le fleuve qu'en quality de marchands.

An sud du Senegal, la grande nation des Ouolof occupe toule lacdtejusqu'au cap Verteti la Gambie; ce sont dea nfegrea couleur d'eb^ne aux formes alhletiquea, la plupart musulmaus, mats

Fig. G. — B^parUUoa du musulnitns dans te Soudan occideataL

sans fanalisme. Ce sont eux qui fourniasent k la France ses mealleprs ouvriers et ses plus fiddles soldats noirs.

Le long du S^nSgal s'echelonnent lea Torodo ou Tottcouieun,

■ dont nous avona parlS k propos du Haut-Niger. Ce sont eux qui

out fait la force dea armies d'El Hadj Omar et qui grossisseul A

I'beure qu'il est celle de notre ennemi le sultan Ahmadou. Leur

territoire s'^tend h peu prfes de Podor i Bakel.

La region entre Senegal et Fal^m^ est occup^e par use race au teint assez clair, les Soninke ou Sarakolels, que lea una rattachent aux n^es Sonrhai, tandis que les autrea lea croient parents des Mandiugues. Mahometans, mais paciflques et trds dpres au gain, ila se font volontiers nos auxiliaires sur le haut (leuve.

Les n^gres Mandinguet ou Malinke's, dont le nom, rappHla le puissant empire de Hell^ qui exista k I'ouest du Nigeria aCoa. CL. 3-. iO

moyen Sge, ont reflu6 vers la c6te depuis le ivi* siScIe ct occupent la majeure partie des territoires de la Gamble et de^ Rivieres du Sud; en m6me temps que I'arri^re-pays de Sierra Leone^ de Liberia et de la c6te d'lvoire. lis sont surtout commer^ants : ce sont les marchands mandingues ou dioula qui serventd'inlerinMiaires entre lacdte etle Haut-Niger. Us transportent les noix de kola jusqu*^ Timbouctou et appro visionnent de sel du Sahara tons les plateaux de Tint^rieur; leur idiome est peut-^tre le plus usite de tons en Afrique occidentale. Les Mandingues sont z^l6s musulmans.

Les n^gres aborigenes de la c6te sont : les Nalom (musulmans) allies de la France; et les Solima (paiens) dans les pays des Rivieres du Sud; les Timmi, nation guerri^re et industrieuse, dans le Sierra Leone; les iCrow, (cdte de Liberia et de rivoire) c616bres par leur courage, leurs aptitudes maritimes, leur intelligence remarquable, leur honnStete scrupuleuse. lis sont devenus les interm^diaires necessaires du commerce europ^en sur la cdte de Guiu^e : parlant tons anglais, ils servent d'agents dans les factoreries et remplacent avantageusement sur les navires les matelots europeens.

Les Fanti et les Achanti peuplcnt la c6te de I'Or. Rraves,. n demi civilises m^me, car leur Industrie est remarquable, les Achanti n'en 6taient pas moins, jusqu*^ ces derni^res ann^es, un des peuples les plus sanguinaires de 1' Afrique. Les massacres qui marquaient toutes leurs ceremonies religieuses ont acquis a cdte de ceux des Dahomeens une triste celebrite. Ces derniers appartiennent k la race des Eoue; ils egalent les Achanti par la bravoure et la cruaute.

Gdographie politique. — Toute la cdte du Soudan occidental, sauf une partie de la c6te dlvoire, du reste privee de ports, est aujourd*hui aux mains de puissances europ^ennes. Mais la France seule a 6tendu ses conqu^tes dans Tint^rieur. Les glorieuses campagnes de nos officiers sur le Haut-Niger, la prise de possession de Tempire toucouleur, Tetablissement de notre protectorat sur I'empire mandingue de Samory, les traites conclus par le capitaine Binger avec le roi Tieba et les chefs du pays de Kong, les voyages de nos canonnieres sur le Niger, enfm la convention du mois d'aout 1890 qui met a Sai sur le Niger la limite des zones d'iniluence anglaise et fran^aise, iie sont, nous Tesp^rons, que le prelude de la fondation d'uu em-

pire colonial fran<;ais qui reliera nos possessions du S^n^gal h celles du Grand-Bassam et du Dahomey et comprendra sous le nom de Soudan frangais presque tous les pays compris dans la boucle du Niger. Actuellement nos possessions se repartissent de la fa^^on suivante : l^' le Senegal et le Haul-Niger; 2® les Rivieres du Sud; 3° les comptoirs de la c6te des Esclaves; 4<* les comptoirs du Dahomey.

I. Senegal. — Notre colonie du* Senegal comprend des pays de regimes tr6s divers. 11 faut distinguer : 1° les pays poss^des directemenl par la France ; S^les pays de proteclorat; S® les pays allies par trait^s.

1" Le territoire franpais proprement dit ne comprend qu'une bande assez etroite le long dy fleuve jusqu'a Bafoulabe, et le long de la cdte, de Saint-Louis au Saioum. Au deU, le territoire directement administre par nous ne comprend que la banlieue de nos forts. Quatre communes seuleraent sont assimilees a la France comme I'Algerie et elisent les conseillers generaux et le depute du Senegal ; ce sont les communes de pleiu exercice de Saint-Louis^ Gore'e, Dakar et Rufisque, Le reste des territoires possed^s est divis6 en deux arrondissements : Saint-* Louis et Dakar.

2* La majeure partie de notre colonie se compose done de territoires proteges, regis par une s^rie de traites particuliers, qui assurent d'ordinaire au gouvernement fran^ais des privileges de commerce el le droit d'acquerir les terrains n^cessaires a la construction de forts, routes et comptoirs. Ges pays comprehnent d'une pari des parties de I'ancien Senegal : Cayor, Saioum, Djolof, Fouta, Bondou, Bamhoiik, etc. ; d'autre part les territoires nouvellement soumisdu Soudan fran^ais : Gangaran^ Deledougouy Se'gou, etc., c'est-^-dire tous les pays compris entre le Tankisso au sud, Tetat de Ti^ba k Test et le Macina au nord. Us sont commandes par des forts qui occupent les principales positions strategiques : Bafoulabe, Badoumbe, Kita, Koundou, Bamakou gardent la route du Senegal au Niger; Koundian surveille le Bafing, Niagassola le Bakhoy ; Siguiri et Kaugaba gardent le Haut-Niger, Djenne et Bandiagara sont nos avant-postes en aval, Koniakarg, Nioro nous assurent le Kaarta, landis que Mourdia garde la route de Nioro au Niger.

Jusqu'en 1890 tous ces pays relevaient au point de vue polir* lique et administratif du gouverneur du Senegal k Saint-Louis.

lis AFRIQUE.

Mais nos possessions se sont tellemeht ^tendues depuis i881 qu'il devenait urgent de les organiser. L*officier sup^neur qui commandait au nom du gouverneur sup le haul fleuve, ^tait trop loin pour en ri^ferer continuellement i Saint-Louis ct agissait sous sa responsabilit^; les depenses Staient de m^me engag^es sans la participation de Tadministration de Saint-Louis qui u'avait plus qu'i les enregistrer. Pour rem^dier i cette situation un d^cret du mois d'aotit 1890 a donne Tautonomie administratiye et militaire £lu Soudan frangaisv Le comitiandant du Soudan frangais, dont la residence ^st provisoirement fix^e k Kayes, dispose d*un budget special, distinct du budget du S^-^ n^gal, et toutle personnel civil et militaire en service relive directement de lui. De plus, il correspond direclement avec le sous-secretaire d*Etat des colonies h Paris, mais « ne pent toutefois engager une action politique sans Tadh^sion du gouverneur du Senegal ».

3^ Les pays li^s par trait^s avec la France embrassent une superficie bien plus vaste. Ce sont : 1"* au nord du Senegal, les confederations des Maures Trarza et Brakna, des Ouled AH et des Douatch, qui font avec Saint-Louis le commerce de la gomme, et qui se tiennent tranquilles depuis la rude le^on que leur a inflig^e le g^n^ral Faidherbe; 2® le Fouta-Djallon, gouverne par des almamy de race peulh ; 3^ les pays avec lesquels le capitaine Binger a traite : le Kenedougau ou royaumo du roi Tieba, et le pays de Kong,

II. Gaxbie anglaise. — L*Angleterre possede le cours de la Gambie avec une etroite bande de terre depuis Yarbatenda jusqu*a Tembouchure. Ge territoire, enclave dans les possessions fran<;aises, n'a qu*une importance secondaire pour les Anglais que le climat en tient d*ailleurs eioignes. Sauf les fonctionnaires, il n*y en a qu*une viugtaine dans toute la colonic. Le commerce est en grande partie entre les mains de maisons frangaises. La capitale est Bathurst^ dont Tair empeste est funeste mSme aux n^gres (737 morts sur 202 naissances en 1884). Les principaux postes sont Albrtda et Mac- Carthy.

III. 6uin£e poRTUGAisE. — Uu terrftoire portugais est egalement enclave dans notre temtoire. La a Guine » portugaise, deiimitee par convention de 1886 s*etend du cap Roxo jnsqu*a une ligne tracee au nord de la livi^re Gogon, comprenant ainsi

le cours complet du Cacheo, du rio Geba, du rio Cassini, et le cours inf^rieur du rio Grande, ainsi que les ilcs Bissagos. C*est un territoire d'environ i 50 000 habitants FeMn et Mandingues, dont 10 000 k peine sont soumis efTectivement au Portugal. Le chef-lieu est Boulam dans une lie k Tentr^e du rio Grande (3700 hab.). Les autres postes sont : Cacheot BUsao. Le commerce se fait surtout pai* des maisons fran^aises.

lY. Rivieres DU Sud. —-On comprend sous ce nom les territoires de la Casamance, du Cogon, du rio Nunez, de k Dubrekah et de la Hellacoree, separes depuis 1889 de la colonie du Senegal et constitues en gouvernement particulier. Us forment du reste moins une colonie qu*une serie de terdtoires de traite, enc^ore fort mal connus k Tint^rieur et pouvant contenir 200 000 habi^tants, Nalou et Sousou, branches de la famille mandinjgue. La residence du gouverneur est Banty sur la MellacOree, pr^s de la fronti^re sud; le poste,de Boffa protege leis factoreries du rio i*ongo, celui de Boke sert de march6 au rio Nunez et au royaume des Nalou. Comme sur la Gambie, les negociants europiens ne resident dans le pays que quatre k cinq mois. Seul, le poste de Banty est relativement salubre.

V. SiERBA Leome. — La c6te anglaise de Sierra Leone s*^tend 8ur environ 350 kilometres des Rivieres du Sud au Liberia. Avec les districts situ^s le long des ri^vi^res des Scarcies et de la Rokelle, la colonie compte environ 73 000 kilometres carr^s et plus de 500000 habitants, Timmi, Mandingues, etc., dont environ 60000 soumis^ la juridiction anglaise. Le climat, le plus meurtrier peutr^tre de toute la cdte africaine; a valu k Sierra Leone le surnom de a Tombeau du Blanc », White mans Grave, (Mortalite de la population blanche de Freetov^n : plus d'un tiers en 1881). Aussi les blancs ne sont-ils que cent ou deux cents, et k part le colportage fait par quelques marchands italiens, presque toutle commerce est aux mains des « Sierra-L^onais o, noirs k demi civilises, descendants des negres delivr^s par les croiseurs anglais et debarqu^s par eux sur cette c6te« La capitale, Fre^ town, 30000 habitants; un gouverneur pay^ par la colonie y reside.

VI. Lib'ria. — En 1822, une society am^ricaine pour T^tablissement des negres affranchis fondait une colonie au capMesurado; en 1848, la colonie devenue considerable, devenait la Uepablique de Liberia. D*abord composee de .8000 citoyens,

elle s'est agi^andie par des immigrations succ^ssives et s*i^tend «aujourd'hui de Sierra Leone k la riviere San-Pedro, au dela du cap Palmas. Elle contient, outre 48 000 citoyens, environ 1 million de negres vassaux. La partie sud de la colonie, a partir de la riviere Sinoa, est en outre occupee par les petites r^publiques vassales des Krou. La constitution de Liberia est calqu^e sur celle des Etats-Unis, mais les blancs ne sont ni ^lecteurs, ni eligibles. Par centre, le commerce et Targent sont entre leurs mains. Le chef-lieu, Monrovia (du nom du president americain Monroe), assez salubre k cause de son ^I^vation sur les pentes du mont Mesurado, n*a pourtant que 8 000 habitants.

VII. Etablissembnt de la cote de l'1 voire. — La France a r^cemment annexe la partie ouest de ia c6te de Tlvoire et nos possessions s'^tendent maintenant sans interruption du Rio Cavally k Apollonia. Lk se trouvent nos comptoirs du Grand- Bassam et d'Assini, autrefois dependances administratives du Gabon, maintenant constitutes avec inflniment plus de raison en colonie independante sous le gouvernement du capitaine Binger. Le scul poste occupy par nous, outre Grand-Bassam et Assini, est Dabou, au nord de la lagune d'Ebrie. Le royaume d'Aasinij assez important, est vassal de la France. C*est k Grand- Bassam qu*a abouti le capitaine Binger venu de Kong, ou 11 avait ^te rejoint par notre resident sur la cdte, M. Treich>Lapl^ne.

VIU. Cote de l'Or. — D^couverte et exploit^e par les Portugais, en 1470 (car la presence des Dieppois, au xiv* siecle, sur cette cdte, soutenue trois siMes apres par Yillault de Bellefond, ne repose sur aucune preuve positive), la c6le de l'Or a attir6 successivement des llollandais, des Brandebourgeois, des Danois et des Anglais. Par suite de Tachat, en 1871, des derniers comptoirs hollandais, TAngleterre est maintenant seule maitresse de cette cdte, longue de 600 kilometres, d'Assini h Togo, et d une zone d'environ 200 kilometres de large dans I'interieur. La colonie compte k pen pres un demi-million d*habitants, sans compter les confederations alliecs des V'antiy et le royaume des AchantU vassal de TAngleterre depuis la guerre de 1873, qui a amene la prise de leur capitale, Coumassie. Le siege du gouvernement, autrefois k Cape-Coast-Castle, a et^ transf^re pour raisons sanitaires a Christiansborg-Accra, villes jumelles qui comptcnt ensemble 16 000 habitants. Situees dans la partie la plus accidentee de la c6te, elles ont deux sanatoires dans la mon-

Uigne, Aboude, k 400 metres, station des missionnaires de BMe, et, plus haut encore, la cite noire i'Akropong. Les principaux postes anglais sont : Axim, qui sera un jour le d^boucb^ des mines d*or du Wasaw; Elmina, Tantique forteresse portugaise du xv« siecle ; Cape-Coast^Castley debouch^ du pays des Achanti ; Quettah, sur la lagune du mSme nom.

IX. Cote des Esclaves. — - La cdte des Esclaves est rest^e sans maitre jusqu'en 1854. En 1860 encore, les Portugais seuls exer- <;aient quelques droits de police a Whydah. Mais, en 1862, TAngleterre fondait la colonie de Lagos; la France a achetS, en 186^, Kotonou au Dahomey et assumait le protectorat de Porto-Novo; enfin, en 1884, 1'Allemagne est entree en sc^ne et sur lademande des n^gociants de Hambourg, elle a annexe le dernier territoire rest^ vacant, celui de Togo^ entre Grand-Popo et Quettah.

Le territoire de Togo compte • seulement 50 kilometres de c6tes.

11 n est guere possible encore dVji evaluer la population. Petit'PopOy Porto-Seguro et Bagrida en sont les escales. Des officiers allemands, en particulier le capilaine von Francois, ont explore rinterieur et une station allemande, Bismarckburgy s'el6ve dej^ a 250 kilometres de la cdte, sur un plateau de 700 metres d'altitude.

Le Dahomey ayant conteste la validite du traite de 1863, €t envahi nos territoires de Kotonou et Porto-Novo, la France les a occupes militairement en 1890 et en a repousse deux armees dahomeennes, et une armee de 2000 lipmmes, commandee par le colonel Dodds, a conquis en 1892, au prix d'une s^rie de combats sanglants, les deux capitales du pays, Cana et Abomey.

Aujourd'hui nos troupes occupent les points strategiques du royaume, et le roi Behanzin, avec quelques fideles, s'est retire dans le nord.

Nos postes sur la c6te sont Kotonou et Grand-PopOy Agove et Whydah,

Le royaume protege de Porto-Novo est un petit territoire de 40 kilometres de c6te et environ 150000 habitants.

La route de terre qui relie Abomey d Whydah est rendue presque impraticable a une armee par les vastes marais de Ko ou Lama ; mais les vapeurs peuvent remonter rOu6me jusqu'i proximite de la capitale.

i52 AFRIQUE.

* Le reste de la c6te des Esclaves est occupy par la coloiiie anglaise de Lagos, Rattach^e autrefois au gouvernement de la c6te de TOr, elle est autonome depuis 1886. Le territoire soumis ^ la juridiction anglaise n*est que de 189 kilometres carr^savec 71 000 habitants,-presque tous dans la grande ville commerciale de Lagos. Le service d*ordre y est fait par des troupes indigenes recrut^es un peu dans toutes les races, et qu'on est convenu d-appeler soldats haoussa.

L'arriere-pays ou ((Hinterland » de la colonic est au pouvoir de netgres yorouba, les Egbas^ qui se sont constitues en confederations ind^pendantes. Abeokouta, la grande cite des Egbas, eorapte entre 100 et 200 000 Ames; elle est situ^e sur TOgoun, &'150 kilometres seulement au nord de Lagos. Jalouse de son independance, elle a repousse jusqu'ici avec la mfirae energie les attaques de Tarmee dahomeenne et les offres de I'Angleterre. Ibadan (100 000 habitants), situee plus au nord dans le Yorouba proprement dit, est egalement une confederation de villages, souvent en guerre avec les Peulh du Noupe, qui n*ont pas reussi ^ la conquerir. 11 y a dej^ beaucoup de musulmans dans les pays Yorouba, et Tlslam compte des sectateurs meme k I^agos.

X; Delta DU Niger. — Le delta du Niger appartient k la Compagnie coyale du Niger, Le village d'iifceusa, k Tentree de la branche principale, le Noun, est le centre de ses operations. Halgre rinsalubrite terrible du climat, la Compagnie a couvert les canaftx dufleuve de ses comptoirs. Brass-Town, Neiv^Calabarr Bonny sur les branches de Test, Abo, Onitsa sur le Noun sont les escales pfincipales de ce commerce qui a fait donner k tout ce reseau le nom d*Oil-rivers (rivieres de Thuile).

66ographie 6conomique. — Les nombreuses colonies europeennes qui se suceedent sur la cdte occidentale d'Afrique, depuis I'embouchure du Senegal jusqu'k celle du Niger, semblent offrir certains caracteres communs. Le sol n*est pas en general* d'une exuberante fecondite, mais il presente de bonnes quahtes moyennes. La variete du relief permet d autre part li des plantestres diverses d'y prosperer egalement. On a souvent compare, au point de vue de Torographie pure, le Fouta-Djallon, au plateau ethiopien. L*analogie se poursuit dans le domaine economique, grdce k I'etagement des cHmats et des zones de culture dans Tun et I'autre pays, et grSice aussi aux facilites que I'ensemble de ces conditions naturelles oiTre de part et d*autre k

LE SOUDAlf. IS^

r^tablissement des blancs: La region du Fouta-Djallon doit! devenir un grand centre d'exploitation agricole. Plusieurs cultures pr^cieuses, le coton, le cafe, Tindigo, le th6 peut-6tre, peuvent y devenir d^abondantes sources de richesses. Tous C6S pays de Touest ont d*ailleurs sur ceux de Test un grand avantage, c*est qu*ils sont bien plus faciiement p^n^trables. De nombreuses rivieres descendent k la cdte, et leurs yallees pourront ouvrir du moins des voies d'acc^s facUes vers Finterieur, Par centre, les colonies du Senegal et de la Guin^e ne sont plua sur le chemin des navires; c'est k Test du continent africaiu que passe aujourd'hui le grand courant commercial qui unit TEurope k Textr^me Orient. 11 est vrai qu'en revanche les paquebots qui font le service du Bresil n'ont pas k se d^tourner sensiblement de leur route pour toucher k Dakar.

II faut enfin remarquer que ces pays peuvent encore servir do d^bouch^s a une partie du Soudan. Mais on doit bien se garder de fonder sur ces avantages de position des esp^rances trop grandes. Nous savons deji que toute la region du Haut-Niger n'est pas tr^s riche.

Ce sont, en r^sum^, les produits du pays m6me qui constituent la meilleure ressource d*avenir de la S^n^gambie et de la Guinee. ,

Les pentes du Fouta-Djallon sont recouvertes de foreU magnifiques, dont les essences variees, propres aux constructions, k r6b6nisterie, li la teinture, el les produits divers, fruits, gommes, resines, peuvent alimenter un actif commerce. Le bois de feck est exploite dans les environs de Freetown ; les acacias it gomme, les arbres k caoutchouc abondent au Senegal ; les noix de kola^ le beurre vegetal de karite servent aux m^mes usages qu*au Soudan. Le cocotier est I'arbre universel, son fruit est.comestible, ses fibres sont employees k la fabrication des cordes, des paniers, des toitures de maisons; la coque de sa noix sert de vase. Le palmier donne Vhuile de palme que les marchands vont acheter aux indigenes en remontant les fleuves sur des bateaux sp^ciaux, servant k la fois de magasins et de lieux de marche. Les seuls navires de Hambourg en importent chaque ann^e pour plusieurs millions de francs.

Diverses cereaUs sont cultivees en Guinte : dans les terres basses, le riz et le mats prosp^rent; le bl6 est en revanche tr^s repandu dans les parties hautes avec Torge et le dourah. Les

154 AFIIIQUE.

bananes, les ignames, la racinc du manioc servent aussi h Talimentation des n^gres.

Le cafeier vient h Tetat sauvage, et atteint des proportions inaccoutum^es. C*est un grand arbre dc lO ^12 metres d*e!eyation, qui est surtout vigoureux dans les terres argileuses. On sait Timportance qu'ont prise dans ces derniers temps les plants de Liberia, pour la restauration des grandes plantations du Bresil, ou de Ceylan. La production est faible, mais elle pourrait atteindre une haute valeur. La canne h sucre et le tabac, dont les champs sont peu nombreux, seraienl au^si avantageusement cnltiv^s. .Le semme fournit quelques milliers de tonnes de graines, mais ce sont les arachides ou pistaches de terrc, qui ont trouv6 le debouche le plus considerable. On en exporte chaque ann^e de i 20 ^ 150 000 tonnes, valant pres dc 40 millions de francs. Les arachides sont employees particuli^rement a Marseille, k la fabrication des huiles et des matiSres grasses. Les progr^s accomplis dans le traitemcnt de ce produit lui ont per* mis de faire snr nos marches une s6rieuse concurrence aux huiles d'olive elles-m^mes. Le coton et V indigo^ dont la production ne d^passe guere le besoin de la consommation locale, sont les plantes industrielles dont Texploitation pourrait donner le plus de benefices.

Les animaux domestiques sont peu nombreux: ils sont d'ailleurs les m6mes qu'au Soudan. Les ruches abondent, et le Senegal expedie chaque annee plus de 30000 kilogrammes de cire.

La peche est tr6s fructueuse sur les cdtes.

La S6negambie et la Guinee pourraient done tirer de leur sol des ressources abondantes. La culture est d'ailleurs en progr^s.

Inddstrie. — Le Fouta-Djallon est, dit-on, riche en minerais : argent, cuivre, etain, fer; mais le seuLmetal vraiment digne d'etre cit6 est lor. Les gisements les plus productifs sont au S6n6gal, dans le Bour6 et surtout dans les terrains d*alluvion du Bambouk, entre le Bafmg et la Faleme. Mais ces mines sont difficilement accessibles ; elles ne sont visitees que par les noirs, ot le mdtal qu'ils en retirent ne vient m^me pas au Senegal; ils prcfferent I'^changer contre le sel et les colonnades qu'apportent les caravanes, Les filons pr6cieux, auxquels la Cote d'Or doit son nom, se trouvent dans les roches de gneiss du Ouasa, a une centaine de kilometres au nord du port d'Axim; ils sont touiours

L6 SOUDAN. i;^;^

exploit^s« On eh retire antiueliement pour 5 millions de poudre d'or.

L'iNDUSTRiE indigene est k peu pres nuUe. II faut citer pourtant le tissage des cotonnades et la fabrication des nattes de jonc.

Commerce. — On a deji vu les ressources du pays en voies de communication, Les fleuves ^ont en g^n^ral peu navigables ; le S^n^gal est encorabre de rapides et de bancs de sable; des barres dangereuses ferment l*entr6e d*un grand norabre, particuli^rement sur la cdte de Guinee.

Les ports les plus commodes sont Dakar ^ k I'extr^mit^ du cap Vert, relie k Saint-Louis par une voie ferr6e, Bathurst k Yem-r bouchure de la Garabie, et Freetown, Cape^Coast-Castle est le d^bouche de Fempire des Achanti, et Lagos re^oit les marchan-^ dises de Dahomey. Ces ports sont desservis par deux lignes r6gulieres de paquebots, un service anglais de Liverpool, et les Messageries maritimes de Bordeaux. Un c^ble sous-marin les relie k I'Europe.

Le mouvement du commerce sur les c6tes du Senegal et de la Guinee atteint un chiffre assez 61ev6. On pent I'^valuer k 150 millions de francs. La premier rang parmi les exportations revient aux substances oleagineuses. Les arachides (30 millions) sont fournies par le Senegal, la Gamble, Sierra L^one ; la noix de palmiers et Thuile de palme (25 millions) proviennent surtout des c6tes du Sud. Les gommes sont, apr6s les arachides !*objet de commerce, le plus important de la S^n^gambie (8 4 10 millions). La vente du caoutchouc repr^sente une moindre valeur (5 millions). Les noix de kola, la poudre d or, le caf6, les bois, les peaux, la cire, Tivoire, les plumes d'autruche completent la liste des marchandises vendues k I'Europe. Nos aavires apportent en echange dans le pays des cotonnades (guinees de I'Inde, tissus frangais), des boissons, du sel, des fusils et de la poudre, du tabac, du corail, de I'ambre, des verroteries.

Ce commerce se partage entre trois puissances, TAngleterre, ia France, I'AUemagne; la valeur du traflc des deux premieres se balance; la troisieme fait beaucoup d'efforts pour supplanter Tune et I'autre. Dans le chiffre total qui vient d'etre indique, 40 k 45 millions reviennent au Senegal frangais et 10 millions aux Rivieres frangaises du Sud. La Gambie anglaise et Sierra Leone sont representees chacune pour environ 6 millions^ la Guinee portugaise pour 3. Le conmierce de I'Etat libre de Liberia

se monte k iO millions environ. Dans la Guin^, les possessions anglaises sont au premier rang (50 millions) ; nous venons ensuite avec 12 millions.

Le commerce du S^n^gal suit une progression constante; cette< colonie, mieux exploit^e et mieux administr^e, peut contribuer pour une part plus grande encore k la prosperity de la metropole. Nos comptoirs des Rivieres du Sud sont une des regions les plus favoris^es, les plus riches de la S^negambie. Mais sur la cdte de Guin^e nous ne jouons qu un role secondaire.

Les Anglak ne pourront pas pr^valoir contre notre influence en Si^n^gambie; mais leurs postes sur la C6te d'Or et ^ Lagoi^ sont les mieux silues' pour attirer les marchandises des royaumes de Tint^rieur.

Les possessions du Pai^tugal ne sont qu'une d^pendance des archipels que ce royaume poss^de au large.

Les Allemands n'okit que deux ou trois comptoirs, mais ils ne negligent rien pour drainer une parlie du commerce des colonies voisines. Nous avons su jusqu*^ present garder assez bien le monopole dans les ndtres. 11 faut prendre garde de nous laisser supplanter, sous pr^texte de philanthropie internationale.

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La cdte de Guin^e, climat, hydrograpliie, productions et commerce, colonies eui*op^ennes, leur importance respective.' Le Niger, g^ographie physique et economique.

i58 Muaufi-

Golonies fran^aises de rAfi'ique occidentale et pays de protectorat. Les comparer au point de vue du climat, du commerce et de la population

Les peuples de I'Afrique du nord (repartition des races, degre de civilisation, religion, etc., density de la population). ^ Relief de I'Afrique du nord.

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