‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 19 sur 82 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

AFRiaUE EaUATORIALE

Relief* — L'Afrique equatoriale comprend des contrees de relief fort different: 1<> k Test et k Touesl, le long des cotes, deux zones de montagnes et de terrasses qui s'elevent graduellement vers rinterieur du pays, et dont le dernier gradin forme la bordure du plateau d'Afrique; 2<» k Tinterieur le plateau des grands lacs, et 5° le bassin du Congo.

I. Versant oriental et plateau des grands lacs. — La ligne des hautes terres qui forme du nord au sud le rebord oriental du plateau des grands lacs est en ra^me temps I'ar^te raaitresse de TAfrique equatoriale. Non qu'elle constitue une chaine puissante comme THimalaya, mais elle porte sur son socle de 1 800 k 2 000 metres les plus hautes montagnes du continent. Du sud de TAbyssinie jusqu'au del^ du Kilima*Ndjaro s'etend un long renflement volcanique, forme k ce qu'il semble par une double rangee de volcans, s^pares par des fissures ou se succedent des lacs k des altitudes diverses (Basso-Narok ou lac Rodolphe environ 500 m. d'altitude, lacs Baringo 980 m., Nakouro, Naiwacha 1960 m., de Natron 650 m. et Manyara). On ne connait encore que bien peu les montagnes du nord. L*exp6dition de MM. le comte Teleki et von Hohnel en 1888 a toutefois revile que des deux c6tes du lac Rodolphe, grande lagune qui occupe le fond d*une faille k 500 metres seulement d'altitude, se prolongent des rang^es de volcans eleves dont les voyageurs ont apercu les cimes neigeuses (volcans El-KaramojOf Lekakiseray Elgon k Touest, ce dernier evalue a au moins 4200 m.; Koulall et Njiro a Test).

La ligne des montagnes continue ensuite entre le Victoria

APRIQUE ^QUATORIALE. 159

Nyanza el les petits lacs de Test par des volcans moins hAuts (Dounye Longonok environ 2500 m., Dounye Ngat 2150 m., d apr^s Thomson) tandis que dans la rangee des montagnes de Test se dressent des pics enormes : le Kenia (Dounyo Eguir6) d.) 5500 metres, le Dounyo Bourou (2800 m.) qui emet encore des vapeurs, le Dounye Erok (environ 4000 m.), enfin, k Test du lac de Natron, le groupe des grants de I'Afrique: le mont Gelei (4200 m.), lemont Merou (4480 m.) et le Kilima-Ndjaro (6100 m.) masse enorme qui n*a pas moins de 100 kilona^res de Test a Touest et de 50 kilometres du nord au sud. C'est jusqu'ici la plus haute montagne de TAfrique ; M. Meyer en a escalade le premier en 1887 le cratfere, k 50 metres au-dessous de la pointe de glace terminale; le pourtour de la montagne est environ 270 kilometres, le double du geant de la Sicile, FEtna. Du massif du Kilifna-Ndjaro le plateau descend vers la mer par une serie de croupes decroissantes de 2 000 a 1 200 metres de hauteur; les monts granitiques de VOusambara^ en face de Tile de Pemba, ont encore 1500 metres.

Au sud du Kilima-Ndjaro les hauteurs sont moindres et on ne sait encore si la grande ligne volcanique s*arr6te \k. Plus loin, les montagnes granitiques qui ferment le rebord du plateau dans YOumgara n'ont plus guere que 2 000 metres et sont en partie orientees du nord-ouest au sud-est (monts Uoubeho entre rOuami et le Roufidji). Elles se reinvent vers le sud-est du plateau ; les monts de VOubena vers le lac Nyassa ont au moins 2400 metres de hauteur.

Le PLATEAU DES GRANDS LACS qui s^^tcud k Fouest de ce soulevement a sa pente generale vers Fouest. Les mesures connues jusqu'ici lui donnent 13 i 1400 metres dans Fest (Oukala 1 320 m.), 1 20Q metres au centre (lac Victoria 1 200 m., Tabora 1240 m.) et environ 1000 metres k Fouest et au sud (Ougou6 1000 m., Mpimboue 920 m., Blantyre 1000 m. environ). Au centre du plateau le sol parait peu accidente : les montagnes de VOunyamouesi ne sont que des buttes isolees, et dans VOugogo aucun faite notable ne separe les affluents du Roufidji et ceux du Tanganyka. Dans le sud et Fouest au contraire, 16 sol est coup6 par une suite de failles profondes, au fond des^ quelles les eaux se sont amassees en lacs et dont les bords s6 reinvent en chaines de montagnes: ce sont au sud, celles des lacs Nyassa, Rikoua et Tanganyka, orientees presque de m^me

\m AFRIQUE.

et does probablement aux m^mes causes; au nord, celles des lacs Albert Edouard et Albert,

, Lavallee la plus profonde de toutes est celle du sud: le niyeau du lac Nyassa n*est qu'^ environ 480 m^res au-dessus de la mer, done k plus de 700 metres au-dessous du lac Victork fit du niveau nioyen du plateau, et on n*en a trouve le fond qu*k 130 et 170 metres au-dessous de la surface. Cette profonde entaiUe est bordi^e de hautes montagnes : a Test la chaine Livingstone (de 2000 & 3000 ra.) qui est le rebord exterieur du plateau sous cette latitude, et descend en pente douce vers Je Rovouma tandis qu'elle se dresse h pic au-dessus du lac; elle aboutit au plateau de Blantyre ou du C^tre qui a encore plus de A 000 nietres de hauteur. A Fouest, les montagnes sont moins continues; pourtant des massifs comme le Tchombe' oni encore plus de 1 650 metres, et la mission de Tchakousi, au sud-ouest du lac, est encore k 1 430 metres au-dessus de la mer.

On connait beaucoup moins la valine du lac Rikoiia ou lac Leopold, decouvert en 1880 seulement par Thomson, et revu par fotterill et Kayser. Plus elevee que le Nyassa (k peu pr^s 780 m.) elle p^rait orientee de mSme, et encaiss^e egalement entre deux falaises de montagne. Elle fait ^videmment partie dum^me sysr teme de plissements.

La longue dcchirure du sol que remplit le Tanganyka a 630 kilometres du sud au nord et s'enfonce egalement tr^s loin au-dessous du niveau du plateau. Le niveau du lac n'est qu a 800 metres, et Livingstone n*a pu en trouver le fond avec une sonde de 550 metres; M. Giraud a mesure ailleurs 647 metres de profondeur. Si ces mesures sont exactes, le fond de la vallee du Tanganyka serait k moins de 200 metres au-dessus de la mer. Des monts de 1 000 a 1 800 metres (Misozi 1 750 m.) Fencadrent Egalement de hautes falaises presque partout.

Cest au nord-ouest du plateau des lacs que se trouvent les plissements les plus considerables. La derni^re expMition de Stanley a confirm^ que les lacs Albert-Edouard (niveau k 1 000 m.) et Albert (niveau environ 700 m.), qui se succedent ,dans la m^me direction, sont encaisses entre deux chaines tr^s (felev6es. On ne connait pas encore I'altitude de la chaine occidentale, monts Balegga ou Malega, qui suit k Touest le lac Albert k une distance de 75 kilometres environ. Mais la chaine orientale des Rouwemori s^^l^ve jusqu'aux neiges eternelles. Elle

AFRIQUE £QUATORIALE. 161

a de i 200 k i 800 mMres k Test du lac Albert, de 2 000 k 5450 metres entre les deux lacs, apr^s quoi elle s'abaisse de Douveau k i 800 et 1 400 metres dans le sud. Ainsi une chaine longue comme les Pyr^n^es, aux cimes plus hautes que les Alpes, fait pendant, k Touest du plateau des lacs, au Kenia et au Kilima-Ndjaro. On ne salt encore si les montagnes se prolongent au sud du lac Albert-Edouard; cette contr^e mysterieuse de YOuroundi est encore une des moins connues de TAfrique. Mais la zone montagneuse se prolonge directement au sud par le massif considerable du Mfoumbiro (environ 3000 m.) entre le lac Albert-£douard et le Yictoria-Nyanza.

11 est difficile de delimiter le plateau des grands lacs vers Touest. Au delk de Tanganyka et du lac Hoero, il semble qu'il se termine par des terrasses ^tagees de 1 500 k 1 000 metres k travers lesquelles descendent les affluents du Congo ; mais nul n a encore explore les pays k Touest des lacs Alexandra et Albert- £douard.

Au nord, le plateau finit par les croupes de 1 500 ^ 1 iOO metres que traverse le Nil pour descendre k Ouadelai. Le relief entre le Nil et le lac Rodolphe et, au nord-est, au delk du Kenia, est encore inconnu.

Au sud, le plateau a pour limite hydrographique le demicercle des monts Lokinga (2 k 3000 m,) qui separent le lac Bangou^lo (1 120 m.) du Zarab^ze et repoussent le Congo superieur vers le nord. Mais il est probable que la zone des hautes terres continue de Tautre cdt^ des montagnes, et que le plateau des lacs se relie k ceux de TAfrique australe sans autre interruption que la coupure profonde du Zamb^ze (360 m. k Zumbo).

II. Bassin du Congo. — La partie de TAfrique interieure drain^e par le Congo m^rite bien le nom de bassin. Toute la contree comprise entre la grande courbe du fleuve au nord et le Kassai et le Sankourou au sud est en elfet une grande cuvette, vers laquelle convergent les rivieres des quatre points cardinaux. Cette cuvette, dont le fond est tres uni, a dd autrefois etre recouverte par les eaux. Les masses liquides du Congo et de ses affluents ont du s'y accumuler avant de se frayer violemment un passage k travers la ceinture des montagnes bordieres de Touest. £lles ont laiss^ partout d'^paisses couches de limon comme trace de leur passage; dans les contr^es de Ti/ima, du

oeOG. CLj. 5*. 11

162 AFUIQUE.

has-Ouhandjiy du Tchouapa^ du Sankourou, on peut cheminer des jours entiers sans rencontrer une pierre k la surface du sol.

Le niveau du bassin varie de 520 metres vers le Stanley-pool k 450 metres aux Stanley -falls. M^me \k, TAfrique conserve done Faltitude d un plateau. Le bassin est limite k Test par le plateau des grands lacs, au sud par les hauteurs entre Congo et Zamb^ze, qui atteignent 1 800 metres, k Touest par les terrasses et chaines de la cdte occidentale. II est impossible de dire jusqu'ou il s'etend au nord.

Au nord-est, on sait maintenant qu*aucun soulevement notable ne le s^pare du Nil. Les voyages d'Emin-Pacha, de Tltalien Gessi, et surtout du savant russe Junker, qui a parcouru toute la contr^e entre le Bahr-el-Ghazal et V Quelle, n*ont r^v616 que des altitudes de 600 k 705 metres. Ainsi le terrain se renfle k peine entre les plaines de YOuelle et des rivieres du Nil, situ6es k peu pres au mSme niveau (Quelle' k la Zeriba d'Abdallah : 440 m., Nil k Lado : 460 m., Djour a Waou : 430 m. d'altitude).

Mais quel est le relief entre le Chari et le Congo? Toute supposition serait pr^matur^e. On n'a pas d'indice si les raonts de TAdamaoua continuent k se prolonger vers Test ou s*il n'y a Ik que des plaines k pentes indecises.

111. Relief de la cdTE occidentale. — Le relief de la cdte ouest de TAfrique ^quatoriale est encore imparfaitement connu an nord. Tout pr^s de la raer, le magnifique volcan de Kameroun^ qui dresse ses trois pics k pr^s de 4 200 metres dans les airs, et dont la masse isolee n a pas moins de 2000 kilometres carr^s de base, n'est que la suite de la rangee de volcans des lies du golfe de Guin^e. On ne connait gufere les terrasses et les chaines qui d6fendent de ce c6t6 Tacces de 1' Afrique int^rieure et forcent les rivieres k descendre en cataractes ; seuls les pics voisins de la c6te, le mont des Elephants (520 m.), le mont des Alouettes (4040 m.), figurent avec precision sur les cartes.

Le relief du Congo fran^ais est mieux connu. Des terrasses schisteuses courent paralleles k la cdte. Leur surface d^compos^e par les pluies se transforme en une couche ^paisse de sable rougefttre dite lateritey formation particuli^re aux climats pluvieux sous les tropiques. Ce sont du reste des gradins peu Aleves; pr6s de la cdte les croupes ont au plus 1 200 metres (mont de la Mitre, etc.) ; la plus 6levee parait ^tre celle des monts de Cristal (environ 1500 m.) au nord de rOgoou6. Vers le Koui-

Page 1