AFRIQUE £QUAT0RULE
lou, elles ne d^passent gu^re 1 000 metres, et s*abaissent encore davantage des deux c6t6s du Congo (700 m.).
Le plateau de Y Angola marque un rel^vement sensible du terrain. Les terrasses ^tag^es du cdt6 de la mer se dressent k pic du c6te du Kouango; au sud du Couanza, on distingue m^me trois chaines successives parall^les k la cdte, avec des cimes de 2000 k 2400 metres (monts Lovili, £longa, etc.)* EHes sont^le rebord du vaste plateau de BihS qui se prolonge entre les affluents du Kassai et du Zamb^ze, et dont le socle atteint 1 600 metres de hauteur. Ce plateau est d'ailleurs si uni vers Test, qu'il a pu s'y former un marais k 1 200 metres d'altitude : Le lac Dilolo, dont les eaux vont k la fois k I'Atlantique par le Congo, et k la mer des Indes par le Zamb^ze.
La ligne des montagnes c6ti^res continue au sud, mais elles sont moins hautes : 1000 k 1500 metres. Seule, la Serra de Chella ou de Neve (de la neige) se dresse k 1 900 m6tres de hauteur k Test de Mossam^des.
Climat. — Le ciimat de ces regions k peine explor^es est encore bien imparfaitement connu. Bien des ph^nomenes d^concertent encore les observateurs : Ainsi ces « vents mysterieux de la saison s^che ^ » qui soufllent en temp^te du sud-ouest sur le Congo. D faut done se bomer k enregistrer les faits aujourd'hui connus.
Les pluies varient beaucoup sur la cdte ouest. 11 faut noter d*abord une diminution constante du nord au sud. C*est au fond du golfe de Guinea, sur les pentes du Kameroun et au nord du Gabon f que paraissent tomber les pluies les plus abondantes de FAfrique. On en estime la quantity k 5 ou 4 metres par an. Au Gabon mSme il est tomb^ exceptionnellement 5 m. 10 d'eau en 1882. De 1^ les pluies dlminuent constamment vers le sud, jusqu'au moment ou elles cessent tout k fait.
Moyenne annuelle du Gabon
— de Chinchoxo
— de Loanda
(l/2« de lat. nord) : 2 m. 86 (5« de lat. sud) 1 m. 08
(9* de lat. sud) m. 34
Enfin k Mossamedes, il y a eu pendant vingt ans une douzaine au plus de pluies r^elles; on se trouve Ik sous un climat completement different de celui de TAfrique 6quatoriale.
Quant aux pluies de I'interieur de I'Afrique 6quatoriale, elles
i. Yon Danckelmann.
464 AFJtlQUE.
paraissent rentrer presque toutes dans le domaine des vents d'est, Les courants atmosph^riques qui soufflent sur la mer des Indes du siid-est ou du nord-est, selon quele soleilram^ne vers ie sud ou le nord leur centre d'attraction, se transforment sou* vent en vents d'est sur le continent. G*est done de la mer des Indes que viendraient les pluies qui tombent sur le plateau des grands lacs et au sud du Congo. Cette th^orie parait confirmee par le fait que la pluie a parait augmenter sur le versant oriental de la bordure montagneuse de Touest, les nuages venant g^n^ralement du continent, c*est-a-dire de Test dS d'ou ce phdnomine de pluies plus abondantes k Tint^rieur que sur la c6te ouest.
II ne faut pas oublier que Tevaporation si active sous T^quateur pompe de grandes quantit^s de vapeur d*eau k la surface m^me de TAfrique equatoriale, et que les courants ascendants^ qui r^ultent de T^chauffement des couches inf^rieures de Fair^ jouent un grand rdle dans la formation des orages tropicaux.
Temperature, Ccmparaison avec VAmerique du Sud. — L*Afrique ressemble k TAmerique du Sud par ses contours et sa position k cheval sur Tequateur, et pourtant son climat est k la fois plus chaud et moins pluvieux. Cela tient k la disposition diff^rente du relief. L*Am6rique tropicale presque tout enti^re est ouverte aux vents aliz^s de TAtlantique; la grande ar^te de son relief est k I'ouest; aussi, de la cdte aux Andes, I'Am^rique tropicale a-t-elle un climat maritime. En Afrique c'est le contraire, les grandes hauteurs sont k Fest; 1^ ou s'^tend sur Tautre continent la plaine des Amazones, on trouve de hautes montagnes et de lai^es plateaux, qui isolent Tinterieur du continent de rOc6an, du moins pour les couches inf6rieures de Fair. L'influence de la masse des terres n'est done pas neutra- Usee comme en Am^rique par le souffle continu et moderateur dela mer, la chaleur est plus forte, la temperature moins 6gale^ tous les ph^nomfenes du climat moins r^guliers, en un mot le climat est plus continental.
\ Moyenne annuelle ' d'lquitos (Amazone, 3 ij^ lat. sud) : -|- 25*,9
— de Rubaga (Afrique, 1 l/2» lat. nord) : -f 28»,5
— de Lado (Nil, 5<» lat. nord) : -f 29»,5
i. Von Banckelmann.