AFRIQUE AUSTRALE. SO
Hydrographie. — 1<* Toute la moitie occidentale de l^Afriquo australe n*a pas de cours d*eau permanent. Le Counene, qui descend du plateau de Bihe, est presque toujours k sec k Tendroit ou il atteint la mer. De ra^me toutes les rivieres qui descendent vers le Kalahari des montagnes de Mossamedes et du plateau des Damara n'arrivent pas jusqu*au Zambeze ou les conduirait peul- Hre la pente du sol et se perdent en chemin dans des cuvettes peu profondes, ou elles s evaporent en laissant une couche do sel. Le laciV^ami est une de ces mares aux rivages changeants; seulement il regoit plus d'eau que les autres et par suite n*est jamais completement k sec; mais souvent son eau, r^duite par Tevoporation, depose des cristaux de sel sur ses bords. Apr^s les crues, le Ngami se diverse par la riviere Zouga dans une autre lagune, celle-ci tout k fait sal^e, le Makarikari,
2* VOrange marque au sud la limite de cette zone. Long de 2140 kilometres, il descend du Champagne-Castle ou mont Cathkin, coule d*abord entre deux croupes des Drakenbergen, puis serpente vers I'ouest a travers le plateau. C*est 1^ qu'il revolt un affluent plus long que lui, le Vaal, mais beaucoup moins considerable par la masse liquide. L'Orange lui-m^me diminue de volume en coulant sous le climat de plus en plus sec de Touest. Apres les Anghrabies, grandes cataractes ou il descend brusquement de 800 metres k 660, il ne regoit plus d affluent permanent; il traverse par des defiles profonds la zone des montagnes bordieres et debouche dans la mer pres du cap Voltab. Une barre en defend I'entr^e aux navires.
Les rivieres cotieres au sud et a Test de la colonic du Cap ne peuvent avoir d'importance, par suite du peu de developpement de leurs versants ; les principales sont V OH f ant-river , sur la c6te ouest, le Kei au snd, la Tugela a Test.
o<» Le Limpopo, par centre, est un veritable fleuve de 1 500 kilometres, qui, apres etre sorti des collines qui dominent Pretoria, decrit au nord un cercle immense autour du Transvaal avant de descendre par de superbes cascades I'escalier des monts du littoral. Coulant sous un climat assez sec, le Limpopo n'a que peu d*eau eu egard au developpement de son cours. On ne pent le remonter qu'a 150 kilometres de I'embouchure.
Au nord du Limpopo, le Sabi, descendu du plateau de Manica, se ressent de Talternance des saisons. Pendant les pluies, c'est un torrent de 2 k 5 kilometres de large, que les bateaux ne peuvent
remonter h cause de la force du courant; pendant la saison eechCt c'est une petite riviere d'un demi-m6tre de profondeur.
4<^ Le Zamhkze est par sa longueur le qualrieme fleuve de ]*Afrique. N6 sous le nom de Liba sur le plateau d'environ 1 200 metres qui ferme au sud le bassiii du Congo, grossi par un ^missaire du lac DUolo qui alimente ^galement le Kassai', il coule d abord vers le sud, dans un pays ou la pente est ^ faible qu*il s'^tale en immenses marecages au temps des pluies. Au bwit d'environ 400 kilometres de ce cours de plateau, pendant lequel il est navigable jusque vers ses sources, il tourne au sud-est et s'engage dans une region de rapides (Gonye, Katima, Molelo, etc.) . Deux cents kilometres plus loin, il s'engloutit tout entier dans une fissure profonde de 120 metres, large de 50 : ce sont les fameuses chutes Victoria j la « Fum6e tonnante », decrites par Livingstone. Le fleuve est alors h 700 metres, mais les rapides ne sont pas finis ; il lui faut encore descendre ceux de Kansalo, les gorges de Kariba, la cataracte de Tchikarango, les rapides de Kebrabassa, avant de couler plus tranquillement et de devenir navigable.
C'est dans cette partie moyenne de son cours qu'il regoit ses grands affluents : 1" i Touest, le Tchobe\ qui se deverse en amont des chutes Victoria, lui apporte les eaux du plateau de Lounda et est navigable sur une grande partie de son cours. Le bassin du Zamb^ze s^etend peut-^tre plus loin encore. Le Koubango, dont les sources sont h 400 kilometres seulement de la c6te occidentale, et qui re^oit lui-m^me le Kouito, riviere de 800 kilometres, apporte tres probablement une partie de ses eaux au Tchobe, tandis que I'autre se deverse dans le Ngami; 2® le Kafoue\ encore mal connu, vient de Touest et rejoint le Zambeze en aval des gorges de Kariba. On le dit coupe par une seule cascade; 5^ le Loangoue\ debouchant h Zumbo, apporte au Zambeze les eaux d'entre Tanganyka et Nyassa.
Dans son cours inferieur, le Zambeze, qui n'est plus qu'a 160 metres d'altitude, traverse encore les montagnes bordieres par les gorges deLupata, tongues de 17 kilometres, larges de 40 metres parfois, mais ou le fleuve reste navigable avec plus de 20 metres de profondeur. II regoit dans cette partie de son cours un affluent de grande importance, le Chire\ Deversoir du lac Nyassa, le Chire n'est coupe de cataractes qu'en amont de Catonga, sur 75 kilometres au plus^ Le reste de son cours offre une
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naTigatioD facile aux vapeurs et constitue la voie d*acc^s la plus facile vers les grands lacs. C'est ce qui explique T^pret^ avec laquelle rAngleterre a dispute le Ghir(§ au Portugal.
Le delta du Zamb^ze est fort ^tendu. La branche la plus considerable est celle de Koama; une autre branche, le Muto^ aboutit h Quilimane, mais elle est obstru^e et les bateaux du Zamb^ze ne gagnent Quilimane que pendant les crues, en utilisant une autre coulde, le Quaqua. La reconnaissance d'une nouvellc branche du delta, le Tchinde, va faciliter consid^rablement Tacc^s du Zamb^ze : d*apr^s le voyageur Rankin, les navires de 400 k 500 tonnes pourront d^sormais y entrer.
C6te8. — 1* La c6ie infertile qui borde la zone s^che du sudouest s'etend presque sans inflexions du cap Frio k la baie de Saint' Helene, pr^s du Cap. On n*y voit que deux ^chancrures, WcdfUh-hayj bien abrit^e etprofonde de 7 metres, et Angra-Pequehay longue de 8 kilometres et encore plus profonde (13 k 14 metres) ; mais toutes deux sont d^pourvues d*eau potable. Sur presque toute la c6te, de longues dunes bordent le rivage comme dans le Sahara; on en compte jusqu*^ 16 rang^es paralleles au sud de Walfish-bay.
2« Le cap Saint-Martin^ la baie de Saldanha et la baie de la Table marquent le commencement d*une c6te toute diff^rente, le long de laquelle les montagnes bordi^res tombent directement dans la mer. Capetown^ entour^e par le demi-cercle des montagnes du Lion, de la Table et du pic du Diable, est ainsi prot^ gee contre les vents du large. De I'autre c6te du cap de Bonne- Esperancej la baie r^li^re de FaUe-bay est ouverte aux temples; pourtant on a pu utiliser la crique de Simonstown a i abri du Cap. La c6te m^ridionale du Cap, Danger-point et le cap des Aiguilles^ n'offre aucun abri et est k bon droit redout^e des navigateurs. 11 faut aller jusqu*^ AliwaUSouth dans la Mosselbay, pour trouver un port derri^re la p^ninsule du cap Saint- Blaise. Les bales de Plattenbergy de Saint-Frangoisy sont sans abri. Port-Elizabeth m^me, la seconde ville du Cap, dans la baie d^Algoa^ n*est protegee que tr^s imparfaitement par le cap Recife, L*entree du port d' East-London est impraticable pendant des jours entiers. Puis, on ne trouve plus d'abri qu'au Port- Hataly et encore n'est-il pas accessible aux navires de plus de 5 metres.
Le seul port vraiment sOr et profond de toute cette c6te orien-
g M^ ■fa.
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tale, sablonneuse et bord^e de lagunes, est la magnifique bale Delagoa, destin^e a devenir la porta de sortie de tous les plateaux de rinterieur. Les plus grands vaisseaux y sont k False par des fonds de 12 ^ 30 metres. Lourengo-Marqvez, au fond de la bale, a encore une profondeur de 6 metres. Les Anglais ont voulu mettre la main sur cette clef du Transvaal; une decision arbitrate du marechal de Mac Mahon, en 1875, a rendu la bale au Portugal, dont les droits 6taient incontestables.
5<» La cdte de Mozambique^ rasee par le courant de Mozambique au sud du cap Corrientes, et au nord par un contre-courant, est ensabl^e et rendue plus datigereuse encore par des recifs de corail. Elle n'a que peu de ports. La bale dlnhambane est vaste, mais n'a que 4 metres de fond. L'antique Sofala est inabordable aux grands navires. II existe un bon port k Tembouchure du Poungoue : Bangue, qui supplantera Sofala ; Quilimane est jusqu'ici le port du Zambeze, mais il n'est pas, nous I'avons vu, sur un chenal navigable du fleuve.
Flore. -^ La flore du Zambeze est une flore de transition entre I'Afrique equatoriale et les steppes. On n*y voit plus de for^t vierge que dans les bas-fonds ou des endroits constamment noyes de vapeurs humides, comme les environs des chutes Victoria. La vegetation des hautes herbes domine.
La flore du Damara, du Nama et du Kalahari est franchement desertique. Les arbustes epineux, acacias, etc., les plantes grasses, plantes a seve saline, y dominent. Le dattier y manque, mais elle compte un arbre qui lui est special, le Welwitschia mirabilis (du nom de Welwitsch, le botaniste qui Ta decouvert). C'est peut-etre la plus curieuse des plantes du desert : le tronc, qui a jusqu'^ 3 et 4 metres de tour, s'enfonce comme un coin dans le sol et n'en Emerge que de quelques centimetres; ses feuilles se reduisent k deux, immenses, etal^es sur le sol et recouvertes d'un ^piderme qui les fait ressembler k du cuir.
La flore du Cap appartient aux especes temp6r6es et est, gr^ce k la difl'erence d'altitude, d'une grande richesse : on I'a evalu^e k 12 000 especes, deux fois plus que I'Europe enti^re, et dans ce nombre 450 lui sont particuli^res. Elle offre les m^mes Contrastes que les cliniats ; presque tropicale vers Natal, temper^e dans le sud, elle finit en brousse sur la cdte plus s6che de Fouest. Les foreis couronnent les croupes bien arrosees des Drakenbergeh et du plateau de Manica ; sur les plateaux de Finterieur, les
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pluies moins abondantes ont fait naitre la v^g^tation des savanes^ et le Transvaal est couvert d'herbes k perte de vue. L*altitude y a du reste amen^ la presence d'arbres snbtropicaux, tfels que Yoranger et le citronnier.
Panne. — A la v^g^tation de hautes herbes du Zamb^ze correspond une faune tr^s riche. Du temps de Livingstone — et maintenant encore dans les districts ^cartes — Velephantf le buffley Vhippopotame^ le rhinoceros^ le lion, Yantilope se rencontraient en quantit^s prodigieuses. La girafe et Vautrucke^ b^tes des steppes, ne se montrent qu*au sud du Zambeze.
La faune du Gap est pauvre en esp^ces originates ; mais les animaui de TAfrique du Zambeze la peuplaient autrefois par mil* liers. Us reculent maintenant devant la marche envahissante de rhomme. On ne voit plus gu^re au sud de TOrange que Yhyhie^ le chacal, en fait de carnassiers; Yhippopotame a emigre vers le Bas-Orange, Yelephant, dans les for^ts de Knysna, sur les bords de la bale de Plattenberg, oil il est d^fendu de le chasser. Par contre, les esp^ces europeennes se sont partout acclimat^es.
Au nord, le cours du Limpopo marque une limite d la faune europ^enne ; la mouche tsetse occupe tout le moyen fleuve sur une largeur de 20-150 kilometres et le long de la cdte, toute la zone entre les montagnes, le bas fleuve et au sud la baie de Lagoa. Absente du plateau de Manica, elle se montre de nouveau sur les affluents du Zambeze qu'elle accompagne jusqu*au Chir^.
Population. — La population s*est r^partie suivant la salubrity etla fertility du sol. La partie de Touest, Damaraland, etc., ne pourra jamais nourrir qu'une population clairsem^e. On en lvalue les habitants k 230000, group^s sur les plateaux; la c6te est presque d^serte. Us appartiennent k la race des n^gres bantou au nord (Ovambo, Herrero, etc.), hottentote au sud vers rOrange (Namaqua, Bushmen); les Europ^ens sont repr^sent^s par des m^tis portugais, quelques missionnaires et n^gociants allemands et anglais, et surtout par des Boers immigres.
Les blancs les plus nombreux dans les pays de I'Afrique australe, sont les Boers, n^s du melange des Fran^ais huguenots r^fugi^s apr^s la revocation de T^dit de Nantes et des colons hoUandais. C*est une forte race, ayant h^rite de ses ancStres k la fois la tenacity hollandaise et le caract^re ind^pendant et aventureux qui en a fait les pionniers de TAfrique australe. Ce sont eux qui, apr6s avoir colonist le Cap, Natal. TOrange, lo
GtOG. CL. 3*. i^
m AFRIQUE.
Transvaal, fuyant toujours la domination des Anglais d^test^s, poussent maintenant leurs chariots et leurs troupeaux errants jusqu'du Ngami et jusqu*au plateau de HossamM^s. On lvalue les Boers de TOrange k 55000, ceiix du Transvaal a 60000. lis sont encore en majority sur les plateaux de Finterieur. Mais la d^couverte des mines de diamant et d'or a amen^ la presence d'une quinzaine de mille strangers, et Tindustrie et le conmierce sont d^j^ entre les mains d'Anglais.
II ne reste de tribus hottentotes qu'au nord de I'Orange (dans le Griqualand, 52000 Hottentots contre 16000 Europ^ens). Mais la race s'est perp6tuee au Cap par la classe trfes nombreuse des metis (environ 90000). La rnoiti^ orientale de I'Afrique australe est occup^e par une branche de la famille bantou, Cafres, Zoulou, Betchouana et Basouto, Us sont au nombre de 400000 dans la colonic du Gap proprement dite (en tout environ 600000 indigenes ou metis contre 500 000 blancs) . La proportion est encore plus forte dans la Cafrerie a Test : Plus de 520000 Gafres pour un territoire de 40000 kilometres carres; environ d5 par kilometre carre . A Natal il y en a plus de 400 000 contre 40 000 blancs ; enlin le Zoulouland est enti^rement peupie de noirs.
Dans le nord du Transvaal, le domaine de la mouche tsets^ est en m^me temps limite ethnographique. Les Boers se sont tenus loin du Limpopo et les noirs m^me y sont tr^s clairsem^s.
G6ographie politique. — I. Territoire alleuand. — La cdte du Coun6ne au fleuve Orange est rest^e sans maitre jusqu'en 1884. A la suite de contrats passes par le n^gociant allemand Luderitz avec les chefs indigenes, TAllemagne a proclame son protectorat de I'Orange au cap Frio, malgr^ les protestations de la colonic du Cap et des Anglais en general, qui revendiquaient volontiers toute I'Afrique australe pour eux. 11 lie leur est reste qu'une petite enclave ou ils avaient fait acte d'occupation effective : Walfish-bay. Des negociations avec le Portugal oat ajoute k la colonic allemande la c6te jusqu'au Counene; k I'interieur, le territoire allemand s'^tend jusqu'au 20* degre a I'esl de Greenwich, mais, k part les comptoirs de la c6te, cette souverainete est encore nominale; les seuls Europeens qui aient de Tinfluence a Tint^rieur sont les missionnaires lutheriens du Damaraland .
Walfish-bay, rest6e k I'Angleterre, a ete proclam^e port Iranc pour attirer le commerce, mais elle manque d'eau po-
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table, et il faut en apporter du Cap. Angra-Pequeha est le si^ge de radministration allemande. Neu^Barmen^ Bethaniay Warmbad, sont les principales missions k Tint^rieur.
II. Cap. — Ce n*est qu*en 1652 que la compagnie hoUandaisc des Indes orientales fonda la ville du Cap, En 1685, les colons hollandais furent renforc^s par Tarriv^e des huguenots chasses par Louis XIY. En 1793, une flotte anglaise, agissant soi-disant pour le stathouder de HoUande r^fugi6 k Londres, prenait la ville du Cap. Rendue k la R^publique batave par le traits d* Amiens, elle fut reprise par FAngleterre d^s 1 806 et lui est restee aux traites de 1815. Une grande Emigration des Boers fuyant le regime anglais a amenE en 1834 la fondation de TEtat d' Orange et la colonisation de NataL DEs 1843, TAngleterre mettait la main sur Natal et un nouvel exode des Boers, sous Pretorius, eut pour r^sultat la fondation du Transvaal. L'Angleterre a voulu s'approprier ces nouveaui territoires conrnie les premiers. En 1848 elle annexait sans fagon la Rdpublique d'Orange, et ne la rendit k elle-mSme qu*en 1854, quand on s*apergut qu*elle coutait plus qu'elle ne rapportait au tr^sor. En 1871, elle prenait au mSme Etat d*Orange, contre une somme de 2 250 000 francs, le Griqualand-Westy et, comme il renferme les principales mines de diamant, elle ne Ta point rendu. Le Basoutoland, la Cafrerie^ ont ^\k absorb^s morceau parmorceau de 1850 k 1885. En 1877, un commissaire anglais proclamait Tannexion du Transvaal, malgrE les protestations unanimes des Boers et de la HoUande. Mais les Boers se d^fendirent. Apres la defaite et la mort du g6n6ral Colley, en 1881, le ministere Gladstone, placE dans Talternative de reconnaitre ses torts ou d'exterminer un petit peuple qui luttait pour son droit, a eu le courage de rendre aux Boers leur ind^pendance. Le Zotdouland, apres une longue guerre contre le roi Cettiwayo et les chefs qui lui succEd^rent, a 6t6 annexe en 1887. Aujourd'hui les territoires anglais comprennent done :
1® La colonic du Cap^ capitale Cape-Town. — Arsenaux militaires k SimorCstowrij dans une crique de False-bay. II y a un Parlement de deux chambres 61ues ; mais le gouverneur nomm6 par la couronne a droit de veto; la magistrature est egalement nommee par la m^tropole, et de plus on peut evoquer k Londres les affaires qu'on veut soustraire k la justice coloniale.
2® Le Griqualand-West n'a d'importance que depuis la d^cou-
verte des diaraants en 1869. Capitale : Kimberley (20000 hab.). Territoire administr^ par la couronne.
3® Le Basoutoland, occupy par TAngleterre « pour assurer rind^pendance des Basouto centre les Boers de la R^publique d'Orange » , mais seulement apr^s une guerre contre ces m^mes Basouto, qui a coAte cent millions de francs. Territoire administr6 par un resident nonun^ par la m6tropole.
4<> La Cafrericy annex6e en entier depuis 1885. Des conunissaires anglais sont places k c6t6 des chefs et r^glent les rapports entre eux et les rares blancs du pays.
5<> Natal, maintenant peupl^ aenviron 47 000 Anglais, Allemands, Norw6giens et 40000 coolies indous. Capitale rdelle Durban (25 000 hab.) Le si6ge du gouvemement est k Pietermaritzbourg, k 625 metres d'altitude, au centre du pays. Golonie « de la Couronne », c*est-i-dire dont tons les services sont dirig^ par la mdtropole. Seul le conseil l^gislatif a 25 membres ^lus sur 30.
6° Zoulouland (21 000 kilomq.). Ne compte encore que des
postes militaires el des missions.
ni. Orange et Transvaal. — La Republique ou VrijStaai d*Orange est gouvern^e par un Volksraad ou assemblee populaire ^lue pour quatre ans, et assist^e d'un conseil executif de 5 membres. Les blancs ont seuls droit de vote. Le service miiitaire est obligatoire. Capitale : Blosmfontein.
La R^pubhque du Transvaalf trois fois plus vaste, est s^parie de rOrange par un affluent du Vaal, puis le Vaal lui-m^me, et s*^tend k Touest jusqu'au Griqualand, au nord jusqu'au Limpopo, h Test jusqu'aux terrasses sup^rieures du Zoulouland, sans atteindre nulle part la c6te. Gouvern6e par un Volksraad assists d'un president et d*un conseil de 5 membres ; ne sont ^ligibles que les Transvaaliens de naissance ou les citoyens propri^taires (lepuis 15 ans. La Grande-Bretagne a nominalement droit de contr61e sur les relations 6trang6res de Tfitat. Capitale : Pretoria (8000 hab.). Potchefstroom est Tancien chef-lieu.
IV. Territoirgs du Zahbeze. — Apres avoir laiss^ dormir ses colonies pendant des si6cles, le Portugal a lui aussi faitpreuve d'activit6 en Afrique. La plupart des itineraires qui croisent la carte entre TAngola et les bouches du Zambfeze portent des noms portugais : Lacerda, Baptista et Jos6, Gamitto, Capello ct vens;I Silva Porto, Paiva d'Andrada, Cardozo, Victor Cordon, el
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le plus illustre de tous, Serpa Pinto, ont prouT^ Tactivit^ scientifique des Portugais de nos jours dans cette partie de TAfrique inconnue ou leurs anc^tres avaient d^}k p^n^tr^. L'action politique allait de pair avec Texploration. Zumbo ^tait r^occup^ en 1861, Tarri^re-pays de Sofala, le Gazaland et le plateau de Manicaf soumis en novembre 1889 au prptectorat; on gagnait \ le sud du Nyassa ou une mission portugaise s*installait h j Mponda, en novembre 1889, et on commen^^ait I'^tude d*un chemin de fer le long du Chir^; le major Serpa Pinto sou- I mettait avec une arm^e de 6 000 Cafres les Makololos, tribu ; pillarde du Chird, et organisait Toccupation arm^e, pendant ' que Victor Cordon passait des trait^s avec les tribus du Sanhati, affluent meridional du Zamb^ze. D^j& les cartes publi^es k Lisbonne marquaient une Afrique portugaise allant de TAngola au Zamb^ze, quand TAngleterre est violenmient intervenue. Une grande compagnie anglaise, le Zambezia^ ou British South African Company f dont le chef est M. C^cil Rhodes, le premier ministre du Gap, et le principal actionnaire un membre de la famille royale d*Angleterre, s*est constitute pour Texploitation des regions entre le Gap et le Zamb^ze, et a obtenu le 15 octobre 1889 une charte de protection qui lui donne des droits souverains. La convention avec TAllemagne avait limits cette derni^re au 20^ degre k Test de Greenwich, laissant toute la region du Ngami et des Mat6b6l6s ouverte k I'Angleterre; raais la fronti^re du nord n'^tait pas fix^e. Le Betchouanaland et le royaume n^gre de Khama ont ^t^ successivement places sous protectorat anglais et les agents du Zambezia devaient k bref d^lai se heurter aux Portugais sur le Sanhati et le Zamb^ze. D'autre part, la Compagnie britannique des lacs africains (African Lake Company)^ fondle en 1878 pour aider les missions du Nyassa et y faire en m^me temps le commerce, avait le plus grand int^rdt k s'assurer la route du Chir^, la meiUeure de celles qui donnent accds au plateau.
Le gouvernement anglais a tranche la question par la force. Un ultimatum remis en Janvier 1890 au gouvernement de Lisbonne Ta somm^ de retirer imm^diatement ses troupes du Chir6. Par un traits que le minist6re portugais a du se resigner k signer le 20 aoAt 1890, le plateau du Chird et le Zambfeze entre les chutes Victoria et Zumbo sont devenus anglais. La fronti^re du Mozambique portugais suivra d^sormais le Msingue,
affluent de Rovouma, la rive est du Nyassa jusqu'^ 15<*30' de latitude sud, le cours du Rouo, affluent du Chir§, rejoindra le Zamb^ze en amont de T^td, et en suivra la rive droite jusqu*^ Zumbo, ce point restant portugais avec une enclave de 10 milles sur la rive gauche. De \h elle court vers le sud-est, laissant le Sanhati k TAngleterre, coupe en deux le plateau>de Manica, dont la partie orientale seule reste portugaise, suit le Sabi jusqu*^ son confluent avec le Lounde, et rejoint Textr^mit^ nord-est du Transvaal.
A Touest YAngola portugais a pour limites TEtat libra du Congo, le Kabompo, affluent du Zamb^ze, et le Zamb^ze lui-mtoe jusqu'aux chutes Victoria. Le Portugal ne garde que le droit d*etablir des chemins de fer et des t^l^graphes dans rintervalle.
Enfln, le Zamb^ze et le Ghire sont ouverts au commerce international, le Poungou^ au commerce a;iglais seul.
Ainsi, du Cap au Nyassa, s*^tend une bande ininterrompue de territoires britanniques ; le Zambezia et la Compagnie des lacs se donnent la main.
Dej^ le Zambezia diploic une activity d^vorante pour mettre en valeur les pays conquis. On prolonge le chemin de fer de Kimberley jusqu'^ Mafekengy k la fronti6re nord du Betchouanaland; le telegraphe jusqu*^ Fort-Salisbury dans le Blachonaland ; des stations et postes militaires ont dt^ fond^s k Mafekeng, Ramoutsa, Palapye, Macloutsie, Victoria, etc., et un service de postes fait en douze jours le trajet de Touli k Fort-Salisbury; la nation guerri^re des Matebeles est devenue Falliee des Anglais; enfln la Compagnie a franchi le Zamb^ze; elle a achet^ chez les Barotse un territoire de 225 000 milles carrds, c*est-^-dire un pays plus grand que la
France.
La colonic portugaise a pour capitale Tile de Mozambique
(10 000 hab.), dej& grand port arabe quand Vasco de Gama y
aborda. Les postes portugais de la c6te sont : Lourengo-Marquez
sur la baie heleigoai ; Inhambane (2 000 hab.); Sofala^ absolument
dechue; Angoche; Tile d*Ibo. Dans Tinterieur : Tete\ forteresse
sur le Zamb^ze k 400 kilometres de la c6te, et Zumbo, en
amont; Chirongij sur le has Chir6; Massara et Villa-Gouveia,
iorteresses sur le plateau de Manica.
36ographie 6conomique. — 1. Region du Zambezb. — On
AFRIQUE ACSTRALE. 215
n*est pas encore fix^ sur la valeur econbmique des pays de Zamb^ze. Les ravages causes par la traite rendent encore cette appreciation plus difficile. Tout le pays du Zambeze est vide d*habitants; en plusieurs districts et sur la cdte de Sofaia et de Mozambique, elle descend frequemment au-dessous de 0,5, c*est-§-dire que, plac^e dans des conditions semblables, la France n'aurait pas 300 000 habitants, la population d*un de < nos departements ou d'une de nos grandes villes. La traite ' a-t-elle fait toutlemal? 11 est certain que des milliers d'esciaves ont et6 durant trois si^cles expedi^s de Mozambique vers TAsie, ' TAm^rique, ou simplement k Madagascar ; un nombre bien plus considerable d'indigenes a du perir dans les guerres et les famines qui ont ete partout la consequence de cet ignoble trafic. Mais, d'autre part, comme ce pays devrait pouvoir nourrir, k n'en juger que d'apr^s sa superficie, 200 millions d*habitants, il faut bien croire aussi que les conditions physiques du sol et du dimat ne sont pas ^trang^res k T^tat lamentable ou nous le voyons aujourd'hui.
En fait, bien que situ^e k peu de distance au sud de TEquateur, cette contree ne possede pas dans Tensemble la vigueur et la richesse de v^g^tation qui caracterisent la nature tropicale. Les p^riodes de s^heresse sont d*autant plus redoutables, que le sol, en majeure partie sablonneux, est par consequent tr^s permeable et laisse aussitdt se perdre dans les profondeurs, sans utility pour la vegetation, Teau qu*il regoit. Mais on trouve aussi sur d'immenses espaces des terrains tr^s suffisamment fertiles et arroses dont la mise en valeur par la culture serait facile; les tentatives faites par plusieurs soci^t^s de missionnaires ont prouve qu*une pareille exploitation serait fructueuse. G'est toutefois T^levage qui, k premiere vue, semblerait devoir faire la richesse des pays du Zambeze, pays de savanes et de prairies. Mais un obstacle d'un autre genre s'oppose au developpement de cette industrie. La terrible mouche tsetse, dont la piqilire est mortelle pour la plupart des animaux domestiques, boeuf, cheval, chien, exerce ses ravages dans toute la contree. Le b6tail n*y pourra vivre, tant qu'on n'aura pas trouve de remade efficace contre ce fl^au.
Le pays du Zambeze semble etre un des pays d*Afrique les plus riches en mines. La houille, qui n'a ^t6 signalee sur ce continent qu'en des endroits si rares, y existe en gisements puis-
216 AFftlQUE.
sants dans les environs de la bale de Lagoa et pr^s de T^t6. La serra Maxinga, prfes de celte derni^re ville, renferme quelques filons auriferesy mais c'est surtoul dans le pays de Sofala que les Portugais ont exploits le pr^cieux m^tal. lis avaient cm retrouver le fabuleux pays d*Ophir dans le massif de Manica, ou la poudre d'or se trouvait en plus grande abondance. Le fer est tr^s commun. Les mines les mieux exploit^es par les indigenes sont encore dans la region de Tet^, qui est ainsi le centre d'un important district minier.
U. Afrique m^ridiomale. — fiien que situ^e k des milliers de kilometres de I'Europe, en face d*un ocean vide, et tournant pour ainsi dire le dos au monde civilise, TAfrique du Gap est sans conteste une des regions les plus prosp6res de tout le continent noir. G'est sans doute k son admirable climat, tr^s voisin de celui de notre M6diterranee, qu'elle doit une bonne partie de sa fortune, mais c'est aussi h Theureux hasard, qui y conduisit au xvii» si^cle des races de colons dnergiques.
Merveilleusement aptes k la mettre en valeur, les Hollandais Tenrichirent par Televage. Si les refugi^s fran(^ais, originaires des provinces de Fouest et du sud, n^introduisirent pas la vigne qui existait avant eux, ils apport6rent du moins avec eux les m^thodes et les proc6des qui devaient donner tant de reputation aux cms africains. La laine et le vin comptent encore aujourd*hui parmi les ressources les plus importantes des colonies du Gap. D'autres mines de richesses ont 6te depuis exploit^es ; mais k part les m^taux, ce sont surtout des objets de luxe, dont le caract6re est pr6cis6ment de perdre une grande partie de leur valeur, k mesure qu'ils deviennent plus communs (diamants, plumes d'autmche). La concurrence de TAmerique et de TAustralie, ayant d'autre part depr6ci6 fortement les laines, on con- Qoit que les colons sud-africains aient recherche d'autres ressources.
Leur pays au reste n*en est pas avare, grkce a I'^tagement des climats, et par suite des cultures, gr^ce aussi aux differences d'orientation et d'humidit^; toutes les plantes y prosperenty depuis celles de nos climats, jusqu'aux cultures tropicales.
DivBRsiTE DES CULTURES. — Lcs plaiucs basscs du Natal et de la Cafrerie sont abondamment arros^es par les torrents qui descendent de la montagne. La chaleur est assez forte, et ccs
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conditions, qui rappellent k certains ^gards celles de Vtigypie^ conviennent admirablement k la canne ii sucre, au riz, a Tmdigo, au colon, A I'ouest, le climat est beaucoup plus sec; mais un printemps suffisamment humide, qui d^veloppe les* bourgeons, et un 6t6 tr^s chaud, qui murit rapidement les fruits et les emplit de sucre, sont les conditions les plus favorables k la culture de la vigne. GVst ainsi que deux plantes, dont les exigences sont contradictoires, la vigne et la canne k sucre, peuvent prosp^rer, presque cdte k c6te.
Derri^re la chaine cdtiere de la colonic du Cap proprement dite, et dans les hautes vallees du Natal, on s^me k Test le maU et le sorgho^ k Touest les cereales de nos climats. Plus haut encore et jiisqu'^ la region du sterile <( Karrou » on ciiltive le tabac; mais c*est dej^ surtout le pays des pares a elevagcj pour le gros b^tail et pour les autruches. A mesure qu*on s'eloigne vers le nord la secheresse augmente; c'est le domaine du mouton. L'elevage m^rne est impossible sur les bords du Limpopo, infest6s par la mouche « ts^ts^ », mais le Transvaal, ou cette Industrie est en consequence moins prosp^re, est un riche pays minier. C'est aussi par les mines que s'enrichira le D§mara-land, ou le b^tail et les plantes ne trouvent qu'en de rares cantons Fhumidit^ necessaire k leur entretien.
On voit combien sont varices k Tinfini les ressources dont dispose TAfrique m^ridionale. C'est en outre un pays tr^s salubre ou TEurop^en s'acclimate a merveille et pent coloniser lui-m^me. Le genre m^me d'exploitation le plus r^pandu, I'^Ievage, n'exige qu'un nombre de bras restxeint. Pour les plantations du sud, les pays voisins de llnde fournissent k bon compte des travailleurs. Les Hindous import6s de Bombay se comptent par milliers au Natal. Les Chinois eux-m6mes, toujours k TafMt d'une bonne affaire^ n*ont eu garde, bien entendu, de n^gliger oe pr^cieux pays. On en trouve dejk quelques centaines; nul doute que leur nombre ne s'accroisse.
Le grand obstacle est la secheresse ; et le deboisement imprudent n'a fait qu'aggraver le mal. C*est le manque d*eau qui rend le « Karrou » si sterile et dans mainte autre region les fermes k culture et les pares k eievage n*ont pu se maintenir que grkce k des travaux coiiteui d'amenagement des eaux. Dans les environs de la montagne, on a construit, au pied des derni^res pentes, des barrages et d'immenses reservoirs. Des canaux
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d'irrigation distribuent ensuite dans les campagnes voisines cette eau pr^cieuse. Mais plus loin, dans la direction de Touest, il faut recourlr aux pompes et aux puits.
L'Afrique m^ridionale n'est pas un pays riche en cereales; elle suffit k peine aux besoins de la consommation locale. Le Transvaal oriental donne toutefois d'excellents grains, qui pour ront alimenter un actif commerce d'exportation.
Le froment est la c^reaie la plus r^pandue dans le Cap; le nidU est la nourriture pr6f6r6e des gens du Natal, et le sorgho joue le m^me r61e dans les montagnes du Basoutoland.
Les legumes de tout genre sont nombreux et les fruits sont excellentSy aussi bien ceux de TEurope occidentale, pommes, poires, que ceux de la zone mMiterraneenne, oranges, citrons.
La vigne pourrait devenir une des grandes richesses de la colonie. La production k I'hectare est 6norme. La vigne n'a pas k souffrir au Cap de I'exc^s du froid ou de Thumidite ; elle n'a pas k redouter les gel^es de printemps oud'automne. Les bonnes r^coltes sont le cas g^n^ral et les r^coltes extraordinairement abondantes sont aussi frequentes qu*en France les mauvaises. Mais en revanche, les planteurs africains connaissent aussi Toidium et m^me le phylloxera; et tout r^cemment le gouvernement colonial a sollicit^ Fenvoi d*une mission fran^aise pour combattre le fl^au.
Les vins du Cap, et notamment les crus de Constance, ont joui longtemps en Europe d*une reputation m^ritee et Texportation s'est ^lev^e en certaines ann^es jusqu*S 50 000 hectolitres.
Le tabac r^ussit partout sur le plateau et les Allemands y voient une ressource future pour leurs possessions du nord du tleuve Orange. La quality des feuilles est sup^rieure; mais la consommation locale est considerable ; et des 2 millions de kilogrammes qui sont r^colt^s chaque ann^e, aucune parcelle ne sert k Texportation ; les descendants des HoUandais ont adopte les habitudes de leurs compatriotes d*origine.
Les champs de canne a sucre couvrent au total plus de 12 000 hectares. La distillation fournit en outre 10 000 hectolitres de rhum.
L*arbuste k the, qui pousse dans d*exceUentes conditions sur les flancs arroses des monts Drakenberg, est n^anmoins peu r^pandu encore.
On calcule que Velevage occupe au moins le tiers de la popu-