AFRIQUE AUSTRALE
Stonnbergen (Natal) est de quality mediocre, le charbon du Transvaal est excellent. Les mines de combustible de ce dernier pays ont en outre Tavantage de n*Stre pas situ^es k plus de 150 kilomMres de la cdte; et les strat^gistes ont fait remarquer toute rimportance qu*elles pourraient ^ventuellement acquMr pour nod navires de guerre et de commerce, au cas oi!i TAngleterre nous fermerait ses d^pdts de charbon du Cap.
Le cuivre est le m^tal usuel dont on retire du sol la plus grande quantity. On exploite quelques mines dans le Namaqualand; mais c*est k Ookiep, k 140 kilometres de la c6te m^ridionale, que Textraction est le plus active. Gette locality est relive par un chemin de fer k Port-NoUoth, qui exporte chaque annee -20 000 tonnes d'un excellent mineral, pour une valeur de plu9 de 15 millions de francs. On signale mdme des mines de fevy de cobalty de manganese, Le sel se recueille sur la c6te occidentale ; et des iles k guano situ^es non loin de cette c6te sont mises en exploitation r^guli^re.
Ifais malgr^ toutes ces richesses min^rales, Vindustriemanu' facturikre est encore relativement peu d^veloppee dans la colonie du Gap. En somme, le travail industriel ne s'appliqne encore qu*li la transformation premiere des produits de l*agriculture, lavage des laines, minoteries, tanneries, raffineries, distilleries. Le Gap est encore un pays essentiellement agricole, mais il poss^de toutes les conditions n^cessaires au d^veloppement d*une puissante industrie.
VoiEs DB COMMUNICATION. — L'Afriquc mdridionalc est relativement bien outill^e en voies de communication. Ge n*est pourtant pas que les fleuves offrent de grandes ressources; ils sont absolument impropres k toute navigation. La mer, il est vrai, contourne tout le pays et les abris sont suffisamment nombreux ; mais les relations entre la cdte et Tint^rieur ne sont pas moins difBciles que dans la plupart des autres pays d'Afrique, grdce au rebord sur^Iev^ du plateau, qu'on ne franchit qu*au moyen de rampes extrdmement raides. Ge n*est (\o!k 1 800 et m6me 2 000 metres que les routes et les chemins de fer, qui s'engagent dans rint^rieur, coupent la cr^te de ce rebord et p^n^trent sur le plateau.
De bonnes routes s'^tendent sur 15 000 kilometres; elles se prolongent au nord, k travers le pays des Bechuanas par des chemins qui aboutissent au lac Ngami et au Zamb^ze.
Les chemins de fer ont une longueur de plus de 3 000 kilometres; ce sont, pour la plupart, des lignes de penetration, unissant aux ports les villes de rint6rieur; la plus importante est la voie qui du Cap gagne Beaufort, Hopetown, Kimberley et Hafekeng, et qui aura un embranchement sur Pretoria, dans un avenir prochain. Mais jusqu'^ present TEtat d'Orange n*est relie k la cdte par aucune voie ferree. La ligne de rails qui existe entre Port-Natal et Ladysmith n*est que le premier Irongon du chemin de fer qui franchira les monts Kathlamba k 1 900 metres d*altitude et desservira Bloemfontein. G'est par les wagons a boeufs que toutes les laines de ce pays gagnent encore Port- Nat&l. Mais le chemin de fer ne changera pas la situation de la petite republique vis-^-vis de TAngleterre; elle restera sous la tutelle commerciale de sa puissante voisine.
Le Transvaal est plus independant; le d6bouche naturel de toutes ses marchandises est en effet la baie Delagoa, qui appartient au Portugal. Nul doute que le mouvement commercial n*y prenne une grande extension, quand la voie ferree qui I'unit k Pretoria sera completement terminee. Les Portugais ont construit la section qui se trouve dans leurs possessions ; les rails sont dej^ pos6s k Tinterieur du plateau, mais les ing^nieurs n*ont pas encore attaqud la region montagneuse qui separe les deux trouQons.
A part LourenQO-Marquez, les ports dignes d'etre cit^s sur la cdte sud-africaine sont Port-Natal, la « marine » de Durban, East-LondoHy Port-lSlisabeth, le plus important pour le mouvement des echanges, a Tentree de la baie d'Algoa, Mossel-Bay et le Cap.
18 000 kilometres de fits telegraphiques sillonnent les Etats de TAfrique du Sud ; un cdble sous-marin fait le tour du continent et se prolonge de deux c6tes jusqu'^ Aden d*une part, jusqu*^ Lisbonne de I'autre.
Commerce. — On pent evaluer k 700 millions de francs le mouvement annuel du commerce dans TAfrique meridionale; 500 millions sont la part des possessions anglaises, 75 millions reviennent k I'Etat libre d'Orange et environ 425 millions a la Republique sud-africaine, beaucoup plus vaste que ce dernier pays. Dans les colonies anglaises les importations europeennes depassent sensiblement les exportalions, ce qui n*est pas du tout un signe certain de faiblesse ou de decadence. Le
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m^me ph^nom^ne se reproduit n^cessairement dans toutes les colonies de peuplement, ou les progr^s de Tiudustrie ne sont jamais aussi rapides que ceux de Texploitation agricole.
Ce sont, bien entendu, les diamants, qui fournissent k YexpoT' taiion le chiffre le plus ^lev^; les laines, Tor, les minerais de cuiyre, occupent le second rang; les plumes d*autruche, les peaux et les cornes, le sucre de canne, les vins, viennent ensuite sur la liste des produits africains vendus k Tetranger.
Les importations comprennent les tissus de coton et de laine, les articles de mode, les objets de mercerie et de quincaiUerie, les substances alimentaires, farines d*Australie» caf6, th^, etc., les machines.
VAngleterre fait les 9/10 du commerce de la colonic du Gap, et m^me la part qu*elle prend au mouvement des ^changes dans les r^publiques du nord-est n*est gu^re moins considerable. Sur 5 millions et demi de tonnes qui entrent dans les ports de FAfrique du sud, plus de 5 millions sont converts du pavilion anglais.
S'il est permis aprfes ces chiffres de citer une autre puissance^ c'est VAllemagne qui viendrait au premier rang. Le commerce de Hambourg avec le Cap s*accroit d'ailleurs d*ann6e en annee ; les navires de Tancienne Compagnie Woermann apportent des charbons, du ciment, de la biere, des bougies, de la dynamite (3 000 quintaux), etc. Quant au territoire allemand, ce n'est en grande partie qu*un desert, dont les richesses minerales ne semblent pas devoir r^pondre aux esp6rances qu'on en avait conQues. L'elevage m^me ne rencontre que des conditions pr6caires; ce n*est qu*au nord, sur les bords du Goun^ne et au sud dans les environs imm6diats du fleuve Orange que les colons pourraient cultiver un peu de tabac et de coton et recolter quelques figues. Faut-il ajouter que les rares tentatives d*6tablissement faites jusqu'alors n'ont pas et6 tr^s encourageantes. La population, de plus, est tr6s hostile et Tattitude des Anglais n'est gu^re moins malveillante vis-^-vis de leurs voisins. On se plaint amerement Tun de Tautre, et les journaux de Londres ne cessent d'annoncer que TAUemagne leguerait volontiers k d*autres Thonneur de tirer parti du Namaqua-Land. Les AUemands, desenchanl6s eux-m^mes, tournent d un autre c6te leurs entreprises. On a fond6, k Berhn, une soci6t6 du « Pondoland » qui se donne pour mission de coloniser ce canton a for-
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tiiii6 D de la Cafrerie, et qui y poss^de d6j§ 150000 hectares.
Les Frangau et les Portngais ne prennent qii*une part insignifiante au commerce de TAfrique m^ridionale; mais la France ^tablie k Madagascar pourra jouer dans Tavenir un rdle notable, et le Portugal, qui se reveille d'une longue torpeur, ne manquerapas de profiter des relations que le cheminde ferva cr^er entre la baie de Lagoa et le Transvaal.
L*£tat d'Orange restera toujours en revanche une annexe de la colonie du Cap, et la colonie du Cap elle-m^me, tiraillee entre des populations qui se d^testent, ne pourra garantir son avenir ^conomique qu*en ouvrant par la culture, k son commerce, des ressources moins al^atoires que les diamants ou les plumes d*autruche. Elle ne peut d^j^ plus soutenir la comparaison avec TAlg^rie, d'origine si r^cente.
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