‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 32 sur 82 · AUTRE8 ILES DE L'OC^AN INDIEN · texte numérisé non relu

AUTRE8 ILES DE L'OC^AN INDIEN

Creographie physique et politique. — i"" Les Auirantes et les Seychelles ferment k 600 kilometres de Madagascar, deux groupes d*ilots granitiques, entoures de bancs de sable et de coraux. EUes ne couvrent ensemble que 350 kilometres carr^s ; Tile la plus etendue, Make des Seychelles, a un pic de i 920 metres et 120 kilometres carres. 11 y pleut beaucoup {2 m. 76 de pluie par an 5 Mahe); la temperature annuelle est d* environ 26 degres, et la chaleur constante : le thermometre ne descend pas au>dessous de 22 degres. Pourtant, grace au vent, le climat est plus sain qu*aux Comores. Les plantes tropicales croissent avec exuberance dans cette chaleur egale ; Tarbrecaracteristique est le cocotier. Colonisees au xvni® siecle par la France (les Seychelles portent le nomd'un contr61eur des fmances fran^ais), ces.iles appartiennent maintenant a TAngleterre. Le chef-lieu est Port'Victoria (8000 hab.), bon port a Mahe.

2® L'lle de Sokotra, egalement aux Anglais, surveille Tentree du golfe d*Aden k 200 kilometres au nord-ouest du cap Guardafui. C'est une ile au climat presque desertique, k la vegetation pauvre, habitee par une population singuliere. On y recolle

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•d'excellents fruits (dattes, oranges) et surtout de Talo&s.

5® Les Mascareignes se composent de deux ties, la Reunion et Maurice (ancienne tie de France), ties soeurs qui ont a peu pr^s la m^me forme et la m6me superficie (environ 2 000 kil. carr^s), le mSme climat et les m^rnes productions. Ce sont toutes deux <les ties Yolcaniques. La Reunion est composee des laves vomies par deux volcans qui ont form^ les deux massifs montagneux <le rile. Tun au centre, depuis longtemps ^teint, le Piton des Neiges (3069 m.), Pautre au sud, fumant encore, le PUon de la Foumaise ou Yolcan (2625 m.). Leurs contreforts tombent dans la mer et couvrent toute Tile de leurs « raornes » crevasses {Grand Benard 2890 m., etc.) entrem^l^s de vastes cirques d^effondrement (cirques de Salazie, de Cilaos, etc.) et de plateaux de 1 200 S 1 500 metres de hauteur. Maurice, plus basse, n*a que des volcans eteints (le Pouce, les Trois-Mamelles, Piton -du Milieu, etc.) et la partie nord de Tile est platC:

Le climat est r^gle par Falternance de la saison des pluies ou hivernage (novembre 2i avril), par vents alternatifs de sud-est •et de nord-est, et de la belle saison (mai k octobre) ou r^gne seulement Taliz^ du sud-est. L*air est alors rafraichi par ce souffle constant, et le thermom^tre ne varie que de 16 ^ 25 degres a la Reunion, de 17 ^ 26 degres k Maurice; pendant Thivernage, au contraire, on observe des temperatures de -h 33 degres. C*est la saison des cyclones, d*autant plus dangereux k la R^u* nion, que la cdte, toute de laves etde galets, n^offre aucun abri. Saint^Denis, Saints-Paul, Saint'Louis, Saint-Benoit n*ont que <les rades foraines toujours battues par une mer furieuse ou les navires pendant 6 mois de Tannic doivent toujours se tenir pr^ts a gagner la haute mer. Le port de la Pointe des Galets ^ Mli en 1882-1884 k grands frais, est encore plus artificiel que -celui de Philippeville. Maurice est mieux partag^e: le Port- Louis est le meilleur refuge de Foc^an Indien.

La flore est naturellement tr^s riche sur ce sol volcanique, et ymee par Taltitude : les c6tes basses sont le royaume de la <;anne k 'suore ; le§^ plateaux produisent les cer^ales et les fruits d'Europe; les Qr^tes ont,^€^DCore, malgr^ le d^boisement, de helles for^ts. *'

La Reunion est relativement bien moins peuplee que Maurice.

Elle a environ .170000 habitants (66 par kil. carr^}, dont

20000 blancset environ 52000 coolies hindous, tandis que

Matift^ ^a a 370000 (139 par kil. c^frt), donf SSOOOO coolies indous. La R^tiYiion6sta3simil^e k la France; elle comprend 2 arrondissements, Saint-Ikinu (35000 hab.) et Saint-Pi^rt^ (3O0W hab.), 61it un conseil g^n^ral, un s^nateur et deut d^put^, et est administr^e par un gouverneur assists d'un conseil priv6. Maurice, conquise par les Anglais en 1810 et gard^e par eux en 1815 k cause de son excellent port, est « colonic de la couronne », c'est-A-dire d^pourvue d^assembl^es ^lectives el gouvern6e par le cabinet de Lohdres, qui deI6gue le pouvoir executif k un gouverneur nomme par lui. Les trait^s de 1815 ont garanti aux Mauriciens, rest6s Fran^ais de coeur, leur i^eligion, leur langue et leurs lois. La capitale est Port-Louu' (61000 hab. en 1888).

66ographie ^conomique. -^ Les cocotiers sont la grande richesse des Amirantes et Seychelles et donnent ie koprah et IhuUe. Une esp^ce de noix particuli^re, connue sous le nom de « coco de mer », est sp^ciale aux Seychelles. Elle avait jadis une grande valeur comme talisman, dans tout Toc^an Indien; raais elle aperdutoute vertu, depuis qu'on en connalt la provenance. Les Seychelles exportent aussi de la vanille et des clous de girofte.

Les fibres d'une espSce de cocotier servent k la fabrication de sacs h Sucre; les insulaires tressent aussi des chapeaux de paille.

Le commerce des Seychelles ne d^passe pas 3 millions de francs, mais le port de Mah^, Port Victoria, doit surtout son importance k sa position. G*est, depuis pen, Tescale de la grande ligne des Messageries frangaises, qui dessert TAustralie. Une ligne annexe dont le point d'attache est k Hah^ des Seychelles touche la Reunion, Maurice, Madagascar.

Aux Mascareignes hommes, plantes et animaux d*Europe s*acclimatent k merveiUe. Les bras manquent toutefois k la Reunion, surtout depuis que la Grande-Bretagne ne permet plus de recruter daiis ses colonies de Tlnde des travailleurs agricoles. Sur 170000 hectares de terre cultivable, 60000 seulement sont mis en valeur. Maurice est mieux exploit^e, mais la destruction presque Complete des anciennes fordts, aggravant les dangers de Id s^cheresse, y a i^estreint notablement Taire des cultures. L'ilfe fran^aise a mieux ddnsfei*v^jusqu'^'ce jour sa parure fbresti^re (56000 hectares) ; te^ essences pr^cieuses pour les coiistriictibns maritixnes et T^benisterie y sont encore varices.

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L^^s principales cultures servant h ralimentatton des insulaires^ sont le blcy le mats, le rts, le manioc, les patates, etc. On r^coite aussi beaucoup de fruits : ananas, bananes, fig^es, oranges. Le betail n*est pas nombreux. Ni la Reunion, ni surtout Maurice ne peuvent d*ailieurs suffire k leur approvisionnement. G*est de Madagascar qu*il faut faire venir le surplus de la nourriture n^cessaire, grains et vi^ndes; le riz est imports de Textrtoe Orient.

C*est aux cultures industrielles que les colons r^ervent la meilleure partie du sol. La canne a sucre vient au premier rang. EUe occupait nagu^re, k la Reunion seule, plus de 50000 hectares; elle n'en couvre plus que 40000. Plusieurarecoltes mauvaises et surtout la concurrence du sucre de betteraves ont amene une forte crise. Maurice, a moins souifert de la (( crise sucriere ». C*est en Tann^e 1877 que la production a atteint dans les deux lies le chiifre Te plus 61ev^, 500 000 quintaux m^triques a la Reunion, 1 350000 k Maurice. G*est au reste le vingti^me k peine de la production totale du sucre de canne dans le monde. Les deux lies exportent en outre plus de 2 000 hectolitres de rkum,

Les colons de la Reunion, si eprouves par la crise sucrifere,., s^'Sont tourn^s vers d*autres cultures. Le cafe, a repris un peu de faveur. 11 n'est encore plante que sur un peu plus de 4 000 hectares: mais la recolte, qui atteignait il y a cinquante ans- 12 000 quintaux, eh compte aujourd*hui plus de 32 000.

La vanille est a la Reunion comme k Maurice un des produitsles plus r^munerateurs. Les epices et particulierement le clou de girpfle, le tabac, le cacao ne sont recoltes que sur quelques centaines d*hectares.

VindustriCf qui trouve k la Reunion et m^me k Maurice, dansle torrent d^coulant des montagnes, une puissante provisioi^ de force motrice, est a peu pr^s born^e k Tindustrie de la canne : fabrication du sucre, raffineries, distilleries, tissage des sacs.

Les voies de communication ne sont pas ^galement develop-, p^es dans les deux lies. Dans Tile montagneuse de la Reunion, il n y a qu*une route circulaire de 230 kiloip^tres, et quelques routes transversales. La premiere est long^e aujourd'hui par un chemin de fer, .sur plus de la moiti^ de son pareours entre Saint-Pierre et Saint-Benoit. Le point central de cetteyoie ferr^e

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est k nouveau port de la Pointe des Galets^ k Touest de Saint- Denis. Maurice, plus basse, est sill.onn^e de routes et de chemins de fer.

1 ^ mouvement du commerce dans les Mascareignes e^t d*en* viron 200 millions dte francs, dont tea trdis quarts reVieiineiit k Maurice, le dernier quart ^eulement k notre colonie. L$s exportations, qui d^passent sensiblement les importations k Maurice, et leur sont tres inf^rieures k la Reiktiion, consistent surtout en sucre. Les importations comprennent les produit^ alimentaires : riz et c^r^ales de Tlnde, boeufs de Madagascar,' vins de France, et les objets manufactures, provenant surtont d'Angleterre.

Les deux m^tropoles font respectivement la plus jgrande parti^ du commerce de leurs colonies, auxquelles elles sont relives par le service mensuel fran^ais des Messageries luaritimes, faisant escale k Mah^ des Seychelles. '

Maurice et la Reunion avaient nagu^re beaucoup plus d*importance comme points de rel^che, lorsque les navires^ destination de TextrSme Orient doublaient encore le Gap. Ges deux ties sont aujourd'hui - loin du chemin suivi par les steamers) surtout depuis que la compagnie des Messageries a remplac^ Tescale de Saint-Dienis par celle des Seychelles. Mais les navires anglais qui se rendent au cap de Bonne-Esp^rance par le canal de Suez, ou en reviennent, s'arrfitent encore k Maurice. Celte lie est le noeud des relations entre les colonies anglaises du Cap, de rinde, de la Malaisie et de TAustralie.

Toutefois les possessions britanniques de Maurice et des Seychelles n*emp6chent pas que les iles africaines de Toc^ah Indien ne soient avant tout des terres fran^aises, puisque Tung^ s^appelait jadis Tile de France et que Tautre porte encore un nom fran^ais. Et pourtant la comparaison n*est pas flatteuse pour nous; le commerce de nos possessions : Reunion, Madagascar, Comores, atteint tout au plus le chifTre de 80 millions de francs, inf^rieur de moiti6 au trafic de Tile Maurice seule.

Mais la Reunion ne subit sans doute qu'une crise passagere ; la grande terre de Madagascar,^ peine connue,. sera bjoQ^ot exploit^e; les Gomoresenfm verront assur^ment leur importance grandir, k mesure que se d^velpppera TAfrique orientale.

Ui AFRIQUB.

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Sujets de devoirs

ties pays du Cap ; comparaison avec TAfrique Mineure. Les plateaux de I'Afrique (altitude et relief, climat, salubrity, productions, etc.). Le Nil, le Niger, le Congo et le Zamb^ze, ^tude physique et commerciale. l^tats et colonies de I'Afrique meridionale.

Les grandes voies naturelles de I'Afrique.

L'EXPANSION £UfiOP£fiN^'E EN AFRIQUE. tl5

R^artitioD des Europ^ens en Afrique (influence du cliinat, de I'altitude, des avantages commerciaux, etc., principaux centi^s de population).

Difference du relief de TAfrique et de TAm^rique du Sud ; consequenceis qui en d^coulent pour le climat. les fleuves et le commerce.

Les lies de Toc^an Indies.

Left cdtcs de I'Alrique.

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