CHAPITRE in
Au sud de la Sib^rie occidentale et des monts Ourals s*incline la depression aralo-caspienne, d^sign^e aussi sous le nom de Touran par opposition aux terres elevees du plateau de 17?'an qui le surplombent au sud. Du cdt6 de Test, le Touran est doraine par les escarpements des monts Thian-Chan et du plateau de Pamir, d*ou d^coulent les eaux qui le sillonnent. Ces deux regions, si differentes par leur relief, mais dependantes Tune de Tautre au point de vue hydrographique, forment le Turkestan,
Relief. — La serie des chaines bordi^res occidentales du grand massif de I'Asie int^rieure est interrompue au sud de I'Altai et du Tarbagalai. Un seuil, elev6 de 600 metres seulement, fait communiquer la Dzoungarie a Test avec les plaincs du lac Balkach et les steppes khirgizes u Touest. Ge sont les celebres porter Mongoles, par ou sont passees tant d'invasions. Au sud, s*allonge le vaste syst6me des monts Thian-Chan,
Thian-Chan. — Get immense soul6vement couvre une superficie vingt-cinq fois plus grande que celle desAlpes europeennes. La longueur, d'est en ouest, depuis Toasis de Khamil, en plein desert de Gobi, jusqu'^ Samarkand, est de 2450 kilometres, soit la distance de Lisbonne k Gorfou. Simple a Torigine, et elev6 seulement de 960 metres, le systeme atteint rapidement 3 et 4 000 metres, et, en meme temps, il se multiplie et se complique. On distingue les chaines maitresses orientees parallele-
inent, du nord-est, au sud-ouest, et les chaines ext^rieures, disposees en ^ventail, en dehors de la masse, et enfermant entre leur raraeaux des plaines triangulaires. Les avant-chaines sont compos^es de mollasse comme les chaines subalpines des Alpes. Les hautes chaines sont granitiques et pr^sentent de nombreuses traces de Yolcanisme.
Au sud A'Ouroumtsi s'^leve Tar^te du Katoun ou Katyriy qui d^passerait 4 800 metres. Elle porte de nombreux cdnes d'eruption d'ou s'6panchent des coulees de laves basaltiques. Sous les noms de Iren-Chabirgan et de Doro-Choro, cette chaine limite, au nord,le bassin de Kouldja; elle projette vers le nordest le rameau de VAla-taou dzoungarien.
Au sud du Katoun se developpent les nionts Archariy puis, au del^ de la valine du Koung^s, le Nara-taou^ que continue.
Fig. 11. — Profil compart des Pyr^n^es, des Alpes et des monts Thian-Cban.
apres la percee du Tekes, le souleveraent du Nan-chan. Dans le prolongement sont orientes deux sillons de YAla-taou (4 a 5 000 mM.) dont les diverses branches enferment le lac Issik- Koul, puis vient la chaine Alexandre y qui va s'abaissant par le Kara-taoUy k Test du bassin du Syr-Daria.
La plus puissante des aretes du Thian-Ghan est I'arete rn^ri- •dionale qui commence au sud de la vallee de Youldouz. Ce sont proprement les monts Celestes des Chinois. La cime culminante, le Chan-'Tengri (6500 metres), couronne un demi-cerclc de glaciers long de 100 kilometres. A Touest, la chaine s'inflechit Ters le sud : c'est \eKok-tal-taou, qui s'arrete au-dessus du plateau d*Aksdi. Au dela, I'arete transversale du Yassi-taou et du Hogarth que coupe la breche du Naryn, va rejoindre, au nord, la chaine Alexandre.
Au sud du plateau d'Aksai s*ouvre le col du Tourovg-art (3500 met.), par ou Ton pen^tre du bassin du Naryn dans la depression de la Kachgarie. Beaucoup plus important est le passage utilise toute I'annee qui traverse a 5i40 metres dalti-
tude la chaine du Terekdavan et qui a toujours et6 la grande voie de communication entre le Ferghana et le pays de Kacligar.
Cette chaine du Terekdavan annonce le soulevement de FAlai, qui reproduit I'orientation du Tian-Chan. La hauteur moyenne est de 4, 5 et 5 500 metres. Les cols les moins Aleves d^passent 3000. L'Alai se continued Touest par le A^flj-a^c/ie'/aoM (4000 m6t.). 11 est double du Transalai, Les deux chaines sont s^par6es par un plateau, ancien lac dess6ch6, large de 40 kilometres k Tendroit le plus ^lev6. Le Transalai renferme le g^ant de toute cette region de TAsie, le pic Kaufmann (7 000 m^t.).
Le Transalai forme le rebord septentrional du vaste plateau
de Pamir, Le rebord oriental est le Kizil-Art, dont le pic
culminant est le Tagharma (6 800 ra6t.). Au sud, le plateau
s adosse k I'^norrae massif de VHindou-Kouch.
Pamir. — Le plateau de Pamir (toit du monde) mesure
300 kilometres du nord au sud, et 500 de Test k Touest. Sa
superficie est de 100 000 kilometres carres. L*altitude est de
4 000 h 4500 metres. Qu'on se figure une contr^e grande comme
le tiers de I'ltalie, port6e tout entiere k la hauteur de la Yungfrau.
On distingue le Pamir oriental ou petit Pamv\ compose de
valines herbeuses, et le Pamir occidental, tres montueux, ayant
son inflexion g^n^rale vers Fouest. Les chaines montagneuses
qui sillonnent le plateau sont insignifiantes : elles ne d^passent
guere 500 metres, et toutes les pentes sont facilement acces-
sibles, en dehors de la saison des neiges.
Depuis les promontoires occidentaux du Thian-Chan et du Pamir jusqu*a la Caspienne, s'abaissent les plaikes u Touran, fond d*une ancienne Mediterranee dessechee. Au nord du lac Balkach, sur les confins de la Siberie, s'^tendent les steppes khirgizes. Au-dessus des c6tes orientales de la Caspienne se dresse le plateau argileux de YOust-Ourt. Au del^ s'etend Timmense sabliere du Kara-Koum, interrorapue par la valine de TAmou-Daria; mais les grandes etendues sablonneuses reparaissent dans le Kysyl-Koum et dans VAk-Koum, k Test de la mer d'Aral.
Climat. — Le Turkestan, par sa position k Tinterieur du continent asiatique, a un climat excessif. 11 est soumis pendant I'hiver, au regime des vents polaires sees et froids. Sur les frontieres de la Siberie, le thermomelre pent descendre jusqu*^
— A(P et — 50**. Les fieuves g^lent pendant plus de deux mois. M^me h Merv, situ^e au sud, il tombe quelquefois un peu de neige et la temperature pent s'abaisser k — \b^, — Les regions protegees par les raontagnes ont un climat raoins rigoureux. A Tachkend, qui est k 400 metres d*altitude, il fait, en hiver, 3 degr^s de plus quk Pelra-Alexandrovsk. A Samarkand, rhiver est de 10 degres plus chaud qu'^ Vernyi, situe a la m6me altitude. La haute valine du Syr-Daria ou Ferghana, bien abrit^e au nord, ne connait qu'exceptionnellement la rudesse de rhiver. En 6t6, Fair s'^chauffe rapidement au contact des deserts de sable. Aux froids du Groenland succ6de la temperature des lies du Cap-Vert. L'ecart entre les extremes est de 74 degres. La raoyenne de juillet k Tachkend est de -I- 26*.
Le Pamir, quoique situe k la latitude du midi de I'Gspagne, doit k son altitude un climat trSs rigoureux. L'air y est extrdmement sec; partant le rayon nement sol aire est intense et le refroidissement rapide. Le thermometre peut marquer en m^me temps — 10* k Tombre et -f- 70* au soleiL
Le Touran doit son infertility k la pauvrete des pluies. A Petro-Alexandrovsk la moyenne annuelle est de 0,6 centimetres seuleraent. il en est de m^me dans tout le bassin moyen de TAmou-Daria. Les surfaces argileuses sont encore plus depourvues d*humidite que les sables, a cause de T^vaporation qui est plus active. En certains lieux, des annees enti^res se passent sans qu'il tombe une goutte d*eau. Dans les steppes khirgizes, les precipitations sont deja de 10 centimetres. Elles augmentent vers le sud, a raison de Taction r^frigerante des montagnes. On a 32 centimetres a Tachkend, 34 k Samarkand, 51 a Vernyi, au pied de I'Ala-taou. Sur les monts Tian-Chan les nuees neigeuses ne d^passent pas 3 000 metres. Les chaines exterieures, plus hautes, protegent les parlies internes de la montagne, ou il y a peu de neige, meme en hiver, a Taltitude d$ 3'^00 metres. Sur les flancs meridionaux du Pamir, la ligne des neiges perpetuelles se tient k 5 000 metres.
Hydrographie. — Le Turkestan est en voie d'assechement continu. Beaucoup d'anciens lits ont ete combles. Un grand nombre de rivieres sont absorbees par les sables et les marecages. Les lacs diminuent, s'evaporent, quelques-uns meme disparaissent.
La depression touranienne est traversee par deux grands
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fleuves, le Syr-Daria et YAmou-Daria, lis se jettent aujourd'hui dans la mer d' Aral, mais ils ont ete autrefois tributaires de la Caspienne. On a retrouY^ dans le desert de nombreuses traces de I'ancien lit de rAraou; les voyageurs Font suivi sur un espace de plus de 500 kilometres.
. Le Str-Daria, ancien laxarte (1600 kil.), s*ecoule, sous le tiomde Naryn, d'line vall6e longitudinale des monts Tian-Ghan. Au sortir d'uixe longue clusoj k travers la chatne du Hogart, il arrose Toasis du Ferghana. Au dela de Kokand. et de Khodjend, il se recourbe vers le nord et passe entre le plateau de Karataou a droite et le Kizil-Koum k gauche. A partir de Kazalinsk, il se divise. Son delta, embarrasse de roseaux, est un vaste marScage. Gel^ pendant Thiver, il est dilKicilement navigable en ete, k cause des bancs de sable.
L'Amou-Daria, ancien Oxus (2 500 kil.), est originaire du Pamir. II sort du lac Sarkoul, k I'altitude de 4 200 metres. , Cette nappe, de 5 a 4 kilometres de large, est recouverte tout rhiver d'une ^paisse couche de glace. L'Amou-Daria re<?oit tout son contingent d'eau dans son cours montagneux, car, au sortir du Pamir, il ne recueille plus aucun affluent et il perd une grande quantite de ses eaux par Fevaporation et Firrigation. On pent considerer comme appartenanl k son domaine hydrographique deux cours d'eau qui sont absorb^s par les sables avant la fin de leur cours : le Zarafchan k droite, qui fertilise la plaine de Samarkand, et le Mourgab au sud, qui arrose Foasis de Merv. A Fissue de la region elevee, FAmou- Daria, large de 2 kilometres, se dirige parallelement au Syr- Daria. A 150 kilom6trt?s de la mer d'Aral commence la region basse et fangeuse de ses embouchures.
La HER d'Aral (60000 kilom.q.) est en vole constante d'ass^chement, malgre les apports de ces deux fleuves. Dominie k Fouest par les falaises du plateau d'Oust-Oust, elle ne presente partout ailleurs que des rives plates^ tout k tour sablonneuses et marecageuses. Sa profondeur maxima est de 68 metres; en moyenne elle ne depasse pas 10 metres. Son niveau est superieur de 48 metres a celui de la Caspienne.
La MER Caspienne occupe le' fond de la depression touranienne, puisqu'elle est k 26 metres au-dessous de la surface mediterraneenne. Elle mesure 1 200 kilometres du nord au sud, 550 kilometres de large dans sa partie septentrionale,
280 seulement au sud. Son etendue est de 400000 kilometres Carres. Elle se divise naturellement en trois parties distinctes. I^a cavite septentrionalc, dont le fond continue la pente de la steppe, n*est qu'un vaste mar6cage. Elle n'a pas plus de ib k 16 metres de profondeur. La denivellation augmente vers le centre. Le bassin rn^ridional, entour^ de montagnes, accuse une profondeur de 700 k 900 mMres. La cdte orientate, tres decouple, est tantdt basse, tant6t escarp^e. Au centre s'avance la p^ninsule de Mangischlaky au sud do laquelle s'ouvrele grand golfe de Karahougaz. Presque ferme par une longue fl^che de sable, ce reservoir salin ne communique avec la mer que par une bouche etroite qui a de 140 k 150 metres de large dans la partie la plus resserr^e.
VIssik-Koul est le seul grand lac du Turkestan situ^ en pays de montagnes. Sa superficie est d'environ 6 000 kilometres carres. 11 est k 1500 metres d'altitude. Comme son nom Tindique (lac chaud), il ne geie jamais.
Le lac Balkach marque le fond de la depression septentrio* nale du Turkestan. 11 se deploie en arc de cercle long de 550 kilometres au pied des falaises du plateau kliirgize. Sa rive meridionale n'est qu'un long marais ou se deversent sept grandes rivieres. La profondeur maxima ne depasse pas 20 metres, la moyenne est de 10 metres. La forte evaporation continue sans cesse a le diminuer. Une serie d'etangs sales, disposes en colliers, semblent continuer le Balkach k Test. Tels sont le Sassyk-Koul et VAla-Konlj qui jalonnent la tranchee des Portes Mongoles.
Le principal Iributaire du Balkach est le fleuve Hi (1500 kil.). II vient du Thian-Chan, comme le Syr-Daria. Dans le bassin de Kouldja sa largeur est dejk de 200 a 400 metres. L'ensemblc de ses embouchures forme une superficie de 1 300 kilometres carres. La valiee de I'lli est le grand chemin de penetration dans le Turkestan chinois.
Beaucoup de rivieres qui se rendaient autrefois au lac Balkach se perdent aujourd'hui avant de I'atteindre. Ce phenomene est du, comme I'obstruction des valiees de I'Amou et du Syr-Daria, a la diminution graduelle des precipitations a tmospheriques.
Flore et faune. — Le contraste sensible qu'offrent la configuration et le climat des d^^ux parties du Turkestan se retrouve
dans les productions naturelles du sol. Si Ton excepte les oasis du Ferghana, du Zarafciian, de Merv et quelques autres, le Touran pr^sente Taspect dun desert. Les seules plantes qui croissent dans le sable ou entre les cailloux du Kara-kouni et du Kisil-koum sont des plantes aromatiques ou ces arbustes resineux appel^s saksaouls. A Test du lac d'Aral, sur une longueur de 500 kilometres en droite ligne, il n*existe qu'un seul arbre^ un peuplier, objet de la veneration des noraades. Autour du lac Balkach s'etendent les « steppes de la faim ». — Tout autre est I'aspect de la region montagneuse. Dans le Thian-Chan, les valines du nord, exposees aux alizes du nord-est, renferment des for^ts enti^res d'arbres frui tiers, abricotiers, vignes, au-dessus desquels s'616vent les pins. Certaines de ces hautes vallees, bien abritees "des vents froids, ont des p^turages merveilleux. Le froment y murit jusqu'^ I'altitude de 2000 metres. Dans le Pamir, la vegetation arborescenle consiste en saules, bouleaux et gen6vriers. L'orge et les haricots croissent jusqu'^ 5900 metres,, et Ton trouve a 4 000 metres, dans les creux humides, au bord des lacs et des ruisseaux, des prairies k Therbe extr^raement savoureuses que paissent en ete les troupeaux desKhirgizes. La faune du Pamir est extr^mement riche : ours, loups, leopards, chamois, cerfs, etc.; abondent. II n*y a pas moins de cent douze esp^ces d'oiseaux.
Populations. — Le Turkestan entier, six fois grand comrae la France, renferme 5 800 000 habitants. La population indigene se divise naturellement en noraades du desert et sedentaires des montagnes. Deux millions appartiennent a la race ARYENNE. Cc sout les Tttdjiks, nombreux dans le Ferghana et la Bokharie et qui sont de religion musulmane, et les Galtckas du Pamir occidental. La grande majorite des habitants sont &e RACE TOORANiENNE. On distinguc les Turkmenes ou TurcomanSy les Khirgizy les Kalmouks, les Ouzbegs, etc. Les premiers et les seconds sont mahometans, les Kalmouks sont bouddhistes. On compte environ 600000 Russes.
Geographie politique. — La conqu^te russe a debute en 1847 et 1848 par I'occupation de Tachkend et de Samarkand. En 1873, le khan de Khiva, bombarde dans sa capitale, a du reconnaitre la suzerainete des Russes. Plusieurs expeditions dirigees centre les tribus turkmenes du sud ont abouti, en 1884 & la prise de Merv, la aclef de I'lnde » . De Ik les Russes me-
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nacent les fronti^res de TAfghanistan. D autre part, ils ont obtenu de la Perse la position de SarachSy qui commande le cours de THeri-roud. Du c6te du nord-est, les Russes, profitant en 1865 d*une r^volte des indigenes de la Dzoungarie contre la domination chinoise, annexerent le territoire de Kouldja. lis formferent alors la province de S^rairetchie ou desSept-Rivi^res avec la ville de Vernyi pour capitale. Mais, par le traits du 24 fevrier 1881, ils ont restitu^ aux Ghinois la plus grande partie de ce territoire. Toutefois 11 288 kilometres carres sont rest^s en leur pouvoir et un pays de 24167 kilometres leur a et^ concede sur Tlrtich noir.
Le Turkestan russe est divis6 en onze gouvernements qui forment la lieutenance g^nerale du Turkestan ou d'Asie centrale. La capitale est Tachkend (120 000 habitants). Viennent ensuite par ordre d'importance : Khokand (54000), Khodjend (34000), Samarkand (33000), Andidjan (30 000). Citons encore dans la province du Syr-Daria : Turkestan, Perovski et Kazalinsk, ces deux derni^res, postes strategiques sur le fleuve ; dans la province du Ferghana, la nouvelle ville russe de Margilan, qui a deji 26000 habitants, eiSharikan; dans le cercle de TAraou-Daria, le fort de Petro-Alexandrovsk; dans le territoire Iranscaspien, la capitale Askabad (8000 habitants), Mervy dont Toasis renferme 200 000 habitants, le fort d'Alexandrovsk et le port de Krasnovodsk ; dans la S^miretchie, Vernyi^ Ibiky Kopal, Lepsinsk et SerjiopoL
£tats vassanx. — Le khanat de Khiva, vassal de la Russie, a une superficie de 57 800 kilometres carres et une population de 400000 nomades. La capitale, Khivay renferme 15 000 hab.
Le khanat de Bokhara, place sous la protection des Russes, s'etend sur 240 000 kilometres carres avec une population sup^rieure h 2 millions d'habitants. La capitale est Bokhara (70000 habitants), sur le has Zarafchan.
Entre TAmou-Daria et THindou-Kouch sont plusieurs petits khanats,plus ou moins tributaires des Afghans. Les principales villes sont Kondouz^ pr6s de I'Ak-Serai, affluent de TAmou; Koulm, Balkhf I'ancienne capitale de la Bactriane, Maimene au sud, pr^s de Herat, Faizahady Inderah au sud-est de Koundouz, prfes d'un defile celebre de THindou-Kouch.
La Russie pousse activement, au prix de grands sacrifices d'hommes et d'argent, ses conquetes dune part vers e Tur
kestau chinois par I'lli, de Tautre vers 1' Afghanistan par Mer\ et Sarachs. sur la route de H^rat. De Ik les inquietudes de TAn^ gleterre.
Gdographie iconomiqne. — La region des steppes du Turkestan est destin^e a devenir pour les Busses, plus encore que la Siberie peut-^tre, un champ magnifique de colonisation.
Agriculture. — Actuellement la plus grande partie du pays ne se compose que de deserts et de paturages ; 2 250 000 d'hectares seulement sur 108 millions sont en culture, dont les deux tiers dans la Semiretchie et le Ferghana. Mais on calcule que cette proportion pourrait ^tre singulifereraent elev^e et qu'au lieu dun cinquantieme on pourrait fertiliser par Tirrigation et conqu^rir k la culture un sixieme ou un septifeme du sol. G est d*autant moins impossible que tout cc pays a ete jadis tr^s prosp6re et tres riche, grdce h un excellent syst^me de canalisation, dont les debris 6pars font encore aujourd*hui la fertilite de quelques oasis.
Les Russes songent k multiplier le nombre des canaux d'irrigation. Leur attention se porte, en ce moment, sur un canal derive du Mourgab qui doit fertiliser 40000 hectares autour de Bairam-Ali.
Le Turkestan, aux et6s tres chauds, peut produire non seulement les cereales qui murissent d^s la fin de juin, mais encore beaucoup de plantes du Midi, le colon, le riz, les fruits, le rai^ si fly qu'on r^colte en septembre. Le cotonsurtout sembleappeie k un grand avenir. L*exportation de la Russie en d^passe dej^ 50000 tonnes.
Velevage^ dans ce pays de steppes k prairies et de peuples nomades, est rest6 jusqu'aujourd'hui Toccupation principale de la majorite des habitants.
Industrie. — Le Turkestan poss^de de nombreux gisements de houille, mais mal exploites. Le Badakchan a toujours ete renomme pour ses pierres precieuses, Le fer, Vargent, le cuivre abondent dans les montagnes du Ferghana. Les provisions de se/, enfin, sont inepuisables.
L'elevage du ver hsoie, introduit depuispeu d*annees, senble devoir reussir a merveille. L*industrie des etoffes en poil de chameau est ancienne dans la contree, celle du colon s acclimate peu k peu. Les cuirs, enfin, sont travailles en plusieurs endroits Les principaux centres industriels du Turkestan, qui
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sont aussi les centres de commerce les plus importants, soot Samarkand et Tackkend,
Commerce. — Voies de communication. — Le developpement des voies de communication est, pour le Turkestan comme pour la SiWrie, une question d'importance vitale.
Le Syr-Daria et TAmou-Daria peuvent porter des barques et m^me des vapeurs d'un faible tirant d'eau. Mais les deux fleuves sont trop peu constants pour permettre un service regulier. Blnfm les deux cours d'eau n*aboutissent qu'i un lac ferme.
C*est presque exclusivement par caravanes que se fait actuellement le commerce. Leur point d'attache avec TEurope est Orenbourg, point de depart de la grande route qui gagne la Chine par Vernyi et Kouldja. C'est de cette premiere ligne que se d^tachent au sud les grandes routes des caravanes qui se dirigent vers Tachkend et Bokhara. De la derni^re. partent les routes qui gagnent la Perse par Merv et Meched, Herat, dans TAfghanistan, et enfin llnde par Balkh et Peichawer.
Le chemin de fer transcaspien, qui part de Krasnovodsk, et qui a et6 mene recemment jusqu'a Samarkand (1460 kil.), par Merv, Tardjoui sur TAmou, et Bokhara, n'a pas encore enleve toute importance a ces anciennes voies. C'est surtout une ligne strategique et elle gardera longtemps ce caract6re; mais elle finira sans nul doute par 6tre un chemin de commerce impor* tant. Le prolongement de cette ligne jusqu*^ Tachkend vient d'etre decide.
Commerce exterieur. — Le commerce du Turkestan passe do plus en plus entre les mains des Busses.
Le commerce de Bokhara avec la Chine, I'lnde, I'Afghanistan, la Perse a presque completement disparu. Les marchandises anglaises ont 6te peu k peu chassees de toute la region comprise entre le Caucase etle Pamir.
Les principaux objets d*exportation sont le colon, la sole filee et les dechets de soie, les peaux, la laine noire, connue en Europe sous le nom d' « astrakhan », et enfin les chevaux, qui sont achetes en grand nombre pour la remonte de la cavalerie russe.
En resume, on ne pent s'emp^cher d'admirer I'oeuvre des Busses dans ce pays. Leurs succes sont dus aux qualites du colon, mais surtout a cette parente de race qui fait que les Busses sont beaucoup mieux compris des Asiatiques que nous
ne le sommes des Arabes, ou les Anglais des Indous. L'Asie centrale n'est qu'un prolongement de la Russie, a bien meilleiir titre encore que FAIg^rie de la France. C*est en tout cas une colonie d un grand avenir et qui ne tardera sans doute pas, sous Tadministration sage des Ru3ses, a regagner sa prosperite d*autrefois.
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Sujets de devoirs
Compai'er les d6serts du Turkestan aux autres deserts du globe.
Les Toies de communications a travers le Thian-Chan et le Pamir et la fronliere anglo-russe et russo-chinoise.
Le cbemin de fer transcaspien et son importance au point de vue des communications g^nerales du globe.
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