PREMIERE SECTION MVS DC L'ATLAS OU MAQHRCB
Uniti da relief. — Le Maroc, TAlgSrie et la Tunisie ne ferment qu'une seule conlree par le relief. Ce pays, que les Arabesont appel^ du nom caraCteristiquedeI);estreft-e/-Jllfa^Ar6&, lie du couchant, parce qu'il forme comme un petit continent isol6 dans le grand, m^rite encore plus le nom de pays de VAtlaSy car c'est TAtlas qui en fait Tunit^.
Le grand plissement de FAtlas, long d'environ 2 300 kilometres de longueur, et dont la direction est assez bien indiqu^e par une ligne qui irait de TEtna k Tile de Ten^riiTe, occupe tout le grand quadrilat^re limits au nord par la H^diterran^e, k Test par le golfe de Gabes, k Fouest par I'Atlantique et au sud par le Sahara. II est mSme nettement limits de ce cdte par une suite de failles qui en longent la base: ce sont les valines de Toued Drda, de I'oued Djedi et la ligne des Chotts jusqu*au golfe de Gab^s.
L'Atlas n*est pas du reste une chaine unique qui couvre le pays de ses contreforts. Des plissements secondaires Tont divise dans certaines parties en massifs distincts, tandis qu'ailleurs il ne forme qu'une seule masse de plateaux. On pent distinguer dans TAtlas trois regions principales, qui coincident plus ou moins avec les divisions politiques: 1<> TAtlas marocain, compost de chaines parall^les, form^es des mdmes roches et orient^es k peu pr^s de m^me que les sierras espagnoles de I'autre cdte du detroit: 3<^ TAtlas de la Moulouia k la fronti^re tunisienne, carac*
tdrisc par Tapparition de hauts plateaux encadr^s de montagnes; 3^ I'Atlas tunisien, ou les plateaux se d^sarticulent de nouveau i^n chalnes.
g 1. Atlas MxnocAiN.
L*Atlas marocain a una chaine maltresse, nomm^e quelquefois grand Atlas, qui s*6tend sur 600 kilometres du cap Guir (Iguir Oufrahi) jusqu*au djebel Aiachi^ vers les sources de la Moulouia. G*est une puissante ar^te de gr^s, de porphyres et de granit, qui s'6l6ve graduellement de 2000 h 5 000 et m^me 3 500 metres vers Test, formant ainsi un rempart k peine dentele par des pics d'environ 4 000 metres {Djebel Tiza^ environ 5400 metres, chnes au sud-est de Maroc: environ 4 050 metres), linsi, quoique les sommets n^atteignent pas la hauteur de ceux de nos Alpes, FAtlas, sur une longueur de 160 kilometres, est plus haut que n'importe laquelle de nos chalnes alpines et ' forme un mur comme les Pyrenees.
Ses cols, mal connus dans Test, sont k des hauteurs considerables; les caravanes, dit M. de Foucauld, n'en pratiquent aucun entre le djebel Aiachi et le Tizi-n-Glaouif ou col des Glaoui, lui-meme obstru6 en hiver par les neiges. Le col de Tagherout^ qui m^ne de Maroc dans la vall6e de Foued Sous, s'ouvre, d apres Hooker et Ball, k 3 500 metres de hauteur. A Touest, les cols s*abaissent: les Bibaotidn ou « Portes d, col franchi en dernier lieu par Lenz, ne sont qu'^ environ 1 200 metres, entre Maroc et Taroudant.
Le djebel Aiachi est une sorte d'immense Saint-Gothard (plus de 4000 metres de hauteur), d'ou se detachent des chaines divergentes qui en font le noeud orographique du Maroc; de Ik partent en elTet les valines de YOum-er^Rbia vers Touest, d'un affluent du Sebou vers le nord, de la Moulouia vers le nord-est, et de Toued Ziz vers le sud. Ces avant-monts encore peu connus paraissent Aleves; Rohlfs a traverse le djebel Tamarakouit au sud de Fez par un col de 2080 metres. Le djebel iian, entre le Sebou et FOum-er-Rbia, est un pays alpestre aux cimes souvent couvertes de neiges.
La grande chaine de FAtlas est accompagnee au sud par plusieurs rides paralleles qui viennent se souder dans Fest k Farete principale. Celle qu'on designe communement sous le
nom d'Anti^AtlaSf au sud de la valine longitudinale du Sous, est estim^e diversement de 1 500 h 3000 metres; vers son point dc rencontre avec le grand Atlas, elle forme un massif puissant, le djebel Siroua, convert de neiges ^ternelles, et peut-fitre la plus haute cime de TAtlas. Une autre chaine, le djebel ZagheroUf continue au del^ du Ih*da la ride de TAnti-Atlas. Au sud, une troisi^me chaine parall^le court de la mer au DrAa comme un mur r^gulier de 600 kilometres de long, de 2 & 500 metres de hauteur, coup^ seulement par d'etroites cluses que se sont creus^es les torrents qui descendent au Drda : c'est la chaine du Baniy exploree par M. de Foucauld, et derni^re ride du grand plissement de TAtlas.
Au nord du Maroc s'^l^vent des avant-monts dont la direction n'est pas celle du grand Atlas ; ils paraissent orient^s en demicercle le long de la c6te entre Ceuta et le cap Tres Forcas; c'est la region du Rif (rivage), encore tr6s mal connue. Les monts des Beni'Hassan, k. Touest de Tetuan, ont encore plus de 2 000 metres de hauteur.
g 2. Atlas algerien.
De la Moulouia k la fronti^re tunisienne, FAtlas ofTre un aspect tout different. C'est un socle de hauts plateaux encadres par jdeux zones de montagnes qui en sont les rebords vers la mer et le desert. Dans cette partie du syst^me, les pays de I'Atlas setrouvent doncdivis^s en trois bandes parall^les: 1® le Tell, ou region des montagnes du littoral; 2® les hauts plateaux au centre ; 3^ les montagnes du cdte du Sahara.
Montagnes du Tell. La zone des montagnes littorales a 80 kilometres de large en moyenne. Elle commence k Touest par les monts de Tlemcen (de 1 200 ^ 1 800 m.), entre la Tafna et risser, dont les chaines sont g^neralement escarp^es au nord. Le long de la c6te court la chaine des Traras (Djebel Filhaoucen, H57 m. au-dessus de Nemours).
Le massif de Mascara ou des Beni-Chougran s*etend en trois rides paralleles du sud-ouest au nord-est, entre le Sig et la Mina, separant la plaine littorale du Sig de celle d*Egris, situ6e au sud. Au deli, les monts de Daya (1 300 k 1 400 )n.) et les monts de Saida (Djebel Nesmote 1 204 m.) continuent a peu pr^s Torienta*
L'AFRIQUB MINEURE. 23
tion des monts de Tlemcen et sont au sud les premieres rides du Tell.
A Test de la Mina^ les montagnes forment deux massifs distincts, separ^s par la valine du Ghelif qui coule parall^le k la c6te: i* au sud, VOuarsenis, vaste forteresse de montagnes couples par des gorges praticables, comme celle de Teniet-el- Haad, et qui occupe tout le rectangle entre la Mina, le Nahr- Ouassel, le Haut et le Bas Gb^lif. Les cimes varient de 1 500 k 2000 mMres (Ouarsenis 1985 m., Achaoun 1804 m., etc.); 3" eatre le Ch61if et la mer, le Dahra, suite de crates paralleles qui s'etagent du nord au sud, et dont les plus hautes cimes sont k Test, au-dessus de la plaine de la Metidja (Djebel Zaccar, 1 580 m.).
Sous le m^ridien d' Alger, on peut de nouveau distinguer trois stages dans les montagnes du Tell: I*' le long de la c6te, un bourrelet de coliines de 200 k 300 metres seulement, le Sahel de Kolea^ dont les hauteurs se prolongent jusqu'au-dessus d' Alger; 2<> au sud de la superbe plaine, autrefois bassin lacustre, de la fttetidja, les crates boisees portant les noms de Mouzaia (1604 m.), des BenUSala (1640 m.), de Haouara (1526 m., etc.) et qu'on r^unit parfois sous la rubrique de monU de Medeah ; 5® au del^ d*un nouvel 6tage de plaines (plaines des Beni-Sliman, des Arib), les crates du Kef Lakhdar^ du djebel Dira (1 810 m.) au-dessus d'Aumale et autres, au deli desquelles commencent les hauts plateaux.
Le systeme se coraplique encore k Test d*Aumale et de Tlsser. La I'escarpe des plateaux est formee par la chaine des Bibdn, brisee et ravin^e par les eaux du plateau qui y ont creus6 entre autres les beaux d^fil^s dont toute la chaine porte le nom (Bibdn, Portes) et par ou passe la grande route des plateaux de Setif k la valine de I'oued Sahel. Ses sommets principaux sont le llaraza (1 270 m.), le Guergour, TAnini (1 546 m.) et le Meghris (1 722 m. au nord de S6tif).
Entre la mer et les vallees de Toued Sahel et de I'lsser s*6tend le massif montagneux de la Kabylie. On y distingue deux stages : 1*> le massif cdtier de Dellys, isol6 par I'oued Sebaou; 2<* le Djurdjurtty immense demi-cercle de montagnes sauvages, ravinees k rinfmi par les affluents du Sebaou, et dont les flancs abrupts se dressent comme une forteresse au-dessus du foss6 circulaire que leur font les vallees do I'lsser et de I'oued Sahel. Le mont cul-
minant, le Lalla Khedidja, n*atteint que 2 308 metres de hauteur; mais partout la cr^te reste 61ev6e et difficile k franchir. Une seule route la traverse jusqu*ici: celle du col de Tirourda (1760 m.), entre Fort-National et Beni-Mansour ; les cols de Chellata (i 500 m.), de Tamella (1 150) ne sont que des chemins de mulets k peine praticables.
La cr^te principale du Djurdjura se continue au deU de Toued Sahel par la chaine des Babor dans la petite Kabylie. On comprend sous ce nom toute la zone montagneuse et difficile entre i'oued Sahel et Philippeville. EUe a pour ar^te principale la chaine puissante des Babor, dont les sommets ont pr^s de 2 000 metres (djebel Takintoucht 1 674 m. , Djebel Adrar 1 994 m. , Tababor 1 965 ra., Babor 1 970 m., etc.) et qui se prolonge en ligne droite par les monts d'el-Kantour jusqu'i la valine du Safsaf, entre Constantino et Philippeville, tandis qu*au nord ses contreforts accidentent partout la c6te et ferment en particulier la grande saillie circulaire du cap Bougaroun, sous le nom de Sahel de GoUo. La chaine des Babor, rompue par Toued Agrioun et rOued-el-Kebir, n*en est pas moins une barriere entre Bougie, Djidjelli et S6tif. Une seule route la traverse: celle du Chabet-el" Akra (ravin de lamort), de Setif a Bougie, qui utilise les defiles de Toued Agrioun: pendant 10 kilometres, les rochers a picse dressent de chaque cdt6 k 1 700 et 1 800 metres, et Tetroitesse de la gorge est telle, qu'en beaucoup d'endroits le soleil ne se montre qu*^ midi. i>jidjelli et Collo sont encore isolees par les montagnes du reste de TAlgerie : elles n*ont que des sentiers de mulets pour les relier k S^tif et k Gonstantine, et leur grand chemin est la mer.
A Test de Gonstantine il n'y a plus de chaine proprement dite dans le Tell. Des croupes comme le djebel Aouara (976 m.), au nord de Guelma, et les monts des Beni-Sala, k Test de la Seybouse, Yont s'etageant en altitude d^croissante vers les plaines du lac Fetzara et de Bdne. Tout au bord de la mer, du cap de Fer au cap de Garde, le volcanisme a cr^^ un massif isol^: la superbe chaine de TEdough s'^i^ve jusqu*^ 1004 metres audessus de Bdne.
Hauts plateaux. — La zone des hauts plateaux atteint son plus grand developpement dans Test du Maroc et Touest de I'Alg^rie (150 k 200 kil. de large). G'est une suite de terrasses d*altitudes dilT^rentes, que leur etendue fait paraitre unies
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corame Toc^an; cependant elles ont une pente, et queiques cuvettes peu profondes, ou les eaux s'amassent en hiver, les divisent en une s^rie de bassins ferm^s ou Ckotls. Ce sont, k Touest, le chott Gharbi et le chott Tigris sur la fronti^re marocaine, et le chott CherguV, entre Saida et G^ryville : leur altitude varie de 900 a 1 000 metres. Queiques crkes isol^es, comme le djebel Antar (1 550 m.) qui domine M^ch^ria, se montrent de loin, en loin, comme des ^cueils ayant resists au travail des eaux, qui, k une ^poque g^ologique ant^rieure, ont tout nivel6 autour d'eux. <( La plaine n*est pas horizontale cependant; elleest ondul^e comme le fond d*une mer affouill^e par le mouvement des yagues; elle est d^chir^e par queiques ravines creusees autrefois par les eaux ; mais Tuniformit^ et la nudity de la surface sont telles, que Tceil, manquant de point de repfere, ne pent apprecier ni les creux ni les hauteurs. Une troupe en marche ou un camperaent doivent se faire 6clairer h de grandes distances pour se garder des embuscades, aussi dangereuses et presque aussi faciles k tendre que dans le pays le plus couvert. L'etranger, qu*aucun indice n'alarme, aussi loin que porte sa vue, ne se doute pas souvent que dans un pli de terrain, k moins d*une port^e de fusil, se derobe un douar de nomades, un djich de pillards, un ennemi quelconque' ».
Les plateaux de la province d'Alger sont dej^ moins hauts que ceux de la province d'Oran ; les fonds, les Zahrez, ne sont plus quk 870 metres environ. Une longue croupe, escarp^e au nord, rOukait et les Seba-Rous (1 190 m.), se prolonge sur le milieu du plateau, suivant Torientation gen^rale de TAtlas, et separe la cuvette des Zahrez de celle de la Daya'* Dakhla au nord.
Les hauts plateaux de la province de Constantino sont k la fois beaucoup moins larges et plus accident^s. Apres avoir forme k Touest les hautes piaines de la Medjana (915 m.) et de SMf (1 100 m.), ils se subdivisent au sud de Constantino en une foule de petits bassins (chott el Beiday chott Mrouri, sebkha Djendeli, Gueraa-el-Tarf), que s^parent des collines de 5 i 400 metres.
1. Gharbi et chergui correspondent enarabe&nos adjectifs occidental et oriental.
% Lieutenant-colonel Niox, Algirie.
5. Daya signifie mare, sebkha lagune sal^e; chott s'emploie poiu* les lagunes de grande ^tendue.
Des hauteurs plus considerables (monts du Hodna, 1 800- 1 860 m.), djebel Bou-Thaleh, 1515), s^parent les plateaux de Setif d'une veritable depression de 100 kilometres de long sur pr^s de 80 de large, qui fait exception au milieu de toutes ces liautes lerres : c*est le Hodna, ancien lac maintenant vide, situe a 500 metres d'altitude seulement.
AxLAs SAHARIEN. — Les moutagnes qui ferment le rebord meridional des hauts plateaux de Touest ont bien Failure de chaines. EUes se dressent comme des remparts k pic plus hauts au sud qu'au nord : 1 500 metres environ du c6te du Sahara, 800 k 1 000 metres du cdte du plateau. Ge sont, en partant de I'ouest : les monts des Ksour (djebel Maiz, au nord de Figuig 1J950 m., djebel Mzi 2 200 m. ,etc.). aretes de gres tourmentees,
Dihra Jl^<fcTM«aIa Hautfl -Plat«aux " SAHARA
qui presentent Taspect de citadelles ; les monts du K%el et le djebel Amour (environ 1 900 m.), region de plateaux eieves et de montagnes, qu*uhe enorme muraille, le Kef-Guebli, le « rocher meridional » (1586 m.), termine ^ pic au-dessus du Sahara. Elle n'est franchissable qu'en peu d*endroits, par les « foum » ou bouches que les torrents se sont ouvertes pour descendre dans le desert. Leurs erosions ont decoupe dans le djebel Amour, comme dans nos plateaux calcaires de France, des tables de roc, les gada, dont la falaise a pic se dresse k 50 et 100 metres au-dessus des valiees.
Les monts des Ouled-Nail et les monts du Zab, au sud des plateaux des Zahrez et de la cuvette du Hodna, sont composes de cretes paralleles qui s'etendent sur une largeur de plus de 20 lieues, brisees partout par les oueds qui en descendent ou les valiees qui ont servi autrefois k Tecoulement des eaux du Ilodna vers le Sahara. Les princi pales cretes sont le djebel Lazereg (1480 m.), le Serialba (i blO m.), les Seba-Mokren (1 486 m.), et au sud le djebel Bou-Kahil (i 500 m.).
C'est dans le massif de VAures que TAtlas saharien atteint sa
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plus grande puissance. L*Aur^s occupe un vaste quadrilat^re d*au moins 100 kilometres de cdt^ entre Foued Kantara et Toued el-Arab. Les plis montagneux, serr^s comme les fronces d une etoffe, dessinent de longues aretes rectiligDes, des crMes etroites, s^par^es par de profondes valines parall^les n*ayant entre elles que des communications difficiles : Toued Kantara, Toued Abdi, Toued Abiod, Toued ei*Arab^ Au nord, une chaine orientee un peu plus vers Test, le Kef-Mahmel et le Chelia, contient le plus haut sororaet de I'Algerie (2312 m.). G'est entre cette chaine et les autres montagnes que se trouvent aussi quelque hautes plaines fertiles, de plus de 1 000 metres d*altitude. Le plissement de TAur^s est continue k Test par le djebel Chechar (1 860 m.) et des monts des iVc-
. Bibin ^ - -^ ^ ' ' * tabor
Fig. 3. — Coupe de I'Atlas suivant le m^ridien de Constantine (d'aprfes Nioz).
memeha. (sommets de 1 400 m.) encore plus sauvages que TAur^s; les chemins n*y sont egalement que des « foum », gorges de sortie des torrents : la route de Tebessa & Negrine (rancienne voie romaine de Carthage k Ad Majores), suit Toued Gheria dans un defile de 40 kilometres, que surplombent des rochers de 200 metres de hauteur.
\ 5. Atlas tunisien.
Vers la fronti^re tunisienne les hauts plateaux disparaissent ; les deux bandes montagneuses du nord et du sud se sont pen ^ peu rapprochees Tune de Tautre, et fmissent par ne plus former qu'une zone continue de montagnes, toujours orient^es dans le sens general de TAtlas, et separees seulement parole long sillon longitudinal de la Medjerda. Au nord, les montagnes du Tell algerien continuent par les monts des Khroumirs, sorto
' 1. Kiox, Alg&rie.
26 AFUIQUE.
de Kabylie moins ^levee (1500 m.), mais tout aussi sauvage; per les monts des Ouchtetay et le massif de moins en moins eleve des Mogod, dont les derniers contreforts sont les caps au nord de Bizerte, Ras*el-Keroun et Ras-el-Abiod ou cap Blanc. Au sud de la Medjerda, les massifs, ravines de toutes parts par les eaux, ne forment qu*une suite irr^guli^re de hautes terres sans chaines proprement dites. Vers la fronti^re algerienne, le djebel Hallauk (1 450 m.) continue Torientation des monts des Nememcha. Le massif de Kalaa-es-^nam (chateau des Idoles) domine h 4 460 metres les sources de Toued Mell^gue. De cette zone confuse se detache vers le nord-estune chaine mieux caracteris6e : ce sont le djebel Djougar, et le Zaghouan (1 343 m.),. superbe vue de Tunis, et plus loin, separees par une depression, les hauteurs du Dakhelat-el-Malou^n (300 m.), qui forment la p^ninsule du cap Bon.
L* Atlas se termine vers Kairouan en plateaux doucement inclines, dont les creux contiennent des marais ou sebkhas. Au sud, les chaines sahariennes s'avancent plus k Touest, et le djebel Arbet, qui se profile le long des chotts, a encore 1 100 metres k Test de Gafsa.
Climat. — Dans les pays de TAtlas, la latitude accuse h Fextr^me certains traits du climat m6diterran6en : ainsi I'^t^ pauvre en pluies y devient presque compl^tement sec, et Tannic n*a par suite que deux saisons bien tranchees : la saison s^che et la saison des pluies d'hiver. On sait que les mers mettent plus de temps k s'echaufTer que les continents. En ete, la M^diterranee est done relativement plus froide que la cdte d'Afrique, qui elle-m6me est moins chaude que Tint^rieur : il en resulte un ^ppel d*air vers le sud, qui fait naitre en et6, sur la cdte nord-africaine, des vents du nord mod6r6s mais d*une assez grande Constance : ce sont les vents etesiens des Grecs. lis apportent le beau temps et la secheresse, car en arrivant sur la terre d'Afrique ils se rechauffent, et la vapeur d'eau qu'ils emportent ne peut guere se condenser*. En hiverla
!• Pluies tombiet iur la cdte algerienne (Capr^s Ilann :
En mai 5 0/0 de la quantity annuelle totale.
En juin 5 0/0 — —
lin juillet 0,0 — —
En aout 4 0/0 — —
Enseptembre 4 0/0 — —
L'AFRIQUE MLNEURE. «)
situation change. La mer se rerroidit bien plus lenteinent que le continent ; les nuages que les cyclones poussent alors sur
c6te d*Alg^rie se condensent au contact froid des montagnes : c'est la saison des pluies.
Le relief joue done un grand rdle dans ces condensations, et la quantity de pluie tombee varie suivant la hauteur des montagnes. Ainsi c*est au Haroc qu*il en tombe le plus ; de mdme TAlgerie est mieux arros^e que la Tunisie, la Tunisie que la Tripolitaine, et la Tripolitaine que r£gypte^ Ainsi d*une mani^re generale les pluies du climat m^diterran^en diminuent en Afrique d'ouest en est.
De district k district les diffi^rences sont tr^s sensiblessuiTant la hauteur des montagnes cdti^res, et il tombe moins de pluie dans la province d*Oran que dans la province de Constantine (Oran, 51 cm. par an; Alger, 71 cm.; Philippeville, 79 cm. La Galle, 84 cm.).
Temp^ature. -^ D*une fa^on generale, la temperature de la cdte nord de TAfrique est en raison inverse de la quantity des pluies : c'est au Haroc qu*elle est la moins haute, c*est vers TEgypte qu*elle atteint son maximum. Le Maroc tourn^ vers TAtlantique a le climat maritime de Madere et des Azores, seulement plus maritime encore, c*est-k-dire encore plus humide et plus ^gal. La cdte occidentale est plus froide que les cdtes m^diterran^ennes sous la m^me latitude : sous I'influence du courant d'eau froide qui longe la cdte du nord au sud, la moyenne annuelle de Hogador estinferieure de 1 degr^, celle du mois d'aotlit de 4 degr^s k la moyenne d^Alexandrie. Cette action de la mer se traduit par des brouillards ispais, qui le matin couvrent les c^tes jusqu'au del^ d*Agadir, aux confins du Sahara.
En Alg^rie, la disposition particuli^re du relief a cr^^ trois zones climat^riques distinctes : le Telly les plateaux et la zone saharienne. Le Tell, tellus, la terre par excellence, a un climat tr6s doux (temperature moyenne d'Oran -f-17<> cent., d' Alger 18**, de Tunis, 19<>,6), qui devient plus chaud en Tunisie, ou Tabaissement des montagnes permet aux ventii sahariens de souffler plus souvent sur la cdte.