PliUes annuelUt en Algirie 70 cm. en moyenne
a HalU 55 —
a Tripoli 30 —
d Alexandrie 22 -«—
Les hauts plateaux ont encore le elimat m^diterrau^en, mais aggrav^ par raltitude ; c'est le elimat de plateau, et on ne saurait mieux le comparer qa*k celui de TEspagne int^riewre. Seulement, comme les. plateaux alg^riens sont encore plus m^ridionaux et plus ^lev^s, le elimat est encore plus extreme. Comme en Espagne, la neige y atteint I'hiver jusqu'4 un demi-metre d*epaisseur, et le thermom^tre descend k — 10® et plus bas encore. Par contre, en 6t6, les chaleurs bril^lantes de la Castillo et de la Manche sont d^pass^es. En m^me temps, il tombe beaucoup moins de pluie que sur les montagnes c6ti^res. Dans la province de Gonstantine seulement, ou des chaines de montagnes s'^l^vent sur le plateau mdme et ou les chaines bordi^res sont moins compactes, les hauts plateaux re^^oivent un peu plus de pluie et peuvent devenir terres de culture : les environs de Setif sont incomparablement plus fertiles que les plateaux oranais, et de B6ne k Batna il y a transition douce, non changement brusque de elimat. Le Tell se confond ici avec les hauts plateaux.
Par contre, en Tunisie, c'est le Sahara qui empi^te sur le Tell. Gr^ce k la disposition particuli^re du relief tunisien, qui laisse presque tout le versant du golfe de Gab^s ouvert aux vents sahariens, les pluies sont beaucoup plus rares, la chaleur beaucoup plus forte, et le Tell beaucoup plus etroit qu*en Algerie.
Hydrographie. — II faut distinguer nettement dans les cours d'eau de T Atlas, ceux qui descendent sur son versant nord et ouest, et ceux du versant sud. Ces derniers, bien qu' aliments par les neiges et les pluies de FAtlas, sont sahariens par leur cours, et ont leur place marquee dans I'hydrographie du Sahara.
Les fleuves les plus considerables de TAtlas sont ceux de la partie ouest du Maroc, et au Maroc mSme, ceux qui descendent de la chaine la plus elev6e. Ainsi les cours d'eau du sud-ouest, riviere de Mogador, Temifty etc., venus de la partie la moins considerable de TAtlas, ne sont en 6te que des cours d'eau insignifiants. Par contre, \Oum-er-Rhia^ « la mere des p^turages », qui vient du djebel Aiachi, et dont les affluents recueillent le» eaux de toute la grande chaine neigeuse au sud de Maroc, est accessible aux bateaux en toute saison, et devient en hiver un torrent infranchissable qui — vu le manque de ponts — arr^te les communications pendant des semaines. Le Sefrou, Soubour
des ancienSy qui draine tous les monts au sud de Fez, est le grand fleuve du Maroc. Large de 100 k 300 metres dans son cours inferieur, profond de 3 metres en moyenne, il pourrait Stre remonte jusque vers Fez par des vapeurs k fond plat; il a des crues de plus de 7 metres. Le versant du Rif est trop court pour avoir autre chose que des torrents; mais k Test, la Jfoulouia (Malva des anciens), grossie par les neiges de TAfachi et les eaux de I'oued Zaa, est le fleuve le plus considerable peut- Stre qui descende de TAtlas k la Mediterran^e. II d^bouche en face des iles ZafTarines.
Les fleuves de TAlgerie, coulant d*etage en ^tage et de gorge en gorge k travers les montagnes du Tell, n*ont aucune valeur pour la navigation, et leur d^bit inconstant leur en donne peu pour rindustrie. Dangereux par leurs crues en hiver, ils peuvent tout au plus dtre utilises pour Firrigation, k Taide de bar* rages et d*autres travaux d*art dont les Remains nous ont donne Texemple. La Tafna et son affluent Toued Isser descendent du massif de Tlemcen par de longues gorges, pr^s de Sebdou et de Lamorici^re, et percent encore le massif des Traras avant de se Jeter dans la mer pr^s de Tile Rachgoun. La Macta est le canal d'^coulement du marais forme par le Sig, qui traverse la vallee de Sidi-bel-Abb^s, et par VHabra qui vient des hauls plateaux et perce successivement les monts de Saida et de Mascara ; leurs gorges ont ^t^ utilis^es par des barrages ; la rupture de celui de THabra, situ^ k Perr^gaux, au sortir du massif de Tlemcen, a d^vers^ ,une inondation de 14 millions de metres cubes d'eau en d^cembre 1881.
Le Chelifj form6 par les cours intermittents de Toued Touila et du Nahr-Ouassel sur les hauts plateaux, n'acquiert d*importance qu*en contournant TOuarsenis ou il cntre par la gorge de Boghar. II coule ensuite dans une longue valine entre TOuarsenis et le Dahra, et se jette dans la mer non loin de Mosta* ganem; il est tr^s utile aux cultures, grdce aux barrages qu*on a construits partout, mais absolument irr^gulier dans son debit. Son principal affluent, la Mina (195 kil.) ne sur le plateau au sud de Tiaret, forme de belles cascades et garde un cours tr^s tpurmente jusqu*^ Relizane.
Les rivieres qui traversent la belle plaine de la Metidja, ne sont egalement utilisees que pour les cultures : (Chiffa, connue par ses gorges dans les monts dc Medeah, Barrack, etc.). —
52 AFIIIQUE.
i7sser, venu du Titeri, se heurte au massif de la Kabylie el le eontourne par les gorges de Palestro, Souk-el-Haad, etc. Le Sebaou, l*art6re centrale de la Kabylie, est ^galement un torrent de raontagne qui ddbouche k Touest de Dellys. h'oued Sahel est plus long (210 kil.); descendu des montagnes d*Aumale, il parcourt autour du Djurdjura une valine basse et fertile et se jette dans le golfe de Bougie. Voued eUKehiVy la « grande riviere d, est form6 par la reunion du Rouramel et du Bou-Merzoug. 11 s'engage dans les montagnes du Tell par la gorge cel^bre qui eontourne le rocher ou s*el6ve Constantine, franchit les Babor par d'autres defiles et se jette dans la mer k Touest du cap Bougaroun. L'absence de villes k son embouchure prouve combien il est inutile aux communications. Le Safsaf n'esi qu'un ruisseau qui finit k Philippeville. La Seybouse (230 kil.), grossie de Toued Zenati, de la Heboudja, est le seul fleuve d'Algerie qui ait de Teau en toute saison ; elle porte des barques jusqu a iO kilometres de son embouchure.
La Medjerda (le Bagradas des Anciens), qui regoit du sud Toued Mell^gue etun nombre considerable de torrents des monts des Kroumir et des Ouchteta, est la seule grande riviere de la Tunisie. Elle a de Feau en quantite suffisante, mais sa vallee est couple de defiles (de Souk-Ahras k Ghardimaou, et en aval de Beja) et de plus elle se jette,. non dans la mer, mais dans la lagune sans profondeur d*El-Bahira, maintenant presque enti^rement comblee par la vase.
Les chotts des Hauts-Plateaux ne sont que des fonds ou la neige et la pluie s'amassent en hiver en nappes supeiiicielles que Tevaporation a bientdt transformees en couches de sel resplendissantes. NuUe part Feau ne reste k la surface du sol toute Tannee ; en certains endroits elle se conserve k une certains profondeur, lorsqu*une couche de terrain impermeable la rassemble : 1^ sont creus^s les puits ou oglaty seule ressource permanente des Hauts-Plateaux.
Dans le sud-est de la Tunisie, le d^faut de pente des terrasses a donne naissance k des sebkhas (mares) semblables, toute proportion gardee, aux chotts des Hauts-Plateaux : telles sont les cuvettes au sud-est et au sud-ouest de Sousse; la plus grande, la sebkha Sidi-^UEani ou lac de Kairouan (500 kil. carr^s en temps de pluie) ne se dess^che pas tout k fait en de certaines annees. Plus au nord^ le Kelbia est m^me un veritable lac.
qui se deverse en temps de crue par Toued Henfis dans la mer.
Cdtes. — La c6te des pays de TAtlas, rocheuse mais peu d^coupee, est en general peu favorable k la navigation. II faut distinguer, au Maroc, trois regions diff^rentes : 1<* la cdte du sud-ouest, ou aboutissent les contreforts de I'Atlas ; elle compte un excellent port : Agadir, au sud du cap Guir; 2" la c6te basse et sablonneuse de Touest, de Mogador k Tanger : sur plus de 600 kilometres, on y remarque deux saillies seulement (la haute falaise du cap Cantin, et le promontoire de Mazagan), et pas un seul bon port. Mogador^ le meilleur, n'est pas k Tabri de la houle du large ; Asfi est rendu par ses brisants impraticable aux bateaux d'un certain tonnage ; Mazagan est sans profondeur, la'rade de Dar-el^Beida (Casablanca, la maison blanche) n'est pas abritee du tout, mais a au moins Tavantage d'etre profonde, ce que ne sont ni Rbat, ni Mahdyay ni El-Araich (Larache) an nord; 3* la c6te nord du Maroc est escarpee et rendue dangereuse par les 6cueils, mais elle a de bons ports : les lies Zaffa^ rines. Melilla, ^ Tabri du cap Tres Forcas, BadiSy en face de Tile de Penon-de-Velez, Ceuta, enfin surtout Tanger, bati comme Alger, au bord d*une baie en demi-cercle.
Le littoral algerien merite le jugement de Salluste : Mare 'ssevum, littus importuosum. L'emploi de la vapeur et la creation i\ grands frais de ports artificiels ont diminue aujourd*hui le danger de ces baies largement ouvertes aux temp6tes du nord, <Jont la houle jetait a la c6te en un seul jour, le 25 Janvier 1841, vingt-quatre navires a voile dans le golfe de Stora, et en faisait sombrer trois autrss sur leurs ancres. C'est du c6t6 de I'ouest qu*on trouve les meilleurs ports, a Tabri de quelques caps projetes vers le nord-est. Nemours est ouvert k tous les vents, mais i'ilot de Rachgoun abrite une rade qui sera le port de Tlemcen. Le port d'Oran, dans la baie, qui s'ouvre entre les caps Falcon €t la pointe de VAiguilley n'est qu'un port artificiel, mais la rade de Mers-el-Kebir (le « grand port ))), derriereune pointe du cap Falcon, est une des plus sures de TAlgerie. Le promontoire eleve des caps Ferrat et Carbon (600 m. au djebel Orouze) abrite -de mtoe le mouillage d'Arzeu, egalement tr6s sur, tandis que Mostaganeniy k Test dans la m^me baie, est a la merci des vents.
La cote du Dahra, presque droite, n'a qu*un refuge, Tenes, cr6e artificiellement k Taide de jetees, et encore I'acces en est-il difficile en cas de temp^te. U en est de m^rae du petit port de