‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 53 sur 82 · BU&SOPOTAMIE ET STRIE · texte numérisé non relu

BU&SOPOTAMIE ET STRIE

Relief. — Mesopotamie. — La depression m^sopotamienne a pour ceinlure, ^ Test, les premiers gradins des monts du Kourdistan, et, du cdl6 de FAnatolie et de rArmenie, les soulfevements dirig^s du nord-est au sud-ouest, compris sous le nom de Taurus. Au sud de Diarb^kir, le massif du Karadja-dagh {{ 900 m.) avec ses coulees de basalte et ses roches ign^es rappelle encore la nature volcanique de TArm^nie; mais, sur la rive di^oite de TEuphrate, apres le Nemroud-daghy haut de 803 metres, se succ^dent des plateaux calcaires qui ne sont pas sans analogie avec les causses des Cevennes. A Test du Karadja- •dagh apparaissent aussi les assises calcaires dans les monts de Mardin (1 500 m.) qui precedent la masse dolomitique de Tour^ Abdin. Le falle de passage, tr^s rapproch^ du Tigre, est forme ■des massifs du Karatchok et du Bautman ; celui-ci se relie a la <ihaine Iransversale du Sindjar. Les monts du Kurdistan forment du c6te du Tigre des chaines parall^les interrompues par des breches qu'un 6crivain anglais a comparees k un bataillon range en colonnes de compagnies. En certains endroits «'616vent an-dessus de la plaine des parois verticales hautes de 1)00 h 600 metres, appel^es dh. Les nombreuses fissures qui ^ntaillent la masse ont valu k la contr^e le nom d6 Pays des Brfeches. Depuis la plus baute antiquity, les d6fil6s du Dialah ont servi de chemin aux caravaiies de la Mesopotamie vers rOrient. Vers le sud, s'^tend une plaine de formation secon- •daire , faiblement ondulee. Elle se continue par les steppes •d'argile et les tables de rochers de la Babylonie, auquels succ^de Tine region absoliimeht plate, formee d'alluvions.

Syrie. — • A Touest de TEuphrate, le plateau calcaire s'616ve par degres jusqu*^ Taltitude moyenne de 600 metres, puis il s'effondre brusquement en une profonde traneh^e, le Ghoi% k Test de laquelle le sol se relive en une chalne sensiblement parallele h la mer. Gette chaine dite Syrienne, commence sur les bords du golfe d*Alexandrette par YAmanus ou Akma-dagh, encore orients dans le mtoe sens que le Taurus et TAnti-Taurus. Les sommets d^passent k peine 2 000 metres. Les pentes occidentales, assez rapides, sont franchies par des cols dont le plus celebre, le d^filS des partes Syriennes, donne acc^s dans la plaine d'Anlioche. La breche de I'Oronte separe TAmanus des monts Ansariehy qui vont en s'abaissant vers la plaine de Tripoli, mais le soul^vement reparait k une quinzaine de kilo-* metres du littoral et forme le Libjin. C'est un rempart calcaire, long de 150 kilometres, decoupe en massifs par de nombreuses fissures perpendiculaires. Trois sommets atteignent 3 000 nfi6tres. La cime culminante est k 3 200 metres. La route de Beyrouth k Damas qui le traverse passe k \ 800 metres. Parallelement au Liban s*616ve YAnti-Liban. La pyramide basaltique qui le termine au sud, YBermoriy d^passe 2 800 metres. La depression compHse entre ces deux plissements parallMes du Liban et de FAnti-Liban est la Syriiecreuse (Coel^-Syrie) oxxelBekaa.

A la suite du Liban viennent les monts Galileens. Ce sont des rangees transversales, orient6es de Fouest k Test et rejointes par des chainons lat6raux. Le Djebel-Djarmouk a presque 120O metres, mais il ne saurait rivaliser en ceiebrit6 avec le mont Tabor, qui n'a que 560 metres d'altitude. Au sud des monts. Galileens et de Nazareth s*etend du sud-est au nord-ouest une large plaine. C'est la plaine d'Esdraelon. EUe est limitee au sud par une ar6te montagneuse qui va former le promontoire du mont Carmel, Son altitude maxima est de 550 metres. Au sudest s'elfevent les collines de Gilboa.

La Palestine est un plateau ^levS de 600 k 800 m^tres^ s*abaissant du c6t6 de la mer sur une plaine cdti^re, caracterisi^ par la depression extraordinaire du bassin interieur. Les crates de ce plateau fortement dechir6, entrecoup6 de ravins et de vallons ne s'ei^vent gu^re k plus de 1000 metres au-dessus de la Mediterran^e (mont ^^oietmont Gariim 900 m,,Tell'A8sour 1011 ra«) Mflia elles forment de formidables escarpements audessus de la vallee du Jourdain et de la mer Morte, situ^e ^

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394 mMres au-dessous du niveau marin. Jerusalem, situee k SO kilometres seulement de cette mer» la domine de 1 200 m^ tres. Les elevations situees k Test du Jourdain sont aussi un plateau raving de 750 k 900 metres d elevation. Le Djebel Ocha a 1058 metres. Les monts de itfoafr atteignent 1170 metres.

Plus au nord, surgit Tenorme amas volcanique du Haouran ou Ton distingue une vraie chaine de crat^res. La plus haute cime a 1855 metres. Les mati^res fondues ont une epaisseur de 200 metres. Vers Damas s*etend une large coulee de laves. Le Safa est un autre massif de volcans ^teints. La superficie est de 1200 kilometres carr^s. Les c6nes s'^tagent entre 900 et 1100 metres d'altitude. Tout alentour s'etendent les deserts; au sud-ouesty le desert de Kra, au sud le pays brule du Harra.

Climat. — Les differences de latitude et d'altitude determinent en Syrie des climats tres variables. Comme en Asie Mineure les pluies sont restreintes aux mois d*hiver; elles sont duesaux vents de Touest et sud-ouest. La c6te jouit du climat maritime doux et egal. A Beyrouth, la moyenne de Janvier est de 12 degres ; celle de juillet 27. Les montagnes et les hauts plateaux ont un climat dur qui se rapproche de celui du centre de la France. A Jerusalem, la moyenne hivernale est inferieure de 4 degres k celle de Beyrouth. Le froid y est souvent tres vif ; exceptionnellement la neige tombe. — Le Liban intercepte les nuees pluvieuses. L'Anti-Liban est peu arrose. Au dela de cette barriere regne la secheresse absolue. A Texception de quelques oasis, comme celle de Damas rafraichie par les eaux d un petit lac, et Toasis de Palmyre, & 190 kilometres au nord-est de Damas, c'est le desert, lepays calcine du Harra. Les vents desseches n*apportent aucune humidite dans les plaines de la Mesopotamie. Ici le climat continental exerce toutes ses rigueurs. Le thermometre descend quelquefois en hiver k 6^ et atteint en ete + 500.

Hydrographie. — Les fleuves syriens sont I'Oron^e et le LeonteSy qui parcourent en sens inverse la depression dela Coele- Syrie. L'Oronte, sort! de FAnti-Liban au nord de Balbeck, coule entre des rives eievees, s*eiargit en formant un lac etd^s niar6cages, puis il se detourne k Touest, arrose Antioche, rdgoit les eaux du lac du mSme nom et se fraye une breche vers la m&p entre I'Amaaus. et les monts Ansarieh. Le Leontes, issu aussi

de TAnti-Liban s'ouvre un passage dans les gorges du Liban et va finir pres de Tyr.

Le fleuve de la Palestine est le Jouodain. II a ses sources dans le massif de THermon. Son lit s'elargit bient6t et forme un chapelet de lacs, le lac vaseux de Merom^ puis le lac de Tiberiade (mer de Genesareth et mer de Galilee) dont le niveau est deja a 200 metres au-dessous de la Mediterran^e. Le Jourdain d^roule ensuite ses meandres entre des parois escarpees et s'ach^ve par deux bouches mar^cageuses dans la her Morte.

Cette mer, bord6e de rochers nus et de rivages arides, d^passe en supcrficie 1 200 kilometres carr^s ; elle est divis6e en deux bassins d'in6gale profondeur par lap^ninsule du Lisan.Au nord, la sonde descend k 1500 pieds; au sud, elle accuse seulement 12 pieds. La mer Morte est deux fois plus sal^e que la Mediterranee. Elle contient une tr6s forle quantite de chlorure de magnesium et de brome. La presence de ces matiSres salines, qui lui ont valu le nom de lac Asphaltite^ rend cette mer impropre k la vie animale. Les poissons ne peuvent y vivre; les plantes aquatiques mSme n*y germent pas.

EuPHRATE ET TiGRE (^tcnduc du bassin 660 000 kil. can*.). -— VEuphrate (2 800 kil.) appartient par ses sources k la region kourdo-arm^nienne. Les massifs de TArm^nie sont en r6alite <( un immense barrage interceptant au profit de la region tigro- «uphratinienne les vapeurs f6condantes de la mer Noire et de la H^diterran^e » . Toute la haute vallee jusqu*au bassin d'Erzeroum est soumise k Tinfluence des vents occidentaux venus <le la mer Noire. II est form6 de deux riviferes, le Kara-Sou, venu du plateau d'Erzeroum qui, par sa direction principale, ^emble assign^ k I'Asie Mineure, et le Jfowrac?, n6^ 2 800 metres d*altitude dans TAladagh, qui coule entre des falaises de lave. Le fleuve se fraye une voie k travers les contreforts du Taurus 4armenien et dans les collines crayeuses des avant-chaines. II franchit 500 chutes sur une longueur de 150 kilometres et, en certains endroits, est r6tr6ci jusqu'^ 50 metres de largeur. 11 se dirige vers le golfe d'Alexandrette, dont il n'est plus quk 150 kilometres, lorsqu'il se retourne au sud-est et va se rapprochant du Tigre. « Les ponts, les routes, les caravanserails ont ete presque tousb^tis par le sultan Mourad. Aussi les Turcs ont donne son nom par gratitude k TEuphrate. A Kieban-- MaadertfCe fleuve ressemble de tout point k la Moselle. Encaisse

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entre.de bai||ea montagnes sauvag^s, il poursuit sa marche rapide en de singuliers detours, sort de la montagne apr^s un parcours de dix lieues et regoit non loin d^ Maiatia le Tog^ niasuif le vieux H^las ou Koremos; apr^s avoir contourne une hauteur couronn^e des mines d*une vieille eglise, il se dirigc a Testy vers la vaste plaine d*Is-Oglu, puis il se retr^,cit, se resserre daps une feote ^troite enjtre de hautes montagnes, se pr^cipite de roc en roc, n*est plus navigable et forme ce que les cartes appellent les cascades de.Ruchar. Trente lieues plus loin, k Gerger^ le fleqve sort des murs de calcaire qui Tavaient cri^e^i^., s*etend, et se dirige en de vastes circuits, vers la celebre ville de SarnsfiU. Ut, la valine. s*ouvre et DSuphrate ressemble k rOder pr^ de Fruncfort... De Samsat le fleuvp coule daujs un lit large de 800 pieds, qu*il n'emplit que rarement, vers Touest, jusqu*& Rumkalehf ou, il atteint le point occidental le plu$ extr^e de son cours^ Toute I'^tendue de plus de cinq^apte lieues entre Marach jusqu*^ Karatcha-Dagh forme une plaine rocailleuse,. presque d^nudee de terre et tellement couverte de ruines en, pierres qu*en dehors de q\ielques senticrs on n*avance qu*avec peine Ji pied et point du.tout k cheval. Avant d'arriver> Ri^mkaleh on traverse une ville taill^e dans le roc. €e roc est une pierre qui, semblable k c^Ue de Halte, a commence par etre moUe et s*est ensuite durcie k Tair; ces mon^ tagnes sontyisities presque chaqueann^e par des tremblements de terre.... Plus importante est la situation, de Beladcbik ou Biradchik (ouyerture). Ici le fleuve sort de la inontagne, reste en plaine, jusqu*^ son embouchure et devient navigable^ »

L*£uphrate ser^pand alors ^travers une plaine immense, peu accident^e,, entre des dunes de sable k droite et des steppes argileuses k gauche. II re<^oit ses derniers tributaires, k gauche, ceux qui descendent du.Karadja-dagh et du plateau de Mardin, grossis pendant la saison pluvieuse; les autres, « fleuves sans eau », ne comnmniquent que rarement avec le fleuve. Les nombreuses divagations de FEuphrate tant6t I'^loignent et taplot le rapproche^t du Tigre jusqu*^ la distance de 3 kiloip^tres* Les deux fleuvea communiquent par des canamc mal entretenus.qui s*envasent et forment.autant de mar^cages. En aval de Babylone^ TEuphrate forme, des coul^^s, des marigots, desamas lacustre3

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