Lettrei $ur VOrient, du mar^chal de MolUce
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dont Tensemble nomm^ lagune de Nedjefy rappelle le Fayoun de la vallee du Nil. Pr6s de Kama TEuphrate s'unil au Tigre.
Le T16RE, plus court que TEuphrate (2000 kilometres), a ses sources dans une region lacustre voisine du Mourad. Deux mille pas seulement les s^parent des rives de TEuphrate avec lequel il se confond 200 lieues plus bas. II contourne au sud le plateau de Diarb^kir et par une serie de cluses descend vers la plaine. II sort de la region montagneuse pr^s d'Argana-Maaden, En ^t^, il est facilement gu^able k Diarbekir. II traverse ensuite une plaine vaste et fertile ou il revolt le Battman^ qui lui am^neun volume d'eau plus consid^rjable que le sien. La barri^re du Kurdistan intercepte au profit du Tigre les souffles humides de Toc^an Indien, comme font les Alpes armeniennes pour TEuphrate. Au sortir de ce premier bassin, le Tigre p6n6tre dans une haute montagne de gr6s et se fraye une voie dans une gorge etroite. Ses eaux enserrent Djezireh (File), apr6s quoi, il entre de nouveau en plaine. La contree devient monotone et depourvue d*arbres. Le Tigre passe k Mossoul, station interm^diaire des caravanes sur le chemin de Bagdad k Alep. hk conunence le cours navigable. Le fleuve arrose ensuite Bagdad,
Le courant fluvial, forme de la jonction des deux fleuves s'appelle le Chat-el- Arab, Sa largeur est de 500 metres environ, sa profondeur de 4 metres, le debit moyen est de 6 000 metres cubes. Le Chat-el-Arab di^passe ainsi tout autre courant compris entre Tlnde et le Danube; il est m6me de deux fois superieur au Nil. Deux rivieres venues du Luristan le rejoignent, la Kerka et le Karoun.
Au del^ de Bassora^ commence la region deltaique, plaine basse inond^e, couverte de roseaux et qui s avance de 50 metres environ par an.
Cdtes. — Le golfe dlskanderoun est forme k Test par TiAimadagh^ qui forme T^peron du Ras-el-Chansir k ^ 600 metres audessus de la Mediterranee. Au deli du fleuve Oronte, les monts Ansarieh projettent les caps de Raz-el-Bazil et de Raz-lbn-Eaniy au deli duquel s'abrite derriere des recifs dangereux le port de Latakieh (Laodic^e), fr6quente par les p^cheurs d'eponges. — Plus loin, le rivage dessine une longue sinuosite. A la base de vertes coUines s*6tage Tripoli, Son port El Mina est k quelque distance k Fouest, sur une presqu'ile entour^e d*^cueils. Le littoral devient tres accidents, les saillies ou raz se multipiient>
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les ports sbnt rares et mddiocres. Au sud de ia bale de Saint- Georges, au pied d'un promontoire, s*^leve Beirouty la ville la plus commer^ante de la c6te syrienne. Les anciens ports de Sidorif' de Tyr et de Saint-Jean d'Acre sont presque ensabl^s. -^ Au siid du mont Garmel, qui domine de 550 metres la H^diterran^e, ia cdte trace vers la mer une 16g6re concavity. H^riss^e d'^ueilis; ou bdrdee de dunes, expos6e aux assauts d'une mer furieuse;' elle n'offre qu*un seul port, Jaffa, qui est un abri peu siir. Asca* ' Ion et Gaza ne sont que des villages. - i
Flore et Faune. — La flore varie naturellement suivadt I'altitude. La region du littoral, appel^e pays de Ganaan est trigs fertile. Les cultures montent sur les pentes du Ltban jus-qnk 1200 metres. Ge n*est qu'ezceptiohnellement qu oh lbs trouve i 1 800 et k 2000 metres. Les cadres croissent au deW de 2000 metres.
Suiyant les saisons, laSyrie et la M^sopotamie ofTrenl rasjf^ctd'un jardin verdoyant et fleuri et de plaines uniform^metit i grises, brilil^es du soleil. Peut>^tre le climat s*est4I modifie depuis rantiquit6 et ^tait-il alors plus humide. La v^rite ^st que les domaines de la y^g^tation se sont d^placSs. Les gtaiides ' for^s dont parlent les auteurs anciens ont presque entiSrleraent disparu. La Palestine, autrefois couverte de v6g6tation; !est aujourd'hui, dans la partie m^ridionaie, aride et pierreuse. Le^' daltiers sont devenus tr6s rares dans les oasis. Le bananier n*existe plus sur les bords du lac de Gen^sareth. Les cedres;* Tantique parure du Libani; ne sont plus representes que paride' maigres bouquets; C*est seuleraent dans TAmanus que la veg^-*' tation foresti^re a conserve son aspect. Par contre, les arbres' ont toujours manqu^ dans les plaines de FEuphrate. ' ■ r
La M6sopotamie se divise naturellement en quatre zones qui' se prolongent d'un fleuve k I'autre, du nord au sud.
Au nord, c'est la contree des Alpes armeniennes couvertes de'' for^ts ou de paturages, qui s'abaisse en coUines et en terrassesi
Au sud du Karatcha-dagh commence une plaine l^gferem^nt' accidentee, de faible relief, arros^e par les pluies de Tautoinrie ! et du printemps, ou le froment croit k I'etat sauvage, mais M' * rile pendant les t^t^s sees et chauds.'
La region babylonienne n'est plus visit^e par les pluies abcili^^dantes des «afebn5 equinoxiales. La fertilite du-sol n'appara^it plus que dalfts" fes Kdux feicond^s par le d^bordement des fletive»»'
m ASIG.
Eiifln, au del^ de Hit sur TEuphrate et de Samarate sur le Tigfre, s'etend une immense plaine d'alluvions. ou ne croissent •que quelques plantes am^res, partout ou le travail humain ne vient pas r^partir sagement I'inondatiou capricieuse des eaux.
L^ fauoe comme la flore 8*est modifiee. Le lion ne se voii plus, les panth^res et les onces ne d^passent pas i'Amanus. La Syrie renferme des ours, des chacals, etc., et une petite esp^ce de crocodile.. La depression du Ghor rappelle TAfriquQ par sa faune conune par son climat.
Pppnlj8i|ioq8. — La superficie de la Syrie et de la. l^I^potaoaie est d^environ 900 000 kilometres carres; leur population, de,.6 niillions d*habitants.
La population dit^ api^be se compose de deux Aliments distinQjts, les Bedouins errants et les Fellah qui habitent les villages et la banlieue des villes. A cette race se rattachent le» SyrienSy \esj)ru;;e$f les Maronite$, — La race seiiitiqu£ est repr^i^e par. les JuiFs. Les AaMiMiENs sont peu nomhreux. Les Torgs et les fiiuscs soxit en minority. — Le long de la c6te septentrionale da la Syrie habitent les iln«^rieAj^ au nombre d*en.viron 150000; lis r.on.t les cheveux blonds et les yeux bleus.
14 religion oflicieUe est Tislamisme, mais tcM^s le? autres soi^t tolj^rees. — Le culte musulman est profess^ par lea Druz^^ mais, comiue \e% Amarieh ils sont, ,au fond, manich^ens, par les M^toualU qui habitent entre le Liban et les montagnes de Damas, par les hmailiens des environs de Hon^s* Le^ ai^tres peupjles se partagent entre r£gU^p grecqvie qui se divis^ en trois fractions, TEglise arm^nienne et FEglise latine. Les Juifs, qui soat rares partout, sauf sur le littoral et qui sont deveniis presque des strangers dans leur prppre patrie, sont sojimis,^ Vautorit^^ d'un grand rabbin. — Le grpupe le plus in^rtajPit des indigenes catholiques est celu^ des Maronites^ qui ocpup^nt le. versant occidental du Libai\ et la region comprise eotre Tripoli et Antiocbe. lis sont gouvern^s par un patria^che qui porte le titre de patriarche d^AJotioche, ^lu par les ^vdques et confirm^ par le saintrsi^ge. lis ont et^ de tout temps prot^g^s. par la France.
66ographie politique. — - Hesopotamie et Syfie formeiAt sept villayets de Tem^ire turc.
Le bassin de TEupbrate et du Tigre, qui fut (dans Fantiquit^ le centre d*un monde. interm^cliaire plac6 entrfs I'lnd^^ et la Grice
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et le berteau d'une civilisation qni rayonna de la Caspienne^ la Phenicie et des tnonls de Salomon au royaume de Lydie, tie presente plus aujourd'hui que des contrees d^solees et des cit6s d^chues.
Diarbe'kir (40000 habitants), sur le Tigre, au croisemeht des routes des bassins de TEuphrate et du Tigre, Margin (20000 habitants), Malatia, Mossoul (50000 habitants) sur la rive droite du Tigre,. a remplacement de Tancienne Ninive, Souleimanieh (iOOOO habitants) pr^s'de la fronti^re persane, Bagdad (80000 habitants), k Tentr^e de I'lran par la valine de la Dialah, rattach^e k Bassora'par un service'de vapeurs.
Presque toutes les villes actives et peupl6es de la Syrie sont ^tablies sur la cdte mediterran^enne. Beirout (800O0 habitants), Akka (Saint-Jean-d'Acre) (5000 habitants), Taraboulan (Tripoli) (24000 habitants).
Les grandes agglomerations de Ddtnas (150000 habitants), entrepot naturel entre la Perse, la Syrie, Ffigypte, et'd'ilfep (70000 habitants), station interm^diaire entre TEuphrate et Alexandrette, font exception. C'est qu'elles ne doiventpasmottts leiu* prosperity k la fertility de Toasis qui les entoure et k rahden difeveloppertient de leur industrie qu'^ leur situation k Tehtree du desert. Jerusalem (30000 habitants), k 800 metres d'dltitude, entour6e de trois cdt6s de ravins profonds ou coulent les torrents du C6dron et de la G6henne, ielhleem (5000 habitants), Hebron, El Rika (Jericho), k Textreraite du Ghor, JVaWous (Naplouse) au sud de la plaine d'Esdraelon, Sebdstieh (SamdHe), Kaisariek (Caesarea) , Jaffa , Askalon , Gaza ,
Gdographie ^conomique. — La Syrie et la M^sopot^tttie sont ert d^pendance Tune de Tautre pour le developpement des voies comnierciales et le raouvement des ^changes : la Syrie dst le d6bouche de la M6sopotamie sur la M6diterran6e.
C'est TAGRicuLTtRE qui a fait jadis leur richesse h toutes deux etqui est encore aujourd'hui Toccupation principale des indigenes. Mais la decadence ne les a pas ^pargnSes plus que tan t d*autres pays de FOrient.
Les savants travaux d*irrigation qui suppleaient dans ce pays, pour le cliVnat et la culture, k Tabsence des forets, ont ete delaisses, de sorte que la consequence a ete la m^me de part et d'autre : les cultures ont recule devant le desert.
Dans la partie de la Syrie voisinc de la raer et dans les valines
bien arros6es de Tint^rieur, on cullive en grand les cereales, Les orangers et les citronniers abondent. La vigne donne le ce- Ifebre « vin d*or » du Liban.
La Basse-Mesopotamie, ou r^ussissent egalement les cerealei, cultive d^j^ quelques plantes tropicales. La limite entre les deux domaines est h pen pr^s le parallele d*Ana sur Tfiuphrate : c*est \k que cessent les oliviers, Au sud le cotonnier prospere ; de nombreux bouquets depalmiers fournissent les dattes, qui sontun des objets principaux du trafic. La region inf&rieure des deux fleuves est celle qui a le plus souffert : elle est presque enti^rement sterile et livr^e aux excursions des nomades pillards.
Le hetail de Syrie est peu estim^ et ne donne que des produits inferieurs ; mais les hautes valines du Tigre contieunent de bons pdturages.
L*^levage du ver h sole a fait dans le Liban de grands progr^s. Les produits ont atteint, ces annees derni^res, pr^s de 300 000 ki- Ugranunes de soie gr^ge.
Les INDUSTRIES, jadis si fameuses, d*Alep, de Damas, de Bagdad, de Mossoul, sont compl^tement d^chues.
Damas ne fabrique plus d'armes. Le travail du cuir^ la fabrication des savons et des huiles, celle des objets de pieU en bois d*olivier incruste de nacre, sont, avec Fextraction du bitutne et du self les principales industries du pays.
Commerce. Yoies de communication. — Les conditions naturelles ne sont pas les mSmes en M^sopotamie et en Syrie. Dans le premier de ces deux pays il n'y a que tr6s peu de routes m^ritant ce nom ; le Tigre et TEuphrate sont toujours les principales art^res^ En Syrie, les voies de communication les plus importantes sont, au contraire, perpendiculaires k la direction g^n^rale des syst6mes montagneux et des cours d'eau. Le centime d'attraction est la mer et non plus le fleuve. C'est la ni6me direction que suivent encore aujourd'hui les routes qui m^nent de I'interieur aux differents ports, et dont la principale est la magnifique chaussee de Damas a Beyrouth, construite en 1860 par les ing6nieurs frangais. Cost enfin dans ce sens que devra se faire aussi la p6n6tralion du pays par les voies ferries, comme en Asie Rlineure. Jerusalem est maintenant relive h Jaffa par un chemin de fer. Deux autres lignes sont projet6es, Tune 'd*Alexandrette k Alep, I'autre de Beyrouth k Damas.
La seule voie dirigt^c dans le sens du meridien est la grande
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route des caravanes, peu importantc pour le commerce, qui conduit de Damas aux villes saintes de Aledine et de la Mecque.
Mais ces deux pays out une bien autre importance comme points de passage intemational. Par son coude vers la Mediterran^e, TEuphrate est la route naturelle entre le golfe Persique et le golfe d'Alexandrette. C'est cette vole par la valine de TLuphrate que les Anglais songent depuis longtemps k utiliser pour gagner Plnde. Le plan qui semble le plus rationnel consisterait k prendre pour point d*attache sur la Mediterran^e Alexandrette» Tembouchure de TOronte (Fancienne Seleucie) ou Tripoli, et ^gagner de 1^, par Alep, Ourfa, Diarb^kirou Hardin, Mossoul, Bagdad et Bassorah.
Cette voie riouvelle completerait le canal de Suez, en permettant aux voyageurs et aux marchandises de prix d*eYiter le long couloir de la mer Rouge, et de gagner au moins dix jours, dans la duree du trajet des ports m^diterran^ens k Bombay. II est m^me permis de prevoir pour un avenir plus ou moins lointain le rattachement direct de ce premier tron^on au reseau de rinde par Bouchir et Karatchi. '
C'est certainement en prevision de ces 6v6nements que TAn- ^leterre a juge bon de prendre possession de Chypre, pour surveiller a la fois les Busses en Armenie et garder d'avance le d^bouch^ de cette grande voie future de I'extr^me Orient.
Damas et Alep sont les grands entrep6ts de la Syrie centrale •et de Ja Syrie du nord, d*ou divergent en tous sens les routes des caravanes.
Les ports mediterran^ens des c6tes de Syrie ne sont pas en general tres surs ; celui d'Alexandreite (Iskanderoun) est malsain, celui de Jaffa est tr^s dangereux, la rade de Beyrouth est beaucoup meilleure. On projette d*y construire un vaste port. G^est la villc de commerce la plus importante de la Syrie. EUe est en relation avec tous les grands ports de TEurope m^ridionale, avec Marseille en particulier. La valeur des eclianges y d^passe 60 millions de francs. Bagdad et Mossoul sur le Tigre ont remplace. Tune Gt^siphon et Seleucie, Tautre Ninive, mais «lles n*atteignent gu^re importance de ces anciennes cit^s.
Les exportations de Syrie ne d^passent pas 9 millions.
Les importations, qui se font surtout au beneHce de TAngleterre, atteignent k peine 5 millions. La France entre k peine j)our un quart dans ces importations.
Le commerce de la MiSdopotamie est encore beaticoup moins
considerable.
Le gouvernement turc vient d'appeler une mission fran^aise i*restaurer les anciens canaux d'irrigation de Bagdad. Ce n'est qu un commencement, mais qui pent ouvrir une 6re nouvelle pour ces pays si fertiles, oil le ble rendait jadis, au temoignage d'Herodole, 200 et plus pour un, el qu'on a sumomm6s, un pen pr^maturement; « une Lorabardie asiatique ».
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Sujdts de devoirs.
Relief de la Palestine, comparaison de la met Morte avcc les autres depressions du globe.
C6les de la Palestine.
Aoutes de commence dans I'Asie ant^ri^ure.