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GE06. GL

Cherchell : souvent les bdtiments sont obliges de rcprendre le large, parce que l^entr^e est impraticable. II n'a, du reste, que 4 metres d'eau.

La baie d! Alger est largement ouverte entre la pointe Pescade et le cap Matifou ; mais, h Touest, les collines du Sahel abritent le port d* Alger contre les tempdtes du nord-ouest ; des jet^es I'ont rendu sCkr au nord et k Test ; cependant la houle du nordest y pen^tre encore et secoue les navires.

D*Alger k Bougie il n y a pas un bon port. La cdte de Kabylie^ aux caps peu prononc6s (caps Corbelin, Sigli, etc.), n'a qu*une escale, Dellys, encore compl^tement expos^e k Test, Bougie (Saldse des Romains) situ^e au sud du massif du Gouraya (700 m.) dans le plus beau golfe du monde, poss^de la meilleure rade de TAlgerie; il reste k la pourvoir de quais et d'embarcad^res pour en faire un port.

Plus loin, la cdte redevient inhospitali^re. A Test des dents du cap Cavallo, Djidjelli est inabordable par le gros temps. L'immense cap Bougaroun abrite contre les vents du nord-ouest le petit port de Collo. Stora, abritee de m^me seulement au nord* ouest, a ete abandonnee pour le port artificiel de Philippevillep litteralement conquis k coups de millions sur la mer. La c6te nord de TEdough, cap de Fer, cap Takouch, est redoutee; mais la montagne abrite, au sud du cap de Garde^ le bon port de Boncy encore am^lior^ par des jetees. La Calle est d'acc^s difficile.

1 a c6te nord de la Tunisie est, jusqu*^ Bizerte, « une c6te de for M 6vitee des navires. Toutefois un port pourra y 6tre cr66, a Tabride Tile rocheuse de Taharka, Le lac de Bizerte, profondet sur, peut abriter des flottes entieres, mais le canal par lequel communique avec la mer est ensable ; il suffirait de le draguer et d'en fortifier les abords pour faire de Bizerte un grand port militaire admirablement plac^.

Entre le cap Sidi AH el-^Mekki et le cap Bon (Ras Addar), s*ouvi'c le golfe do Tunis, Les plaines basses et mar^cageuses du delta de la Medjerda en occupent le fond. Depuis Fantiquite, le Heuve n'a cesse de gagner sur la mer; il a combl^ le golfe d'Utiquej et c'est k I'interieur des terres qu*on trouve le rocher oil s^elevait autrefois ce grand port. De m^me la lagune ou se jetlc le fleuve actuel s'envase peu k peu, et la ville de Rhar ei- Melah (Porto-Farina) a cess6 de recevoir des navires. Au sud du

delta se trouvent les collines rocheuses oil fut Carthage, et un peu plus loin, au bord de la lagune El^Bahira, Tunis qui Ta remplac^e dans le commerce du monde. Mais Tunis elle-mSme aurait le sort dTtique et de Carthage si Thomme ne venait ^ son aide: dej^ ce n*est plus un port. La Bahira eiivas^e n'est plus qu une nappe d*eau nauseabonde de 1 m. 70 au plus de pro*fondeur, et le chenal qui Tunit k la mer, la a goulette », n'est accessible qu*aux barques d'un m^re de tirant d'eau ; les navires n*arrivent m^me pas jusqu'aux quais de la petite ville du mSme nom, qui s*est bdtie a cheyal sur T^troite fleche de sable; ils mouiUeat en plein golfe, a plus d*un kilometre de la c6te. Un canal drague k travers la langue de sable et la vase d*El-Bahira fera de nouveau de Tunis un port de mer.

Au del^ du cap fion, rocher terminal de la presqu'ile de Dakhelat^l^Maloutnt la cdte se recourbe definitivement vers le sud et change de caract^re. Les contreforts de TAtlas n'atteignent plus le littoral, et partout les sables altement avec les lagunes sur le rivage. Le golfe de Hammamet n'a pas de veritables ports : Nabel ou Nebeul, Hammamet , Sousse sont des escales ou les grands navires ne viennent pas k quai; k Monastir, bdtie au bout de Tancien promontonum Dionysi, ils restent k un mille en mer, Mahdia, situ^e sur un autre promontoire, ne poss^de ^galement qu*une rade,

Au sud du cap Kapoudiah s'ouvre le golfe de Gabh ou de la petite Syrte, seme de has fonds, et oiji les dangers d'echouage sont encore augmentes par la difference considerable du niveau des marees (i m. 50 en temps ordinaire, pr^s de 3 metres aux Equinoxes). La petite Syrte redoutee des anciens, est en effet sans aucuD abri ; ni les lies qui s*y trouvent, Kerkenah et Djerba, ni la cdte ne possedent un port en eau profonde; les paquebots jettent Tancre k trois kilometres et demi de Sfax et de GabdSf k dix kilometres de Houmt-^s-Souky le port de Djerba.

Fiord. — La flore des pays de TAtlas est mediterran^enne eomme leur climat. Meme dans la partie du Maroc tournee du c6i^ de TAtlantique, elle est plus europeenne qu*africaine run seul genre sur 248 ne se retrouve pas sur les bords de la H6dK terran^e; un tiers d'entre eux appartient mSme k TAngleterre et k FEurope centrale, et un petit nombre seulement a TAfrique situ^e au sud du Sahara. Dans la flofe algerienne, 1 557 esp^c06 sur 2900 sont sp^cialement mediterranecnnes, et 1 316 d'entre

Jelles se retrouvent en Espagne. La flore de la province d'Oran ressemble beaucoup k celle de ifurcie, ceile de Constantine Tappelle In Sardaigne, la Sicile et Make.

La repartition des esp6ces se fait naturellement suivant Taltitude et Texposition, et le Tell, les Hauts-Plateaux et les montagnes du sud ont une flore difTerente.

Dans le Tell, Tabsence de grands froids en hiver amene la presence des arbres et broussailles a feuillage toujours vert, et les plantes des maqitis corse et espagnol, lentisquej jujubiers, arbousierSf mxjrtes, spartes, genets, couvrent toutes les croupes des montagnesque n*occupent pas de vraies for^ts. VolivieVy Voranger, le citronnier, le chene-ze'en, le pin d'Alep et sur- . tout le chene-liege se retrouvent partout, du Maroc a la Tunisie. Les pluies d'hiver sont la saison pendant laquelle les plantes se d^veloppent; I'et^ est sous cette latitude la periode du repos pour la vegetation.

Sur les Hauts-Plateaux, les ecarts de temperature et surtout la plus grande secheresse de lair eliminent un grand nombre des plantes du Tell. L'olivier, le chene-liege, le pin d*Alep, le chene-vert, bref la plupart des arbres mediterraneens disparaissent. Seuls les arbres qui sont armesegalementcontre les longues secheresses et le froid, le terehinthe ou betoum, le tamarix bordent les oueds loin des cultures, et les herbes dures, a//a, armoise ou chi, guetdfj rfis, etc., couvrent de leurs longues nappes le sol desseche.

Les hauteurs des chaines sahariennes, mieux arrosees que les

cuvettes des plateaux, font reapparailre des arbres du Tell : on

retrouve, dans TAur^s, V Olivier, le cedre,\e thuya, ce fameux

aitrus que les Romains ont tant recherche; de meme sur les

hautes crates de TAtlas marocain croit une esp^ce de pins de

f. TEurope centrale. Enfm sur le versant meridional des raonts, la

vegetation -est deji saharienne : c'est 1^ seulement, k Moghar,

; 'a El-Kantara, k Gafsa, que.le dattien commence k porter des

, fruits, if^, ■

Les plantes tropicales; k part quelquea esp^ces repandues

•partout, se rencontrent en plus grand nombre k Vest et k

» I'ouest, le long des c6tes raarocainei et tunisienne, qu^au centre

" toil TAtlas forme barriera. C'est. ainsi que .les acacias gommiers,

jes enphorbes,. etc, ont fait invasion dans des plaines.du Ma)X)c,

■"- -etune foret.d*aGacias.g0mtnijers (acacia saydl)'en tout sembla-

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bles k ceux des steppes sahariennes, pousse en Tunisie, au sud de Bou-Hedma.

De nombreuses plantes ont et^ acclimat^es au Maghreb ; la plus utile est Veucalyptus d'Australie, Y « arbre k fi^vre » qui a deja assaini tant de villages. La plus encombrante est le figuier dindey dit iiguier de Barbarie.

Fanne. — La faune du Maghreb se divise ^galement en faune du Tell et des Hauts-Plateaux. Celle du Tell comprenait autrefois r^l^phant (surtout au Maroc) k c6t6 du lion, de la panth^re, de Tours, du cerf. Aujourd'hui les grands animaux sauvages ont presquedisparu, moins par suite d'un changement de climat que devant la marche envahissante de Thomnie, et le deboisement qui s*en est suivi. L'elephant du temps de Juba a disparu depuis longtemps, et on nc sait plus ni^me k quelle esp^ce il appartenait. On ne trouve plus guere de /lows, d'oMrs et de cerf$ que dans les forSts desertes de la frontiere tunisienne, entre la Galle et le pays des Kroumirs, dans TAtlas marocain et la region sauvage du Rif. Par contre la panthere, Vhyene sont encore nombreuses, et les sangliers et les chacals pullulent dans les fourr^s. Toutes les esp^ces domestiques europ6ennes ont pu ^tre accli- . mattes dans le Tell.

La t'aune des Hauts-Plateaux se compose des espfeces des, steppes, qui supportent la soif et peuvent parcourir de grandes distances. Vautruche, la gazelle^ nombreuses autrefois, ont presque disparu, k force d'etre chassees par I'homme ; les habitants les plus nombreux des steppes sont de petits rongeurs, les gerboises et des reptiles {lezards, viperes, etc.). L^animal domestique qui reussit le mieux est le cheval : la race de S^tif compte parmi les meilleures. Le chameau ne fait que passer sur les Hauts-Plateaux; son vrai pays est le Sahara, de Tautre cdte des montagnes. La sauterelle estle fleau des Hauts-Plateaux, d'ou. elle prend son vol vers le Tell.

Les montagnes du sud, Aurds, etc., abritent encore, outre les fauves, certaines especes particulieres, comme le mouflon.

Popalation. — La population dite indigene des pays de TAtlas n'est pas homogene; elle se compose de races abso-. lument different es, et en partie encore s^parees en groupes distincts. 11 convient de distinguer comme ^i^ments principaux :

i*» Les aborigenes dits Berberes, et qui eux-memes s'appellent volontiers dans ieur langage u Imazighen » (hommes-

libres) ; morcel^s en tribus ^trang^res les unes aiix autres, ils n*ont du reste pas le sentiment national, et bon nombre ont m^me quitte pour Tarabe leur dialecte originel. G*est une race forte, energique, assez semblable par Text^rieur aux races sudeurop^ennes. EUe a resists k toutes les invasions, et a absorbs tour k tour les strangers qui Tavaient vaincue : Garthaginois, Romains, Vandales, etc. ; 2* les AraheSj venus de FOrient en deux invasions principales, au vn« et au xi« si^cle; 3<» les Jmi/s, v^nus surtout d'Espagne au xiv* et au xv« si^cle ; 4* les negres, importes pendant de longs si^cles du Soudan. Ces ^l^ments s'allient en proportions dilT^rentes au Maroc, en Alg^ric et en Tunisie.

I. Maroc. — La population du Maroc, estim^e diversement de six k huit millions d'habitants, est en grande majorite berbere, car cette race occupe encore toutes les montagnes, c'esta-dire les trois quarts du pays. Les Berberes se groupent sous des noms differents : au nord, ceux qu'on appelle Kebatl (nom dont nous avons fait Kabyle) peuplent le Rif, la presqu'ile dc Tanger et, en general, les montagnes au nord du Sebou. L'Atlas est habits par les Chleuh ou Chelha, qui se disent aussi Amazigk (pluriel Im^zighen) ; les tribus chelha les plus connues sont \e^ Zemmour et les Chaouiaj pillards qui, postes sur les avantmonts, interceptent continuellement la route de Fez k Maroc. Au sud de FAtlas, le SoUs et le DrSa se partagent entre les deux grandes families berberes des Guezzoiila (anciens G^tules) et des Zenaga, et vers Test se trouve la grande tribu des Berdber^ dont le nom a ete etendu k la race tout entiere.

Les Arabes du ftlaroc sont presque tons rassembl^s dans les plaines du nord-ouest; entre Tanger et Rbat, entre Mazagan et Mogador ; bien que vivant sous la tente, ils ne sont plus nomades au vrai sens du mot : ils ne deplacent leurs douars (campements) que dans un cercle tr6s restreint. L'element arabe n*avance au milieu des masses berberes de Finterieur que sur deux points : les plaines qui entourent les capitales de Tempire, Fez et Marrakech (Maroc). Quelques tribus sont rassemblees autour de la capitale du Sous, Taroudant. Enfin ils sont en majority dans les oasis du Tafilelt, berceau de la famille rSgnante. On les evalue en tout k un million.

Les Juifs sont ^galement tr^s nombreux au Maroc. lis s*appellent souveut « Guerouch Castilla » (exiles de Gastille), et la

plupart paiient encore espagnol sur la cdte; Tarabe est leur langue usuelle dans les villes de Finterieur. En Tabsence de toute statistique, on les evalue de 30 000 a 100 000; la verite doit 6lre pres de ce dernier nombre, k en juger par I'existence d^une nombreuse colonie juive dans les moindres villes marocaines. lis sont en butte au mepris des musulmans et aux extorsions continuelles du gouvernement ; mais tout le commerce exterieur est entre leurs mains.

Les negres sont amenes au Maroc depuis des siScIes ; aujour- ^ d'hui encore on en vend publiquement a Marrakech. lis subsislent surtoiit par les metis. Les a Haraiin », ou croises de Berb^res ou d'Arabes et de negresses, forment une classe considerable dans loutes les tribus. Le sultan du Maroc lui-meme a beaucoup de sang n^re dans les veines et est de teint tr^s Conc^.

Dans les villes, le croisement k Tinfini de toutes ces races a produit une population hybride, connue sous le nom de Maures. €e sont eux surtout qui forment la classe riche des fonctioniiaires et des citadins.

II. A1.0ERIE. — La population de TAlg^rie comprend les elements suivants :

i^ Les aborigines berberes, fr^res de ceux du Maroc. Refoules par les Arabes du xi^ si^cle, lis sesont maintenus dans les parties les plus diilQciles et les plus montagneuses : ainsi ils occupent au moins la moiti^ de la province de Gonstantine, tandis qu'il y «n a beaucoup moins dans la province d'Oran. Les Berberes forment en Algerie quatre groupes principaux :

Les Kabijles, dans les montagnes de la Grande et de la Petite Kabylie, c'est-&*dire entre la Metidja et I'lsser inferieur k louest, et rOued-el-Kebir k Test. Le Djurdjura tout entier est compris dans cette region, ou une population tr6s dense a couronne de villages prpsque chaque croupe de terrain, les pentes ei le fond des vallees etant reserves aux cultures.

Le Dahra, c'est-a-dire toutes les montagnes du littoral entre Cherchell et Tenes ; on pent y rattaclier les tribus berberes de I'Ouarsenis au del^ du Ch^liff;

Les Berberes de la frontiere marocaine, au sud-ouest de Tlemcen et au dela de Sebdou ;

Le grand groupe des Chaouia de TAures, dans la province de Conslantine. Les tribus berb(!;res couvrent presque tout Tes-

pace compris ehtre la fronli^re tunisienne, Soukahras, le sud do Constantine, Biskra et Ferk^n. La race berb^re prosp^re en Algerie; elle y est maintenant plus nombreuse que Fel^ment arabe.

2<» Les Arabes, restes des envahisseurs du xi« si^cle, sont la plupart restes Ji demi nomades, c'est-i-dire que les tribus ont garde I'habitude de se mouvoir avec leurs troupeaux dans un cercle assez restreint en general, qui constitue leurs terres de parcours. lis peuplent done surtout les plaines et les plateaux, par consequent la partie occidentale de FAlgerie. C'est \k qu'Abd el-Kader avait sa capitale, Mascara; c'est \k, sur le bas ChelilV et sur les hauts plateaux, que se trouvent encore les plus grander tribus arabes : Hamyan, Rezaina, Harar, Ouled Nail, etc. Lo general Faidherbe a evalu6 I'ensemble des Algeriens de race arabe a 600 000 seulement. Bien peu du reste ne sont pas croises avec d'autres races.

3° Les Juifs ont exists d6s Tantiquite dans TAfrique du nord. Mais la majority des Juifs algeriens est venue certainement d'Espagne. lis sont environ 47 000, naturalises en bloc en i87(^ par un decret de M. Cremieux, membre du gouvernement de la defense nationale. Us furent longteraps persecutes par les Arabes et les Turcs. Leur niveau intellectuel se releve d'ailleurs rapidement. Leur natalite est tres forte : 55 pour 1000.

A^ Les CoidoughliSj metis de Turcs et d'indig^nes, sont une race qui disparait. Les metis negres sont nombreux, moins pourtant qu'au Maroc. Les negres purs ont une mortalite tres considerable sous ce climat qui n'est pas le leur. On appelle Maures, comme au Maroc, les citadins de race indistincte qui font le commerce. D'autres coramer^ants sont au contraire de race berb^re tr6s pure : ce sont les Mzabites, musulmans schismatiques du Sahara algerien, qui sont eparpill^s dans toutes les villes algeriennes, ou ils s'enrichissent pour retourner ensuite dans lenr pays. La population indigene totale etait en 1892 de 3 559 000 habitants.

5<» La population europ^enne, au premier rang par Timpor-^ tance, est encore au troisierhe par le nombre. Tous les Europeens ne s'acclimatent pas egalement bien en Algerie ; ceux du midi de I'Europe resistent naturelleraent mieux que ceux du nord : la mortalite des Allemands est par an de 45 pour 1000 ; celle des Fran^ais et des Espagnols de 29, celle des Italiens de 26

seulement. La natatite des Allemands et des Italiens est de 31 pour 1 000 ; celle des Frangais de 53,3 ; celle des Espagnols de 39. Ainsi, en laissant rimmigration h part, les Allemands diminueut en Alg6rie de 12 pour iOOO par an ; les Fran^ais augmentent de 4 1/2 pour 1000, les Italiens de 5, les Espagnols de 10 pour 1000. 11 y a done des peuples europ^ens qui prospferent dans TAfrique du nord, et si notre race ne s*y multiplie pas tout k fait autant que les Italiens ni surtout que les Espagnols, il ne ^ faut pas oublier que la natality frangaise y est bien superieure h celle de la mfere patrie (33,3 au lieu de 26). II y avait en 1886 en Algerie : 120000 Espagnols (surtout dans la province d*Oran), 55 000 Italiens (surtout dans la province de Constantine), 15 000 Maltais, sujets anglais, et environ 3 800 Allemands. Le recensement du 31 d6c. 1891 accuse 215 000 strangers. Les Frangais soht plus nombreux: 267600 en 1892, sans compter Tarmee, les lyc^es, les hospices, etc.

Certaines villes sont plus europeennes qu'africaines : Oran (74000 hab.) n*a qu'un dixi^me de population indigene : Philippeville a 17400 habitants europeens sur 22000, Bdne 20000 sur 50 000, Souk-Ahras 5000 sur 5 400, Comtantine 16000 sur 42000; Tehessa m^me, sur les hauts plateaux, a un tiers d*Europeens.

HI. TuNisiE. — La population de la Tunisie s'est considerablement reduite depuis Tantiquit^. De 10 ou 12 millions d'habitants elle est tombee k environ 1 million 1/2. Moins de la moitie sont des tribus derai-nomades berb^res et arabes (Khioumivy OvLchteta^ Mogod, dans lenord; Ouled Yakouh, Ouled- Riahy Soudsiy etc., au centre; Frdchichj Hammama, Nefet, Benir Zid, etc., au sud). La majorite de la population est urbaine, et forme sous le nom de Maures un melange de toutes les races. Ge sont des negociants intelligents qui vont jusqu'au Soudan parfois faire le grand commerce, ou des ouvriers dont le gout est reste cel^bre dans toute l:Afrique du nord. Us ne sont paa ianatiques. Les Juifs sont aussi nombreux en Tunisie qu*en Algerie. On en compte plus de 45 000, dont pr6s de 50 000 k Tunis m^me.

La colonie europeenne de la Tunisie augmente rapidement depuis le protectorat. II y a maintenant 10 000 Fran^ais, 25000 Alg6riens, environ 15000 Italiens (surtout Si ciliens), 11 000 Maltais (sujets anglais), 500 a 600 Espagnols, et a peu pr^s autant de

nationalitds diverses, Grecs, Allemands, etc. Notre nationalite est done la plus representee ; il est vrai que les trois quarts de la colonie frangaise sont des Israelites alg^riens ou des Algeriens musulmans, mais les Fran^ais immigres sont presque tous soit des colons pratiquant la grande culture, soit commer^ants, ingenieurs ou employes, tandis que les trois quarts des Italiens et les Maltais sont des gens de petit metier. Les inter^ts fran- ^ais sont done de beaucoup les plus considerables dans la Uegence.

G^ographie politique. — Les pays de FAtlas se divisent au point de vue politique en trois parties : Fempire du Maroc, I'Algerie et la Tunisie.

1** Maroc. — L'empire du Maroc comprend le territoire d*environ 500000 kilometres carr^s limites au nord et k Fouest par la mer, au sud par Ic Sahara, k Test par la frontiere fran- ^.aise, ligne conventionnelle passant par I'oued Adjerout^ entre Lalla Marnia et Oudjda^ et le milieu du chott el-Gharbi pour aboutir a Am Sissifa. G est une monarchie absolue et religieuse, Tempereur ^tant en mSme temps V a ^mir al moumenin », <5'est-^-dire le commandeur des croyants.

Mais, si les 8 ou 9 millions d*habitants du Maroc reconnaissent i'autorite religieuse du sultan, ils sont loin d'etre egalement soumis a son autorite politique. II faut distingucr le « Bled el-makhzen », le pays directement soumis au gouvernement de Fez, et le a bled-es-siba », le pays tributaire, qui du reste ne paye jamais de bonne grace le tribut : ce dernier comprend les trois quarts du Maroc. On ne pent regarder comme reellement «oumis que les districts suivants : au nord, le triangle compris ontre Tanger, Mahdya et Fez ; un deuxi^me triangle dont les sommets seraient Azemmour, Demnata k Test de Maroc, et Mogador ; enfin la c6te, du Sous a Mogador. Ge sont les plaines du Maroc, et les centres de population arabe. A part ces regions, le sultan n'est ob^i que dans les grandes villes, comme Taroudant et Oudjda, ou dans les oasis k population arabe, comme le Tafilelt. Le reste du pays refuse chaque annee les prestations qu'on lui reclame, et il faut chaque fois une expedition militaire pour forcer les tribus recalcitrantes k payer

Le pouvoir des consuls strangers est la seule limite apport^e it Texercice de la Yolont6 souveraine ; leurs « proteges », Europeens et juifs, sont soustraits k la juridiction marocaine ; mais

I'AFRIQUE HII9EURE. 4S

lis n*ont pas le droit d*6tendre leur protection sur plus de douze mahometans.

Le Maroc a trois capitales, ou le sultan se transporte tour k tour : Fez, la plus importante, a environ 100000 habitants; Maroc (Harrakech), au pied de la grande chaine de TAtlas, en a environ 50000 ; Mequinez (Meknes), cite d^chue, n*en a plus que 20 000, dont une nombreuse colonie juive. La ville de Tanger (12000 hab.) est le siege des transactions entre le sultan, represents par un vizir, et les residents etrangers, qui ue viennent i Fez ou k Maroc qu'en ambassade solennelle, c*est-a-dire sans escorte, et sont reconduits de m^me. Tetouan (:20 000 hab.)> dans le nord, Rbat (25 000 hab.), Safi (12()00hab.) et Mogador (20000 hab.) sur la c6te, Taroudant (20000 hab.) dans le Sous, Oudjda dans Test, sont les principales villes sur lesquelles s*appuie le pouvoir du sultan.

Le Maroc a 6te en i844 Tallie d'Abd el-Kader contre la France; la bataille de VIdy, gagnSe par le marechal Bugeaud, aniena le traite de LallaMarnia et la fixation dela frontiSre marocaine, du reste sans cesse viol6e.

De son c6t6 TEspagne a ete en guerre avec le Maroc en 1860. Yictorieuse, elle a obtenu la session du port de Santa^Cruz de Mar Pequena sur la c6te sud du Maroc. Elle possSdait deja la forteresse de Melilla depuis le :^v« siecle, et celle de Ceuta depuis le xvi^. Enfin elle occupy en 1849 les iles Zaffarines, poste d*observation en face de la Moulouia.

2^^ Algerib. — L*Alg6rie, conquise de 1830 a 1872, a passe par bien des regimes divers. Depuis 188i , les decrets dits « de rattachementi) Tout assimilSe, du moins enpartie, aux departements frangais. L*Algerie est divisee en trois provinces, Alger y Constan- Une et Oran^ qui elles-mSmes se subdivisent en territoire civil et ierritoire militaire. Le territoire civil forme les trois departements d'Alger, de Constantine et d'Oran qui ont, comme les departements frangais, leur pr6fet, leurs sous-pr6fets, leur conseil general (ou les musulmans sont representes par des assesseurs nommSs par le gouvernement) et leurs deputes. Les communes y sont soit assimilees aux communes franc^aises (communes de plein exercice, avec conseil municipal elu), soit des communes <( mixtes )) regies par un administrateur civil k la nomination du gouvernement, lorsque la proportion des digenes y est encore trop considerable.

Lft ierritoire miiitaire^ qui occupe encore presque tous les Hauls Plateaux a Touest et le versant saharien, comprend les regions ou la colonisation a peu ou point penetre et oi!i les insurrections sont encore a craindre. 11 est divise en trois divisions militaires, Alger, Gonstantine et Oran, et en quatorze subdivisions. Les communes y sont soit mixtes, soit « indigenes »^ c'est-&-dirc administrees par des militaires.

Les differents services administratifs de TAlg^rie sont rattaches aux ministeres k Paris. Mais les ministeres del^guent leurs pouvoirs pour la direction g^nerale des affaires a un gouverneur general, residant k Alger, assiste d'un conseil superieur de gouvernement compost des chefs de service et de 6 conseillers generaux par departement.

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