‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 64 sur 82 · C ASI · texte numérisé non relu

C ASI

tout tonnage presque jusqu'i Pnom-Penh. Pendant les hautes «aux, on pourrait faire remonter les plus grands navires ju^ qu*aux cataractes de Khong. — Jusqu'^ Kratieh, ils n'auraient k redouter k peu pr^ aucun danger; phis haut, au niveau des rapides qui s'^tendent sur une longueur de 230 kilomMres, entre Kratieh at les cataractes de Khong, 11 leur suffirait d'ayoir une Vitesse suffisante pour vaincre celle du courant qui, d'aiileurs ne d^passe gu^re, auxplus hautes eaux, 5^6 miUes k I'heure. »

La navigation du Song-^Koi pr^sente d*assez grandes difiQcultef.

a Entre Yan-Chiang et Man-hao il n'existe qu*un tres petit nombre de points ou le lleuve soit navigable; son lit est encombr6 de roches entre lesquelles les eaux se precipitent en tourbillonnant avec une telle rapidity qu'il serait tem^raire de Touloir s*y hasarder. En aval de llan^ao jusqu'^ Lao-Kai, le fieuve Rouge n'est que difficilement navigable. Son lit est tr^s encaiss^, son chenal est peu profond, il existe en beaucoup de points des barrages et des rapides difficiles k franchir. Les barques de 300 k 250 piculs qui portent au Yunnan les marcbandises ayant traverse le Tonkin sont obligees de les transborder k Lao-Kai sur des embarcations ne contenant pas ^us de 100 a 150 piculs et ne calant que 20 k 50 centimetres. Halgr^ cela, on est oblige, pendant la satson des basses eaux, de les Italer fiur les gaJets pour leur faire traverser un certain nombre de barrages. Entre Lao-Kai et Than-Quariy la navigation du fleuve Bouge* est rendue tr^s difficile par la presence de nombreux bancs de sable qui se deplacent sans cesse et par celle de roches qui determinent des rapides et des remous. Pendant la «aison &6che, c est-^-^ire du mois d avril a la fin d*octobre, les barques de 200 k 250 piculs, ne calant pas plus de 40 centimetres d*eau, remonteat le fleuve sans trop de difiicultes.... Les seuls rapides qui, pendant la saison s^ehe, soienl tres difficiles k franchir sont ceux de That-Moi'-Coi et de That-Caf. Us sont situ^s a une cinquantaine de kilometres au-dessus de Than^an. Pendant I'hiver, qui est aussi la saison des pluies, c'est4i-<iire de septembre ou octobre k mars, la erue du fieuve est aocompagn^e d'un accroissement considerable de la vitesse du <)ourant et d*un deplacement des bancs de sable et des galets qui r^d la navigation tr6s dangereuse.... Les seuls navires qui conviendraient k la navigation du fleuve Rouge «eraient des Tapeors

INDO-CIIISE. 577

n'ayant pas plus de 50 metres de long, k cause des coudes brusques du fleuve, ne calant pas plus de 60 centimetres et pouvant filer 8 & 10 noeuds'. »

Au mois de juillet 1889, un petit steamer, le Laokay, a pu franchir les rapides malgre la baisse des eaux, et remonter en 17 jours de Hanoi k la fronti^re chinoise. En le d^gageant de quelques roches, en le corrigeant, on pourra sans doute en faire un canal de Taleur s^rieuse pour le commerce du Yunnan. La riviere Noire est praticable jusqu'S 50 milles de son embouchure; la rivihre Claire peut ^tre remont^e pendant six mois jusqu*^ Tuyen-Quan. Enfin le Thdi-Binh est navigable.

n est regrettable, malgre tout, quel'Indo-Ghine, od les grandes art^res iluviales sont relativement plus nombreuses qu'en aucun autre pays du monde, n'en puisse tirer que si peu de profit pour la facilite des relations commerciales, a cause de la direction de ces fleuves qui s'^cartent les uns des autres et des hautes montagnes qui les s^parent.

Une ligne de chemin de fer de Rangoun h Mandal^ a et^ inauguree en 1889 ; elle sera bientdt prolong^e jusqu'k £hamo. Deux autres lignes sont k T^tude, Tune k Fouest, reliant la vallee de Mu a la riviere Chindwin, Tautre k lest, dans la direction des Stats Chan.

Le roi de Siam a concede le droit de con^truire une ligne ferree de Bangkok k Paknam et a Patriew.

Du c6te fran^ais, la penetration en Chine est, au premier abord, plus facile. Le Songkoi nous permet de p^netrer au coeur m^me du Yunnan, et ses affluents de gauche nous ouvrent Tacces de Kouang-si. Mais jusqu*k ce jour notre gouveruement s'est k peu pres contentc de maintenir en bon etat et de restaurer les routes existantes. La principale est la vieille route royale, qui menait de Saigon en Chine le long du rivage par TAnnam et le Tonkin.

Nous n'avons, en somme, sur nos rivaux qu*un seid desavantage, c'est que nous ne pouvons acceder a nos ports de la Cochinchine et surtout du Tonkin qu*en faisant un long detour par le sud de la peninsule de Malacca. Le percement de Tisthme de Kra, dont il a ete souvent question, diminuera peut-^tre un jour ces inconvenients reels de notre position.

Le commerce interieur de I'lndo-Chine est peu actif.

Page 1