‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 66 sur 82 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

ASIE CEVTRAJLB

Relief. — La masse des hautes terras de TAsie occupe le centre du continent. Limit^es, au nord, par le Tian-Chan, VAltai et les monts de la Sib^rie orientale, h Test, par les syst^mes chinois, k Touest par le Pamir et au sud par YBima" laya, elles affectent la forme d'un immense quadrilat^re k peu pres egal k TEurope en etendue.

L'Asie Centrale est divis^ en deux grandes regions par les rameaux montagneux qui se d^fachent de Y Bindou^Kouch, au noeud du Karakorum. Le soul^vement central, qui est comme la cordill^re de TAsie, est le Kouen-Lun. L altitude moyenne est de 6000 metres. On rencontre d'abord la puissante ar^te du Tougouz-^avariy puis VAltin-tagy haut de 4 000 metres environ. Au sud et parallelement courent plusieurs autres chaines. Entre le m^ridien du Lob-Nor et celui du Koukou-Nor se succ^dent, du nord au sud, une serie de soul^vements montagneux dont la direction est conforme k celle de THimalaya : Tach-davariy Tchamen-tagy etc. Cesmontagnes renferment d*anciens volcans. L'uqe de ces chaines d^passerait peut-6tre Taltitude de THimalaya. Les cols qui la franchissent sont k 6 000 et 6 500 metres. Plus k Test, se d6veloppent les syst^mes du Nan-Chan et du Bayankara,

Le Kouen-Lun parait forme d*un amoncellement de chaines anciennes et modernes qui se sont brouillees. Comme dans I'Hiraalaya, ce noyau central se compose principalement de gneiss, mais le Kouen-Lun est moins coup6, moins entame que rilimalaya, qui le protege contre Taction des agents atmospheriques et retarde sa demolition. 11 n'est pas comparable d'ailleurs k ce dernier systeme pour Tabondance des neiges et des glaces.

Thibet. — Entre le Kouen-Lun et YBimalaya est compris le plateau du Thibet.

Diverses parties du Thibet ont 6te explorees par les missionnaires Hue et Gabet, Prjevalsky, Carey, le pandit Krichna, le

comte Szeclienyi, Kreitoer. Tout rSceramcDt {1889-90), I'eipSdi- (ion dirigSe par H. BoDvalQt a r^ussi k traverser I'Asie centrale dans son ^paisseur. Mais la phis vaste parlie de ce territoire est eocore inconnue.

Ce plateau, de forme triangulaire, couvre une guperficie de 4 millions de kilometres carr^s, Sa largear mesure 1400 kilometres, aoit la distance de Naples k Haiabonrg. L'altitude moyenne d^passe probablement 3 600 metres. La partie occidentale, resserr^e et compacte, forme le plateau de KatcM. Vers le

(2^ 30OO cc Scoo^ Iv ■"-•■• ■1 audej-j'iis' <& Sffot^ RimWa FlR. le. — HontM eommerciilei dn Thibet.

centre, la surface se soulfeTe en forme comme de gigantesques vagues ou se deprime et produit des sortes de cuvettes k bords 6vaB^s. A Test, la masse va s'eiargissant, mais en mSme temps die se dSsarticule, se resout en montagues et en massifs. — Le rebord meridional du Thibet est constituS par le prolongement du Earakokuh. Ces montagnes, appelSes Gang-dis-ri ou monts de Tsang, ont des sommets de 6 500 k 7 000 metres. Cette chaSne fait face au TramSimalaya, qui limite au sud le bassin du Tmng-bo. Toutes ces montagnes sont facilement francbissablespar des cols dev^s de5300 ^5800 metres. Ausud dulac Tengri-Nor, le massif du Tang-la serait, d'apr^s Richthofen le point de depart d'une chatne bordi^re orientate, reliant lea monts du Thibet meridional au Kouen-Lun. II y a iJi sans doute

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diverses chaines parallMes orient^es du sud-ouest au nord-est. La plus meridionale porte le nom de Tarit-la.

Gobi. — Le Gohi^ appel6 par les Chinois Chamo ou ocean de sable, s'6tend sur 850 kilometres, des fronti^res de la Sib6rie a celles du Thibet et sur 3 500 kilomMres de Touest k Test, du plateau de Pamir k la chaine du Ghingan. II est situ6 presque sous la m^rae latitude que I'Europe meridionale, entre I'AUemagne et la Mediterranee. Sa superficie equivaut au cinqui^me de FEurope (2 millions de kilometres carres). 11 a pour ceinture septentrionale Y Altai et le Yablonoi, A Test, le Chingan le separe de la Mandchourie. Le Kouen-Lun forme sabordure meridionale. Du c6te de Touest, il s'adosse au Pamir et au Thian-Chan occidental. Le Gobi est un plateau ondule avec des croupes montagneuses de 1500 metres et des depressions de 8 ^ 900. L'altitude moyenne est de 1200 metres. Le sol pr6sente l*aspect, tant6t de graviers et de galets rouge^tres mel6s de quartz, tant6t d'etendues de sables mouvants ou d*argile, tantdt, dans la partie orientale, de steppes. On pent, d apr6s les caractferes physiques, distinguer dans le Gobi trois grandes regions :

1** Le plateau des Ordos, C'est une contr6e delimitee par le cours du Hoang-ho. Sa superficie est d'environ 100000 kilometres carres, I'altitude absolue est de 1 000 k 1 300 metres. Le sol sablonneux ou salin est partout impropre k la culture, sau f dans la valine m^me du ileuve.

2° A I'ouest de FOrdos s'etend le desert d'Ala-Chan. C'est le fond d'un bassin lacustre. Le sol limoneux ou couvert d'efflorescences salines, oifre partout le caractere de la desolation, sauf dans le voisinage de loasis de KhamiL Cette oasis est I'unique voie de communication entre la Chine occidentale et le Turkestan oriental.

5® La partie septentrionale forme la MongoHe ou Turkestan mongol, qui va en s'exhaussant vers le nord. Ici apparaissent k nu le gneiss et le syenite, qui constituent la nature du sol et qui, ailleurs, sont recouverts de sable.

« L'impression generale produite sur le voyageur par le Gobi a quelque chose de desoie et de deprimant. Pendant des semaines entieres, Toeil rencontre les m^mes objets : des plaines jaunStres sans limites, des rochers crevass6s ou des coUines abruptes, sur le sommet desquelles on apergoit quelquefois la silhouette fuyante de I'antilope (Antilope gutiurosa).

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Les chameaux lourdement charges parcourent, de leur pas mesur^ et solennel, des-ceotaines et des centaines de milles, et le desert ne change cependant pas^ il garde toujours son aspect s^Y^re et monotone. Le soleil se couche, les ombres epaisses de la nuittombent; dans le ciel sans nuage s'allument des millions d'^toiles, et la carayane s'arrSte. Heureux d'etre d^barrass^s de leurs charges, les chameaux se couchent autour des tentes» pendant que leurs conducteurs sont occup^s k preparer un repas frugal. Une heure encore, hommes et animaux seront profond^ment endormis, et tout autour r^gnera le silence de mort du desert, comme si pas un Stre viVant n'etait \k, A travers tout le Gobi, de Urga (pr^s de la fronti^re sib^rienne) k Kalgan (pr^s de la fronti^re chinoise), il y a, outre la grande route de poste entretenue par les Mongols, plusieurs autres routes de caravanes que suivent ordinairement les caravanes qui transportent le th^. Le long de la route de poste on trouve des stations ^lev^es de distance en distance; leur nombre total est de 47, et chacune de ces stations comprend un puits et un certain nombre de tentes mongoles (yurt), qui tiennent .lieu de nos stations de postes^ »

Kachgarie et Dzoungarie. — La MongoUe se termine, k I'occident, par deux grandes depressions, que s^parent les rameaux du Thian-Ghan. Ge sont le bassin du Tarim (Kachgarie ou Turkeitan chinois) et la Dzoungarie, L'altitude de cette region est de 6 k 700 metres seulement. Le lac Ebenor n'est qu'^ 227 metres. Le sol est form^ d'argile m^lang^e de sable et de calcaire. En certains endroits, la masse argileuse se dresse en falaises yerticales. La base du Kouen-Lun est jalonn^e de cailloux. Au sud et au sudouest ce sont des etendues sablonneuses. La plaine est dominie |tu sud par les puissantes masses du Karakorum et k Fouest par les assises du Pamir. De nombreux sentiers, tons accessiUes en ete, permettent une communication facile avec les plaines du Touran. Aussi bien la Kachgarie est-elle designee sous le uom de Turkestan oriental, L'un de ces sentiers relie Kachgar k ^'a^ynsk par le Touroug-art (3 500 metres) et le col de Terekti (3800). Un seul est utilise toute Fannie, celui qui franchit le fameux col de Terek-^avan (3145 metres), qui donne acc^s dans le Ferghana et ou sont passes tons les conquerants de TAsie

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