‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 67 sur 82 · ASIE CENTRALE · texte numérisé non relu

ASIE CENTRALE

centralc. Plus ^lev^s sont les passages entre le Turkestan et rinde. Le col de Sandjou est k 5060 metres. 11 se continue par le col de Karakorum, par ou on pen^tre dana le bassin de Tindus. — La Dzoungarie s'ouvre sur les steppes Khirgizes par deux grandes br^ches qui s^parent le Tarbagatai; c*est, au sud, la depression marquee par les lacs Ajar-nor et Jebi-nor qui rejoignent presque la depression lacustre du Balkach ; au nord, la vallee de ri/run^ii/ source lointaine de Ylrtich Noir et le bassin du Saisannor. *

Mandchourib. — Le Gobi oriental est born^ k Touest par la chaine du Chingan (2500 mM.). C*est un soul^vement d'origine Tolcanique. Le groupe principal est celui des Dix bultes. A la suite des eruptions de 1720 k 1721 jaillirent du sol deux c6nes de debris, dont le plus haut est k 250 metres au-dessus de la plaine. Le crat^re, qui a plus d'un kilometre de tour, a projetd 4 coulees de lave. L^ar^te maitresse de la Mandchourie est celle du Chan-Alin qui s*etend sur une longueur de 1500 kilometres, depuis le detroit de Petchili jusque vers les sources de TOussouri. Les cimes les plus elev^es ont de 5000 k 3600 metres.

— Entre ces deux soul6vements est compris un pays de plaines et de collines oil se d6veloppe la Soungarij tributaire de TAmour, navigable sur 1500 kilometres environ. Au sud le Sira-mouren ou Fleuve Jaune va se }eiet dans le golfe de Liao-tongi

Climat. — Le climat de TAsie centrale est essentiellement continental. — Dans le Thibet, pendant Fhiver le thermometre s*abaisse jusqu*^ — 40. Les objets gMent en un clin d'oeil sous rinfluence des vents froids, Tous les Oeuves sont solidifies. II faut descendre jusqu*li 2400 et 2100 metres d*altitude pour trouver de Teau courante. Au printemps et.au commencement do rete, la surface du sol s'echauffant, forme foyer d'appel. Alors soufflent les vents d*ouest dont la violence est telle qu*ils souievent le sable et les pierres. Leur action, jointe k celle des geiees d'hiver, pent modifier la configuration du sol. L'ecart entre les extremes de temperature est de 80 degres. Le thermometre peut monter ou descendre de 20 degres en quelques heures.

— Ces exces de temperature sont dus surtout k Textreme secheresse de Tair. La region au sud du Nan-Chan et de VAltin-Tagy privee d'eau, est le vrai desert. La moyenne annuelle des pluies a Leh dans le haut bassin de I'lndus est seulement de 7 centi-

a&o 0. cl: 3*. 25

metres. Le Thibet oriental b^n^ficie des mousson$. La mousson indienne du sud-ouest ct la mousson chinoise du sud-est se rencontrent dans la region du haut Hoang-ho et du Kuku-nor : les pluies d'6t6 forraent des lacs, des marecages, des cours d'eau. Mais Thiver se passe souvent sans neige. Sur les montagnes du sud-est, la zone neigeuse ne conmience qu*ili 5600 m^ tres. On atrouv^ la roclie nue h plus de 5 900 metres d*altitude.

Dans le Gobi sud-ofiental, les alternances r^guli^res de la ipousson d^terminent un regime climat^rique tr^s variable, lies le mois d*octobre, commencent a souffier les vents du nord-ouest qui se pr^cipitent avec une force inouie dans la vallee echauffec de la Chine, emplissant Fair de poussi^re et de sable, puis brusquement, le vent tourne au sud. 11 souffle du sud-ouest sur les pentes septentrionales du Nan-Chan ou les pluies tonibcnt d'avriHla fin d'automne, et du sud-est dans la rdgion du Baikal. Sauf au sud, le Gobi a un climat d*une rigueur extreme. Sous la latitude de 42 degr^s, c'est-^-dire k peu pr^s celle de Naples, Prjevalsky a observe des froids de — 32. On a constate — AS k Drga. On a vu le thermom^tre descendre au-dessous du point de congelation du mercure. Le froid se prolonge quelquefois ]usqu*en mai, ^poque k laquelle on a vu se former sur les lacs une couche de glace capable de porter un homme. L'et6, la temperature est tropicale, k cause du manque d'ombre et de la secheresse. Le thermom^tre monte k 56, 58 et m^me 45 degres k Tombre. La temperature du sol s'^lfeve jusqu*i 50 et 60. L'ecart entre les temperatures extremes est d'au moins 74 degres. On franchit quelquefois 45 degres dans Fespace d*une demi journee. L'air est toujours extr^mement sec. Les regions septentrionales et centrales rcQoivent Thumidite des vents polaires et des vents venus de Chine. La moyenne est de 26 centimetres k Drga. de 46 k Sivantse. Le Gobi central ^prouve quelquefois en ete de courtes averses qui produisenl des . cours d*eaux et des lacs temporaires. La neige est presque inconnue au sud.

Le climat du Turkestan oriental est remarquablement sec. L'hiver, le temps est calme et froid, le ciel convert, Fatmosphere rarcmcnt troublee par le vent. La vegetation commence rapidement en mars, puis tout aussit6t vient Fete, avec ses tourmentes de sable et ses orages sees. Le Lob Nor est alors un cciilre dc basses pressions. Tandis qu'k Fest, les vents souHIent

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tr^s r^guli^rement du Pacifique, dans le Turkestan meridional, les vents dominants sont plutdt ouest et nord-ouest. Pendant les mois de juillet, aoiit et septembre, il pleut presque chaque jour dans la montagne, tandis qu*il ne tombe pas une goutte d eau dans les oasis ; cela vient de cc que la vapeur d^eau est portee par les vents du nord-ouest jusqu*aux terres 61ev6es ou elle se condense. II se peut aussi que Tbumidite vienne de rinde par-dessus les montagnes. Les nu^es aliraentent des glaciers du Karakorum. On en compte 7 priiicipaux. Le plus long mesure 100 kilometres sur 6 de largeur. Gelui de Baltoro, qui arrive jusqu*aux plaines de Yarkahd, se termine k 5 000 metres d*altitude, c'est-d-dire k 500 metres au-dessus de la limite de la vegetation forestiere. — La temperature de juillet k Yarkaad oscille entre 15 et 59 degres.

Hydrographie. — Les plateaux de TAsie centrale, encadres de bautes barrieres montagneuses, constituent, au centre, des domaines hydrographiques sans issue.

Les glaciers du Karakorum alimentent des rivieres considerables qui, par les cluses du Kouen-lun, s'en vont arroser les plaines de Kbotan et de Kacbgar. Telles sont le Yarkand-Daria et le Kara-kach. Celle-ci coule au fond de defiles de 3000 metres de baut. Ges valiees forment autant de brecbes par oh on penetre facilement de la depression du Tarim dans le Thibet.

Les plateaux du ThWet nord-occidental, eleves en moyenne de 4500 a 4 800 metres, sont converts de marais salants et de paturages. Une chaine de bassins lacustres s'etend du nordouest au sud-est, sur 200 kilometres de longueur, paralieiement au cours du Tsang-bo. Le lac Dangra-Yum mesure 500 kilometres de tour. Le Tengri-nor a 80 kilometres de longueur sur 20 k 40 de large.

Entre la chaine du Gang^U-ri et le Trans-Himalaya s'ouvre une depression longitudinale que parcourent en sens inverse Tlndus et le Satledj d*une part, le Tsang-bo de Tautre. Le Satledj coule dans une valiee de 4500 metres d'altitude, riche en sources thermale§, puis, par des gorges d'erosion de 400 et 500 metres de profondeur, il perce le Trans-Himalaya. Le Tsang-bo est de]k navigable k Taltitude de 4300 metres. II coule au nord du curieux lac de Palti de forme annulaire, avec un massif montagneux au centre. 11 s'unit k gauche au Sitchou, qui arrose la valiee de Lassa, A la hauteur de 3400 metres le Tsarig-bo, large

de SOO k 400 metres, roulant 800 metres cubes en moyenne, draine dejk une superficie de 200000 kilometres carr^s. Son cours inf^rieur est rest6 jusqu'^ present inexplor^ et il est impossible de ridentifier d'une fa^on certaine avec le Brahmapoutra.

Le Thibet sud-oriental, le plus riche en pluies, est decoupe par les eaux courantes en bassins divergents. De \k s*epanchent les fleuves de la Chine et de llndo-Chine. Goulant en des vallees paralieies et voisines sur des centaines de kilometres, ils s*ecartent tenement ensuite de leur lieu d'origine qu*il n*y a pasmoins de 9000 kilometres entreles bouches deTIraouaddy et celles du Yang-tse-Kiang.

Dans le Gobi, la violence des vents d*hiver et la haute temperature de rete produisent une rapide evaporation des eaux. Au sud du Keroulen et jusqu*au Hoang-ho, c est-d-dire sur une etendue deux fois grande comme la France, il n'y a pas de rivieres permanentes. La Mongolie est riche en bassins lacustres. Tel est le lac Upra-Nor, au sud du Tannou-Ola. Les sources sont rares; cependant les eaux souterraines ne font pas defaut et Ton trouve generalement Teau k moins de 4 metres du sol. Le plateau des Ordos n*a pas de lacs, k proprement parler, mais des fondrieres vaseuses, recouvertes d*une couche de sel et semblables aux sebkhas de TAlgerie.

Les eaux descendues de l*amphithe^tre du Karakorum, du Pamir et du Tian-Chan viennent couverger vers le b£issin du Tarim. — La longueur de ce fleuve estde 2000 kilometres; les irrigations le reduisent souvent k n*etre qu*un simple ruisseau. II finit au Lob Nor, reste d'une mediterranee dessechee, tour k tour lac et marecage. II n'y a de nappe d'eau un peu etendue que dans la partie occidentale dite Karahourane.

Flore et tanne. — Dans le Thibet, les vallees du sud-est fortement arrosees sont couvertes de forets immenses. Les peupliers croissent Jusqu'i 4 000 metres et Ton trouve, en des endroits bien abrites, de Forge k 4 600 metres d'altitude, mais le desert n'a que des arbrisseaux maigres et chetifs. L*animal caracteristique du Thibet est le yack, qui sert de bete de somme. Les troupeaux i'antilopes comptent jusqu*^ 2 000 tetes. Les renards, les chacals, les loups abondent.

Au nord-est et au sud-est du Gobi grAce k Thumidite atmospherique. le sol produit une vegetation de steppes. Oh y trouve

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d'excellents p^turagcs. Dans le d^sert» les seules parties relativement fertiles sont ccUes ou le sol est compost d*argile. L'aridite est absolue sur le bord des marais salants et dans les plaines de galets. Mais partout la violence du vent, la nature du sol, la s^cheresse du climat et les contrastes dans la temperature emp^chent la croissance des arbres. De Kalgan k Ourga, sur un parcoiu's de 700 kilometres, un vovageur a comjite seuleraent deux arbres rabougris; seuls les arbustes ^pineux peuvent croitre. Le saksaoul fait d^faut. Le tamari manque ^galement dans TAla-Cban, dans le Gobi septentrional et central.

Les camassiers ne sont pas rares dans les montagnes, maid on ne voit point d'ours. Les seuls gros mammiferes sont ensuite Tantilope et le mouton argali. Dans le desert on netrouve guere que le lievre nain et d'innombrables lezards:

Dans les valines du TurkeUan oriented^ la culture est avanc^e, la verdure abonde, et Ton trouve des arbres dont quelques-uns ont jusqu*a 5 et 4 metres de tour. Les oasis renferment des chevaux et de nombreux animaux sauvages, mais ailleurs, on ne voit ni pr^s, ni steppes fleuries. Les ar)>res sont quelques oliviers sauvages et des peupliers rabougris. — La faune est pauvre aussi dans la partie deserted On rencontre le chameau k I'etat sauvage sur les bords du Lob Nor. Les chevaux $ont import^es du Ferghana. \

G^ographie politique. — Le Thibet, la Dzoungarie, \i Turkestan oriental; la Mongolie et la Mandchoune sont des pay^ tributaires de TEmpire chinois. Get empire plus grand qu^ TEurope (11 600000 kilometres carr^s) contient une populatioii totale de 403 millions (inhabitants:

Le Thibet (1687 898 kilometres carres) renferme 6 million^ d'habitants, soit 5,6 par kilonaetre carr6. Si Ton excepteles no-^ mades turcs et mongdls qui; sous le nom de Khor et de Soki habitent la region septentribnale, tous les peuples du Thibet pr^sentent une grande hohiogeneite. De race mongole, uA peu differents des Chinois, il6 sont getieralemenit petits, mais vigoureux; largiBs des epaules et de la poitrind. Les dialectes sont nombreux.' La Chine fouirnit un grand nombre d*immigrants; mais les femmes chinoisesne peuvent pen^trer aU Thibet. Beaucoup de colons viennent aussi du Nepaul etdu Boutan.

La population est r^partie tr^s inegalement. Le plateau du Katchi est inhabite. Led hauls bassins de Tlndus et du Satl^dj

300 km-

sont presque deserts. La region orientale offre de grandes solitudes. Seules les provinces m6ridionales sont fortement peuplees

Les Thib^tains sont les plus zeles des bouddhistes. lis ont 6te convertis au cinqui^me si^cle par des missionnaires hindous. lis reconnaissaient plusieurs bouddhas vivants parmi lesquels Ic Dai-Lama ou prince eccl^siastique de Lhassa.

Le Thibet compte peu de villes. Gartok n'est qu'un marche temporaire. Dingriy au debouche du Gaurisaukar, est garde par une garnison chinoise.- Chigalze (5 600 metres d'altitude, i4 000 habitants) prendra de I'importance quand la route anglaise partant de Darjiling viendra y aboutir. La capitale Lhassa (3 500 metres d'altitude, i5 000 habitants) est en m^me temps la m^tropole du bouddhisme. La ville et les environs renferraent environ 20 000 pr^tres. Ghaque ann^e les pelerins s*y rendent en foule.

La Mongolie (5 377283 kilometres carr^s) ne renferme que 2 millions d'habitants (0,6 par kilometre carr^). Les Mongols se partagent en trois rameaux : Mongols orientaux ou Khalka^ Mongols occidentaux oil EleMies, Mongols sib^riens ou Bouriates.

Quant aux jTartom, autrefois confondus avec les Mongols, ce terme ne s'applique qu'^ des populations de souche turque qu'on trouve en Sib6rie, dans le Thian-Ghan, le Pamir, le Turkestan el le Gaucase. — II n*y a aucune unit^ politique. Les Mongols ferment des confederations compos^es de « banni^res. » Leur langue est voisine du turc. La religion est le bouddhisme, Un tiers de la population est forme de lamas. Gette aristocratic religieuse est soutenue par les Ghinois. La colonisation chinoise, commenc6e d6s la fin du xviii" si^cle est extr^mement active. Les Mongols sont soldats d*empire; ils fournissent d'excellents regiments de ca valeric. La fronti^re entre la Mongolie et la Chine est marquee par la grande muraille qui s'6tend sur 3300 kilometres de longueur (de Dunkerque k Astrakan). Sa hauteur est de 8 ^ 10 metres, son epaisseur est de 6. Gommencee au v« siecle avant Jesus-Ghrist, elle a ete forcee au bout de quatorze siecles par Gengis K!^an. Les villes de la Mongolie sont rares. La seule a mentionner est Urga^ compos^e dune ville religieuse peuplee de 10 000 lamas et dune ville de commerce (50 000 habitants), importante comme centre entre Kiachta et Tientsin,

La Kachgarie et la Dzounaarie comptent environ 1 200 000 ha-

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bilants pour une superflcie de i million 1/2 de kilometres carr^s. Gertaines parties du Turkestan n'dnt gu^re que 0,5 habitants par kilometre carre. Dans ce carrefour entre la Chine, la Siberia, le Touran et Tlran se sont rencontr^es des races diverses, Mongols, Thibetaim, Turcs, Chinois, etc. L'element principal est forme des Kirghizes et des Kalmoucks, k la fois bergers et brigands. La langue dominante est le turc, la religion Tislam. — Les Ghinois, chassis du Turkestan en 1865, y ont reparu en 1877. Leurs garnisons s'el6vent en ce pays k plus de 100 QOO hommes. La principale ville est Yarkand (60 a 80 000 hab.). Les Chinois ont bati k c6t^ de la ville turque la ville chinoise de Yang-i-Chari. Kachgar el Kkotan renferment environ 40000 habitants. Cette derni^re, autrefois tr^s florissante, a 6t^ saccagee par les Chinois en 1877.

Ldi Uandchourie {9S2 ^12 kilometres carres) compte 12 millions d'habitants (12 par kilometre carr^), dont 11 millions de Chinois. La capitale est Mvkden (180000 habitants) k quelque distance au nord du golfe de Petchili.

Giographie iconomiqne. — L^ Thibet, le Turkestan brien^ tal et la Hongolie appartiennent k la zone des steppes. — La culture n'est developpee que dans quelques vallees bien abritees^ sur le bord des cours d'eau. Partout ailleurs, c'est le domaine des p&turages et des deserts.

La Mandchourie est par excellence une region forestiere. La sont reunies les conditions climat^riques les plus favorables k cette sorte de vegetation, celles de la zone europ6enne des forSts et (les cvltures k saisons tranchees. Sur les bords de I'Amour, prosp^rent des cadres et des tilleuls gigantesques. La valine de la Soungari a des terres trSs fertiles qui produisent des cer^ales et du riz. Les hauts-plateaiix de YAsie centrale sont favorables k Velevage, comme en general tous les pays de steppes herbeuses oil la terre est peu fertile, la population peu dense. Les chevaux sont dresses en troupeaux considerables chez les Mongols et chez les Mandchoux ; les yacks, les moutons sont la principale richesse des habitants du Thibet et du Turkestan. La Mandchourie est egalement un grand pays d'^levage et de chasse.

Les relations exterieures sont peu actives. Kachgar, au pied du Pamir, a *joue jadis un grand rdle dans le trafic g^n^ral de rExtreme-Orient, quand les caravanes de commerce traversaient encore le (( Toil du monde », mais elle est» depuis plusieurs

siecles, bien d^chue. La Dzoungarie semble bien ^tre la porto de la Chine sur TEurope ; c'est par 1^ sans doute que passeront plus tard les voies ferries, mais le commerce n'a pas encore pris cette direction.

Tout r^cemment (1890) diverses expeditions russes ont lenle de decouvrir une route commerciale par les valines superieures des rivieres de Keria, de Nia et de Tchertchen, mais elles ont reconnu que Faeces est impossible dans la region occidentale du Thibet, plus rude et plus inhospitaliere que les autres.

BIbliograpliie.

Annenkof. Desressources que VAsie centralepourraitoffrir. h la colonisation

russe [Bull, de la Soc. de Gdogr, 2* Iriraestre 1890). Desgodins. Mission du Thibet.

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Siijets de devoirs.

Les bassins fermes de I'Asie centrale.

Relief et routes de I'Asie centrale.

aiAPiTRE xn

Relief. — La Chine proprement dite (4 millions de kilomq.) est la contree de montagnes moyennes, de coUines et de deltas

LA CHINE. ^aS

qui termine k Test le continent asiatique. On pent consid^rer en Chine trois regions : l"* le haut pays du nord et la grande ptaine chinoise; ^2** les terrasses du centre et la ptaine centrale; 5" le haut pays du sud.

i'^Le haut pays du nord comprend les montagnes des provinces de Kan-sou et de Chan-si. Clles aft'ectent la forme de soul6 vements paralleles orientes du sud-ouest au nord-esf. C^est comnie un gigantesque escalier qui s'el^ve par gradins depuis les plaines basses du Houan jnsqu*au plateau des Ordos et k la Mongolie. Les premieres crates s*^l^vent k 1 000 et 1 500 metres, puis Taltitude augmenle progressivement. Dans YOutat-Chan, au sud-ouest de P6kin, les pics ont plus de 3 000 metres. — Toute cette region est le domaine de la terre jaune, sorte de boue argileuse chargee de calcaire extr^mement fertile. EUe couvre uue superficie superieure k celle de la France, depuis les promontoires qui dominent P^kin jusque dans la valine superieure du Hoang-ho et du Ouei-ho, depuis le niveau de la mer jusqu'^ Taltitude de 5500 mMres, ou elle s*etale sur les plateaux en nappes ^tendues d*une profondeur de 400 metres et davantage. L'^rosion des eaux a creus^ dans cette epaisse couche des ravins ^u% parois verticales qui descendent jusqu'^ la base. H^me certaines valines sabaissent jusqu'a !2000 pieds, entamant la Cuiiche de gr^s qui sert de support k la terre jaune. En certains eii(lroits> toute la contr^e est ainsi decouple par des excavations paralleles. Les villages sont blottis au fond de ces tranch^es, taudis que les champs de labour occupent les hauteurs.

« Tout ce que Hichthofen a dit des teires jaunes du Chan-si est exact aussi pour la province de Kan-sou; on voit ici ces laemes galeries etroites, ces memes crevasses verticales de plus Qe 10 metres d'ouverture, ces m^mes cav ernes servant d'habitations, ces m^mes auberges creusees dans le loss. La mobitite, ioilk le trait caracteristique des terres jauhes. Comme le vent deplace les sables du desert, de m^me les eaux souterraines transportent le loss du sommet des terrasses au fond des ravins. Elles commencent k creuser un vide entre le loss et Tassise sous-jacente de gr^s : le sol s^affaisse, une crevasse circulaire se produit k la surface; le cylindre circonscrit par cette crevasse, etant mine par I'eau, se desagrege et tombe en fragments qu*entraine le courant souterrain; il se forme un puits profond. Chaque puits finit par former une riavine allongee qui ^va

rejoiiidrc la:rayine maitresse de la valine. Les parois ^ pic de ces galeries s*^croulent h leur iour. Les ebaulements, les eavernes, les crevasses, les failles/ les amas de blocs desagr^g^s, tous les accidents que Ton rencontre k chaque pas, t^moignent de la puissance des forces destructives dans ce pays. Le paysage est monotone : on voit partout les memos coupoles aplaties. La teinte uniform^ment jaune du sol et le ciel Toile d'une brume de poussi^re telle que, le matin, le soleil apparait comme un disque pSle, sans rayonnement, attristent encore plus Vaspect de ces lieux; a peine si quelques prairies verdoyantes se caclient au fond de ravines arrosees par un ruisseau qu'ombragent des bouquets d*arbres. Dans le Kan-sou oriental le paysage reste sensiblement le m^me. Tout le Chan-si, toutes les vallees du Ouei-ho sont de meme nature ^ »

Au sud-est des monts du Chan-si s*etend la grande plaine chinoise. Elle occupe toute la region nord-orientale de la Chine, depuis Peking jusqu*au golfe d*Han-tcheou, sur une distance de

1 200 kilometres. Le sol se releve seulement dans Tancienne ile de Chan-toung rattachee au continent.

La bordure de la Chine septentrionale, du c6te du sud« est formee par les prolongements orientaux du Kouen-Lun. Du massif de Kuku-Nor se d^tachent les monts Tsing-Ling ou montagnes Bleues. — L'elevation moyenne de la chaine est de

2 000 metres, mais, comme les Pyrenees auxquelles on les a compares, les monts Tsing-Ling sont tres difficiles k franchir, dans, la partie centrale. Le$ plus hauts sommets atteignent 4000 metres. Cette chaine se continue ^Test par le Founiouchart ou quelques pics ont encore 2000 metres, mais les sommets ne depassent pas en moyenne 200 metres. Au del4, lesx^ollines se prolongent jusqu*au sud de Nankin.

. 2o La Chine centrale est constitute par Tepanouissement oriental du plateau Thibetain. Les agents atmosph^riques ont decoupe cette partie du Thibet en saillies paralleles et dispos^es du pord au sud, Ge sont les Alpes du Ze-tehouen ou monts /un- Lmg* Les valines y sont a laltitude de 2 500 ^3000 metres. ♦Les .cols sont sup6rieurs & 3000 metres. — De nombreux •sommets depassent le mont Blanc, plysieurs pourraient m^me rivaliser avec ies grants de THimalaya*

.1 Guppy. Naiure (angl.), 25 sept. 1880.

LA CHINE. ^Oi

li Test de la valine du Min, sc d^veloppent du sud-ouest au nord-esl des crates de grfes rouges et de roches carboniferes. La ligne de faite entre le bassin du Min ct celui du Han- Kian est form^ par le Tapa-^fia^n (5000 m^t.) qui va s*abaissant, vers Test, sur la grande plaine centrale dont Han-keou marque le milieu.

5^ Le haut pays de la Chine meridionale se relie au Thibet par te Yunnan. G*est un plateau de plus de 2 000 metres d*allitude en moyenne, sillonn^ d'ar^tes de grbs rouge. Sur les confins du Thibet sont des montagnes inexplorees qui s'el^veraient jusqu'a la zone des neiges persistantes. Le plateau du Yunnan s'incline au sud vers Tlraouaddy et le fleuve Rouge par des plaines de 150 k 200 metres d*altitude.

Au nord du Si-Kiang s*^tendent des ondulations parall^les, dirigees du sud-ouest au nord-est et qui s avancent jusqu*^ la valine du Yang-tse-Kiang. Le principal soul^vement est celui des monts Nan-^han ou Nan-ling. A Test de la depression ou coulent le Kan-Kiang au nord et le P6-Kiang au sud, d*autres arfites, orient^es dans le m^me sens, couvrent les provinces de Kouang- Toung et de Fo-Kien. Ge sont les monts de Taju4ing que continuent vers le nord les monts Lofou (1 200 k 1 500 m.).

Climat. — Un pays qui s'etend en latitude sur 25 degr^s, la distance du d^troit de Gibraltar au parallMe du cap Nord, doit avoir des climats divers. Dune maniere g^nerale, on peut diviser la Ghine en deux grandes zones climat^riques, s^par^es par le Tsing-Ling et le Founiou-Ghan.

La Ghine septentrionale est soumise aux memes influences que la Mongolie. G*est 1^ que se trouve, en hiver, le centre des basses pressions. DSs la fin de septembre, affluent les vents du nordouest, de la Sib^rie orientate. Le voisinage de la plaine et du golfe de Petchili donne k ces vents une intensite extreme (plus de 6 m. k la seconde). Us couvrent le sol de poussi^re et de sable ; tout est jaune, champs, chemins, arbres, maisons et hommes. Le printemps est, comme en Mongolie, la saison de la plus grande s6cheresse et des tourmentes. En et6, le centre de basses pressions se transporte du Pacifique au pdle Nord et lair jsouffle.de Toc^an vers rint^ricur. Nulle part, ce renyersem.cnt df la pression barometrique ne se fait mieux sentir qu'k Peking oti les oscillations varient de 19 millimetres entre Janvier et juiilet. — Les souffles du Pacifique sont les pourvoyeurs des pluies. La

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moyenne annuelle k Peking est de 64 centimetres, mais il arrive frdquemment qu*en depit des vents du sud-est, les precipitations sont insuffisantes k fSconder le sol et que les famines se produisent. L'^te est beaucoup plus frais et plus humide dans les montagnes du Kan-sou ou la neige tombe d^s la Cm de septembre, m^me dans les vallees. — Le climat de la Chine septentrionale est excessif. Peking, sous la latitude de Naples, subit en hiver des froids qui g^lent pour de longs mois le golfe de Petchili. On y soulTre, en ete, des chaleurs de 40 degr^s.

Au sud du 50* degr^ de latitude, commence le domaine des moussons. D*octobre k mars, domine la mousson du nord-est, s^che en general, de mai a aoiltt la mousson du sud et du sud-est qui souffle de la mer chaude. Ainsi, k Toppose de ce qui se passe sur les c6tes m^diterraneennes, T^te est la periode des pluies. D*une fa(?on absolue, elles sont beaucoup plus fortes qu'en Europe. Un premier maximum se produit en juin, puis les precipitations d6croissent jusqu'en septembre, epoque d*un second maximum. La moyenne annuelle est de 1 m. 11 li Shang-Hai, 1 m. 75 ^ Macao, 2 m. 14 k Hong-Kong et 5 m. 5 a Kelung, dans File Formose. Le climat conserve un peu le caractere continental, dans la Chine centrale. Les hivers y sont assez rigoureux. La neige sejourne pendant des semaines sur les pHateaux intermediaires dU Yunnan. On a m^me vu des geiees et de la neige k Canton et k Hong-Kong. Mais, en general, pres des cotes, la temperature est constante et superieure k celle de TEurope meridionale (moyenne de Canton: ete -4- 27, hiver -h 14).

Hydrographie. — Le Pei-ho descend des montagnes de la Mandchourie et finit dans le golfe de Petchili. II est sujet aux debordements. En aoiit 1889 il sortit de son lit et inonda toute la contree k 30 milles k peine de Peking.

La Chine proprement dite est le bassin de trois grands fleuves paralieies, le Hoang-ho, le Yang-tse-Kiang et le Si-kiang, Les deux premiers qui drainent une superficie de 3 millions 1/2 de kilometres carres et s'unissent par leurs embouchtires^ forment en realite un meme systeme hydrographique. lis sont, comme Ic diseht les Chinois, le « principe fcmelle >) et le « principe mkle » doht Tunioh a fecdnde le sol et cree le berceau de la civilisation chinoise. i

Le HoANG-Ho ou Fleote Jaune (4700 kil.) nait dans une regioA iaexploree au nord-cst du Thibet. Tout son cours montagncux

se d^oule dans de formidables cluses. Bord^& gauche pari' Ala-

Chan et Tln-Ghan, il contourne par une ^norme boucle le plateau

des Ordos qui ^tage au-dessus de lui ses dunes de sable et ses

lacs sal^s. 600 kilometres le s^parent du ^Ife de Petchili ou il a dii se jeter autrefois par le Pei-ho. Hais il se heurtc aux mon-

tagnes de gneiss qui forment les degr^ ext^rieurs du plateau de

Mongolie et prend la direction du sud jusqu'au confluent du

Ouei-ho. Gette riviere, dont le cours dessine la corde de Tare

ordosien,reniplacepour la Chine le cours sup^rieurduHoang-ho,

egar^ jusque-1^ dans une contr^e infertile. EUe impose au

Fig. 17. — Aire des d^placements successifs du HoaDg-ho.

Iloang-ho sa direction nouvelle vers Test. En ce point commence le cours moyen du fleuve.

Le Hoang-ho est peut-fitre de tous les fleuves de Tancien monde celui qui est le plus fortement charge de matieres limoneuses, ce qui s*explique, quand on songe que son bassin est le domaine de la terre jaiine. Fleuve travailleur par excellence, il ronge sans cesse ses rives et exhausse progressivemeiit le fond de son lit. Lorsque surviennent les crues, la surface du courant est plus elevee que les campagnes riveraines. Les habitants bnt dA se prot^ger centre les inondations en construisarit des digues et des contre-digues que soixante mille oilvriers sorit sans cesse occupes k entretenir et h reparer. Eii certains endroits ces digues ont plus de 20 metres de haut. Elev6es k quelques kilomittes des berges du fleuve, elles laissent entre elles une surface ciiiti-

Yabie» divisie en compartiments oi3i les agricultars s^ment et moissonnent entre denx crues. Lorsque les digues sii rompent, la plaine tout enli^re est sous Teau, des centaines de iriUes et de villages disparaissent. Les inondations de 1888-i889 ontmftj^ des provinces entiftres. 16 millions d'habitants ont 6tft reduits H mourir de faim. Le cours sup^rieur du Hoang-ho a sans cesse vari^ dans le cours des si^cles, se portant tant6t au nord, tantdt au sud de la p^ninsule rocheuse de Ghantoung. L'aire de ses d^placements occupe environ 900 kilometres du nord au sud. Qu'on se repr^sente le Rhin^en aval de Cologne, cessant de couler vers la Hollande et se dirigeant jusqu'^ Tembouchure actuelle de la Vistule. Depuis 1862, il se termine dans le golfe de Petchili par une embouchure unique, mais si Ton se guide sur Tanalogie de formation, le Hoang-ho est un fleuve k delta. Ses brandies extremes embrassent une superficie de 250000 kilomMres carr^s. On a calcule que ses apports limoneux pouvaient, en 25 jours, ^difier une lie d*un kilometre carr6 de surface sur 36 metres de profondeur. Les courants marins entrainent ces boues jusque sur les cdtes de la Coree.

La zone alluviale du Hoang-ho confine k la region des coulees du Yang-tse-Kiang. Toute la contr^e comprise entre les deux fleuves est une plaine basse parsemee de lacs, de mar6cages et travers6e en tous sens par un lacis de rivieres. Ces voies d*eau ont ete utilisees pour la construction du Grand Canal qui ne sert plus aujourd'hui qu'au mouvement local des echanges.

Le Yang-tse-Kia»nc ou Fleuve Dled est le plus long des fleuves chinois (5500 kil.). Les eaux navigables de son bassin formeriicht une longueur egale k la moiti^ de la circonference terreslre. Ses sources se trouvent dans une region inexploree du Thibet, au sud du Kouenlun. Le voyageur Prjevalski Ta traverse k 500 kilometres environ de ses origines, par 4 000 metres d*altitude. Sa largeur depassait 200 metres. Sur une longueur de i 000 kilometres, il coule au sud, comme s'il allait se jeterdans le golfe de Siam. 11 n*esl plus gu^re qu'^ 600 kilometres de Baluno, sur Tlraouaddy et k 200 kilometres en droite ligne des sources du Sonkoi, fleuve du Tonkin, lorsqull se heurte aux escarpemenls du Yunnan, entre lesquels il sefraye une voie vers le nord-est. Au sortir de cette region tourmentec, il se grossit k gauche du MiUy dont la vallee parallele k la chaine du Jun-ling forme une voie navigable vors le Hoang-ho supericur. Avant

d'arriver en plaine, !e Yang-tse-Kiang doit traverser encore uiie zone de plateaux oil il est encaiss^ dans d*^troits d^fil^s. Au del^ d'ltchang commence le cours maritime. Le fleuve est k ^ 700 kilometres de rOc^an, sa largeur moyenne est de 800 metres. A droite le lac Toungting, de 5 000 kilometres carr^s de superficie lui verse les eaux accumul^es d'un bassin de 200000 kilometres carr^s. Plus loin, c*est un autre reservoir le Pojang aliments par les rivieres du Kiansi. A gauche le Yan-tse-Kiang re^oit son principal affluent, le Han-Kiang yyeuu du nord, que les bateaux k vapeur peuvent remonter en ete sur un millier de kilometres. Le Yang-tse-Kiang, ainsi pourvu de son cortege de trtbutaires, roule en moyenne 18000 metres cubes d'eau. G*est pour le debit ordinaire, le quatrieme fleuve de la terre. Les pluies d'ete amenent une crue reguliere qui font hausser le niveau jusqu'^ 15 metres et 15 metres 1/2 au-dessus de Tetiage. Aussi a-t-on di!^ le renfermer comme le Hoang-ho par des digues. Si les pluies sont, contre Thabitude, abondantes, Tinondation submerge les villes. Souvent la plaine comprise entre le lac Toungting et le confluent du Han-Kiang est transformee en mer inierieure. La plaine alluviale commence en aval de Nankin. La maree remonte le fleuve usqu*^ 560 kilometres. L*embouchure, comme celle du Hoang-ho» a beaucoup varie. II y eut mfime jadis trois bouches do.nt Tune aboutissait k Testuaire de Hantcheou, en reliant le grand lac Tahou. L*entree du fleuve a 50 kilometres de largeur.

Le Si-KiAKG, beaucoup moins long (1500 kil.), drainer une contree fort difl'erente des bassins precedents. Les montagnes, orientees du sud-ouest au nord-est, accompagnent le fleuve presque jusqu'k la mer. Les vallees lateralesy engagecs dans Tepaisseurdes hautes plaines, sont moins ouvertes vers Tinterieur. Dans son cours superieur et son cours moyen, le Si-Kiang traverse une serie de cluses ou il est quelquefois reduit k 200 metres de large entre des parois faautes de 900 metres et presque aussitdt commence la region maritime. Le Pe'-kiang, venu du nord, forme une ligne de navigation fluviale entre le Si- Kiang et le. Yang-tse-Kiang, interrompu seulement par un seul des monts Tajuling. Le Si-Kiang n*a que 2 metres de profondeur aux basses eaux, mais, en eie, le niveau s*eiev« de 8 ^ 10 metres. La maree se fait sentir jusqu*^ 500 kilometres. En amont de Canton, le fleuve se divise. Le bras principal se dirige au sud-ouest. La branche oricntale, qui arrose Canton, regoit k

gauche \e Toung-Kiang et d6bouche dans un vaste estuaire. Lc delta du.Si-Kiang, coup§ par une multitude de riviferes, couvrc plus de 8000 kilometres cams.

Cdtes. — Le littoral de la Chine forme k peu pr^s un arc dc cercle dont la convexity regarde Toc^an Pacifique. La mer Jaune, ferm^e, k Test, par la longue peninsule rocheuse de la Goree, entre peu profondement dans Tint^ricur du continent et ne constitue pas& vrai dire une articulation. Le golfe dePetchiliy ou se trouve Tien^Uin^ le port de P^kin; le golfe de Liaou-Toung, la bale de Coree sont des enfoncements mieux marques. Entre la frontifere cor^enne et les bouches du Yang-te-Kiang, la c6te chinoise est basse en g^n^ral et ofTre peu d abris : seule la presqu'ile de Chan-Toung, ancienne lie relive au continent par les alluvions du Hoang-bo, fait exception et est decoupoc de baies bien ramifiees. Au sud de Festuaire du Yang-tse- Kiang, sur le Whampoa, s*est b^ti le comptoir europeen de Shanghai. Au del^ se crcuse le golfe A'Han-tcheou que pars^ment les 400 lies de Tarchipel de Chousauy et au fond duquel on trouve la capitale du Tche-Kiang, Han-tcheou, Puis les montagnes entrent en contact avec la mer, les articulations deviennent nombreuses, les ports se pressent sur le littoral, Ning-po^ Fou-TcheoUy Amoyj sur une rade magnifique et tr^s sAre. Au nord de Testuaire du Si-Kiang s*ouvre la baie de Canton. La ville est silu^e sur la rive gauche du Tchou-Kiang ou riviere des Perles, branche orientale du P^-Kiang, qui d6bouche dans la baie de Canton par la passe appel^e Boca- Tigris, la Bouche du Tigre. A Tembouchure du Si-Kiang s'^leve la ville portugaise de Macao^ rattachee au continent par un isthme etroit. A Tentr^e de la mSme baie, les Anglais ont pris possession du rocher de Hong-Kong. La superficie de Tile est de 83 kilometres carr^s. Le detroit qui la s^pare du continent a

2 500 metres de large au goulet occidental.

Le detroit de FokieUf large de 150 kilometres au minimum^ separe du continent la grande lie de Fomio$e (38000 kil. car.). Elle est travers^e, sur 400 kilometres, du nord au sud, par une arete montagneuse ou certains sommets depassent 3600 metres. L'ile d'origine volcanique, en grande partie, est frequemment secouee par les tremblements de terre. La population est de

3 millions et demi d*habitants. Bans le detroit de Fokien sont lesJles Pescadores, occupies parley Fran^ais, pendant la der-

ni6re guerre contre la Chine, excellent mouillage. Au sud, en face d'un promontoire avance qui limite k Test le golfe du Tonkin, s'etend la grande ile Hainauy de forme ovale, qui a 800 kilometres de tour. Entre elle et la cdte s'ouvre le canal des Jonques, large de 20 kilometres.

Flore et Faune.— Avec ses 6t6s chiauds et pluYieux,la Chine, sans connaitre Texuberante vegetation des tropiques, appartient k la zone subtropicale, k la region mMiterraneenne, mais avec tout ce que peuvent ajouter d'eclat et de vigueur k cette derni^re d abondantes pluies d*ete. La Chine meridionale, qui se limite nssez exactement au Nan-Chan et k laquelle se rattachent File d'llainan et une moiti6 de Formose, n'est qu'un prolongement de la zone tropicale ; toutefois, elle n'en a plus la richesse, sans offrir encore les qualites qui distinguent la Chine v6ritable. C*est une region bfitarde.Le doraaine du Yang-lse-Kiang est sans contredit la zone la plus favorisee de la Chine. C*estl^ que r^ussissent le mieux toutes les cultures qui font sa fortune, le riz, le the, lasoie, la canne k sucre, le bambou. Les monts Jun-ling, fortement arroses par des pluies d*et6 tres abondantes, ont une vegetation luxuriante. On trouve a Taltitude de 2 500 metres des azaiees de 5 ^ 6 metres. La vigne et le murier se rencontrent ^2600 metres. Au nord du Tsing-Ling et du Founiou- Chan, la flore rappelle davantage TEurope. A 25 kilometres de distance, on passe de la region des palmiers k celle des cereales. Cependant toutes les plantes s'offrent, en Chine, associees les unes aux autres. Gr^ce aux precipitations si abondantes et aux chaleurs estivales si elevees, il y a comme une intrusion de la vegetation tropicale tr^s loin vers le nord, en sorte qu'on trouve le bambou vers le 40® degre et qu'en bien des cantons les pommes de terre et les cereales du nord sont recoltees dans le mSme champ que la canne k sucre et Tindigo. II est impossible de determiner exactement ou finit le domaine des unes, ou commence celui des autres.

Les recits des anciens voyageurs parlent d'espdoes animates qui ont disparu de la Chine, comme le rhinoceros, Telephant et le tapir. Les esp^ces sauvages sont rares a I'interieur.Les tigres, les pantheres et autres carnassiers parcourent en petit nombre les regions a demi desertes. On rencontre des singes jusqu'aux alentours de Peking. La faune chinoise renferme un grand nombre d'especes qui lui sont propres. Sauf Tanguille, lous les

GtOQ CL, 3". 26

poissons difT^rent de ceux de I'Occident. On ne compte pas moins de 400 esp^ces d'oiseaux.

Populations. — La population de la Chine proprement ditc depasse 580 millions d'habitants (en moyenne 95 par kil. car.). Les provinces les plus peuplees sont celles de Ze-Tchouen (1 50 hab. par kil. carr6) et de Chan-Toung. Cette p^ninsule, e^ale k la moitie de Tltalie, compte 56 millions 1/2 d'habitants. U y apr^s de 8000 strangers residents, dont 500 Frangais.

La race chinoise est tr^s melangee. On y distingue unc grande vari^t^ de types, parmi lesquelsle type mongol est un des plus rares. D*une fa^on gen^rale, le Chinois est reconnaissable k son visage rond, ses pommettes saillantes et ses yeux obliques. Le lien entre toutes les populations de ce vaste empire vient, non de la race, mais de la civilisation. Les traditions chinoises attribuent les commencements de cette civilisation aux « Cent families » qui se group^rent d'abord au coeur des terres jaunes, au confluent du Hoang-ho et du Ouei-ho. Ici, comme en %ypte, comme en Mesopotamie et dans Tlnde, la civilisation prit naissance et se developpa le long des fleuves. Les Cent families, n'osant affronter la mer, se dirig^rent, vers le vni^* si^cle avant Jesus-Christ, dans la direction du Yang-tse- Kiang, puis, s'avan^ant toujours dans la region basse des fleuves, gagnferent la riviere des Perles. Le morcellement du sol en petites propri^tes agricoles devint la base de la constitution politique et sociale de la Chine, de Tautonomie familiale et rurale. L'unite politique fut faile au in« siScle avant Jesus* Christ par un prince dc la dyiiastie des Tsin. Au moyen Age, Tempire du Milieu fut desole, pendant des si^cles, par les invasions des Mongols et des Tartarcs qui fond^rent successivement plusieurs dynasties. Les Chinois reprirent possession du pouvoir au xiv® siecle avec la dynastie des Ming. Celle-ci a 6le renversee en 1644 et, depuis, ce sont des princes tartares d'origine mandchoue qui regnent k Peking.

Le grand obstacle aux progres de la civilisation chinoise vient dela langue qui estrestee a Tetal rudimentaire. La langue chinoise se compose demonosyllabes,aunombrede480 seulement. II y a jusqu'^ 190 groupes de mots qui se prononcent i. LesChL nois sont parvenus, k Taide de complications et de raflinements, en variant presque k Tinfini le mode d'intonation, k multiplier le sens dc ccs monosyllabes; cependant lis n'ont gu^replus de

1 000 mots usuels. II n*y a pas en Chine de langue nationistle parl^e. On ne pent s*entendre que par la langue ^crite, langue ideographique qui consiste h peindre la representation figuree des objets et des id^es.

11 y a en Chine trois grandes religions officielles, pratiqu^es souvent toutes par les mSmes individus : le confucianUmey issu de Fancien culte national, le Taoume, qui se r^duit presque aujourd*hui k la magie et le bouddhismey qui se rapproche du culte des g^nies et des m^nes. Parmi les religions introduites en Chine, la plus puissante est incomparablement Vislamisme, II y a au moins 20 millions de mahom^tans. De nombreuses revoltes de 1850 k 1873 ont 6te causees par eux. Avec leur esprit de solidarity, lour forte organisation communale, ils constituent dans Tempire chinois un sMeux element de troubles et tendent k devenir les arbitres de I'Extr^me Orient. Le christianisrae compte plus d*un million de fiddles.

Giographie politique. — Le chef de TEtat est Tempereur. L'administration centrale est plac^e sous la haute direction d un cabinet compost de six ministres d*£tat. Au-dessous sont sept bureaux ou minist^res. Celui de Tamiraute a et6 cr^e k la fin del885.'

La Chine est divis^e en 18 provinces. A la t6te de ces provinces sont des vice-rois dont quelques-uns sont k peu pr^s absolus. Les provinces sont divisees en d^partements (/oms), en arrondissements {Icheou) et en districts {yen).

Les villes sont des agglomerations auxquelles celles de I'lnde peuvent seules 6lre compar^es en Asie. La capitale actuelle, Peking n*est peut-^tre pas la plus populeuse ; les uns lui attribuent 500000 dmes, dautres 1700000. Canf on (1 600000) • Tien-Tsin (950000), Han-Keou (750000), Fou-Tcheou (630000), Shang-Hai (360 000) sont les plus considerables.

On lvalue & 100 millions de taels (environ 630 millions de francs) le total des revenus annuels de I'empire chinois. L'imp6t foncier rapporte 20 millions de taels, les dbuanes maritimes 20 millions et demi. La presque totalitedes revenus du pouvoir central est employee k Tentretien de Tarm^e. Ceiie-ci se compose d'un effectif total de 1 million d'homrries. Cependant il n y a que 280000 hommes qui peuvent 6tre ulilis6s pour une campagne.

La marine de guerre comprend 64 navires pourvus de 489 ca-

nons et months par 7 000 marins. Le vice-roi du Petchili a commence les travaux d'un port de guerre k Port-Arthur,

Pr^s de Canton, les Anglais ont occupy et fortifi^ Tile de Uong-Kongy qui est k la fois un vaste entrepdt commercial et une citadelle, veillant aux int^r^ts de la Grande-Bretagne en Extreme Orient.

Les Portugais poss^dent dans la m^me region le port de Macao.

66ographie ^conomique. — Agriculture. — L'agriculture a toujours ete consid^r^e en Chine comme Tunique source de la richesse et du bien-^tre.

11 est vrai que toutes les conditions naturelles du sol, de cha* leur, d*humidite, sont dans ce. pays exceptionnellement favorables au developpement des cultures; les Chinois n'ont pas en realite grand m^rite de passer pour les premiers agriculteurs du monde. C*estpour gagner de la (derre jaune» que les Chinois ont partout debois^ k outrance, au risque de rendre plus terribles encore les inondations d^j^ si frequentes de leurs grands fleuves.

Mais ces inondations m^mes, qui causent parfois tant de ravages, deposent du moins le long des rives des couches ^paisses de limon, qui accroissent encore la fecondile du sol en renouvelant chaque ann^e les elements nutritifs qui le constituent.

Dans toute la Chine proprement dite, entre Peking et Canton, il n*y a v6ritablement que des champs cultives. On ne rencontre ni pr6s, ni forSts. Les forits abondent, il est vrai, dans les regions montagneuses de la fronti^re du Thibet et notamment dans les provinces du Z6-Tchouen et du Yunnan, mais elles sont presque en pays sauvage.

Les cereales^ si necessair6s k Talimentation d'une population aussi press^e, ont du de tout temps occuper en Chine une surface de terrain considerable.

On salt que c'est le riz le met^ national. 11 occupe environ le huiti^me de Tespace cultiv6.

La production totale, qu'il est difficile d'^valuer, n*est peut- ^Ire pas inferieure k 500 millions d*hectolitres.

La culture du riz ne s'etend gu6re vers le nord au del& du cours inferieur du Hoang-Ho; elle est rcmplac^e par les c^reales des pays temperes.

Les legumes jouent un grand r61e dans la nourriture des

Chinois. La pomme de terrcy introduite au si6c!e dernier par les jesuites fran^ais, est cultiv^e en grand dans la zone centrale, au nord el au sud du Yang-tse-Kiang.

C'est par I'abondance des cultures arborescentes qui couvrent son sol, que la Chine ressemble surtout k notre zone m^diterran^enne. La vegetation des arbres toujours verts est representee par de tres norabreuses esp^ces : lauriers, rayrtes, cam^lias, rhododendrons, buis, etc.

Les etes chauds et relativement sees de la Chine septentrionale sont tr^s favorables k la culture des fruits; ceux de la zone tropicale se m^lent k ceux de nos climats: bananes, figues, oranges, grenades, pommes, poires, p6ches, etc. La vigne n*est en realite en Chine qu une culture de luxe et ne donne que des fruits des plus mediocres. Le bambou est Tune des plantes les plus precieuses aux Chinois. Conune le palmier en d'autres pays, il sert k tous les usages: vdtement, habitation, marine. II fournit mSme un aliment estime.

Mais c*est le the qui fait surtout la gloire du pays et sa richesse.

II est naturellement assez difficile d*6valuer la production totale du the dans la Chine enti^re. On suppose n6anmoins que les habitants consomment environ les 2/3 de la r^colte annuelle et qu*ils n'en expedient a I'etranger que Tautre tiers. L'exportation atteignant a peu pr6s 140 millions de kilogrammes, il est probable que la quantity annuellement recoltee ne reste pas beaucoup au-dessous du chiffre 6norme de 400 millions de kilogrammes.

La canne a mcrCy moins exigeante pour les qualites du sol et du climat, a toujours 6t6 une des principals cultures de la Chine. La production, qui est chaque ann6e plus abondante, d^passe de beaucoup la consomraation locale. L'exportation atteindra bient6t 2 millions de quintaux.

Le pavot et le tabac occupent aussi en Chine de grands espaces. Les soci6t6s de temperance, n'ayant pas sensiblement remddi^ aux ravages causes dans tout le Celeste Empire par la consomraation de Y opium y les industriels chinois ont voulu du moins diminuer le raal, en s'affranchissant de plus en plus des envois de rinde.

Parmi les cultures industrielles, le colon ne peut plus soutenir la concurrence avec les produits indiens et americains; et Tim-

i06 ASIE.

portation toujours plus grande des colonnades anglaises restreindra tons les jours davantage la surface des champs consacr^s k cette culture.

Les plantes tinctoriales sont nombreuses. Vindigo est une culture trds prospfere dans les provinces voisines de notre colonic du Tonkin, Kouang-Si, Kouang-Toun, ile d*Hainan. — La laque si fameuse n*est que la r6sine d'un arbre qu*on substitue partout au colon, surtoul dans les provinces centrales.

Velevage n'esl pas une industrie prosp^re dans Tempire du Milieu et il est compl^tement n^glig^ dans loule la Chine proprement dite, ou les herbages manquenl lotalement et ou la propriSte est trop raorcel^e. Les transports se font a dos d'hommes dans une grande parlie de la Chine, ou Fassisfance des cours d*eau rend d*ailleurs le service des b^les de somme raoins necessaire. Le bdtail enfin ne serl pas davantage k Talimentation ; les indigenes n utilisenl ni la viande ni le lail ; ils ne fabriquent ni beurre ni fromage.

Les animaux domestiques sonl done Ir^s rares dans loule la Chine agricole; on rencontre pourtanl des boeufs et des buffles, qui sont employes k quelques Iravaux des champs el aux transports les plus penibles.

La peche est passee en Chine k T^tat d'art veritable, le long des cours d'eau, sur les etangs el les lacs. La pdche maritime est 6galemenl trfes active parmi les insulaires de la cdte. Les lies Chu-San sonl le centre de cette industrie, c'est ]k qu 'on sale une grande parlie du poisson destine k etre vendu dans Tinterieur du pays.

Mais c*esl k une branche loule sp^ciale de F^levage que les Chinoisonl ddi surtout leur renom. La culture du verd soie est, de temps immemorial, une sp6cialit6 de leur pays.

C'est le Tche-Kiang et le Kiang^Sou qui sont le principal centre de la culture de la soie, el Shang-Hai I'enlrepdt central.

La production totale ne peul ^tre evalu6e que d'une fagon tr6s approximative. Dans ces derni^res ann^es, I'exporlation a atleint \ 86 millions de francs. La Chine conserve done inconteslablemenl le premier rang, mais elle aura toujours plus k lulter centre la concurrence etrangfere.

Industrie; richesses uinerales. — Les Chinois commencent loulefois k se porter de plus en plus vers I'industrie, el leur pays n'esl pas k vrai dire moins bien pourvu de ce c6t6 en res-

LA CIIINE. 407

sources naturelles, qu*il ne Test pour Tagriculture. C'est d*abord le pays du monde le plus riche en houille, et celui peut-^tre ou I'exploitation de ce pr^cieux combustible est le plus ancienne. Les gisements les plus riches, si bien explores par le professeur von Richthofen, sont ceux du Petchili, du Chan-Toung, du Chan* Si. Hs ne couvrent pas moins d'un million de kilometres carr^, pr^s de deux fois la France, et renferment, sur une 6paisseur moyenne de 40 k 50 pieds, des provisions in^puisables d*excellent anthracite, qui pourraient suiiire aux besoins du monde pendant plusieurs milliers d*annees. L'extraction est en g^n^ral facile, mais Texploitation est encore trSs primitive.

La production annuelle, h peu pr^s stationnaire, ne paratt pas d^passer 4 millions de tonnes.

Les principaux bassins actuellement exploit^s sont ceux de Petchili (a quelques kilometres au nord de Peking) et du Chan- Toung, qui fournissent un charbon de premiere quality ; les mines du Zetchouen servent au ravitaillement des navires du Yang-ts^- Kiang et celles de Formose commencent k rendre le m^me service aux grands paquebots.

La Chine est riche en metaux de toute nature, mais elle tire peu parti de ses richesses. On estime qu'elle produit environ annuellement pour 25 millions de francs de metaux pr^cieux.

Les autres metaux sont localises dans deux grandes regions. Le Chan-Si, dej^ si riche en charbon, poss^de encore d*immenses gisements de /er, ou le minerai est de premiere quality. On pent rattacher au Chan-Si le Chan-Toung, ou le fer, le cuivre, le plomby abondent ^galement dans le voisinage des depdts de houille, tout pr6s de la mer ; mais c*est jusqu'& present la region du sud-ouest, du Yunnan, qui est le veritable pays k minerai de la Chine. L'industrie m^tallurgique, active depuis des si^cles, y a ete pouss^e jusqu*^ une grande perfection. Tous les metaux utiles, fer, cuivre, etain, s*y rencontrent. Mais le Yunnan est loin de tous les ports chinois; c*est le Tonkin qui en est le d^bouche naturel beaucoup plus que Canton. L'exploitation de ces mines pent etre pour notre jeune colonie une abondante source de richesses.

Le sel se tire k la fois des mines de sel gemme du Petchili, des salines du littoral, des nappes souterraines d*eau sal^e du Ze-»-Tchouen, qu'on exploite au moyen de puits art^siens.

Le kaolin s'extrait de preference aux environs du lac Poyang.

408 ASffi.

C*est m^ine d*une locality situ^e non loin de 1^, Kao-Ling, qiie la terre de porcelaine a tir^ son nom.

Outre toules ces ressources naturelles, la Chine est riche aussi, pour ainsi dire, de tous les avantages que lui assurent le grand nombre de bras dont elle dispose, et de toutes Ics qualit^s qui distinguent ses habitants; mais la concurrence europ^enne, qui contrefait tout et k meilleur march6, a ruin6 en Chine plusieurs branches d*industrie. C'est ainsi que les vases de bronze et les porcelainesj si fameuses, n'ont pas su conserver leur renom.

Le tissage de la soie est au premier rang des industries ; on la travaille un peu dans toutes les provinces, mais le principal <^entre inanufacturier de ce produit est Hang-Tcheou, non loin de Shang-Hai, qui est le grand entrepdt commercial.

Les naUes de paille et le papier fournissent chaque ann^e un appoint notable k Texportalion. Les objets de tous genres, en laques de toutes couleurs et les bijoux en jade, taill^s dans le Yunnan, sont tr6s estim^s en Europe. Faut-il citer enfin, pour son nom, Yencre de Chine, prepar^e a Ngan-King, avec un melange de noir de fum^e et de coUe de poisson?

Commerce; voies de communicatiok. — Les voies de communication sont actuellement tres d^fectueuses dans toute Tetendue de Tempire et les Chinois, qui voient le danger, ne semblent pas presses de rem^dier k cet etat de choses.

Ce sont les voies navigables qui sont, dans toute la Chine, les grandes routes du commerce interieur et ce sont elles qui transportent la plus grande quantite des marchandises; toutcfois le lioang-ho, sujet k des crues ou k des baisses tr^s caract^risees, est peu propre k la navigation. Mais le Yang-tse-Kiang est une des plus merveilleuses voies de communication du munde, une des plus utiles k Thumanit^. Le mouvement de la batellerie y est intense; Marco Polo comptait d^j^ 15000 embarcations amarr^es dans un seul des ports. Aujourd*hui encore, k Han-Keou, les jonques se suoc^dent sur une longueur de plus de 7 kilometres. Les eaux du fleuve sont si profondes que les steamers europeens le remontent sans transbordement jusqu*a une distance de 400 ou 500 kilometres de Tembouchure et vont chercher sur les lieux mSmes les productions du bassin superieur. Nombre d'affluents du Yang-tse-Kiang ne rendent gu6re moins de services que le fleuve m^me, en etabiissant avec les cours d'eau du nord et du sud, Ic lloang-Ilo, le Si-Kiang, des communications faciles.

Le r^seau des voies naturelles, qu'on ne connait encore que bien imparfaitement, est d'ailleurs mervcilleusement compl^t^ par un syst^me dc canalisation savante qui date de plusieurs si^cles. Mais le fameux a grand canal » qui s'^tend sur plus de 1 100 kilometres, de Hang-Tcli6ou k Tien-Tsin, pr6s Peking, est une QBUvre trpp vantee. Sa construction n*a pas exig6 beaucoup d*art, ce n'est qu un foss^ sans ecluses trac^ k travers des mar^cages; il a rendu toutefois des services immenses, en reliant Ic nord et le sud et en permettant d'eviter les cdtes dangereuses de la mer Jaune; c'est la grande voie qui a assure pendant des si6cles Falimentation de toute la Chine septentrionale. Mais il est aujourd'hui dans un ^tat deplorable d*abandon, et les projets dc restauration proposes par les ing^nieurs europeens ne semblent pas pres d'etre mis k execution.

Au reste le developpenient du cabotage et les progr^s de la marine chinoise Font rendu moins n^cessaire qu*autrefois. Le cabotage, favoris^ par une ^tendue de 5 000 kilometres de cdtes, est surtout actif de Shang-Hai k Canton, tout le long de la region montagneuse, ou les transports k Tinterieur sent rendus plus difficiles par Tabsence de voies naturelles de communication.

Les routes sont difficiles k construire en Chine, aussi bien dans la terre jaune, ou il faut creuser de profondes tranch^es, que dans les plaines basses constamment inond^es de Test. La plupart des anciennes voies qui, au temps de la dynastie mongole, relialent Peking aux grandes villes de Tempire et dont quelques< unes avaient jusqu*^ 4000 kilometres, ne sont plus que des sentiers accessibles seulement aux mulcts et aux porteurs de palanquins.

Peking est le point de depart des routes de caravanes qui vont en Mongolie et gagnent la Siberie par Mai^Maichin et Kiakta; de Lan-Tcheou partent celles qui se dirigent vers le Turkestan chinois. C*est k Han-Keou que se ferment les caravanes du Thibet et c'est enfin Talifou qui equipe les convois destines k la Birmanie et au Laos.

La construction des lignes de chemin de fer ne pent manquer d*exercer sur le developpement economique et social de la Chine une influence euorme, et d'avoir par consequent pour le rostc du monde des consequences immenses.

En 1888, a ete inauguree la ligne de Tien-Tsin a Kai-Ping (150 kil.). Un decret imperial du mois d'aout 1889 a ordonne la

construction d'une voie ferr6e destin^e k relief Peking k Han-Keou, mais le vieux parti chinois a r^ussi k. faire ajourner les travaux ainsi que Touverture du Yang-tse-Kiang au commerce europ^en. Par un traits sign6 en juin 1889, la navigation du fleuve Jaune a 6te ouverte k TAngleterre jusqu'k Tchoung-King,

La paste d'fitat comprend environ 10 000 bureaux r^partis ontre les Messageries qui font le service dans les dix-huit provinces, et le « courrier » qui embrasse tout le reste de Tempire.

Les lignes telegraphiques^ dont Tintroduction a soulev^ aussi tant d'obgtacles, comptent environ 10 000 kilometres de fils. Le si(^ge de Tadministration est Shang-Ha!, point d*attache des cables.

Commerce interieur. — G*est le long des voies navigables que tout le mouvement est concentre. Toutefois, c*est dans la r^* gion du Yang-tse-pKiang, ou la population se presse k raison de 400 habitants par kilometre carr^, que le trafic local est le plus intense; mais les relations avec la cdte sont encore relatiyement peu developp^es. On evalue k 450 millions de francs seulement le commerce qui s'est fait sur ce fleuve en 1886. II ne s'est accru que d un cinqui6me dans Tespace de quinze ans. Le grand entrepdt de toute la Chine interieure est Ban-Keou.

Commerce ext^rieur. — Le relations par terre sont peu actives. La plus grande partie des marchnndises qui sortent de Chine pour venir en Europe par terre passe encore par Kiakia^ mais leur valeur n'atteint gu6re qu'un vingti^me de Texportation totale.

Par les fronti^res du sud, les relations sont encore moins actives; la seule route suivie r6guli6rement par les caravanes est celle de Talifou k Bhamo.

Le commerce par mer a pris depuis quelques ann^es une grande extension, mais peu proportionnelle encore aux richesses du pays et k la density de la population.

Shang-Hai est de beaucoup au premier rang des ports chinois. II reijoit les deux tiers des importations tolales, et participe pour pr^s du tiers aux exportations. Sa situation k Tembouchure du Yang-*tse-Kiang est excellente. II est le d^bouch^ de toute la Chine centrale, oi^ sont accumul^es les richesses.

Canton^ auquel on pent joindre le port voisin de Kaouloune'r vient ensuite en importance. Le chifTre d*afTaires de ces deux ports r(^unis, k Timportation, n*est gu^re inf^rieur ^ celui de Shang-Hai.

Ces trois ports font environ les trois quarts du commerce g6n^ral de la Chine. Le reste est dissemin^ entre tons les autres ports; les plus actifs sont, par ordre d'importance : Atnoyj Fou- Tcheou, SwatoWy Tien-Tsin^ le port de Peking, Ean-keou, dans Fint^rieur.

On ne peut n^gliger de mentionner encore le port anglais de Hong-Kong qui re^oit en transit une grande partie des denr^es destinies k la m^tropole ou en provenant.

La valeur du commerce ext^rieur de la Chine s'61^ve k un milliard et demi. C est k peine le cinquanti^me du mouvement annuel des affaires dans le monde.

Ce sont les Anglais qui ont la plus grande part aux ^changes avec la Chine (16 millions de tonnes sur un total de 23) ; les Am^ ricains, les Allemands, les Japonais, viennent ensuite. La France occupe tout au plus le cinqui^me rang (500 000 tonnes).

II est incontestable que la Chine ne donne pas encore tout ce qu*elle peut fournir. Les tresors qu'elle renferme en richesses min^rales et agricoles, en activity huraaine, sont rest^s jusqu'a present presque entierement ferraes aux autres peuples ; mais un jour viendra ou Tacc^s en sera possible et Texploitation ouverte. \\ n'est que sage pour les nations de TOccident de pr6voir ce moment et de se pourvoir en consequence.

Au nord-est de Tempire chinois, la Corecy p^ninsule montagneuse de 220000 kilometres carr^s, peupl^e d*environ 15 millions d*habitants» a pu conserver une autonomic pr^caire, grdce &la rivalite des Ghinois, des Japonais et des Russes qui desirent ^galenient s'enrendre maitres. Elle est travers^e du nord au sud par une chaine dont le point culminant le Petenchan depasse 3000 metres. Son principal fleuve est le Salazi. Les cdtes sont bord(^es d'iles rocheuses. La plus grande est Tile de Quelpaert. La capitale, Seoul^ est une grande ville de J 50 000 ^mes,

La Cor^e, bien arros^e dans toutes ses parties, donne k peu pr^s les mSmes productions que la Chine septentrionale. Le ri;^, dont la culture est favoris6e par de nombreux canaux d*irrigation, est, comme en Chine, la prin^ipale npurriture des habitants, qui plantent encore quelques cere'ales : bl6, mais, millet.

41 f ASTE.

Les arbres futtien sont nombreux, la vigne r^ussit mieux qu*en Chine. Le colon, le chanvre, le tabaCf sont les principales cultures industrielles. II y a dans tout le pays de vastes et bons pdturages qui nourrissent un be'tail nombreux.

Les forels couvrent une partie de la superficie du pays. Outre les bois de construction, dont elles fournissent d*abondantes quantit^s, elles sont riches en gibier. La presence de quelques animaux h fourrure dans le nord anndhce Tapproche de la Siberic.

Hais la grande richesse de la Cor^e, ce sont ses mines, Vor ct Vargent sont tr^s abondants dans tout le royaume. La production annuelle d^passe 7 millions de francs. Les metaux precieux entrent pour les deux tiers dans Texportation totale du pays. II y a des montagnes entieres de mineral de fer, dont I'exploitation ne pr^sente aucune difficult^.

Uindmtrie des Goreens est assez d^veloppee, mats elle a ete jadis beaucoup plus brillante. Ge sont eux qui ont appris aux Japonais Tart de la fabrication des poteries et des porcelaines.

Trois ports sont ouverts depuis 1883 aux Europ^ens : ChimoulpOy Fusan et Geman, Le mouvement y a atteint, en 1887, 360 000 tonnes, et celui du commerce 43 millions de francs, dont 25 environ pour importation (cotonnades, soieries, metaux) et le reste k Texportation (metaux precieux, legumes, peaux).

La Gor^e a conclu, en aout 1888, avec la Russie un traits de la plus haute importance. LesRusses obtiennentle privilege de construiredcs etablissements et des factoreries dans le port deHeng- Kong, situe a I'cmbouchure de la riviere Tumen. lis ont desormais sur le Pacifiquc un port qui n'est pas, comme Vladivuslock* bloque par les glaces durant Fhiver.

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Sujetd de dovoirs»

Les fleaves de la Chine.

Imporlance commerciale de la Chine.

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