INSULINDE OU MALAISIE
engOGRAPHIE e^N^RALE
L'Insulinde, qu'il est difficile de delimiter d'une fa^on bien precise, couvre un espace 6gal aux trois quarts de TEurope, mais les terres ne s*etendent gu^re que sur 2 millions et demi de kilometres carres.
Situation. — Les iles qui la composent ont entre elles de grands points de ressemblance ; elles forment un tout geographique. L*unite existe en eifet, grdce k la communaute d*origine geologique, k I'uniformitedu climat et k la proximity des rivages qui a facilite les relations et att^nue les contrastes. L'archipel malais etait appeie par sa situation k servir de trait d'union entre FAsie et I'Australie, de mSme que Tarchipel grec rapproche TEurope et TAsie et que les Antilles relient entre elles les deux Ameriques.
Les Mediterranees qui se developpent entre les archipels de rinsulinde sont, en general, de faible profondeur; il est rare qu'entre plusieurs iles du mdme groupe la sonde descende k plus de 90 metres. C'est comme la Manche entre la France et I'Angletcrre. Toutes.ces eteiiduos marines ont des noms parti-
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cullers : mer de Java, mer de Banda, mer de Soulou ou dc Celebes. Les detroits sont nombreux et ramifies ^ I'infini : on cite Ic detroit de la Sonde entre Sumatra ot Java, de Makassar cnlrc Borneo et C^l^bes, le passage des Moluques entre C6I6bes et les Moluques.
II est ioutefois une distinction k ^tablir entre toutes ces lies. I/Insulinde se partage nettement en deux regions :
1<> Vlndo-Malaisie, compos^e des grandes lies de Sumatra, de Java et de Borneo. Celles>ci regardent TAsie, dont elles ne sont separeesque par une depression marine profonde de 60 metres.
2*" VAustro-Malaisie comprenant Celebes, les Moluques et la partie orientate des Ues de la Sonde. Ces lies reposent sur un plateau sous-marin qui, k 100 metres au-dessous de la surface marine, va s*adosser au continent australien.
Ces deux groupes sont coupes Tun de Fautre par une veritable fosse de 36 kilometres de large et de 1000 metres de profondeur : c'est le detroit de Lombok qui s*ouvre sur lo detroit de Makassar. Quant aux Philippines, elles sont presquo isolees du reste de Tlnsulinde par des abimes de 4500 metres.
Relief. — L'archipel malais fait partie du cercle de feu qui entoure tout le grand Oc^an. Le trait earacteristique du relief est la longue trainee de volcans qui s'etend presque sans discontinuity de Sumatra k Timor et de 1^, par les Moluques et les Philippines, jusqu'i Formose, en laissantApart Celebes ou il n'y a qu'un seul volcan et Borneo ou il n'y en pas. L'Insulinde est le pays du monde ou les volcans sont proportionnellement le plus nombreux. On en compte jusqu*^ 49 en activite. Les formes du relief sont tr6s vari6e6; quelques-unes des iles sont mediocrement 61ev6es el plongent dans la mer par des pentes douces; d*autres se dressent brusquement en hautes montagnes audessus d'une mer profonde. 11 en est qui tiennent le milieu comme Borneo et Sumatra et ou les plaines se melangent aux montagnes. On a souvent remarqu6 que les iles volcaniques de Tarchipel malais 6taient generalement de formes allongees, tandis que les autres sont mieux proportionn^es et de contours plus harmonieux.
Hydrographie. — Les fleuves aboutissent presque tons a des mers fermees. Ce ne sont pour la plupart que des torrents. Quelques-uns sont de vrais fleuves, comme ceux de Borneo qui en poss^dc de plus longs que le Rhin.
CAtes. — Leg c6tes tournent leurs pentes douees vers I'int^rieur de la courbe, tandis qu'elles se redressent sur Toc^an Indien. Beaucoup d'iles sont envelopp^es d*une bordure de r^cifs coraliens. A Texception de Sumatra et de Borneo, qui ont une architecture relativement massive, las lies sont d6coup^es h l*infini. L'Insulinde est plus articul6e que TEurope elle-mSme.
Fig. 18. — Cercle dc feu du Grand Oc^an.
(Qualre proupes en Asle, six en Occ'anie, huit en Am^rique.)
Climat. — La position des iles de Tlnsulinde au milieu de mers tr6s chaudes, la diversity du relief, et surtout Taltitudc des monlagnes qui cause Tabondance des pluies, ont fait de cet archipel la region la plus riche et la plus vari6e du globe. 11 apparlient au dpmaine des raoussons australiennes. La saison des pluies dure de Janvier ^mars; mais, grace au voisinage des mors equatorialeset aux orages, il n*y a pas, & propreraent parler, de saison s6che. Tandis que, dans I'lnde, pendant lesmois sees, on a moins.de 1 pour iOO do pluie annuelle, h Batavia le mois le plus sec fournit encore 3 pour 100 de la quantite totale de Tannic, et, dans les montagnes, les orages et le soleil alterncnl continuellcmenl. 11 tombe par an h Java, k Borneo, aux Molu-
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qucs, elc, de 2 ii 3 metres de pluie; sur la c6te occidcntale de Sumatra plus de 4 metres ; k rinterieur de Java jusqu^a 4 m. 80. Par contre, la partie orientale de Java et les lies voisines de l*Australie sont beaucoup plus s^ches (i m. 50 environ). La division en mousson s^che et mousson humide s*accuse davantage.
La temperature de Tlnsulinde est la plus maritime du monde. Nulle part Tinfluence mod^ratrice de la mer ne la rend plus egale. Dans bien des plaines de Java, de Sumatra et de Borneo, il n*y a pas plus d*un degr^ de diiTi^rence entre la moyenne du mois le plus froid et celle du mois le plus chaud. Cette moyenne est de 25 k 27<*. L'^cart devient sensible k mesure qu*on s avance vers Test.
Flore. — Un pareil climat chaud et humide engendre une merveilleuse fecondit^. On pent dire que la flore des iles malaises est comme une transition entre TAsie et TAustralie. Dans Tile de Timor, ou Thumidit^ est moins abondante et la temperature plus in^gale, la vegetation a d^ja le caract^re australien. L*acacia et Teucalyptus apparaisscnt. G*est dans les iles occidentales que se pressent les richesses v^getales. Les bambous peuvent atteindre jusqu'^ 40 metres de haut, certaines fleurs ont Jusqu*^ 2 m. 80 de tour. Toutcs les graiidcs tics sont couvertes de fordts vierges oA les plantes parasites, de leurs rameaux multiplies, unissent tons les arbres en une masse solide.
Fanne. — Le roSme constraste enti'e la partie occidentajle et la partie orientale se retrouve dans la faune. Le ddtroit de Lombock separe le domaine de la faune asiatique de celui de la faune australienne. D'un cdte sont les grands mammif&res du vieux monde, elephants, rhinoceros, tigres ; de Tautre, se montre une faune tout k fait differente, caracterisee par certaines esp6ces comme les marsupiaux et les kangurous.
Races. — Les races humaines sc sont m^lang^es dans ces iles. On croit que la population primitive se composait de n6gres oc^aniens et que les Malais ne les ont soumis qu*au xu® siecle. Aujourd*hui les noirs (Negritos, Alfourms) ne se trouvent plus en grand nombre qu*aux Philippines, k Djilolo et k Ceram. Les vrais Indonesiens se rapprochent du type de la race blanche {Dayaksde Borneo, Battasde Sumatra, TagcUs de Lui^on, Bizayas de Mindanao, Boughis de Celebes]. Toute la population est d'ail-
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lenrs m61^e d*^l^nients hindous et arabes. Les Chinois sont envi* ron 100000.
Colonisation. — La colonisation portugaise est la plus ancienne dans ces parages. Cast en 1511 que Albuquerque s*empara de Malacca et en 1529 que les Portugais prirent possession des Moluques. L*Espagnol Magellan avait touch^ aux Philippines en 1521, mais il p^rit de la main des indigenes. Au xvii<' si^cle, les Hollandais d^pouill^rent de ses colonies le Portugal, alors uni k TEspagne. En 1602 fut cr^^e la compagnie neerlandaise des Indes orientates. En 1611 Batavia devint la capitale des etablissements hollandais. Les Portugais n*ont conserve que la moiti^ de Timor. Les Philippines sont possession espagnole.