CHAPITRE n
COLONIES EUROP^ENNES DE LA MALAISIE
Colonies hollandaises. — Les Hollandais occupent encore le plus grand nombre des iles de la Sonde ; Sumatra y Banca^ BUliton^ Java, Madoura, Lombok, Soumbava, Flores, la plus grande partie de Borneo, Celebes, les Moluques, la moitie de Timor et la partie occidental de la Nouvelle-Guinee, C'est nn empire colonial de 1850000 kilometres carres (Pays-Bas : 52 989kil. carres).
Les Hollandais et autres Europ^ens sont an nombre de 65000» presque autant que les Anglais dans les Indes. L'armee compte environ 30000 soldats dont 13 000 Europeens. II y a en outre des gardes civiques et des corps arraes indiens.
L*archipelest divise en treizc provinces subdivisees elles-m^mes en quarante residences. On distingue : 1 •* les possessions directes, Java et Madoura ; 2® Les possessions exterieures, comprenant les autres iles, les pays proteges ou tributaires. A la tfite de ladministration est le gouvemeur gefiercd assists du conseil des Indes.
Sumatra mesure 440000 kilometres carres de superficie, soit treize fois Fetendue des Pays-Bas. Sa longueur est de 1 600 kilo-
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metres, sa largcur de 400 environ. Par la forme de ses rivages et par son relief, elle rappelle la grande ile de Madagascar. Elle est travers^e dans toute sa longueur par une haute chaine de montagnes voisine de la cdte de TOc^n et qui s'abaisse k Test sur une large z6ne d'alluvions. Ce soul^vement, dont la base est de granit et que couronnent des roches stratifies, presente tour a tour Taspect d une arMe simple et celui de deux ou trois rameaux parallMes avec chainons secondaires transversaux. Au nord-ouest le plateau HAtchin a pour bordure occidentale les monts de Barisan, qui sont le prolongement des montagnes des iles Andaman et Nicobar. Sur la c6te s'^l^ve la haute cime volcanique de Selawa-Djanten ou mont Goudberg (1726 m.) ; au dela, vers Tou^st, commence la chaine principale ou certains sommets atteignent, dit-on, 5 400 et 3 700 metres. Elle se r^soud en chaines paralleles qui embrassent le plateau de Toba, pour revenir ensuite aux formes simples. Sur un promontoire lateral se dresse le geant de File le Pasaman ou mont Ophir (2900 m.). Au sud d'une coupure transversale s'alignent plusieurs rang^es de volcans en mines, disposes suivant un axe parall^le k lorientation de Java. Tels sont le Singalang (2600), le Merapi (2800), le Sago (2240) et le volcan de Talang (2500 ra.). G'est egalement sur une arSte perpendiculaire k la direction de Sumatra que sont situes les volcans des Iles de Sebesi et de Krakatau. Cette derni^re a ei& en 1885 le theatre d'une eruption formidable. Le bruit en fut repercute jusque dans la Chine meridionale, dans le golfe du Bengale et dans une moiti^ de I'oc^an indien. La pluie de cendres sorties du crat^re s'epandit jusqu'^ 1200 kilometres, jusqu'^ Madagascar. La commotion souleva une vague de 50 metres de haut qui engloutit des villes, des villages et des for^ts enti^res. Plus de 40000 personnes furent noyees. L*ancienne ile fut k moitie detruite, mais de nouvelles terres surgirent en des endroits ou il y avait auparavant 70 metres d'eau.
Sumatra est Tile de Tarchipei malais la plus riche en pluies (4 m. 80 k Padang). Aussi a-t-elle des fleuves puissants dont les alluvions ont cree le sol de la moitie de Tile. Les principaux sont le Siak et le Kampar navigables sur 100 kilometres, le bjamdi que les bateaux k vapeur remontent jusqu'^ 600 kilometres de i'cmbouchure. A 100 kilometres de la mer, il a encore 400 metres de large et 5 de profondeur, le Moesi qui se termine dans une plaine basse k demi noyee. Sumatra possede plusieurs grands
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lacs, comme la mer de Toba (1 500 kil. car.) et Ic lac ou mer de Singkara.
De toute les iles de I'lnsulinde, Sumatra est celle qui renferme le plus d*essences r^sineuses. On y trouve jusqu'^ dix esp^ces de canneliers, Les for^ts et les jongles du nord-est servent de repaire aux ^l^phants. On rencontre aussi le tapir et le rhinoceros. L*orang-outang ne se trouve que dans un district du nord-est.
La population de Sumatra est de 3 ou 4 millions. Les habitants i'Atjeh ou Atchinois se consid^rent comme une nation k part. Les nobles pr^tendent descendre d'^migrants arabc^. Des le xn*' si^cle ce pays etait pour Tlslam un foyer de propagande. Ce petit Etat qui occupe la partie nord-occidentale de Tile n*a pu kre compl^tement conquis par les Hollandais, malgre la guerre de 1875. Les hostilites durent toujours entre les garnisons neerlandaises et les indigenes. Le sultan d^Atjek a done conserve quelque independance. Tout le reste de Tile est au pouvoir des Hollandais. Les principales villes sont Benconlen au sud-ouest» Pdembang k Test (40000 bab.).
Java est, par son etendue, la quatri^me des iles de llnsulinde (150000 kil. Carres, c'est-a-dire plus du quart de la la France). L'altitude moyenne de Ttle est de 500 metics. La partie occidentale est la plus ^lev^e. Les trois cinqui^mes de Java se composent de terrains sMimentaires. Le reste est d'origine volcanique. On ne compte pas moins de45 volcans dont 50 en activity. Quelquesuns de ces cdnes d'eruption depassent la hauteur de 550 metres. Le point culminant de Tile est le volcan de Semeroe (3670 m.). Ces volcans ne ferment pas une chaine continue. Ce sont des massifs insulaires disposes suivant un axe parallele k celui de Sumatra. Leurs coulees ont sonde entre elles les diff^rentes iles autrefois distinctes dont se compose Java. Les montagnes composhes de cendres et de scories, profondement ravin^es par les pluies, pr^sentent sur leurs fiancs des couloirs qui ont jusqu*^ 200 metres de profondeur. Elles ressemblent ainsi k de gigantesques edifices supportes par d^^normes arcs-boutants. En 1792, un volcan, le Papandayang ^clata. La cime dispainit en poussi^re ; depuis, un ruisseau de boue jaillit de la bouche mSme du crat^re k 2350 metres d'altitude.
Le d^veloppement de cdt6s de Java, sans Tile de Hadoura et sans les petites indentations, d^passe 5 500 kilometres.
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Le versant le mieux arros6 de Tile est le versamt occidental. L'humidit^ varie de 1 m. 14 k Sitoebondo, k 5 metres h Buitenzorg; Le fleuve, le Kali-Solo, qui d^bouche en face de Madoura, a 500 kilometres de cours.
Les aires v^g^tales s'^tagent en hauteur suivant les climats. La flore tropicale ne d^passe pas 600 metres. G*est au-dessus, entre 690 et 2 000 metres, que croissent les plus beaux arbres. On y rencontre k la fois les esp^ces europeennes et des essences sp6ciales k Java. A mesure qu'on s'M^ye la v^g^tation diminue ; plusieurs volcans ont des cimes nues.
Java ne poss^de ni T^l^phant, ni le tapir, ni Torang-outang. Le tigre habite les jungles et les plaines basses. Le rhinoceros existe ainsi que le boeuf sauvage et cinq ou six mammif^res propres k Tile.
La population de Java repr^sente plus des deux tiers de la population totale de Tlnsulinde. Avec Madoura qui en depend, die contient 21 millions d*habitants, soit plus de 1 70 habitants par kilometre carr^. En certaines provinces la density est de 400 habitants.
Les Mcdais dominent seulement dans une moiti^ de la province de Batavia. Le fond de la population se compose de Javanais, Les Ghinois sont environ 200000. Massacres et chassis k plusieurs reprises, ils sont toujours revenus en nombre. lis sont en effet indispensables dans le pays oil ils servent d'intermediaires entre les propri^taires hoUandais et les indigenes agriculteurs. II y a 30000 colons europ^ens. Ceux-ci ont beaucoup de peine k s acclimaler dans ce pays chaud et humide. La mortalite est toujours tr^s forte (1 dec6s sur 20 residents). La capitale des ^tablissements hoUandais est Batavia (100 OOOhab.). A une cinquantaine de kilometres et k prfes de 300 metres d'altitude se trouve la residence d*ete Buitenzorg ou Sans-Souci. La rade de Sourabaya est le grand arsenal n^erlandais de ces mers (127000 hab. ).Semaraw^ compte 70000 habitants. Sourakarta et Djokjo-Karta sont les capitales de princes ind^pendants. La premiere a 126000 habitants.
LovfiocK a un volcan qui s'eleve k 2400 mMres. Sumbava a ete ruinee par la catastrophe de 1825. Le Timboro vomit jusqu'iii 1 000 milliards de metres cubes de laves en fusion. La cendre fut emportee jusqu*^ 500 lieues, dans Tile de Sumatra.
Borneo est, aprfes la Nouvelle-Guinee, la plus grande ile du
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globe (740840 kil. carr6s» 1 fois 1/2 la France). Sa foraie est celle |d*un triangle. Le littoral, peu articul^, mesure 6 420 kilometres de long. A quelque distance des c6tes, qui sont gen^ralement basses, le pays devient ondule et montagneux. Le rcliel se compose d'une arete orientee du sud-ouest au nord-est, dans la direction des Philippines. De la partie m^diane se detachent trois rameaux divergents qui vont se terminer aux principaux promontoires de Tile. Au nord le Kina-Balou est le sommet le plus 6leye de Tile et probablement de I'lnsulinde. Les estimations de sa hauteur varient entre 5400 et 4100 metres. Plus au sud le mont Malu a 2400 metres. Au centre de Tile, le Batoe- Radjah, s^el^ve k 2500. Independamment des chaines que nous avons indiqu^es, Borneo compte beaucoup de massifs Isolds. D*ailleurs une grande partie de Tile est encore inexplor^e. On n*a pas encore trouv^ de volcans. Entre les massifs s*^tendentde grandes plaines d*argile, de cailloux et d'alluvions.
Le climat de Borneo est rafraichi par les brises marines. La temperature varie entre 22 et 32 degres. Sur le littoral, les moussons alternent reguli^rement, mais dans Tint^rieur la repartition des saisons est h peine sensible. On a constats 4 et 5 metres de pluies par an sur la c6te de Sarawak. Le plus long fleuve de Borneo est le Mahakkan, Sur les 960 kilometres de son cours, 600 sont navigables. La region m^ridionale la plus arrosee est parcourue par la Barito ou Bangei^ qui forme un delta dc 2 000 kilometres carr^s. Un autre fleuve, le Kapoeas^ se termine aussi par un delta considerable.
La flore de Borneo est extremement riche. L'ile entiere est une vaste foret. La faune ressemble d celle de Sumatra. On y trouve Torang-outang, Teiephant et le rhinoceros.
La population est tres clairsemee puisqu'on y compte k peine 1 million d'habitants. La grande majorite se compose de Dayak, Outre les HoUandais qui regissent un grand nombre d'Etats Yassaux et les Anglais etablis au nord, un sultan independant possede au nord un territoire assez etendu. La partie hoUandaise comprend deux residences, Pontianak ei Banjemuusing.
Celebes est la troisieme lie de Tlnsulinde pour la superficie (170000 kil. Carres). Elle est constituee par quatre presqu'iles qui se rattachent k un tronc commun assez etroit. Avee une eiendue un peu superieure au tiers de la France, elle a jusqu*^ 5 900 kilometres de cdtcs. Le relief est forme d*une ossature de
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montagnes comme k Borneo, mais ici lesplainesd'alluvionsmanquent. Le sommet culminant, le pic de Bouihatn, k I'extr^mite m^ridionale, atteint 3130 mfetres. On n*a signal^ aucun volcan dans la parlie centrale ni au sud. La presqu'ile septentrionale ou le Minahassa, relive au reste de File par un isthme large de 50 kilorafetres, forme une terre presque distincte. Elle porte k son exlr6mit6 une montagne qui depasse 2 000 metres le Klabat. L'ile de Satigi, au nord, contient un volcan de boue, le moni Aboe. L'explosion de 1856 causa 2 800 victimes.
La temperature oscille entre 32 degres, le jour, et 21 degr6s la nuit. Les pluies varient de 1 m6tre k 4 metres. Les pentes d'6coulement, partout rapides, favorisent F^coulement des eaux. Celebes est une ile tr6s salubre.
L'ile renferme un grand nombre de lacs. Le plus considerable est, au centre, le lac Posso.
La flore est tr6s riche, surtout dans la p^ninsule de Minahassa qui est un veritable Eden. La faune presente des caract^res sp^ciaux. Certaines esp^ces ressemblent plusi la faune africaine quk celle de Tlnde et de TAustralie.
L'ile est presque deserte. On compte seulement 1 million d'habitants. Les deux points de Tile serieusement exploit6s par les HoUandais sont la province de Makassar et la province de Menado, Lacapitale Menado a une bonne rade.
L'archipel de Soela forme la jonction entre Celebes et les Moluques, Une fosse profonde de 200 metres s6pare cet archipel de Boeroe.
Les MoLUQDES appartiennent k deux groupes distincts entre lesquels se creusent des abimes de 3000 m^res. Ce sont • !• les Moluques du sud, ay eo Boeroe, Ceram, Banda et Amboine Coram a des montagnes de plus de 2000 metres. La plus prosp6re de ces iles est Amboine. La ville de ce nom a environ 20 000 habitants. La mer de Banda, qui s'ouvre au sud, a dea profondeurs de 6000 metres. 2<» les Moluques du nord. Ce son^ GiloU) ou Halmahera, dont la capricieuse architecture rappeUn Celebes, Tidor, dominie par un volcan de 800 metres et 7>^. nate, qui a aussi un volcan, haut de 1 500 metres. Obi, Ajan ei Moroiax. La capitale, Temate, compte de 5 ^ 6 000 habitants.
Colonies espagnoles. — Les colonies espagnoles des Philip- PINES sont aussi une partie de la ceinture insulaire de TAsie et 86 developpent sur une longueur do plus de 1 500 kilometres
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entre les arbhipels hollandais de la< Sonde et Ttle de Formode. Des profondeurs de 5000 metres les en s^parent, il est vrai, mais les Philippines se.rattachent cependant Ji Tlnsulinde par trois bras en partie Emerges, la longue lie de Paragua, Tarchipel de Jolo ou Soulou et les iles Sangui, Elles se composent d*une douzaine de grandes iles et de 1200 petites environs. Elles couvrentune superficie d'environ 300000 kilomMres carr6s.
Une seule ile, Lugon ou Manillej a plus de 100 000 kilometres carr6s: Mindanao n*est guere moindre. Cinq autres ont chacuneplus de 10000 kilometres carr^s. Le sol est gen^ralement montueux; Les monts crateriformes sont presque aiissi nombreux que dans I'lnsulinde. La grande activity eruptive s*est localis^e h LuQon et dans ses peninsules. Les Philippines sont une des regions du globe U plus fr^quemment ebranl^es par les tremblements de terre. Le plus connu de ces volcans est le Tool (2300 m.) all pied duquel se deploie le magniflque lac de Bay.
Le climat est essentieilement maritime et tropical. Les extremes de temperature sont 36 et 15<^. L*ecart total est done d*environ 20°. Les pluies fournissent annuellement de 2 m. 27 ^ 2, m. 76. Les vents d6crivent un cycle complet, suivant les ^aisons. Aux epoques des changements de direction, Tequilibre des airs etant rompu, se produisent les typhous. En 1882, k Manille, un de ces ouragans qui marchait avec une vitesse de 237 kilometres k Theure coula de nombreux navires et engloutit des milliers de personnes.
Le plus long cours d*eau, le Cagayan ou Tajo ou rio Grande^ a 550 kilometres. ; ;
Pour la flore, les Philippines sont une transition entre Tlnsu*linde el Tile chinoise de Formose. A cdte d'especes nombreuses de palmiers, se voit Tarbuste h the. Les iles ne renferment pas de betes feroces. Peut-etre le tigre et le leopard hantent-ils Tile de Paragua. Les especes les phis communes sont les singes, les antilopes et de grandes varietes d*oiseaux.
. La population est de 9 millions dliabitants. La race primitive est celle des Negriios (environ 20000). Les nombreuses peu-* plades, Btco/s, TagalSy Bisayas, ManthroSy offrentune transition entre les Negritos et les Malais. Ceux-ci, nombreux surtout dans Tarchipel de Sou/ou, sont des mahometans fanatiques. Partni eux SQ recrutent ces a junimentados » qui, ayant fait le sacrifice de leur ;vi6, se jettcnt, le. kriss en main surles Chretiens. Lee
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Chinois sent environ 50000. Cette immigration, qui a pris une tr&s grande extension, est fort mal vqe de la population indigene. Les Espagnols sont 14000 seulement. Jusqu'^ present il n*existe d'organisation municipale qu*^ Manille, mais un arrM^ recent permet au gouverneur de cr^er des conseils dans les localites les plus importanles. Les ordres religieut sont rest^s^ peu pr^s les seuls intermediaires entre le gouvernement de la metropole et les indigenes qui avaient jusqu*ici conserve une certaine ind^ pendance.
De cette colonie des Philippine^ dependent les groupes des lies PalaoSy des Carolinet et des Mariannes,
Les Gauolines sont un archipel de 500 lies se d^veloppant sur une longueur de 2800 kilometres, et une superficie marine de
I 600 000 kilometres carr^s. Mais la superficie terrestre est de 977 kilometres carr6s seulement. Ce sont des lerres de formation coralligene, afTectant generalement une regularity parfaite.
II y a de 20 k 50000 habitants.
Les Mariannes sont separees des Philippines par un detroit de 2000 kilometres, profond de 2500 k 3000 metres. Gomme les Kouriles et les lies Aiebutiennes, elles se depioient suivant un arc die cei*cle regulier, long de 4 000 kilometres, marque par qne rangee continue de Yolcans. On compte dix-sept lies ayant une superficie de 4 440 kilometres carres. La flore et la faune sont singulierement pauvres. La population est de 9 000 habitants.
Les Carolines, les Mariannes et les lies Palaos appartiennent k cette portion du Pacifique qu'on appelle la Micronesie. Les autres archipels de cette region sont les iles Marshally les iles Gilbert; E lice J etc.
Colonies anglaises. — Les Anglais se sont etablis dans la partie septentrionale de Borneo k cause de ses mines de houille. C'est en tout un territoire de 60 000 kilometres carres, avec 200 000 habitants. II faut ajouter aussi que le royaume de Sarawaky fonde par un Anglais, est entierement sous Tinfluence anglaise, et que le sultanat de Brouniy deja si reduit, ne tardera pas lui-meme k devenir un simple pays de protectorat. L'ile Labouan (80 kil. car.) fait partie des possessions anglaises.
G^ographie dconomique. — L'Insulinde est, en premiere ligne, Fintermediaire entre les deux continents du nord et du 8ud, FAsie et FAustralie, de meme qu*e Foppose du monde, les
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Antilles entre les deux Am6riqucs. Mais elle a jou6 dans Tliistoire 6conomique de cetle parlie du monde un rdle bien autrcraent important par sa position intermediaire entre les mers dc rinde et TOcean Pacifique. Au reste, le caract^re insulaire dc cette region, le grand nombre des mers interieures, rarticulation si remarquable des c6tes, les d^coupures du littoral, devaient rendre n^cessairemcnt les habitants de ces lies, marins et commerQants. C'est sur la mer, c*est dans la direction de Test k I'ouest que s*est oper^e leur expansion. Les Malais ont 6t6 durant des siecles, avant les Arabes, les intermediaires de tout le commerce maritime dans les mers de llnde.
Pour les Europeens, rinsiilinde a toujours et6 un point de passage d'une importance capitale.
Mais ce n'est pas k cette position seule que ce pays a du d'etre, un des premiers du monde, colonist et^exploite par des Occidentaux; il est aussi par lui-mdme un vaste et important pays de production. Les nombreuses iles qui 1^ constituent occupent au total une superficic triple de celle de la France, et dont le dixi^me k peine est utilise. On sait d'ailleiirs le r61e qu'a Joue autrefois le « pays des Apices » dans les relations commerciales de TEurope avec TExtr^me Orient. L'archipel malais a conserve presque intact le monopole de ces pr6cieuses denrees ; mais il a soufifert de vicissitudes nombreuses.
Llnsulinde ne retrouvera jamais Timportance qu'elle eut jadis dans les transactions du monde, k une epoque ou les Europeens ne demandaient aux pays tropicaux que quelques produits exotiques. Car ce qu'ils recherchent aujourd'hui avant tout, ce sont les objets de premiere necessite. L'archipel malais, gardera comme sp^cialite la production de quelques mati^res d*alimentation du second ordre : sucre, cafe, epices. Son rdle k ce point de vue n'est done, k tout prendre, que secondaire.
Agricdlture. — L'archipel malais convient k merveille aux cultures epuisantes, aux sues concentres, aux odeurs fortes, qui exigent k la fois beaucoup de chaleur, d'humidite et de lumi^re*
La geologie contribue d*abord k donner au terroir des qualites exceptionnelles de fertility. Le sol est presque partout de nature volcanique sur les pentes; tandis que les terres basses sont des plaines alluviales, qui ne sont pas moins riches ni moins favorables k Texploitation agricole.