COLONIES EUR0P£ENNES DE LA MALAISIE
Le relief est une autre cause de prosp^rit^. II est tr^s vari^. Les stages de v^g^tation se succ^dent sur les pentes, permettant ainsi a des cultures tr^s diverses de prosp^rer ^galement sur le m^me sol et sous la mdme latitude.
Les terres d'alluvions, qui occupent de si vastes ^tendues daus Sumatra et k Borneo, sont un pays d*^lection pour les rizi^res et les plantations de Cannes k sucre» cultures qui r^« clament beaucoup de chaleur et d*eau. Sur les pentes inf§rieures des coUines viennent les Apices, le tabac, le cafS. De bonnes prairies couvrent les regions plus hautes ; et les sommets des montagnes sont occup^s par d*immenses for^is.
Le climat complete admirablement ces conditions naturelles. Cependant llnsulinde n'a jamais ^t^ et ne sera pas dans Tavenir une colonic de peuplement ; TEurop^en n'y vit que difficilement et ne peut, en tout cas, s'y adonner k des travaux p^nibles. Mais c'est une admirable colonic d*exploitation, grkce au voisinage de la Chine ; les Ghinois ont ete de tout temps tr^s nombreux dans Tarchipel.
C*est grkee k eux surtout que les Anglais sont arrives en si peu d'annees dans Borneo k des r^sultats tout a fait merveilleux. Une grande compagnie, « North-Born^o-Gompany », a^te autorisee en 1881 k mettre en exploitation toute la partie septentrionale de Tile. Loin de repousser les (( Jaunes », elle a favorise leur immigration.
Les HoUandais n'ont pas ^te si heureux k Java et dans plusieurs autres iles avec leur trop cel6bre « syst^me de cultures » . Ce syst^me, imaging par Van den Bosch en 1832, avait transform6 Java en une immense ferme que TEtat-proprietaire faisait exploiter directement, k son profit, par les indigenes ^oumis au travail force. II a donn6 de bons resultats tant que le gouvernement colonial a trouv^ pour ses produits des d^bouch^s assures. Mais les colonies des HoUandais sont devenues, de nos jours, incapables de lutter centre la concurrence des Etats-Unis ou du Bresil ; ils ont rendu peu a peu, bien k contre-coeur, la liberty aux cultures. Le monopole ne porte plus que sur le sucre et le cafe; il n*est plus. applique, depuis 1890, qu'k cette derniere denree et ne peut tarder k disparaitre complkement.
Les forets vierges couvrent encore une immense ^tendue de terrain. Ces forets, qui ferment le plus souvent un fourre impenetrable, sont encore inexplor^es et inexploit^es ; mais elles
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reorient d*in^puisables richesse^ et pourront fournir en abbndance toutes sortes de bois de construction, d'^b^nisterie ou de teihture : 6b^ne, acajou, teck ou bois de fer, bois de santal. Nos essences sont representees par le pin, ie ch^ne, le ch^taignier au-dessus de Taltitude de 1 500 metres.
Parmi les plantes (dimentaires, c'est encore le m qui est, comme dans les pays Yoisins d'Asie, le grain noiirricier par excellence des habitants. Les rizi^res occupent plusi6urs millions d'hectares (plus de 2 millions dans Java seule). La production annuelle est relativement considerable, mais elie ne depasse guere les besoins de la consommation locale.
Le mdi8 k Madura, le ble dans les Philippines et h Timor son! ensuite les c^r^ales les plus r^pandues ;
Les cultures plus proprement industrielles sont encore en majority des plantes d*alimentation : cafe, sucre, the, epiccs. La vogue est actuellement au tabac, au detriment de la canne k Sucre et du cafe, en raison mdme de la crise generale qui sevit sur ces deux derniers produits.
Le cafe Si ete pourtant, durant de longues annees, la culture la plus prospere et la plus generale. II n*y a plus maintenant que 155 millions de pieds a peine et le nombre des families qui les cultivent est descendu k 500 000. La production annuelle qui atteignait encore, en 1884, plus de 100*000 tonnes (dont 75000 pour Java seule), n'a pas depasse la moitie de ce chiiTre en 1887. La part de Java est tombee a 20000; les Philippines qui produisent des bales estimees, le cafe « Manille », sont au contraire en progres (10 000 tonnes) ; la c6te occidentale dc Sumatra, les Celebes, Bali, fournissent le reste.
Dans Tensemble, les iles Malaises, qui entraient jadis pour un septieme dans le chifTre total de production annuelle^ ne produisent plus que 80000 tonnes.
La culture de la canne d, sucre a beaucoup soufTert aussi dc la crise, mais dans des proportions moins sensibles. On calcule qu'en 1887 la production a depasse 180000 tonnes k Java, 210 000 aux Philippines. L*archipel malais se trouve ainsi, concurremment avec cette derniere ile, au premier rang des pays producteurs de sucre; il fournit environ un cinquieme de la recolte annuelle.
Le thCy introduit k Java depuis plus d'un demi-siede, ne joue pas k beaucoup pres un rdle aussi considerable sur les marches.
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lA r6colte/ qui atieiht parfois 5 millions 1/2 de kilos/ tie depasse pas en general 2 millions.
Mais cie sont les epices qui ont fait de tout temps la gloire de FArchipel, bien qu*au total le chifTre des affaires dont elles sont Tobjel soit reflativement minime. Amboine de r^colte plus qu'une faible partie de ces boutdns de fleurs non encore 6panouis, qui dbnnent le clou de girofle; Banda a conserve davantage son ancien renom, grSce h son sol volcanique, qui convient parfaitement du muscadier. La r^cblte du clou de girofle oscille entre 25 et 150 000 kilogrammes, celle des noix de muscade depasse de beaucoup 1 million. Sumatra fournit k elle seule plus de la moiti^ du poivre r^colte sur le globe. G*iBst d^ns cette He encore qu'on recueille de pr^f&rence la vanille et la cannelle.
Le tabac est, k Theure actuelle, la seule culture vraiment prospere et r6mun6ratrice de tout I'Archipel. Le poids de la recolte annuelle atteignait, en 1884, 30 millions de kilos, qui se repartissaient k peu pr6s egalement entre les Philippines, Sumatra et Java. U est probable que ce chifTre, qui n'est depass^ en diehors d'Europe que par les Etats-llnis, doit s'fitre encore depuis sensiblement accru, gr^ce k I'apport de Borneo.
Pour le tabac, comme pour le sucre, llnsulinde correspond aux Antilles ; la Havane et Hanille fournissent toutes deux des cigares Egalement estim^s.
Parmi les plantes textileSf le coton, le jute, la ramie n^ont qu*une importance locale. L*exportation s^ atteint, en 1888^ 450 millions de kilogrammes.
h'indigo a resists vigoureusemenl k la concurrence des couleurs min^rales d^rivees de la houille. C'est Java qui en produit encore la plus grande quantite apr^s Tlnde (800 000 kilogr.).
Vdevage ne rencontre pas dans Tlnsulinde un champ beaucoup plus favorable que dans Tlnde mSme. Mdis la population peu dense reclame beaucoup plus qu*e& Chine le secours des bdtes de trait : on compte k Java 5 millions de buffles et boeufs, un demi-million de chevaux. Les p&turages sont dej^ plus abondants dans les lies de Test qui touchent k TAustr^ilie.
La p^he ne fournit qu'^ la consonunation locale. — On recueille aux Philippines les perles et la nacre. ,
Ge sont les productions agricoles qui font la richesse de llnsulinde comme de la plupart des pa^s tropicaux. Les res^
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sour€e$ minerales et Yindustrie noni qu'une importance tout k fail secondaire.
Piusieurs ties sont pourtant riches en minerais. L'or et les diamants se rencontreni k Borneo, dans la concession de la Compagnie anglaise ; mais les giscmcnts ne sont pas exploit^s.
Gette mSme lie, Lu^on, Sumatra, renferment d'abondantes provisions de houiUef qui ne sont pas davantage utilis^es.
Velatn seul constitue jusqu*^ ce jour pour TArchipel une veritable richesse miniSre; les ties de Banca et de Billiton sont c^i^bres comme pays p'roducteurs de ce m^taL La production annuelle d^passe 8000 tonnes.
V Industrie propfement dite est fort peu active; elle est entiirement subordonn^e k la production agricole du pays.
Commerce : Yoies de communication. — Dans ce pays d*iles ou presque nuUe part on ne perd de vue la c6te, c*est, bien entendu, la mer qui est la grande voie de communication. Tout le trafic a lieu par cabotage, Au reste, I'int^rieur des grandos lies, comme Sumatra et Borneo, est tr^s facilement p^n^trable grdce aux longs fleuves navigables qui les siilonnent.
11 u^existe de routes carrossables qu'k Java, qui possMe, il est vrai, un r^seau complet de chemins excellents ; les autres lies, et m^me Lui^on, n*ont que de mauvais sentiers.
Par une coincidence curieuse, les Holiandais ne se sont pas montr^s moins refractaires dans leurs colonies que dans la in^tropole elle-memc a T^tablissement die voies ferries; mais depuis qu*un regime de liberty plus^and a pr^valu, les chemins de fer ont pris une rapide extension. Les premiers datenf de 1872; ils siilonnent aujourd'hui le pays sur 1200 kilometres. Sumatra possMe elle-m^me 60 kilometres en exploitation et plus de 150 en construction; mais k Lu^on les voies ferries sont toujours k Tetat de projet.
Les lignes telegraphiques s*etendent h Java sur 5700 kilometres, k Sumatra sur 2000, Lugon en a 1 200 ; les lignes hollandaises sont relives k Singapour, les fils espagnols k Hong-kong.
Le commerce exterieur dans I'lnsulinde entiere d^passe 900 miUions de francs, dont 650 reviennent aux colonies hollandaises et 230 aux possessions espagnoles. Sarawak a un trafic de 20 millions, la compagnie de North-Borneo fait dejk pour plus de 8 millions d affaires ; mais le territoire portugais de Timor atteint k peine 4 millions.
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Dans ces divers pays les exportations' d^passent en g^n^ral de plus d*un quart les importations. Dans les Indes hoUandaises les ventes k T^tranger comprenneht surtout le sucre (170 millions), le caf^ (60 au lieu de 80 en 1882), le tabac (40), T^taiii (15), les gommes (14), les epices (12), Tindigo (8). Dans les Philippines, le sucre est encore au premier rang (43 millions) ; le chanvre de Hanille (30), le tabac (12) et le cafS (7) viennent ensuite.
Les importations de part et d*autre sont representees surtout par les cotonnades, les machines et objeis manufacturies, les vins.
La plus grande part de ce commerce est monopolis^e dans deux ports, qui sont tous deux sur le revers interieur de ]*Archipel toumes vers TAsie : Batavia et Manille. Le plus important des deux, mais non le meilleur, est le port hoUandais, qui fait un chiffre d'affaires de pr6s de 500 millions et dont le mouvement maritime atteint 800000 tonnes. Sourabaya, Makasmr et Padang meritent aussi d'etre cit6s. Le mouvement total des ports hollandais n*est pas de beaucoup sup^rieur k un million de tonnes ; les entrees et les sorties dans les ports espagnols ne depassent pas 650000 tonnes.
Les lies Malaises sont avant tout un pays d'exploitation agricole.
Toutefois cette region subit depuis plusieurs ann^es une crise redoutable. La depreciation des principales denr^es coloniales sur les marches d'Europe et particuli^rement du sucre et du cafe a rendu leiir culture tr6s precaire et peu r^muneratrice.
Ge sont naturellement les vieilles colonies, la Hollande et TEspagne, qui ont le plus a souffrir de cette situation si precaire. Au reste, elles ont bien un peu contribue au mal par leur mauvaise administration, leur negligence, la frequence des guerres.
Des sympt6mes r6cents annoncent pourtant une sorte de renaissance. Pour pouvoir lutter conlre TAmerique, les colons de Java et de Lugon ont developpe beaucoup dans ces derniers temps leur outillage agricole et industriel, un indice certain do ce mouvement.
Mais ce sont surtout les Anglais qui font de tr^s grands progres. Etablis au centre m^me de I'lnsulinde, ils «xploitent acti-
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Veiheht leui^ nouvelles colodies, qui ne.peuveut mdnquer dc prendre entre leurs mains une haute valeur. Le voisinage de la Cihin^ leur ofTre un magnifique debouch^, notamment pour les fcois. '
" Notons enfin que la France ne doit k aucun prix se d^sinterieiSser de la lutte ^conomique dans cetfe partie dii monde. EUe h'est etablie sans doute sur aucun point; et le trafic qtie nous f aisons avcc ces iles est jusqu*^ present minime. Mais ne posse-^ dons-nous pas les rives oppos^es dc celte mer de Chine, vers laquelle sont pench^es la plupart des terres de Tlnsulinde? iet ne devons-nous pas esperer que le jour ou toutes nos colonies indo-chinoises seront paciOecs et serieusernent mises en riapport, nous Irouverons dans leur voisinage Telement d'un trafic important?
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liOCTEI.I.E-«CIM]fiB
La NouveUe-Guinee forme la transition entre Flnsulinde et le continent australien. C*est la plus grande lie du monde, si on considfere I'Australie corameun continent (785362 kil. carr6s). EUe mesure 2390 kilometres du nord-ouest au sudnsst et 660 dans le sens de la, largeur. Un d^troit profond de 100 metres seulement la s^are de TAustralie, tandis qu'd Touest, au nor etd
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au sud^est, la sonde plonge jusqu'^ i 000 metres. Assez massivOQii centre, elle projette ap norid-ouest une p^iiinsule rattaehee par un isthme tr^s etroit et se prolonge au 3ud-est par une .trainee d'lles.
Lea montagnes ie Tile sont imparfaitement connues. Sur la c6te septentrionaie se dressent les monts i*Arfak qui atteignent 2 900 metres k Tentr^e de la bale de Geelwink. Pr^s de la bale d'Argoeni s*§l^ve le mont Genoffo (1500 m.)- La chaine cdti^re qui porte le nom de Charles-Lottis et ou Ton rencontre un sommet d^passant 5000 metres, se relie am chatnes bordi^res du littoral oceanique, ^lev^es au minimum de 2000 m. En face de la Nouvelte-Bretagne, au sud de la baie de TAstrolabe, sont les monts Finistere (3500 metres.). "Enfin dans la p^ninsule du sud-cst les monts Albert renferment deux sommets importants : le mont Yule (5062 m.) et le Owen-Stanley (4024 m).
Le climat est chaud et humide. La temperature varie entre 20 et 32 degres. Les pluies atteignent 2 m. 30.
Les fleuves sont abondants. Les principaux sont VAmhermo qui finit par un large delta, le Baxter-tiver et le Fly qui a ^t^ remonte sur une longueur de &00 kilometres.
La vegetation est moins riche que dans Tlnsulinde. Dans la partie orientale, les arbres k feuilles effiiees, les eucalyptus annon^ent FAuslralie. En depit des differences de climat, de la grande humidite et des forets de la iNouvelle-Guinee, la faune ne differe pas de la faune australienne. On n*y trouve pas de felins. 11 y a jusqu'^ trente especes de marsupiaux. Par un phenomene curieux, le kangourou originaire d*Australie s'est accommode k ce nouveau milieu et de sauteur est devenu grimpeur.
La population ne depasse pas 2 millions. Les differentes peuplades sont tres differentes d*aspect. Les indigenes, chaquc jour refouies par les Halais envahisseurs, sont les Papons.. lis sont caracterises par le teint brun fence et surtout par le developpement de leur chevelure crepue.
L'Angleterre, la Hollande et TAUemagne se sont partage la Nduvelle-Guinee.
Depuis le mois d*octobre 1888 la Nouvelle-Guinee anglaise (230000 kq., 13000 hab.) est devenue une colonie de la couronne. Plusieurs stations y ont ete fondees. La capitate est Port^Moresby.
. : Les possessions allemandes, fidministreesdepuis 1885 par uuc
eompagnie de commerce, sont regies depuis le 1^' octobre 1889 parun commissaire imperial qui reside k Finschafen. Un service bi-mensuel met cette vilie en communication avec Sourabaya. Un autre port est Friedrich-Wilhelmshafen, La « Terre de TEmpereur Guillaume » compte 180000 kil. carr. avec une population de 110 000 habitants.