AUSTRALIE ET NOUYELLE-Z^LANDE
LML septentrionale n'offre que des soul^vements isoles. Les gants de la contree sont le Tongainro, le Ruapehu (2 760 in.) et le Taranaki ou mont Egmont (2500 m.).
Les deux iles out 6te le thedtre de longues commotions volcaniques. Dans Tisthme d^Auckland, sur un espace de 600 kilometres carr6s, on a compte 61 volcans independants, ayant en inoyenne de 160 4 200 metres de hauteur. Les uns sont de simples c6nes de tuf, d'autres des amas de scories. L'activite eruptive se manifeste dans les nombreuses sources volcaniques, dans les geysers. Entre le volcan toujours actif de Tongariro et rile fumante de Whakari, les eaux thermales et les fontaines de boue abondent. Sur 2 kilometres de longueur, une partie du lac de Taupo bouillonne et fume. La temperature des eaux est de 58<* centigrades. Le lac de Rotomahana contient egalement des eaux chaudes. Au-dessus de la rive, un crat^redc 75 metres de circonf^rence lance des vapeurs, de la boue et des gaz sulfures. Le volcan de Ruapehu n'a pas moins de 100 kilometres de circonference h la base.
Climat. — La Nouvelle-Zeiande a, selon les regions, des climats varies. 11 ne faut pas oublier que plus de 1 500 kilometres separent les deuxextremites de TArchipel. Au nord, c*est le climat de ritalie, au sud celui de I'Ecosse. A Aucldand, le maximum est de 29°, le minimum de 2, ecart 26. A Christchurch le maximum est 55°, le minimum — 6. L*ecart estici de 41*>. — La predominance des vents d'ouest qui soufflent presque sans relache sur la cdte occidentale, apportent une forte quantity d-humidite. La moyenne est de 0,83 centimetres k Auckland et k Dunedin, de 1 m. 38 h Wellington. La limite inferieure des neiges est A 2400 metres environ. Les glaciers descendent tres bas. Le Tasraan, qui a 19 kilometres de long, a son extremite inferieure h 715 metres. Sur le versant occidental, ils sont k 240 metres d'altitude seulement.
Hydrographie. — La Nouvelle-Zelande est tres riche en lacs. On en compte une soixantaine dans Tile meridionale. Le Te-Anan^ a 340 kilometres carres de superficie. Le Wakalipu mesure 80 kilometres de long et 425 metres de profondeur. Dans Tile du Nord, le lac Taupo^ situe k 558 metres d'altitude a une superficie de 775 kilometres carres. Les cours d'eau sont tres abondants. La riviere Wailaki a 200 kilometres de long.
CAtes. — Le littoral est tres decoupe en ports profonds, en
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anses nombreuses qui offrent en grand nombre d'excellents mouillages. Le d^veloppement des c6tes, sans tenir compte de toutes les sinuosit6s, est de 5 000 kilometres. L'ile du Nord se termine par une p^ninsule effiI6e qui commence k Tisthme strangle d'Auckland. La cdte sud-ouest de Tile m6ridionale presente des fiords comparables h ceux de la Norv^ge. Le plus septentrional, le Milford-Sound a 560 metres de profondeur. L'un d'eux a 207 kilometres carr6s d*6tendue. La c6te orientale parait Hre en voie dB soulevement. En dix annees, les plages de Lytleton se seraient eiev^es de 1 metre. Au sud de la Nouvelle- Zelande, s6paree par le detroit de Foveaux est Tile Rakioura ou ile Stewart.
Flore et Fanne. — La flore est relativeraent pauvre. Elle oflre beaucoup d'analogies avec I'Australie et I'Amerique du Sud, mais les deux tiers des v^getaux appartiennent en propre k la Nouvelle-Zeiande. On a compte 130 especes'de foug^res arborescentes, -— La faune n'a qu'un seul quadrupede, la loutre. Quantity d'anciennes especes ont disparu comme le dinornis de la famille des autruches. Le rat maori a ete externiiine. II ne reste ni serpents ni tortues. Par contre, il y a 150 especes d'oiseaux, parmi lesquels on pent ranger le kiwi, oiseau sans ailes qui a la taille d'une poule. Les especes importees, cerfs, chevreuils, lievres prospereht.
66ographie politique. — La population est evalu^e h 620 000 habitants, y compris 4500 Chinois.
La Nouvelle-Zelande, decouverte par Tasman, reconnue par Cook, puis par Dumont-d'Urville ne fut reellement occupee qu*en 18.39. Les immigrants eurent k soutenir une guerre de vingt-trois ans contre les Maoris. Encore aujourd'hui I'interieur de l'ile du Nord appartient aux anciens habitants, mais leur nombre va sans cesse en d^croissant. De 120000 qu'ils etaient en 1840, ils sont tombes [i 42-000.
. La Nouvelle-Zelande est administree par un gouverneur general et des gouverneurs particuliers. Le systfeme parlementaire fonctionne depuis 1853. II y a 10 provinces. La capitale est Wellington (30 000). Elle est depassee par DunediUf Auckland ci Chrhtchnrch .qid ont environ (50000 hab.).
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troisiSme section
QtOORAPHIE £CONOMI0Ue
Condition g6nirale et situation. — Au point de vue de la geographie econoinique, TAustralie pr^senle un caraclere tres original. C'est un pays extraordinairement pauvre en ressources naturelleset spontan6es, surtout si on le compare aux regions voisines si riches de la Chine, de Tlnde et de la Malaisie.
, C'est k r^tablissement des Europeens que ce pays a dA toute sa prosp^rite. Les richesses qu'il renfermait a 1 etal latent, si Ton pent dire, n'ont en eifet pris valeur que du jour ou on a su les exploiter: cela n'est pas vrai seulement des gisementsminiers, de Tor et de la houille, mais on peut le dire surtout des pSturages qui font actuellement la fortune de I'Australie. N*est-ce pas en effet le betail qui fait toute leur importance? or ce b^tail est entierement d'origine etrangere.
D ailleurs TAustralie, si tard venue a la civilisation, a su reo-agner vite le temps perdu. On a romarque qu'elle a passe en moins d*un si^cle de Vkge de pierre a celui de la vapeur. Elle est aujourd'hui plus avanc^e que les pays si vieux de la Chine et de rinde. Ce n*est qu'un prolongement de la terre d'Europe.
Agriculture. Aptitude natdrelle. — Ce n'est pas k proprenient parler la culture, mais I'exploitation agricole qui est la principale Industrie des colons australiens et la premiere source de leurs richesses. lis ne peuvent utiliser toutefois qu'une minime partie du continent.
C est moins au sol qu'au climat que TAustralie est redevable de son inferiorite agricole. Les terrains seraient susceptibles d*exploitation s*ils 6taient suffisarament arros6s. C'est Teau qui irianque.Les chutes d'eau, tres inegalement r^parties entre les diverses saisons de Tannic, sont en general r(^duites k quelques mois et le reste du temps la terre n'est arros^e que par des pluies d'orages, qui ne saurgient nulleraent compenser par une surabondance de quelques heur^s les s^cheresses k longues p^riodes. On comprend aisement qu'en presence de pareils ph^nomehesy les cultures proprement dites ne puissent reussir. L'agriculture ne trouye un terrain favorable que le long des c6tes orientalcs, dans les yallees montagneuses. Cost encore dans ces
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cantons que s'eat concentr^e la v6g^lation foresUfere. Lea rSgions du nord, sur le golfe de Carpentaric, quoique apparlenant encore k la zone des pluies Iropicales, ne sont guSre plus ravoriK^es, Les vents dess^ctiants de i'inl^rieur y sont frequents et enUvent k cette contrte la plupart des avantages qu'elle
Z&NZa 0EVE6ETATI0N DC L' AUSTRAL IE
Fie.w
devrait retirer de sa position. Maia en revanche, la Nouvelle- Z^lande n'a pas k redouter I'influence du desert, et comme le voisinage des eaux marines lui assure d autre part une humidity plus abondante, ellc olTre un champ bien plus favorable k I'exploitation du sol par la culture. C'est sans doutc h. celte situatiou plus favoris^e que les populations de cet arcliipel ont dA d'arri-
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ver h un fHat de civilisation bien superieur k celui des miserables indigenes du continent.
Les pdturages exigent une humidity moins abondante que les champs cultives. Mais ils doivent surtout leur extension en Australie aux qualit^s du sol, qui compensent largement les d^fauts du climat. Les terrains argileux qui jconstituent en grander majority la region des prairies conservent mieux que les sols sablonneux ou calcaires de Tinterieur et du littoral riiumidit^ si pr^caire que leur d^versent h de grands intervalles les averses orageuses; et pourvu que ces averses ne se fassent pas trop attendre, I'herbe pent aussi conserver durant de longues semaines une vigueur suffisante pour servir de nourriture aux animaux. Ces paturages, que la presence d^herbes salines rend encore meilleurs, peuvent s'6tendre ainsi sur de vastes espaces. lis ne sont pas concentres, corame sous nos climats, le long des cours d'eau et dans les vallees fluviales.
La secheressereste d'ailleurs le grand fl^au. Un retard de quelq.ues jours dans la succession des orages a suffi bien souvent k bruler les moissons et a faire p^rir des centaines de milliers d*aniniaux. C'est pour prevenir ces desastres que les colons ont execute k grands frais des travaux d'irrigation, dans le voisinagc des cours d'eau. Partout ou Teau des flcuves nc saurait fitre amende, ils ont creus6 des puits art^siens en grand nombre.
. Mais ils ont aussi k lutter contre une autre calamity. Les lapins, introduits comme gibier, ont pullul^ dans des proportions inouies et causent dans certains cantons de v6ritables desastres. Ils tondent I'herbe jusqu'S la racine sur de vastes espaces. Des fermes enti^res et des vignobles mdme ont 616 deji compl6tement ruin6s.
Les forets australiennes ne rappellent en general ni les for^ts tropicales, ni les bois de nos regions. On ne rencontre de veritables forets que sur les flancs arroses des montagnes le long de la c6te, mais les plus belles se trouvent dans la Tasmanie et la Nouvelle-Zelande. Les principales essences sont les eucalyptus, les acacias, les cedres, les pins. Quelques arbres atteignent des hauteurs prodigieuses. Le mahagoni, le c6dre rouge fournissent des bois de construction, qui r^sistent aux vers. On recolle dans la Nouvelle-Zelande differentes esp6ces de gommes tr^s recherchees pour la preparation du vernis; et dans File du
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Sud, on exploile m^me des giseraents abondants de gomme fossile.
Ce que nous savons d^ji des aptitudes agricoles de I'Australie nous permet de ne pas insister sur la repartition de la culture des cereales. Le Queensland et la Nouvelle-Galles du Sud ne suflisent pas h leur consommation. L'Australie m^ridionale et le pays de Victoria ofTrent une situation meilleure, mais le rendement moyen est encore tr^s faible, Dans Tile septentrionale de la Nouvelle-Zeiande, dont le sol volcanique ajoute aux qualites du climat, on obtient un rendement de 26 hectolitres de ble a I'hectare. C'est presque le r^sultat auquel on arrive en Angleterre, le pays par excellence de la culture intensive (28).
C*est le fromeni qui occupe la majeure partie de ces terrains reserves aux cereales.
Vavoine, la cer6ale des pays froids fourriit deja dans le Victoria et dans la Tasraanie d'abondantes r6coltes ; mais c'est la Nouvelle- Zelande qui est au premier rang. VorgCy si necessaire dans un pays qui consomme beaucoup de bi6re, ne fournit pourtant qu'un million d'hectolitres, riecueillis surtout dans la Nouvelle- Z61ande. La recolte de mdfi's, qui 'est un peu plus abondante, vient des pays plus chauds de la Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland.
Ce sont encore les regions temper^es de la Nouvelle-Zelande et de la Tasmanie qu'il faut citer en premiere ligne pour les pommes de terre, EUes fournissent plus des 7/10 de la r<5colte to tale.
La plus grande partie de ces productions sont consommees sur place. L'Australie n'ecoule guere h F^tranger que ses sucres, ses tabacs, ses vins.
La culture de la canne a sucre n*en est pourtant qu'^ ses debuts dans les colonies anglaises ; mais elle a ete organisee de prime abord en grand par les soins d une compagnie puissante. C*est naturellement dans la region la plus chaude du nord aux environs du tropique que les champs de Cannes sont le plus nombreux. Le Queensland est jusqu'& present le seul Etat qui prenne une' part importante au commerce de cette denree.
La vigne reussit bien en Australie; forte chaleur estivale, doux hivers, humidite mediocre, toutes les qualites climat^riques requises se trouvent reunies. C'est surtout dans les districts mei idionaux des Etats de Victoria et de TAustralie meridiouale
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qu'on a fait le plus grand nombre de tentatives. Mais il ne semble pas que tous ces efforts aient ^t6 couronn^s de succ^s. Los vignobles australiens ont beaucoup a souffrir de Tinvasion du phylloxera; les produits sont toujours tres m6diocres, sans bouquet, apprecies surtout par les planteurs eux-m^mes, et riraportation depassc encore de beaucoup I'exportation.
La culture du tabac a et6 introduite dans plusieurs colonies; mais I'Etat de Victoria seul en produit une quantite considerable (un million de kilogrammes). L'accroissement de la production locale n'arr^te pas d'ailleurs I'importation, qui atteint une valeur toujours plus grande. La consommation est en connexion tr6s intime avec les progr6s de Tdevage, puisque la plus grande partie des feuilles recolt6es sur place ou import6es sont employees au lavage des laines.
Quelques plantes textiles, le coton dans le nord, une sorte de chanvre, le Phormium tenax de la Nouvelle-Zelande, raeritent encore d'etre cit6s ; mais ils ne sont pas Tobjet d'une exploitation serieuse.
Au reste tous ces divers produits, c^r^ales, cultures industrielles, n'ont d'importance que pour les colons australiens euxraemes, puisqu*ils ne d6passent gu6re les besoins locaux.
Elevage. — Comme pays producteur de laines, de viandes et en g6n6ral de mati^res animates, TAustralie joue dans le raonde un r61e de premier ordre. Nous savons d6j& qu elle est particuli^rement favorable au developpement de Velevage.
On pent toutefois distinguer deux regions, qui doivent aux differences d'humidit6 un mode d'exploitation special. L'int6rieur du continent, au climat sec, aux herbages maigres, qui forcent Taniraal k parcourir beaucoup d'espace pour trouver sa nourriture, favorise de pr^f^rence I'^levage du mouton k laine iSne. Les pdturages meilleurs, plus humides, plus abondants de la Nouvelle-Zelande, ou les troupeaux peuvent plus facilement rester sur place, produisent des animaux a la laine plus grossiere, mais gras, riches en viande, plus propres par consequent a la boucherie. II r^sulte de ce double caraclere que la Nouvelle- Galles du Sud, le Queensland, le pays de Victoria sont surtout des centres producteurs de laines; la Nouvelle-Zelande exporte de preference les viandes et les. produits secondaires qu'on retire des animaux abattus, peaux, cornes, graisse, etc. II faut ajooter d'ailleurs que rabaisscment considerable du prix des laines