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brutes a force de norabreux ^leveurs, sur le continent m6me, h developper cette seconde branche dindustrie aux depens de la premiere.
Depuis 1880 le nombre des t^tes de b6tail es' restda.peu pr^s stationnaire ; il a plutdt 16g6rement dteru k la suite d'une serie d'annees de s^cheresse. II est encore bien minime eu 6 ard k rimmense etendue du continent; mais il est plus exact de le niettre en regard du chiffre mSme de la population et la comparaison devient frappante. On a calcule en effet qu'il y avait en moyenne en Australie quatre boeufs et vingt-cinq moutons par t^te dliabitant. Pour cette dernifere categoric d animaux la pi^oportion atteint merae 40 et 50 dans certains Etats, alors qu'elle ne depasse pas 1/2 en France.
Grdce h des croisemeiits heureux qui ont amelior^ la race, les eleveurs australiens ont su mettre leurs produits au premier rang sur les marches du monde. Mais c'est surtout la secheresse du climat qui donne a leurs laines ces qualites de blancheur, de resistance, de finesse, si appreciees par les industriels d*Europe. Les toisons deviennent en general de plus en plus grossi^res k mesure qu'on s*avance dans le sud vers des regions plus humides. L'Australie expedie en Europe chaque ann^e et produit par consequent pour plus de 550 millions de francs de laine. C'est environ les 2/3 de ce que fournit TEurope enti6re et presque le quart de la production totale du monde. La production des laines australiennes se repartit naturellement entre les diverses colonies suivant le nombre des tetes de betail que pos- S(!jde chacune d'elles. La Nouvelle-Galles du Sud et Victoria sont au premier rang. La Nouvelle-Z61ande ne vieut que bien loin derriere ces deux Etats pour la quantite et la quality.
Mais c'est Tarchipel n6o-zelandais qui vient en tete pour Texporlatibn des viandes, Cette branche d'industrie, toute recente, a pris en peu d'annees d'immenses proportions. Les moutons congeles sont exportes sur des navires sp^ciaux, ou la temperature est maintenue pendant les quarante jours a — 6®; et ^ Londres on a construit des docks souterrains organises dans les memes conditions. — Le nombre des moutons ainsi exp^di^s d'Australie en Angleterre ne d^passait pas en 1882 60000; il montait en 1887 au chiffre enorme de 850000, dont prfes de 800000 sortis de la Nouvelle-Zelande seule.
Notons pour terminer qu'on a tente, non sans succes, I'elevage
AUSTRALIE ET NOUYELLE-ZfiLANDE. 4C5
de Yautruche dans Tftat de Victoria et du chameau dans I'Australie du Sud.
Lcs armateurs de Melbourne envoient de nombreux bateaux k la recherche de la baleine dans les mers du Sud. On p^che les huitres sur la cdte de Sydney et la recolte annuelle de nacre aux lies Thursday atteint 700 tonnes, d une valeur de 5 millions de francs.
Ce court expose suffit k montrer quelles ressources agricoles les colons australiens ont su tirer d un sol naturellement ingrat. G*est, jusqu'i present, Televage leur principale richesse.
Industrie. — L'Australie est favorisee de toutes mani^res au point de vue des richesses minerales : k cdt6 des m^taux precieux, qui ont attire sur elle Tattention du monde, elle possede d'abondants gisements de combustible, qui permettent k I'industrie manufacturi^re de prendre une grande extension.
Bien qu*ayant perdu la moitie de leur importance, les mines d*or de TAustralie conservent neanmoins une place considerable dans la production du monde. Elles sont dissemindes sur tout le continent et dans la Nouvelle-Zelande, associees aux differents etages du terrain tertiaire; mais c'est TEtat de Victoria (Ballarat), qui a produit les quantites de metal de beaucoup les plus considerables. De 1851 h 1885, I'Australie a contribue pour un tiers k la provision d'or recueilli dans le monde. Les Etats-Unis depassaient un peu cette proportion (38 pour 100); la Russie, rAm6rique du Sud, ont donne le reste. Aujourd'hui la proportion diminue d'une fa(?on constante, et la decouverte de nouveaux gisements dans le Queensland et dans TAustralie occident^le ne compenseront pas cette diminution. La recolte annuelle n'atteint plus 40000 kilogrammes, dont la moitie est fournit encore par I'Etat de Victoria.
G'est en raison meme de cet ^puisement des mines d'or, qu'on a fonde plus d'esp^rances sur les mines Hargent^ recerament decouvertes dans la Nouvelle-Galles du Sud et dans le Queensland; mais on ne connait pas encore Timportance de ces nouveaux gisements.
Ge sont d'ailleurs les mines de houUle qui ont le plus gagng k la depreciation des metaux precieux. G'est dans la Nouvelle- Galles du Sud qiie se trouvent les champs de charbon les plus abondants : nouvelle source de richesses pour cette colonic, et qui lui assure la preeminence sur toutes lcs autres. I^a prdduc-
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tion atteint presque 5 millions de tonnes, dont les deux tiers sont exportes dans les colonies voisines par Newcastle, le port attitr^ du charbon, en Australie, comme son homonyme en Angleterre.
G*est encore la iNouvelle-Galles du Sud la colonie la plus riche en min^raux de fer, et c'est la seule ou I'extraction soit dejii developpee (7000 tonnes).
Le Queensland fournit actuellement pour plus de 5 millions de francs d'e'tem, et TAustralie m^ridionale pour 8 millions de cuivre. Le sel abonde sur les lacs de Tint^rieur,
Vindustrie proprement dite n'est pas encore tr6s developp^e dans ce pays ou I'exploitation directe du sol ouvre h Tactivite des habitants un champ presque illimite; en attendant, les industries deriv6es de Fagriculture ont pris un grand develop peraent. G'est ainsi que se sont fondles en grand nombre des tanneries, fonderies de suif, fabriques de viandes conserv6es et de noir animal, filatures, tissages. Les minoteries, distilleries et brasseries se rencontrent surtout dans les Etats meridionaux; le Sucre de canne est prepare dans le Queensland; et la Nouvelle-Z61ande, aux riches for^ts, est renomm^e pour ses chantiers de construction navales. L'Australie fabrique mdme d^j4 une partie de ses machines.
Commerce. Voies de communication. — L'etablissement de voies de communications nombreuses et faciles s'impose au premier chef dans un pays qui vit du commerce de matieres encombrantes.
Or, il n*y a pas en Australie de voies navigables fluviales k proprement parler : c*est a peine si quelques petits vapeurs sillonnent le cours inferieur du Murray et du Darling; mais il faut remarquer en revanche que la configuration du pays favorise extraordinairement le cabotage entre les di verses colonies.
On a commence de bonne heure a construire un reseau de routes qui devait sillonner les di verses colonies; mais Tetablissement des chemins de fer etant survenu avant qu*il fAt termini, on a neglige de le pousser plus loin.
Ce sont les voies fen*ees qui ont veritablement ouvert Finte rieur et permis de I'exploiter dans toutes ses parties. Les voies les plus importantes sont done celles qui, perpendiculaires h la c6te, franchissent la barriere montagneuse du littoral et parcoji^j'eul cnsuitc les vastes espaces des savanes; mais elles nc