‹ Afrique, Asie, OcéanieChapitre 79 sur 82 · AUSTRALIB ET NOUVELLE-Z^LANDE. 4C · texte numérisé non relu

AUSTRALIB ET NOUVELLE-Z^LANDE. 4C

depassent encore le Darling que sur un petit nombre de points. Toutes ces lignes viennent s'amorcer sur une sorte de « Grand Tronc » qui court parall61ement h la c6te, reliant entre elies les di verses colonies d' Adelaide ^ Brisbane par Melbourne et Sydney.

Adelaide doit devenir enfin le point d*attache de deux grandes lignes transcontinentales qui jolndront cette ville k Palmerston (port Darwin) a(u nord, k Perth k Touest, mais dont on a seulement construit les premiers trongons.

On compte actuellement tant sur le continent que sur la Tasmanie et la Nouvelle-Zelande pr6s de 17 000 kilometres en exploitation et 3000 en construction. Cela repr^sente, si Ton s*en tient aux lignes actuellement exploitees, une proportion de plus de 40 kilometres par 10000 habitants.

Les lignes telegraphiques s*etendent sur 65 000 kilometres et comprennent 120 000 kilometres de fils.

Palmerston est le point d'attache du cAble qui, par Batayia et Singapour, relie TAustralie k I'Europe; un autre csible sous-marin joint au continent la Nouvelle-Zelande. Deux nouvelles lignes doivent relier directement TAustralie occidentale k Ceylan, et Sydney a Vancouver, sur la c6te canadienne.

Le commerce inlerieur est aussi actif qu'entre les differents pays d'Europe, Comme en Europe en effet, la nature des produits est tres vari^e et sollicite necessairement un grand mouvement d*echanges.

Le commerce exte'rieur proprement dit, qu*il est difficile d'^valuer d*une fagon precise, depasse 3 milliards.

Les exportationsy qui sont un peu inferieures aux importations*, comprennent avant tout, bien entendu, les produits agricoles et les metaux. La laine est au premier rang des marchandises vendues a I'etranger; elle represente une valeur de 550 millions de francs (1888). L'or ne vient que bien loin derriere. Les viandes et les animaux de boucherie prennent une grande importance; les peaux, le suif, et depuis quelques annees les cereales meritent d'etre cites.

A Vimportation affluent en retour de la metropole et de I'Europe les objets manufactures de tout genre : tissus, quincaillerie, etc., et des denrees alimentaires, bieres, vins, eaux-dc-vie;

* — Importations en 1889 : i 712 millions.

Exporlations — : 1 5t0 —

468 OC£aNIE.

les pays voisins de. FAsie envoient en outre quelques produits coloniaux : sucre, th^, tabac.

VAngleterre occupe un rang h part dans le commerce australien. Elle y participe h elle seule pour la moitie, tant aux importations qu*aux exportations. C*est Londres qui est le plus grand march6 des laines australiennes et c*est dans les docks de la Tamise que les autres nations de I'Europe vont s'approvisionner. Les Anglais inondent d*autre part leur colonie des produits divers de leurs manufactures.

Les relations de la metropole avec sa colonie ont perdu nean moins dans ces derni^res ann^es de leur importance relative ; et c'est le commerce allemand qui a gagn6 en g6n6ral k ce recul. Uambourg expedie r^gulierement vers le continent australien des cargaisons considerables de produits allemands.

Par un ph^nomene bizarre, la France, c'est-^ dire le pays qui consommait le plus de laines de toute I'Europe, n*entretient avec le pays producteur par excellence de cette matifere qu'un trafic insignifiant (35 millions). G*est que nos industriels ont conserve I'habitude de se fournir k Londres, et c'est une des raisons qui expliquent pourquoi Dunkerque est notre grand port d'imporlation de laines. On remarque toutefois, depuis quelques annees, une tendance tr^s marquee des produits australiens a passer par Suez et Marseille, pour gagner directement nos manufactures du Nord. Notre commerce avec I'Australie ne peut qu'cn retirer de grands profits. Nous achetons surtout h ce pays des cereales pour une vingtame de millions de francs et nous lui vendons, pour un chilTre bien moindre, des vins et des eaux-de-vie.

Les Etats-Unis entretiennent aussi avec I'Australie un commerce actif alimente surtout par importation dans ce dernier pays d*objets manufactures.

La Chine enfin fournit du th^; Maurice et Java, du sucre; VInde envoie du riz et des mati(!;res textiles.

Sydney et Melbourne sontles deux grands ports de TAustralie. Ce sont eux qui expedient k peu prc^s la totality des marchandises destinies k T^tranger et dont ils rcQoiventune partie, parle cabotage, des autres ports de second ordre sont : Brisbane, Adelaide et Hobart.

11 convient de citer k part les ports de la Nouvelle-Z^lande : Auckland, Wellington, Dunedin, dont le mouvement ne d^passe pas 1 million de tonncaux.

AUSTRALIfi ET NOUVELLE-ZISlANDEI. m

Les ports australiens sont en relations reguliferes avec la metropole par 2 lignes de paquebots, Tune desservant d'abord TAfrique occidentale et la colonic du Cap, Tautre passant par le canal de Suez. Ceite derni6re se bifurque k Pointe-dc-Galles, pour gagner Sydney par le nord, et Melbourne par le sud du continent. Une troisiferae compagnie dessert la Nouvelle-Zelande et rejoint San Francisco.

Les paquebots des Messugeries maritimes de France, allant k la Nouvelle-Caledonie, touchent egaleraent aux ports australiens, de m^me que les navires du Norcldeutscher Lloyd. L'Australie a vu sa puissance ^conomique se developper d'unc fa(?on merveilleuse depuis un demi-siecle. A peine connue il y a cent ans, elle est aujourd'hui un des pays les plus riches, les plus prosp6res du monde. Ce n'est du reste ni k la laine, ni k Tor, ni aux quelques autres produits que fournit son sol qu'ello doit exclusiveraent une aussi brillante fortune. A toutes ces causes derichesse, il convient d en ajouter une autre. C'est que, k I'oppose de Tlnde, I'Australie est une excellente colonie de peuplement.Les Anglais, retrouvant dans ce pays des occupations en rapports avec leurs gouts, s'y sont portes en foule et ce mou-^ vcment d'emigration n*a pas ete Teffet d'un engouement passar ger. II a persiste jusqu'i T^poque actuelle, ou 200000 individus gagnent, annee moyenne, TAustralie pour s'y ^tablir sans esprit de retour.

Ainsi pourvues en hommes, les colonies australiennes ont su donner au sol maigre, dont elles sont en bonne partie constitutes, une valeur ^norme. L'elevage est arrive k son plein d^veloppement : la culture proprement dite est en progr6s marque. Mais TAustralie a de nos jours une autre ambition. Gomme les Etats-Unis, dont elle a suivi d'une mani^re remarquable la marche historique, elle tend k devenir un pays manufacturier ; et k vrai dire elle possede tous les elements d'un grand developpement industriel. Elle tend en d*autres termes a produire chez elle la s6rie complete des objets n^cessaires a la vie d un peuple civilise. Les colons esp^rent ainsi se passer peu a peu de TEurope. Nul doute que cette situation 6conomique et cette arabi- . tion pacifique n'entrent pour beaucoup dans les tendances separatistes des colonies australiennes et dans leur desir, bien hautement accuse, de se grouper en une confederation plus ou moins independante, qui deviendrait maitresse du reste de I'Oceanie

f'ilr

" • Vi

yv

OCfiANTE.

Bibliographie

Dampicr. Voyage aux terres australiennes el d, la NouvelU-Hollande, Amsterdam, 1705, in-4.

Uittchell. Journal of an expedition into the interior of tropicahlralia. Au London, 1848, in-8.

Leichhardt. Tagebtich einer Landreise in Australien. Halle, 1851, in-8.

Gregory. Expedition in fiord Australien (Mittheilungen). 1857.

Sluart (J. Mac Oonnl'). Journatofan Australian expedition. Lpndon, 1862, in-8.

Ghamay. Six mois en Australie (Tour du Monde), 1874.

Forrest. Exploration in Australia. Londres, 1875, in-8.

Warhurton. Journey across the western interior of Australia, Londres, 1875, in-8.

D'Albertiis. New Guinea, 2 Tol., Londres, 1880.

Bonaparte (R.). Les derniei^s voyages det N^erlandais it la Nouvelle-GuinSe, Paris, 1874, in-8.

Chalmers and Gill. Work and adventure in New Guinea, 1877, Londres, 1885, in-8.

John Strachay. Exploration and adventures in New Guinea,

Hector. Handbook of New Zealand, Wellington, 1886.

Thomson. New Zealand.

Green. The Alps of New Zealand,

Hochstetter. Neu Seeland. Stuttgard, 1870, in-4.

Lumholz. Au Pays des Cannibales (Hachelfe, 1890).

R. Bonaparte. Etudes sur la Nouvelte-Guin^e.

De Quatrefages. Hommes fossiles el hommes sauvages.

Page 1