POPULATIONS INDIGÈNES DE L’.AFRI- QUE AUSTRALE
Les nations grandissent ou disparaissent sous l’empire des circonstances qui les dominent. Il y a deux mille ans à peine que le coin de terre où se décide aujourd'hui la civilisation du monde était peuplé de sauvages divisés en tribus commecellesde l’Afrique. Les peuplades errantes des Gaules et de la Germanie , sans cesse en guerre entre elles, étaient incapables de résister à l’ennemi commun ; elles devaient peu à peu céder le terrain à la puissance organisée des Romains; les moins farouches subissaient le joug du vainqueur ; les plus indociles, retires dans leurs montagnes, aimaient mieux périr par le glaive et la famine. Tel fut le sort de nos ancêtres; ce sera celui des Hottentots, des Cafres, et des autres peuples de l’Afrique.
Envisagée sous ce point de vue, la description des parties les moins connues de l’Afrique est d’un haut intérêt pour le géographe, aussi bien que pour le philosophe et l’historien. C’est l’histoire primitive de ces vastes régions , qui dans une quinzaine de siècles d’ici seront certainement aussi peu reconnaissables que le sont aujourd'hui la Gaule de César et la Germanie de Tacite.