HAB1TAHT8 DE LA BAIE DE LAGOA
Les indigènes de la baie de Lagoa appartiennent à la grande famille des Cafres. G. White en estime le nombre à six ou dix mille. Leur couleur est d’un beau noir. Les hommes sont grands et bien faits ; ils portent au cou un sifflet de corne d’antilope ou de cerf, et s’en servent pour s’appeler, quand ils sont éloignés les uns des autres. Ils se coupent ordinairement les cheveux, excenté une grosse touffe sur le haut de la tete; ils lient cette touffe et la soutiennent avec de petits morceaux de bois, pour qu’elle conserve la forme d’un pain de sucre ; quelquefois ils gardent de chaque cdté de la tete deux grosses touffes de cheveux qu’ils passent dans des trous de morceaux de cuivre de la grosseur de nos boutons. Ils sont tous tatoués sur le visage, depuis le milieu du front jusq u’au bout du menton ; le tatouage a la forme d’un demi-cercleavec une ligne de points qui descend du milieu; il figure un X sur les tempes; le corps et principalement l’estomac sont embellis de la même façon; chaque famille a une manière particulière de se tatouer. Au reste, ils ont les mœurs et les coutumes des autres tribus cafres.
Les indigènes ont autrefois entretenu untraficsuiviavec les Portugais, qui avaient établi un fort et un comptoir dans la baie de Lagoa. Les principaux objets de commerce étaient, comme au-
(i) Le voyage de mon savant ami n’avait pas seulement pour objet la Flore de ce* contrées, mais encore la Faune, particulièrement les crustacés et les mollusques. Les crustacés ont été déjà l'objet d’une publication sous le titre : Vie sûdafnkanischen Crustaceen ; tint Zuiammeristellung aller bekanqten malacostraca, etc. ; v. Dr. Ferd. Kj auss," avec 4 planches ; Stuttgart, in-4“, 1 843.
jourd’hui, la poudre d’or, les dents d’éléphants et l'ambre gris, ia cire et la gomme. Les habitants les recevaient, par voie d’échange, des peuplades de l’intérieur. C’est ce qui explique l'existence de ces objets de fabrique européenne que des voyageurs ont rencontrés au centre de l’Afrique (1).
U baie de Lagoa ( Lorenço-Marquez), située à 25° 52 latit. australe et 33° longitude orientale ( Greenwich ), a une étendue de trente millesde l’est à l’ouest, et de soixante du nord au sud. Elle est très-fréquentée par les navires qui vont à la pêche des baleines. Ces cétacés y entrent au mois de juin pour mettre bas, et la quittent en septembre, quand leurs petits sont assez forts pour les suivre en mer. Ils sont aujourd'hui devenus rares dans ces parages. — La baie offre un bon port, et plusieurs grandes rivières y ont leur embouchure. Le Mafumo, qu’on nomme aussi English- Hiver, est navigable pour les gros navires; il a quatre millesde large, et dans les grandes marées quatre brasses d'eau sur la barre qui est à son embouchure. Plus haut son canal est large d’un quart de mille. Le mouillage que les vaisseaux prennent ordinairement est au delà de la barre , dans un endroit où l’eau est profonde.
Il est facile de s’y procurer des vivres de toute espèce, tels que du bœuf excellent, des chèvres, des poules, du poisson, des patates, des choux et d’autres iierbes potagères, des citrons, des bananes; l’eau de la rivière est très-bonne. Il y a dans la baie beaucoup de bas-fonds, d’écueils et de bancs changeants ; mais un navire peut mouiller en sûreté dans plusieurs parties où il y a un bon fond à une profondeur suffisante. — Le climat est très-sain dans la saison sèche; mais pendant la saison chaude et pluvieuse, il règne aux environs une lièvre maligne , caractérisée par des pustules qui rappellent celles de la peste.
La baie de Lagoa, ainsi que la belle et fertile contrée de Temlie ou Tempe qui l’avoisine, appartiennent, depuis 1823, aux Anglais , qui ont ici remplacé les Portugais.
Au nord de la baie de Lagoa il y a le pays d’Inhambana, également habité par
(i) Annalti maritime) , février 1844.
L’UNIVERS-
des tribus de race cafre. Au nord , ce pays est séparé du royaume de Sabia par le cap de Corrientes et le fleuve d’inhambaua . La côte d’Inhambana, peu fréquentée , est sablonneuse et couverte de dunes jusqu’à la pointe de la baie de Lagoa.