PASSIF
Andibizwanga , je n’étais pas appelé.
monieux , c’est , selon Burchell , la volubilité étonnante avec laquelle s’expriment les Bachapins lorsqu’ils s’intéressent à quelque sujet de conversation. Il serait impossible, dans le hottentot, d’imiter cette rapidité de prononciation. Dans le sichouana , l’exactitude grammaticale paraît être souvent sacrifiée à l’euphonie ; il y a une infinité d’inflexions qui n’ont peut-être d’autre règle que la coutume du moment. On intercale diverses particules entre les mots; et le pluriel paraît se former fréquemment d’une manière qui ne paraît pas s’astreindre à des principes fixes.
Le sichouana ou betjouana ne diffère que légèrement de la langue des Damaras et de celle des Delagoaus ( habitants de la baie de Lagoaj, bien que ces deux peuples soient tres-éloignés l’un de l’autre. On peut en dire autant des dialectes des autres tribus cafres, particulièrement des Zoulas, dont la langue est, suivant Gardiner ( Ajourney lo lhe Zoolus country, etc., Lond., 1836), généralement répandue depuis le31' au 36' degré latitude australe ; et, à l’exception d’un petit territoire voisin delà baied’Algon, depuis la côte jusqu’au 29e degré longitude orientale de Greenwich. Les termes dekross,kraa!et d’hassegaie sont inconnus chez les Zoulas. Le manteau ou principal vêtement s’appelle ingoubo,
AFRIQUE AUSTRALE. 1GI
le village «mai, le javelot umkoulo, le troupeau issibaia. M. Gardiner nous donne le vocabulaire suivant, fort court, de la langue des Zoulas :
Dakubona, je vous ai vu;
Yearbo, oui ;
Debona wana , je vous vois ;
Deafouma, j’accepte;
Baba, père.
Le cafre, comme du reste toutes les langues à l’état d’enfance, manque d’expressions pour rendre les idées abstraites. Les missionnaires eurent, beaucoup de peine à faire comprendre à un Cafre la signification du mot hypocrisie. A la fin , saisissant l’idée , il s'écria : « Ah! oui, c’est endosser le kross de votre femme pour travailler au jardin! » Pour comprendre cette exclamation, il faut savoir que chez les Cafres, le travail du jardinage étant l’occupation obligée des femmes, les hommes croiraient se déshonorer en la partageant; eu sorte qu’un homme qui voudrait travailler au jardin endosserait le vêtement de sa femme , pour n’être pas reconnu.
Enfin, le fona de tous les dialectes cafres est le même, quelle que puisse être
la dissemblance de la syntaxe ; et lorsque des individus de différentes tribus se trouvent ensemble, ils ne sont pas longtemps sansse comprendre mutuellement.
« Je n’entends pas, dit M. Thompson, décider jusqu’où ces aflinitésde famille et de langage s’étendent dans le nord ; mais j’ai vu un vocabulaire de l’ile d’Anjouan, ou des Cpmores , fait par un missionnaire quiya résidé ; il en résulte que ces insulaires', et probablement aussi les tribus aborigènes de Madagascar, parlent un dialecte quia une relation intimeavec ceux de la Cafrerie et de Mozambique. * Dans l’intérêt des études linguistiques et ethnographiques, nous aurions désiré donnerici un vocabulaire comparatif des différents idiomes parlés par les peuples que nous venons de passer en revue ; mais cette entreprise est presque impossible en raison de l’incertitude et du manque des documents. Nous nous bornerons au tableau suivant, dont nous avons emprunté les mots les plus usités aux ouvrages de Sparrmann , de Thunberg, de Le Vaillant, de Barrow, de Lichtenstein, de Burchell, de Campbell, de Kay et d’Alexander.