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Un.
Deux.
Trois.
Quatre.
Cinq.
Six.
Sept.
Huit.
Neuf.
Dix.
Pere.
Mère.
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Terre.
Ciel.
Lune.
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L'UNIVERS
Tout récemment M. Froberville (1) a essayé de comparer le souhaïli avec les idiomes des principaux peuples de l’Afrique méridionale, et d’abord avec l’arabe , que l’on signalait comme le fond de ce prétendu jargon. Le résultat de cette comparaison, quant à l’arabe, fut de démontrer que le souhaïli ne présente auoune affinité avec cette langue.
Il renferme, il est vrai, un grand nombre de mots arabes , mais ce ne sont là que des emprunts rendus nécessaires par une conformité d’usages et de religion, qui existe depuis longtemps entre les habitants de Zanguebar et les Arabes souverains de la cote. La langue des Gallas et des Somaulis qui habitent au nord des Souhaïlis ne présente non plus aucune ressemblance avec l’idiome deces derniers. Mais il paraît à peu près certain que les diverses nations de l’Afrique australe parlent des langues sœurs; et en rapprochant ces idiomes du sichouana et des langues parlées sur la côte occidentale, on reconnaît qu’ils sont dérivés d’une source commune. M. Prichard avait déjà indiqué, dans son Histoire physique de C homme (liv. tu, chap. 14), cette parenté qui existe entre les langues austro-africaines, et les avait comparées à la famille des langues indo-européennes.
La météorologie et l’histoire naturelle s’enrichiraient considérablement par les observations que des commissions de savants pourraient faire sur la côte orientale, encore si peu explorée, de l'Afrique. Les rayons du soleil et les couches atmosphériques paraissent, surtout dans le canal de Mozambique et à l’entrée de la mer Rouge, éprouver des changements fort extraordinaires.
Les anciens déjà avaient entendu parler de certains phénomènes , en apparence merveilleux, que nos commentateurs modernes ont eu grandement tort de traiter de fables. Ainsi, Agatharchide, cité par Diodore, raconte que sur la côte orientale de l’Afrique ( pays des Troglodytes ), - là où l’on ne voit pas la constellation de l’Ourse, » le soleil semble sortir de la mer comme un charbon ardent qui jette de grandes
(i) Mémoire sur Us langues et Us races de l'Afrique orientale ; Paris, 1846.
étincelles; qu’il ne se montre point, comme à nous , sous forme d’un disque, mais qu’il s’élève sur l’horizon comme une colonne dont le chapiteau serait un peu écrasé (1). Un fait tout semblable de réfraction atmosphérique a été observé par Sait , à 4° 53' latitude septentrionale. « Le soleil , dit-il , avant de se coucher offrit un aspect très-extraordinaire. Au moment ou il sortait d’un sombre nuage et où son disque touchait à l’horizon , il parut s’étendre au delà de ses dimensions naturelles ; il devint d’un rouge pâle, et prit une forme qui ressemblait infiniment à une section d« colonne. C’était un des singuliers effets de la réfraction produite par l’atmosphère , et connue dans cette partie du inonde. »
Aux environs d’Aden , Sait eut Foccasion de faire une observation qui rappelle encore davantage celle que raconte Agatbarchide. « A l’approche de la péninsule, nous fûmes extrêmement frappés de l’aspect que prit le soleil en se levant. Lorsqu’il fut à moitié audessus de l’horizon , il ressembla , par la forme, à un dôme de château; lorsqu’il fut aux trois quarts, on eût dit un ballon; enfin, étant tout à fait dégagé, il parut comme un globe très-aplati. 1s meme cause (réfraction atmosphérique) faisait que notre vaisseau, à l’ancre dans la baie, avait l’air d’être hors de l’eau, et que ses mâts, qui étaient nus, paraissaient entourés de voiles. Une pointe de terre et un rocher bas , qui étaient à vue, semblaient, l’une n’avoir d’autre base que l’air, et l’autre s’élever aussi haut qu’un vaisseau , l’espace transparent compris entre ces objets et l’horizon ayant une teinte grise très-distincte de la couleur plus foncée de la mer (2). »
M. Owen, pendant son expédition hydrographique sur la côte orientale de l'Afrique, a été témoin de phéuomènes analogues. Ainsi, peu de temps après
i) Diodore de Sicile, lib. III, c. 4». a) Cette réfraction extraordinaire des eon cbes atmosphériques à l'horizon mériterait un examen plus approfondi; car elle est une grande source d'erreurs dans toutes les observât ious astronomiques et géodésiques * surtout dans les latitudes peu élevées.
le coucher du soleil, il prit un jour des météores pour des oiseaux à plumage brillant perchés au haut des mâts. Une autre fois, il lui arriva, à lui et a tout son équipage, de prendredes canots pour des albatros ( oiseaux de mer ) ; cette méprise dura jusqu’au moment où les canots touchaient presque le navire. Il faut que les couches atmosphériques soient singulièrement condensées ou modifiées dans ces parages pour produire des phénomènes de réfraction aussi insolites. Cet épaississement de l’air ne contribue peut-être pas peu à l’insalubrité du climat.
PAYS d’aJAS ( HAZ1H ).
Nous possédons très-peu de renseignements sur tout le pays compris entre le 3» latitude nord et le cap Guardafui . Tous les navigateurs ont observé qu’à l’instant même où l’on tourne le cap Guardafui pour se diriger vers la mer Rouge, les vents s'apaisent comme par enchantement. Cela s’explique par la présence de cette courbe brusque qui forme le golfe d’Aden. Les vents alizés, ui soufflent le long de ia côte assez unie e l’Afrique orientale , franchissent ce golfe pour se perdre sur ia côte orientale de l’Arabie.
Le nom de Guardafui parait être d’origine port ugaiseet signifier «Garde à vous. Les indigènes l’appellent Ras-Assere.
Derrière ce cap, au sud, s'élève une haute montagne. leGibel-Iordafoun,au pied de laquelle se trouve, dit-on , un grand lac d’eau douce ; on ignoresi c’est un ouvrage de la nature ou de l’homme. U ne chose digne de remarque, c’est qu’à l'entrée du golfe qui est comme le vestibule de la mer Rouge, on rencontre sur le rivage l’oiseau sacré des anciens Égyptiens, l’ibis, vrai portier du pays des merveilles. « L’herbe, dit Sait, était rare, le sol sablonneux et fort imprégné de sel. Une lagune, qui commençait a peu de distance de la côte, s’étendait dans l’intérieur des terres, sur une plaine qui, d’après la vue éloignée que nous en eûmes , nous parut couverte d’arbres. Des oiseaux sauvages se montraient en foule surcette lagune , au bord de laquelle on voyait aussi l’oiseau de l’espèce appelée Abouhannes par les Arabes, qui est le véritable ibis des Égyptiens décrit par
Hérodote; ce qui est démontré par la tête et le cou, qui sont dépourvus de plumes, et sont d’un noir très-foncé. -
La côte, depuis le cap Guardafui jusqu’au cap d’Orfui, que les Arabes nomment Hafotm, abonde en moutons, chevaux et chameaux; elle est habitée par une tribu de Somaulis, les Mijertaynes, commandés par un chef qui reconnaît pour suzerain l’iman de Mascate. Ce chef réside dans ie voisinage du point désigné sur Ifs cartes sous le nom de cap Delgado, qu'il ne faut pas confondre avec le cap de même nom qui sépare l’État de Mozambique de la côte de Zanguebar. Les Arabes l'appellent Ras-Maber , qui signifie - Promontoire de départ, » parce que les caboteurs indigènes partent de ce point avec la mousson sud-est pour se diriger vers le nord en doublant le cap d tiafoun (1 ). Ce cap apparaît de loin comme une Ile, et se trouve adossé à de hautes montagnes d'une forme singulière. L'amiral Beaulieu tint à l’ancre sous ce cap, eu juillet 1620, durant une tempête violente, et il teuta vainement de communiquer avec les naturels du pays. Il décrit lemouillagecommeétantà 10° l de latitude nord. La variation de l’aiguille aimantée était alors à 17" deux tiers ouest. En 1809 Sait ne la trouva que de 4°. Les Portugais avaient autrefois une factorerie aux environs d’Hafoun, jusqu’à l'époque où ils en furent chasses par 1rs Arabes.
D’Ilafoun à Ras-ul-Khyle (cap Bédouin de quelques cartes), ia côte présente une masse granitique de plus de cent mètres de hauteur. Les Arabes la désignent sous le nom de Hazim , qui signifie terrain rocailleux. Au sud de Ras-ul-Khyle se trouve d’abord Sef- Tewit, ou le rivage pelé, puis VHerab ou contrée montagneuse. C’est cette étendue du littoral que les cartes indiquent sous ia dénomination d’Ajau,d’Azan ouAzamea.qui n’est probablement qu’une corruption du mot arabe liazim. Les inoigèues l’appellent Barra SomatUi , c’est-a-dire Terre des Somaulis, et sont aujourd'hui, pour la plupart, tributaires de l'iman de Mas-
(i) Owen, A narrative af voyages ta explore the sltores of Africa , etc.; vol. 1, p. 354.