‹ Afrique australe, Cap de bonne-espérance, Congo, etcChapitre 39 sur 65 · CENTRALE · texte numérisé non relu

CENTRALE

chir le même espace en faisant la moitié moins de pas qu’un autre animal , et par conséquent avec la moitié moins de fatigue. Ces avantages lui procurent une marche ferme et aisée, dans un terrain où les autres animaux ne vont qu’à pas lents et mal assurés.

Le chameau a une valeur à la fois historique et géographique; il caractérise essentiellement l’ancien monde, et vit dans des limites qu'il ne dépasse ja-~ mais. Ainsi , on ne le rencontre point au delà de l’équateur. La zone du chameau, comme l’appelle M. Ritter, coin-

Erend, en Afrique, toute l'ancienne Liye, la Mauritanie, le pays des Magrebins, des Berbères, des Bédouins, et tout le Sahra. Cette zone s’arrête vers les régions tropicales, où commence la division caractéristique des saisons, en sèches et en pluvieuses. Le chameau se plaît dans les vastes steppes de sable de l’Afrique et de l’Asie, où le regard ne se repose que sur quelques rares herbes salines ( salsola ), ou sur des arbrisseaux épineux des genres acacia et mimosa. Il fuit la végétation luxuriante taut de la zone tempéree que de la zone tropicale. M. Ritter remarque, en outre, que le chameau trouve dans le règne végétal un compagnon Adèle et inséparable, le dattier ( phœnix daclylifera) : là où l’un existe , on est sûr de rencontrer l’antre, de même que l’absence de l’un indique aussi celle de l’autre. Le chameau s’arrête devant le pays du renne, et fuit la contrée des éléphants. Il était inconnu aux Carthaginois : Hérodote, Strabon, Pline, n'en parlent pas comme d’un animal propre a l’Afrique.

Hiitius Pansa ( Hélium A/ricanum , cap. 68) fait, pour la première fois, mention des chameaux libyens au service de l’armée du roi Juba. C’est dans les steppes sablonneux de l’Arabie qu’il faut chercher la véritable patrie de l’inappréciable compagnon des peuples nomades. Les Ismaélites, et en général toutes les nations sémitiques, ont leur existence matérielle en quelque sorte subordonnée aux services que leur rend le vaisseau du désert (1).

Parmi les tribus nomades quj se dispu-

(i) Comptes rendus de C Académie de Berlin , aimée 1847.

tent l’empire peu enviable du désert de Sahara , on remarque les Touarieks ou Touareggs et les Tibbous. Ces tribus, et particulièrement les Touarieks, s’arrogent sur toutes les caravanes ou kafilahs le droit de pillage, et le font racheter par de fortes rançons. Ce droit est exactement celui que les chevaliers, au moyen âge, exerçaient sur les passants. C'est, our parler plus clairement, le droit du rigand qui arrête le voyageur par ces mois sacramentels : La bourse ou 1 a vie. C’est un exemple de plus , ajouté à tant d’autres, que dans tous les pays du inonde l’homme est le même; sa peau seule varie.

Ces nomades, quelquefois féroces et cruels, se mettent en possession des puits et des oasis où les caravanes viennent se rafraîchir; et ils vendent à des hommes exténués de fatigues la permission de se désaltérer. Ils monopolisent l'eau, comme ailleurs on monopolise le sel-

Les Touarieks occupent la portion centrale du Sahra, et infestent la grande route qui va du Soudan au Tafilelt ou au Maroc. C'est aussi la route qu'avait suivie Caillié. Les principales localités qu'il rencontra, en allant du midi au nord, sont El-Arnouan, Bir-el-Télig , Amoul-Taf, Maraboudy, et Mayara.

El-Araouan est une petite ville située dans un bas fond , entourée de hautes dunes de sables qui s’étendent à l’ouest. Les maisons, environ au nombre de cinq cents, sont construites dans le genre de celles de Tombouctou ; seulement elles sont plus basses et moins solides. Le devant des portes est crépi avec du sable jaune qu’on trouve en creusant à une certaine profondeur. Cette ville est l'entrepôt des sels deToudeyni, qui s’exportentà Sansanding.surle Djoliba.

Le sol ne présente pas la moindre trace de végétation, et les nombreuses caravanes qui le sillonnent vont très-loin pour trouver du fourrage. Le bois est si rare, qu'on ne brûle que du crottin de chameau , que les esclaves ramassent soigneusement. Les puits qui sont aux environsd’El-Araouan ont une soixantaine de pas de profondeur : l'eau est saumâtre, malsaine, et toujours chaudè; le fond est argileux. Les Maures abreuvent leurs chameaux dans des auges en cuir

tanné, supportées par trois tiges de bols flexibles; ils puisent l’eau avec des cordes de paille. El-Araouan est le point d’arrivée des caravanes qui viennent de Taülelt, du cap Mog 'dnr, du Drah , da Tahouât, des villes d’Agdâmas et de Tripoli. A peu de distance de là on rencontre la tribu desZaouâts, chez laquelle fut assassiné le major Laing.

Bir-Télig est situé presque au centre du Sahra. On y trouve de riches mines de sel, qui ne sont qu'à trois ou quatre pieds au-dessous du sol. On en retire le sel par blocs , et on le scie en planches. Le terrain est composé d’un sablejaune à grosgrains. Les puits de Bir-Télig attirent le passage des caravanes. * Nous trouvâmes. dit Caillié, comblés par les sables, ces puits tant désirés. Les Maures se mirent aussitôt à les déblayer, et l’on fit boire enfin les pauvres chameaux, qui, sentant le voisinage de l'eau, étaient indomptables : quand on les chassait à coups de corde, ils couraient dans la plaine, et revenaient en ruminant s’accroupir autour des puits, en posant leur tête sur le sable frais qu’on en retirait. La première eau fut très -noire et bourbeuse ; et malgré la quantité de sable qu’elle contenait encore, les chameaux se la disputaient avec acharnement. A l’est de ces puits on voit les ruines de quelques maisons construites eu briques de terre blanche; elles sont presque couvertes de sable (I). »

Les puits d’ Amoul-Taf sont situes entre les roches de granitgris. Ils sont souvent comblés de sable. L’eau en est douce, mais peu abondante. Les environs sont peuplés de quelques tamarix. — Les puits de Marabouoy, situés plusau nord, ont également peu de profondeur , et sont de même comlilés. Les traces et les excréments des i hameaux les font cependant aisément découvrir. L’eau des puits de Mayara est salée. Ces puits ne sont pas très-éloignés de la frontière du Maroc.

Touarieks ou Touaregg.s. Les Touaricks etlesSourgousne sont qu’un même

K le. Le premier nom leur est donné îs Maures, et le second par les Nègres. Les Touarieks sont d’excellents ca-

(i) Journal d'un voyage à Tombouctou , tome II, p. 404,

ioogle

valiers; ils sont belliqueux , mais cruels ; ils sont armés de trous ou quatre piques et d'un poignard qu’ils portent au bras gauche. Ils ont, en outre, des boucliers en cuir de bœuf tanné qui sont travaillés avec beaucoup de goilt, et ont la forme de ceux des anciens chevaliers , excepté qu’ils sont carrés au bout; ces boucliers, enjolivés dedessi ns, sont assez larges pour les couvrir tout entiers. Les Touaricks ne se battent qu’avec la lance et le poignard ; ils sont toujours à cheval, et ne fout point usage de l'arc. Une espèce de chemise très-ample (tobé), dont les manches sont aussi larges que le corps, compose leur habillement : elle est de toile de coton bleue ou rayée de bleu et blanc. Ils portent aussi des casaques de cuir, et des chemises de peau d'antilope bien préparées et proprement cousues. Leur pantalon n’est pas tout à fait aussi large que celui des Maures; il ressemble plutôt à celui des Cosaques; il est en toile de coton, et presquetoujours bleu. Leurs sandales, la partie la plus élégante de leur habillement, sont en cuir noir, et s’attachent aux pieds avec des courroies rouges. L’intérieur de la semelle est brodé avec, une délicatesse admirable.

Tous portent un fouet, qui pend à un baudrier qui va de l’épaule gauche à la hanche droite.

Les Touaricks sont généralement bien faits ; ils ont les cheveux longs, le teint très-brun, comme les Maures, le nez aquilin, les yeux grands, une belle bouche, la figure longue et le front un peu élevé. L’expression de leur physionomie est sauvage. On les regarde comme une race d’Arabes; mais ils parlent un idiome particulier. Ils sont très-superstitieux; quelques-uns sont entièrement couverts d’amulettes pour se préserver de maladies et d’accidents; ils en entourent leurs bras, leurs jambes, leur cou; ils en suspendent en travers de la poitrine; enfin, ils en mettent partout où ils peuvent trouver une place : leurs fusils et leurs lances en sont de même garnis.

Ces peuples sont musulmans : ils récitent leurs prières en arabe, dont un grand nombre ne comprennent pas une syllabe. Beaucoup ne prient pas; ceux

?|Ui prient se contentent de répéter la proession de foi ; ils sont, en somme , fort ignorants.

Ils habitent l’immense étendue de pays ui comprend la plus grande partie du ahra central; ils sont divisés en plusieurs tribus; quelques-unes n’ont pas d'habitation fixe , mènent une vie errante comme les Arabes, et vivent de pillage. Ils ne snnt pas cruels quand on ne leur oppose pas de résistance; mais si la troupe attaquée essaye de se défendre , sa mort est certaine. Les tribus touariekes sont toujours en guerre avec les différents états du Soudan, d’où elles emmènent une quantité incalculable d’esclaves.

Leur habileté à manier les armes et leur courage les rendent très-redoutables. Les Touaricks exigent des caravanes qui traversent leur pays un tribut ou une, sorte de droit de péage. Ils imposent leur volonté à toutes les peuplades voisines, telles que les Dirincans, les Ginbalas, les Kissours et les tribus de Zaouât et de Salah. Si ces peuples étaient réunis ils seraient bien supérieurs aux Touaricks, et pourraient facilement secouer un joug avilissant et ruineux.

Tibbous. Ces nomades parcourent la partie orientale du Sahra ; comme les Touaricks, ils rançonnent les caravanes qui traversent le désert. Ils sont également divisés eu plusieurs tribus, dont Hornemann a donné les noms. Un passage d’Hérodote (IV, 183) fait présumer que les Tibbous sont les Étliiop ens Troglodytes, auxquels les Garamantes donnaient la chasse. Or, les Garamantes sont les Fezzaniens. Ceux-ci font, en effet, une rude guerre aux Tibbous, qui habitent en partie dans des cavernes, et qui, de même que les Éthiopiens Troglodytes , sont d’une agilité extrême.

Hérodote dit encore que leur langue n’a rien de commun avec celle des autres nations, et que lorsqu’ils parlent on croirait entendre des chauves-souris. — Les Tibbous sont minces et lestes; ils ont le visage spirituel; leur agilité est passée en proverbe. Les tribus qui habitent la partie méridionale du Fezzan ont des mœurs paisibles, mais celles de l'intérieur vivent principalement de pillage.

Les Tibbous font sans cesse des incursions chez leurs voisins. Ils n’ont pas précisément les penchants cruels, mais ils passent pour les voleurs les plus impudents que Ton puisse imaginer.

Leur caractère bien connu leur as

F.’UNIVERS

sure Je commerce presque exclusif du Ounday et du Begharmy. La plupart sont mahoinétans; ils ne se couvrent

ns la tête, et sont vêtus de peaux de

êtes; quelques-uns se procurent chez les peuples voisins de grosses toiles , dont ils ont un morceau par devant et un autre par derrière qui descend jusqu’aux genoux; d'autres n’ont pour tout vêtement qu’une enveloppe de cuir autour des reins. Ils demeurent dans des creux de rochers ou dans de misérables cabanes d’herbe. Grâce à la vitesse de leurs chameaux , ils peuvent en une journée parcourir de très-grandes distances, ce qui leur donne la facilité dechangerconstammentdedcmeure.

Depuis quelques années, des relations fréquentes s’étant établies entre le sultan du Fezzan et le cheikh du Rornou, les Tibbous servent de courriers entre les deux pays. Denham et ses compagnons en rencontrèrent, dans le désert, qui portaient les dépêchés du Bornou au Fezzan.

Les Tibbous , hommes et femmes , aiment immodérément le tabac; leur bouche en est presque continuellement remplie. Toutefois, leursdents sont blanches , parce qu’après chaque repas ils les nettoient soigneusement.

Le pays habité par les Tibbous produit beaucoup de dattes ; il est rempli de rochers isolés et de blocs erratiques de formes singulières jetés au milieu des plaines sablonneuses. Leurs flèches et les grosses pierres qu’ils font rouler du haut des collines, leur donnent le moyen d’éloigner tout ennemi qui est , comme eux, dépourvu de fusils.

Quand les Arabes ont l’intention d’attaquer un village de Tibbous, ils s’arrêtent, le soir, à deux ou trois milles de distance. Vers minuit, ils laissent leurs tentes et leurs chameaux à la garde d’urt petit détachement , et marchent en avant, de manière à arriver au point du jour ; alors ils cernent le lieu , et généralement réussissent à prendre tous les habitants. Les Tibbous qui échappent à la première bande des assaillants, en rencontrant d’autres placés aux aguets et armés de fusils; de sorte que leur chance d’échapper est bien faible. Sur un terrain élevé et situé à une distance convenable, les Arabes placent un éten-

dard autour duquel sont postés des hommes préparés à recevoir et à lier les captifs. C’est de cette manière que dans une matinée une troupe de deux à trois cents Arabes s’empare de mille à quinze cents esclaves.

Le pays des Tibbous, de Borgou et de Kawar a été plusieurs fois désolé par le sultan du Fezzan; ils s’en vengent sur tous les blancs infortunés qui tombent en leur pouvoir. Ceux de l’intérieur ont pour armes trois javelots légers, une lance, un poignard, une épée et une esnèce de dard très-meurtrier. Les tribus les plus sauvages vivent principalement de dattes et de la chair de leurs troupeaux.

Les Tibbous ne cultivent guère leble.

et ne connaissent pas l’art de faire du

Îiain. Quelquefois ils enlèvent, pendant a nuit, un chameau, qui est mangé tout entier avant l’aubedu jour. Les grains du khandal (coloquinte) forment un article essentiel de la nourriture des Tibbouset de Kawar. Lyon trouva à ces graines un goût agréable; elles n’avaient rien de cette amertume insupportable de l’enveloppe extérieure de la coloquinte. Ces peuples ne se tatouent pas.

Les Tibbous qui habitent le désert du côté du Borgou sont, dit-on, fort timides; ils redoutent tellement les armes à feu, que la seule vue d’un Arabe, et surtout d'un cavalier, suffit pour en mettre en fuite une troupe entière; ils courent avec beaucoup d'agilité , et pour échapper ils emploient toutes sortes de ruses qui souvent leur réussissent. Par exemple, s’ils sont poursuivis sur un sol rocailleux, ils s’agenouillent brusquement , et de telle manière qu'on les prendrait pour une pierre ou pour un rocher; s’ils se trouvent dans un lieu où il y a du bois, ils embrassent le tronc d’un arbre; s’ils sont sur un terrain sablonneux , ils se tiennent sur une éminence jusqu’à ce que l’homme qui les poursuit soit dans renfoncement voisin; alors ils courent dans l’enfoncement qui est plus loin, et changent de route, ou bien s’enterrent dans le sable avant qu'il gagne le terrain élevé. Lorsqu’ils sont pris, ils montrent une adresse égale pour se dérober à la vigilance he leurs gardiens. C’est pourquoi les Arabes disent : « Si après avoir arrêté un Tibbou vous ne le liez pas à

l’instant, tournez-vous, il s’enfuit. »

Les femmes tibbouses sont minces et bien faites; leur coslume leur sied trèsbien; elles ont le nez aquilin , les dents belles, les yeux vifs , les lèvres comme celles des "femmes européennes. Leur teint est du noir le plus brillant; elles se tiennent droites , et leur démarche est très-gracieuse ; elles ont les pieds et le bas de la jambe très-mignons , et ne les chargent pas d'anneaux de fer ou de cuivre; elles se contentent de les orner d'un cercle léger en cuivre ou en argent poli qui fait ressortir avec beaucoup d’avantage leur peau, noire comme le jais; elles se chaussent avec de jolies pantoufles rouges. Leurs cheveux, nattés de chaque côté, leur tombent le long des joues comme un éventail; un morceau de cuir fait le tour de la télé; elles y passent une trentaine d'anneaux d argent enchaînés les uns aux autres, et se terminant par derrière en une grande plaque d’argent. Elles ont de chaque e<5te de la tête un joyau en or et en agate grossièrement taillée, et tout autour, au-dessus des oreilles , un bandeau de corail , de cauris ou d'agate. Plusieurs chaînes légères d’argent , au bout desquelles il y a des grelots , sont attachées à leurs cheveux. Leur cou est chargé de colliers riches; leur draperie est disposée de manière qu’elles montrent la moitié de leur sein bien arrondi. Leurs bras sont nus jusqu'à l’épaule; elles y placent, au-dessus du coude, un élégant anneau d’argent de la grosseur d’une plume d’oie; au poignet, elles en ont un ou deux plus larges et aplatis; elles passent dans leurs oreilles trois ou uatre anneaux d’argent de différentes imensions; le plus grand, qui est au centre , pend le plus bas. La piece la plus curieuse de leur parure est un morceau de corail lixé dans la narine droite. Une grande pagne de coton bleu ou rayé est attachée au-dessus d’une épaule en travers de la poitrine, et tombe en plis gracieux, de manière à laisser voir le dos, le sein et le bras droit. Ce vêtement très-court ne cache la jambe que jusqu’au mollet. Néanmoins, rien de plus modeste que l’air et le maintien de ces femmes.

Les Tibbouses ne cachent pas leur visage comme les femmes arabes. Elles

se conservent bien plus longtemps, sont plus propres, meilleures femmes de ménage , et prennent grand soin de leurs enfants, dont elles ont un grand nombre. Il parait que leur principale occupation est de faire des paniers; elles font aussi , avec les feuilles du palmier, des jattes pour boire , qu’elles ornent de bandesdecuir coloré. Ces ustensiles sont recherchés dans le Fezzan.

Les enfants des deux sexes sont entièrement nus. Les Arabes , pour excuser leurs cruautés envers les Tibbous, prétendent que ces enfants du désert ne connaissent pas le mariage, que les femmes sont en commun, que les frères et les sœurs cohabitent ensemble, enfin qu'ils n’ontaucune connaissance de Dieu. Ceux que Lyon interrogea sur ce point reconnaissaient l’existence d’un grand esprit; mais ils se mirent à rire quand il leur demanda où cet esprit demeurait. Ils s’imaginent que le tonnerre et les éclairs sont occasionnés par leurs amis défunts : aussi craignent-ils beaucoup les orages.

Ils mangent le sang des chameaux cuit au feu , et se nourrissent aussi de la chair des animaux morts de maladie.

La musique des Tibbous consiste principalement en tambours qui sont faits de troncs de palmiers creux ; une peau est tendue à chaque extrémité : on frappe sur l’une avec une baguette, et sur l’autre avec la main. Cet instrument s’appelle gouyan. Ils ont aussi une sorte de cornemuse grossière , et des tambours plus petits que le gouyan.

Les Tibbous, en se revoyant après une longue absence, ne se prennent pas la main comme les Arabes : ils s'accroupissent sur leurs talons à une certaine distance l’un de l’autre, et-, tenant leurs lances à la main droite, ils se tournent le dos, en répétant pendant quelque temps : « La! la! la! la! la! la! » C’est leur manière de saluer; ensuite ils se relèvent, et , s'approchant l’un de l'autre , entrent en conversation.

Les Tibbous parlent très-vite; leur langue, qui est pleine de labiales, est agréable à l’oreille; elle ne resserfible nullement aux idiomes nègres (I).

Quant aux autres tribus nomades qui

( i ) Voyez Nouvelles Annales des voyages , tome XXXI , p. 68.

L’UNIVERS

vivent dans le désert de Sahra, tels que les Touâts au nord , les Tajacantes au sud-ouest, les Trassarts, les Labdesebahs, les Wadeli, lesGualatas, les

Mongearts et les Monselmins , à l’ouest , on n’en a que des renseignements fort vagues. Leurs noms mêmes paraissent défectueux.

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