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IV. Itinéraire de Tafilelt à Tombouctou

De Tafilelt on se rend en cinq jours de marche, en tirant vers l’ouest, à Datz. On sait que Tafilelt est un lieu d’exil pour tous les descendants de la famille régnante à Maroc. Les rnfants de Molla Ismael , tant blancs que noirs, qui y furent relégués, montaient à onze cents. De leur race, et de ceux qui ensuite ont eu le même sort, est née une population immense, qu'on évalue à plus de vingt mille âmes. Elle est divisée en quarante villages, qu’on nomme Al- Cüussour, c’est-à-dire les palais. Chaque chef de famille a ses terres et ses maisons; et tous les chérifs sont dans l’aisance. L’empereur de Maroc a aussi un palais à Tafilelt, où il va quelquefois. Il fait surveiller les exilés par un kaïd et des troupes.

Tafilelt est entrecoupé par plusieurs rivières. Les pluies y sont rares. C’est le pays où le dattier réussit le mieux; il y en a , à ce qu’on prétend , soixante et’dix espèces. Par le moyen de l’arrosage, on fait venir du blé, de l’orge, du maïs, du riz, de l’indigo. L’arbre du henné y vient très-bien , et sa feuille , pilée, est un objet de commerce important. Il y a aussi à Tafilelt beaucoup de fruits, à l’exception du raisin, des pommes, des figues et des poires. Datz est le nom d’une rivière qui arrose une grande plaine entourée de montagnes.

Les montagnes sont occupées par les Schelloks, et les plaines parles Berbères, habitant sous des tentes à la manière des Arabes. Ces Schelloks et ces Berbères vivent dans l’indépendance , et ne sont soumis qu’à leur cheiks.

L’habillement des Berbères consiste, pour les hommes, en une culotte de toile, une grande cliemisede toile blanche et une ceinture. Les cheiks portent,

(i) Grammaire el Dictionnaire abrégés de la langue berbère , par Ventura de Paradis; Paris, 1844, in-4°, p. a «7*

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de plus , un caftan de soie ; de toile, ou de drap.

La coiffure est un turban de soie ou de mousseline, sous une calotte rouge de Fès. Les enfants ont les cheveux pendants , et un cordon de soie autour de da tête. Les enfants mâles porteut une pendeloque.

Les femmes berbères ont un izar de toile blanche, c’est-à-dire une espèce de drap délit un peu plus long que large, qui leur entoure le corps , etqui est arrêté par une ceinture. Elles ont trois pendants à chaque oreille, plusieurs bracelets et des khalkhal.

Elles ont leurs cheveux pendants, et portent sur la tête un habrouk de s'oie, qui est un voile de diverses couleurs; elles marchent à visagedéeouvert,etsont chargées de tous les details du ménage , soit sous la tente, soit au dehors.

Le pays de Datz, tant la plaine que les montagnes, peut renfermer une soixantaine de villages ou douars. On y cultive du blé, ue l’orge, des vignes, des figuiers, des amandiers, des grenadiers , et le pays est riche en bestiaux.

A Datz commence le royaume de Sous, qui n’est plus aujourd'hui qu’une province de l’empire marocain; mais, en général, tous les montagnards ne reconnaissent point l’autorité du sultan.

En sortant de Datz, et allant vers le midi , on entre dans un pays montagneux, qu’on nomme Werzazat.

Werzazat est couvert de villages habités par les Schelloks. Le chef-lieu de cette contrée est Tighram, résidence du cheik marabout, Sidi-Mohamed ben Abd-er-Rahman. Il commande à tout ce pays et il ne paye rien au roi de Maroc.

Au midi de Werzazat est une contrée montagneuse qu’on nomme Ait-Ougianif. Elle a une étendue de six a sept ours de marche, où on rencontre beau- 'coup de villages. Le chef-lieu se nomme Taznarth , et le cheik schellok qui y réside se nomme cheik Mohamed Gianif. Le pays est riche.

En quittant Ait-Ougianif, et en allant vers le sud-ouest , on arrive àZenagha, contrée montagneuse remplie de villages et commandée par le cheik schellok Ibrahbn-el-Zenagba. Elle ne paye aucun tribut au roi de Maroc.

De Zenagha on se rend, en tirant vers le sud-ouest, à Seghtana , pays où on recueille beaucoup de safran , et où il y a une très-belle race de moutons noirs, ayant une toison très-line. Le chef-lieu de cette contrée montagneuse se nomme Hamkirra , et le cheik qui y réside’, et qui commande à tout le pays, se nomme Sidi-Mohamed-Abdel-Kerine. Il est gendre du feu Molla Idris, cousin de l'empereur défunt; il paye tribut. La contrée de Seghtana peut avoir quarante lieues de long.

Le pays est riche en blé , orge et légumes.

De Seghtana, en allant toujours vers le sud-ouest, à travers les montagne», on se rend à Zaghmouzun. Zaghmouzun est une rivière qui donne son nom à toute là contrée , dont le chef-lieu est Nigbilnougou. Le cheik qui y commande se nomme cheik Ibrahim-Nighilnougou. Il est Schellok , et paye tribut à l’empereur.

Au sud de Zaghmouzun est ya district considérable, nommé Tnrgha-Mimoun, d’après le nom de sa ville capitale. Targha-Mimoun signifie, en berbère, la rivière bénite, et cette rivière traverse la ville. Le cheik qui y commande s'appelle cheik Mohamed ben-AU-Targha-Mimoun. Il est Spheliok et paye tribut au sultan.

Cette partie de la contrée de Zaghmouzun est très-riche en blé, en orge, en dattes, en Ggues, en raisin , en safran et en bestiaux.

De Zaghmouzun, en tirant vers l’ouest, on se rend en trois jours à la contrée qu’on nomme Gharb-el-Sous, c’est-a-dire la partie occidentale du royaume de Sous. Elle est arrosée par un grand fleuve qu’on nomme Ras-el- Ouad. ^

Elle est couverte de villes et de villages. On y rencontre des plaines et des vallons plantés d’oliviers, qui fournissent une quantité d'huile considérable.

Gharb-el-Sous, ou autrement Ras-el- Ouad, est divisé en quatre districts. Le premier a pour chef-lieu Tinzert; le second, Limhara; le troisième, Irazan; et le quatrième, Adredour. Ce pays est soumis au sultan, auquel il donne annuellement, pour tribut, deux cent mille ducats , plus quatre cents nègres, mâles

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et femelles; deux cents chameaux , deux cents chevaux, deux cents mulets et deux cenls vaches; et, indépendamment de ce tribut réglé, il y a aussi le prix des babouches (les épingles ou le pot de vin), qui monte à une somme très-considérable au renouvellement annuel du bail. Le sultan, le gouverneur de la province et leurs principaux officiers, en ont leur part.

Du fleuve Ras-el-Ouad, en tirant vers le sud-ouest, on se rend, en trois jours de marche, à la contrée dite Mizighina.

Mizighina est un pays de plaine habité par des Schelloks; il est du royaume de Sous, qu'on nomme dans le pays Ouad- Sous. Le cheik qui commandé à cette contrée est soumis au sultan , et paye tribut; ses enfants et ceux des particuliers riches sont au service de l’empereur en qualité de cavaliers casernes , qu’on nomme mukhazenié , ou hasshah .

De Mizighina on se rend, en allant vers le sud-ouest, en cinq heures, à Tarondant, grande ville où il y a un kaîd installé de la part du sultan. Taroudant est une des sept villes impériales bâties par les sultans connus sous le nom de Mulouk-al-Sa-Adyé. Les terres de Taroudant sont très-fertiles; cinquante livres de dattes ne valent pas plus d'un sou de notre monnaie. Ce pays est rempli de citronniers et d’orangers.

De Taroudant, en tirant vers le sudouest, on se rend, en cinq heures de marche, à Ouwara. Ouwara est le nom d’une plaine peuplée d’Arabes campant sous des tentes Ils ont deux chefs principaux : l’un nommé cheik Sa-Ayd-el Coumairi , et l’autre eheik Mohamedel-Muheàn. Ils payent tribut au sultan.

De Ouwara , en vingt-cinq heures de marche, en tirant vers le sud, on se rend à Ait-Wedrim. Ait-Wedrim signifie mine d’argent. C’est une ville considérable, bâtie sur la montagne, et habitée par des Schelloks soumis et payant tribut. Les terres de cette contrée sont très-fertiles : on y recueille du blé , de l’orge, .de l’huile. Les jardius donnent des amandes , des figues, des raisins. On n’y vend rien à la balance, mais tout à la mesure.

De Ait-Wedrim , ou se rend en trois

jours, en allant vers le sud, à Toucribt, capitale d’un très-vaste district montagneux , occupé par des Schelloks dépendants et payant tribut : il y a plus de cent cinquante villages dans ce district.

On y recueille des amandes, des noix, du miel et de la cire. On y rencontre des forêts d’amandiers et de noyers.

De Toucribt on se rend r en quinze heures de marche , en tirant vers le sud, à Ait-Krahim. Ait-Brahim est une ville de deux mille âmes de population . bâtie sur la montagne, et ayant juridiction sur une trentaine de villages. Ce pays, fertile en blé, orge, huile, amandes, cire et miel, paye tribut à l’empereur.

Le cheik schellok qui y commande envoie ce tribut, et, ainsi que la plupart des cheiks schelloks dépendants, se dispense de le porter lui-mâme à Maroc.

De Ait-Branim, en cinq heures de marche, on se rend, en tirant vers le sud , a Stouka , nom d’une contrée considérable, dont le chef-lieu se nomme Ait-Loughann. Cette ville a une population de sept à huit mille âmes , et elle a une juridiction sur plus de cent cinquante villages. Ce pays montagneux est habité par des Schelloks payant tribut. I.es terres y sont fertiles. On y sème du ble, de l’orge, du mil blanc. Il y a des vignes et des arbres fruitiers.

De Ait-Loughann on se rend en dix heures, en tirant vers le sud, à Ait- Belfa, ville de trois ou quatre mille âmes. Ait-Beifa est du district de Stouka. Le cheik schellok qui y commande paye tribut.

De Ait-Belfa, en dix heures de marche, on se rend, en tirant vers le sudouest, à Ait-Semlal, ville bâtie sur la montagne , et habitée par des Schelloks payant tribut ; elle est aussi de la dépendance de Stouka. C’est le dernier des lieux montagneux, dans cette partie méridionale du Sahara qui paye redevance à l’empereur de Maroc.

De Ait-Seinlal, en dix heures de marche, vers le sud-ouest, on se rend dans une contrée très-considérable et fort montagneuse, qu’on nomme Ait-Hamd.

La capitale de cette contrée est Mirlat. Le grand cheik de ce pays se nomme cheik Mohamed ou el-Hasan; le pouvoir suprême est héréditaire dans sa famille. Le pays d’Ait-Hamd est tra-

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versé par un lleuve qu’on nomme Ouad- Oualghav. Mirlat est sur la rive occidentale de ce fleuve, et Tabident, autre ville assez considérable, est sur la rive méridionale. Elles sont habitées par des nègres; les blancs n’y peuvent vivre, à cause du mauvais air. Le cheik habite sur la montagne, ainsi que les Schelloks. La population de cette contrée est estimée à trente mille âmes.

De Tabident, en cinq heures de marche vers le sud , on se rend à Taghzut, nom d’une ville bâtie sur la montagne et habitée par les Schelloks. Ce district est de la dépendance d’Ait-Hamd.

De Taghzut, en trois heures de marche vers le sud-ouest, on se rend à Teiusitt, ville qui a un district considérable , et qui est aussi de la dépendance d’Ait-Hamd. Son territoire produit des grains , des olives , des figues , du raisin et des dattes.

De Temsitt, en dix heures de marche vers le sud , on se rend à une vaste contrée montagneuse qu’on nomme Daoultit; sa ville capitale est Tillinn. La population de cette ville schelloke est estimée à dix mille âmes en y comprenant les juifs. Dans tout l’Atlas il n’y a que deux villes où on voie des juifs établis. Tillinn en est une, et Illigh, dans le royaume de Sous , est la seconde. Ils y vivent tranquilles, sous la protection des cheiks, qui les regardent comme des esclaves utiles.

De Tillinn, en quinze heures de marche vers le sud , on se rend à Tehala , grande villede la dépendance de Daoultit.

De Tehala , en douze heures de marche vers le sud, on se rend à Ida-Oughar-Sumought, qui , en berbère, signifie les possesseur s ae la poudre Ja/ale. C'est une autre ville considérable de la dépendance de Daoultit.

De Ida-Oughar-Sumought , en un jour de marche vers le sud , on se rend à Aughighit, grande ville de dix mille âmes de population et de la dépendance de Daoultit. Les montagnes enclavées dans la contrée de Daoultit sont très-escarpées et d’un difficile accès. Cependant les habitants tirent un bon parti de tout ce qui peut être cultivé ; ils ont beaucoup de bestiaux. Ces montagnes, qui font partie du royaume de Sous, ont des mines de fer ; on le travaille et on y fait des

fusils, des sabres et des poignards. Les gens d’Aughighit passent pour méchants et voleurs. Les Schelloks partout sont industrieux , cultivateurs et amis du travail. Les Berbères, au contraire , sont généralement paresseux, et n’aiment point à travailler la terre.

De Aughighit, en dix heures de marche vers le sud, on se rend à Ait-Souab, ville bâtie sur une montagne escarpée remplie de panthères. Elle est aussi de la dépendance de Daoultit. Cette ville a plusieurs villages sous sa juridiction.

On y récolte des grains et des fruits.

De Ait-Souab, en deux jours et demi de marche vers le sud , on entre dans un district nommé Ait-Mousa-Oubcou.

Oubcou signifie, en langue berbère , un homme dont les jambes sont faibles et tremblantes : c’est une indisposition commune dans cette montagne , et on prétend qu’elle est occasionnée par un légume ressemblant nu pois chiche, qui vient de lui-rnême sans être semé. Ouïe nomme ikiker; il a la vertu d’exciter au coït, et l’usage immodéré que les gens de cette contrée font du plaisir conjugal leur affaiblit les jambes. Les femmes ne sont point sujettes à cette incommodité.

Le chef-lieu d’Atit Mousa-Oobeoo se nomme Azizel. C’est une grande ville habitée par des Schelloks ; elle est encore de la dépendance de Daoultit.

D’Azizel, en trois jours de marche verslesud, on se rend à A i t-Oumanoudy.

ville qui donne son nom à la montagne sur laquelle elle est bâtie, et où depuis une quinzaine d’années on exploité une mine de cuivre. Le cuivre qu’on en tire est supérieur à celui deTezaghalt, dont nous parlerons ci-après. Cette montagne est fertile dans les vallons; le dattier y réussit. Elle est encore de la dépendance de Daoultit.

De Ait-Oumanoudy, en deux jours de marche vers le sud-ouest , on se rend à Tezaghalt, grande ville commerçante et peupiee par les Schelloks. C’est une espèce de république, gouvernée par quarante chefs, qu’on élit tous les ans et qu’on appelle Ait-Erbayn. Cette ville paye à tous les cheiks de Daoultit une redevance annuelle de deux cent mille ducats pour être protégée et tranquille.

Dans les environs de cette ville il y a quatre mines de cuivre, que les officiers inu-

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nicipaux fout exploiter pour le compte Schelloks , sous la protection de Sidide la ville. Le cuivre qu’on en retire Yayah, souverain de la province de et que l’on vend n’est pas assez épuré , Daoultit : elle domine sur une contrée et il faut le refondre. Les habitants de montagneuse , qui produit cependant Tezagbalt s’occupent à faire des mar- beaucoup de grains et de fruits, mites et toutes sortes d’ustensiles de De Asaka-Oubbagh , en vingt heures ménage; ils battent aussi des fuis (mon- de marche vers l’ouest, on se rend à naie ae cuivre) au titre de l’empereur de Tiznint, ville sur le bord de la mer Maroc ; aussi payent-ils une redevance Océane, habitée par les Schelloks, sous annuelle au sultan, sous le nom de la protection de Sidi-Yayah ; elle est de présent. Cette redevance consiste en la provincede Daoultit. Vis-à-vis de cette soixante quintaux de fuis. Les gens de ville est une ile inhabitée et assez Tezaghaltsoutfaiblesetmaladifs,àcause grande. Faute de bateaux, les habitants de l’exploitation des mines et du travail de Tiznint ne la fréquentent pas. Tizdu cuivre ; ils mangent beaucoup d’o- nint , en berbère , signifie une lié. pium, qu’on leur apporte d’Europe. De Tiznint , en dix heures de marche

De Tezagbalt, en quatre jours de vers le sud, on se rend à Messa, grande marche vers le sud-ouest , on se rend à ville , bâtie sur une montagne qui do- Ibzighaghin , grande ville bâtie sur la mine la mer et habitée par les Schelloks. montagne, habitée par les chérifs des- Vis-à-vis d’elle , et à peu de distance, il cendants deSidi-Ahmed-ben-Mousa, qui y a aussi une grande Ile inhabitée. Le était roi de tout le royaume de Sous et pays est fertile en grains et rempli d’ode Maroc. Un de ses descendants nommé liviers et d’arbres fruitiers. La rivière Sidi-Yayah commande en souverain dans d’iligh vient se jeter dans l'Océan , près toute cette contrée , et il retire la dlme de Messa. Cette rivière est fort poissonde tous les habitants. Le gouverneur de neuse , et les gens de Messa se nourris- Sous lui paye aussi une redevance an- sent du poisson qu’elle fournit. Messa nuelle pour la sûreté des routes. Les est de la province de Daoultit. habitants de cette contrée sont Schelloks, De Messa, en deux jours et demi de et ils ne parlent que la langue berbère, marche vers le sud, on arrive à Ida-Ou- De Ibzighaghin, en huit heures de bakil, ville sur une montagne habitée marche vers l’ouest, on se rend à lligh , par des Schelloks, sous la protection de capitale de la contrée nommée les Pays Sidi-Yayah ; elle est aussi de la province deSidi-Ahmed ou Mousa. C’est à lligh de Daoultit. Ida-Oubakil signifie, en berque le marabout souverain fait sa rési- bère , les gens sages, dence. Cette ville est dans une vaste De Ida-Oubakil , en trois jours de plaine , entourée de montagnes , et tra- marche vers le sud , on se rend à versée parune rivière qu’on nomme lligh, Ighram, ville qui donne son nom aune du nom de la ville. contrée montagneuse assez vaste de la

De lligh , en dix heures de marche province de Daoultit. vers l’ouest, on se rend à Wizzan , ville De Ighram , en trois jours de marche considérable, où réside un cheik sou- vers le sud, on se rend à Oufran, ville mis à Sidi-Yayah, qui règne dans toute habitée par des nègres, et la dernière la province de Daoultit. Daoultit est ville de la provincede Daonltit. Onescomprise dans le royaume de Sous, qui time la population d’Oufran à plus de est presque tout indépendant, quoiqu'il vingt mille âmes, sans compter trois ou fasse la plus grande partie de l’empire quatre mille juifs. Son gouvernement de Maroc. C’est aussi ce qui fait dire en est républicain ; elle est régie par quaproverbe : « Si l’on comparait l’empire rante personnes élues, qu’on nomme d’Occident à un bernous, Sous en serait Ait-Erba’in. Elle paye une redevance à le manteau , et le restant le capuchon. » Sidi-Yayah. Pour donner une idée de la De Wizzan on se rend, en cinq heu- fertilité de son territoire , on dit qu'une res de marche vers l’ouest , et en s’ap- carotte y pèse vingt à trente livres , et prochant de la mer, à Asaka-Oubbagh , un navet jusqu’à cinquante livres. Ce qui signifie, en berbere, le pays du bien, qu’il y a de certain , c'est que les carot- C’est Te nom d’une ville habitée par les tes et les navets sont d’une grosseur ex-

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L’UNTVERS.

cessive et d’un goût excellent ; on les conserve toute l’année. Deux courges y font la charge d’un chameau , et les melons d’eau pèsent cinquante à soixante livres. On y récolte du blé et de l’orge. Quant aux dattes, elles sont en si grande abondance, que trente livres valent à peine une blanquille, qui vaut trois sous de France. Les Arabes du Sahara viennent y faire journellement des emplettes. Ce pays est aussi très-riche en troupeaux et en chevaux. Les Arabes payent les provisions qu'ils achètent avec de la poudre d’or et des moutons. Les juifs d'Oufran jouissent de la plus grande tranquillité, sous la protection spéciale de Sidi-Yayah. Il y en a parmi eux de très-riches.

De Oufran , en deux jours de marche vers le sud , on se rend à Temanert, ville habitée par des nègres comme Oufran , et gouvernée aussi par quarante personnes. La richesse du pays consiste en dattes. Elle ne pave aucun tribut. Ces nègres sont musulmans, et ils ont des marabouts nègres comme eux. A Temanert , ainsi qu’à Oufran , on ne parle que le berbère.

De Temanert, en un jour de marche vers le sud , on se rend à Akka, ville nègre, de la dépendance de Temanert.

On n’y parle également que le berbère.

Ce pays est extraordinairement chaud , et ses principales richesses sont les dattes et l’indigo. Sa population est de quatre a cinq mille âmes.

De Akka , en deux jours de marche vers le sud, on se rend à Wilt, ville nègre de la dépendance de Temanert.

On n’y parle que le berbère. Les richesses des habitants consistent principalement en dattes, que les Arabes viennent y acheter. Ce pays est également très-chaud.

De Temanert à Tombouctou il n’y a que quinze jours de route , en droite ligne; mais les caravanes aiment mieux se détourner, parce qu’il leur faudrait traverser des terres habitées par des Arabes qui passent pour méchants et traîtres. De Temanert elles 6e rendent ordinairement à Wilt, qui est la dernière montagne de ce côté-là. De Wilt on descend dans le Sahara ; et la première horde d’Arabes que l’on rencontre se nomme Arib-Ida ou Bêlai. Ils occupent.

tantôt d’un côté , tantôt de l’autre , une étendue de pays de près de huit jours de marche. Ces Arabes ne passent pas pour des gens auxquels on puisse se Qer.

En sortant des terres de leur domination on entre sur celles qui sont occupées par une autre horde d’Arabes qu’on nomme Tezakent. Ils ne sont ni si nombreux ni si puissants que leurs voisins; mais ils passent pour bons musulmans et rigides observateurs de la loi. Ils se mêlent de commerce , et les caravanes sont en toute sûreté parmi eux. L’étendue de leur pays va jusqu’au territoire de Tombouctou.

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