‹ Afrique australe, Cap de bonne-espérance, Congo, etcChapitre 51 sur 65 · V. Roule de Tombouctou à Ouad- IVoun (I · texte numérisé non relu

V. Roule de Tombouctou à Ouad- IVoun (I

La route de Tombouctou à Ouad- Noun est une des plus fréquentées par les marchands maures qui font le commerce du Soudan. De Tombouctou, en quarante jours de marche , on se rend à Wédan. Wédan est une ville dont la richesse consiste en mines de sel. Ce sont des Arabes Oudayasqui en sont les habitants. La population est estimée de trois à quatre mille âmes. Dans la route de Tombouctou à Wédan on trouve trèspeu d’arbres , et aussi très-peu d’eau.

On ne rencontre de l’eau que tous les trois ou quatre jours.

De Wédan on se rend en sept jours à Boustana , nom d’une rivière qui traverse le Sahara , et qui va se jeter dans l’Océan vers Daukhailé. Toutes ces contrées appartiennent aux Arabes Oudayas.

Sur les bords de la Boutana naissent les arbres qui produisent la gomme arabique. C’est un arbre de haute futaie, très-épineux ; les chameaux en mangent les feuilles. 11 y vient aussi un arbre u’on nomme en arabe el-betam ; il prouit une graine comme celle du café, niais de couleur bleuâtre; on la mange après l’avoir fait torrélier : ce fruit se nomme habb-el-betam. Dans toutes les contrées du Sahara on trouve l’arbre qui donne la gomme arabique et le betaui.

II y a aussi dans le Sahara une autre espèce de graine , qui est d’une grande ressource pour les Arabes. L’arbrissrau qui la produit se nomme el-durou : c’est

(i) Grammaire et Dictionnaire abrégés de

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AFRIQUE AUSTRALE. — APPENDICE

le lentisque, pistachia lentiscus (Linn.). Sa graine est d’abord verte , ensuite elle devient rouge ; et quand elle est mûre elle prend la couleur de l’olive noire ; les Arabes la mangent torréfiée. Ils en retirent aussi de l'huile, après l’avoir ilée dans un mortier et l’avoir fait ouillir dans l’eau. L’huile surnage, et ils la ramassent. Cette graine est fort chaude , et on prétend qu’elle augmente les forces maritales.

Du fleuve Boutaua on se rend , en trois jours , se dirigeant vers l’est , a Seghi-el- Hamra. Seglii-el-IIamra est un grand fleuve , qui va se jeter dans l’Océan , près de la contrée nommée Khaili ; les rivières de Wad-Dra-a, d’Ouasil, et une branche de la Boutaua, viennent se jeter dans son lit. Les bords de Segni-el- Hamra sont remplis d’arbres gommifères , de betam et de lentisques. La plupartdes Arabes y établissent leurs camps.

DeSeghi-el-Hamra on se rend en sept jours , eu se dirigeant vers l’est , à Ouad- Noun. Cette rivière donne son nom à toute la contrée, qui est renfermée par quatre montagnes fort peu hautes, et habitées par des Maures et des Schelloks.

la langue, berbère , composés par Venture de Paradis, etc.; Paris, i84v , ifi-.'i", p. l -i o .

Il serait honteux , parmi les montagnards de l’Atlas, de verser une larme sur la mort de celui qui meurt en combattant. La manière de s’avouer vaincu, parmi eux, est d’égorger un animal en i’honneur du vainqueur : c’est la plus grande marque d’ignominie, et ils préfèrent acheter la paix par des présents et de l’argent. Lorsque les Schelloks sont en guerre, ils décident le jour du combat, qu’on nomme Nihar-el-Tarad, et il n’y a aucun acte d’hostilité jusqu’au jour convenu.

De Ait el-Hasan on se rend , en tirant vers l’ouest, en deux jours, à Ait- Harbil , contrée montagneuse , habitée par des Schelloks qui payent la dîme au sultan de Maroc , par les mains du cheik qui les commande. Ait-Harbil est un pays riche en céréales.

De Ait-Harbil on se rend en trois jours, en allant vers l’ouest, à Aghadir, que les Européens ont nommé Sainte- Croix. C’est un pays montagneux; et les Arabes qui campent aux environs d’Aghadir, du côté au midi , se nomment Sebanat et Oughsîmé. Aghadir est régie par un kaid, qui a sous ses ordres des soldats nègres. C’est une grande ville, qui a été abandonnée en conséquence des ordres du sultan.

FIN DF. 1,‘APPF.NDICK

CONGO

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