V. PRODUCTIONS NATURELLES I)K LA COLONIE DU CAP
Dans ce chapitre il sera surtout question des productions utiles pour la consommation et lecommerce, taudis que les notices qui precedent peuvent nous donner une idée de l’aspect général du sol et de la végétation. Parmi les productions étrangères qui offriraient des probabilités en faveur de leur culture au cap de Bonne-Espérance, on doit compter toutes les espèces de coton; plusieurs ont été déjà essayées , avec le succès le plus complet, dans le terrain léger et sablonneux qui généralement forme la plus grande partie de la colonie. Deux espèces d’indigo sont sauvages dans plusieurs endroits. Différentes espèces de cactus, plante sur laquelle se nourrit la cochenille, y croissent tout aussi bien que sur le continent d’Amérique. On y cultivait depuis longtemps quelques pieds de thé , mais on les avait négligés ; c’est un arbrisseau robuste, qu’il n’est pas facile de détruire quand une fois on
(i) Cette rivière, comme tant d'autres rivières de l'Afrique méridionale , reste à sco dans certains endroits de son lit.
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l’a planté : d’ailleurs, le sol, le climat, le pays, ressemblent infiniment aux provinces de Chine où cet arbrisseau est indigène. Le café est maintenant en plein rapport , et promet de réussir parfaitement , ainsi que la canne à sucre.
Le territoire du Cap est susceptible de produire d’excellent tabac.
Le lin donne deux récoltes par an, et le chanvre y vient abondamment; les Hottentots le nomment dacha ; on n'en fabrique ni toile ni cordage, mais les jeunes pousses, les fleurs et les graines servent aux naturels en guise de tabac. Le mûrier nain y croît aussi bien qu’en Chine. Mais le ver à soie n’existe pas dans la colonie. Cependant, le pays abonde en teignes sauvages, qui filent leurs cocons parmi tous les arbustes; il y en a une espèce particulière , presque aussi grosse que celle nommée Atlas, qui répond à la description du Paphia de Fahricius, insecte qui se nourrit sur le Protea argentea , arbre d’argent des Hollandais. Le docteur Roxburg pense que c’est précisément le même insecte qui file cette forte soie que. les Indiens nomment tvssach. Le palma-christi, de la graine duquel on retire l’huile du castor, l’aloès, qui fournit la drogue médicinale de ce nom, sont indigènes au Cap, et se rencontrent partout en abondance, ainsi que l’olivier.
Le bois de construction de toute espèce est rare et cher au Cap ; et cependant on a pris, jusou’à présent, peu de peine pour le rendre plus commun.
Le bois de chauffage est si rare , qu’une petite charrette chargée de fagots se vend , dans la ville, jusqu’à cinq et même sept dollars.
La colonie possède et cultive avec succès la plupart des fruits d'Europe , et beaucoup de ceux du tropique. On peut, toute l’année, servir sur la tableau moins dix espèces de fruits differents, mûrs ouconservés. Ouy trouve des oranges de deux sortes, la petite mandarine et l’orange commune de Chine, des figues, du raisin et des goyaves ; les pêches et les abricots ne sont pas mauvais , et , dans la saison , on les achète à très-bon marché. Les pommes , les poires , les grenades , les coins et les nèfles y sont en abondance.
Il est rare qu’on se donne, au Cap, la
peine de greffer les arbres; tous ceux qui y croissent sont sauvageons; les prunes et les cerises y sont médiocres.
On y a essayé les groseilles et le petit raisin de Corinthe ; mais ils n’ont pas réussi. Les framboises y sont passablement bonnes, mais rares. Quant aux fraises, on en trouve au marché toute l’année. Il n’y a ni avelines ni noisettes ; mais on y 'trouve beaucoup d’amandes, de noix , de châtaignes , d’une excellente qualité , ainsi qu’une très-grosse espèce de mûres d’un parfum délicieux.
Quarante ou cinquante fermes, répandues sur la face orientale delà péninsule, fournissent abondamment au marché presque tous les légumes d’Europe.
Quelques-unes de ces fermes sont plantées de vignes , et leur étendue est assez considérable pour produire annuellement une quantité de sept cents pipes, de cent cinquante-quatre gallons chacune,indépendamment des raisins verts, mûrs et secs qu’elles envoient au marché. C’est un vin doux, connu sous le nom de vin de Constance.
Nous allons consacrer à ce vin célèbre quelques détails , qui pourront intéresser les viticulteurs et les gastronomes. Nous en devons la communication à la bienveillance de notre savant ami M. le professeur Krauss, qui fut, il y a quelques années, envoyé en mission au Cap par le gouvernement wurtembergeois. Nous allons traduire à peu près textuellement la notice de M. le professeur Krauss , écrite en allemand.
Sur le penchant oriental de la chaîne de montagnes qui traverse la presqu’île du Cap, depuis la montagne de la Table jusqu’au cap de Bonne-Espérance, se trouvent les vignobles du célèbre vin de Constance et les établissements de Groot en Kleen-Conslanlia (grande et petite Constance). Adrien van der Stell, qui fut gouverneur de la colo- •nie de 1699 à 1707 , planta à Groot- -Cou s tant ta le premier vignoble, et lui donna le nom de sa fille Constance.
Il y introduisit les muscats rouge et blanc, provenant sans doute de l’Europe méridionale ( la France ) , et dont on voit encore aujourd hui quelques ceps très-gros. En 1778, l’aïeul du propriétaire actuel, Henri Cloete, acheta tout le terrain pour environ 38,000 fr. ;
il l’agrandit, et l’amenda considérablement, En 1784, il fit venir du midi de la France les premiers plants de Frontignan , qui prospéraient rapidement; car, déjà trois ans après, on pouvait en vendre le produit. Ses descendants perfectionnèrent cette culture, et le propriétaire actuel, Jacques Cloete, ne néglige aucune dépense pour conserver au vin de Constance sa réputation universelle.
M. Krauss, qui a longtemps séjourné dans les propriétés de M. Cloete, a recueilli à ce sujet les renseignements suivants : Le vin de Constance doit, suivant M. Cloete lui-même, ses qualités et surtout son bouquet, non pas à un procédé particulier de vinification, mais à la composition du terroir. Les plants qu’on a cultivés dans d'autres districts , tels que la montagne des Tigres, Drakenstein, l’OIifaut’s-Rivier, donnent sans doute des vins de bonne qualité , mais qui ne sauraient soutenir la comparaison avec le véritable vin de Constance.
La montagne de Constance, au pied de laquelle se trouvent les principaux vignobles de ce nom, est à 700 métrés au-dessus du niveau de la mer; son penchant oriental présente plusieurs vallées profondes, garnies d’arbres et d’arbustes. Au pied de cette montagne on trouve du granit, distingué par de gros grains de feldspath , et surmonté d'une couche de grès bigarré. Le sol des vignes se compose donc, partie de débris granitiques, partie de grès bigarré. C’est de ce mélange en proportions convenables que dépend la qualité du terroir le plus estimé : il a une couleur jaunâtre et contient une multitude de grains de quartz. Ces grains quartzeux rendent le sol très-meuble, et permettent en plein hiver d'y pénétrer facilement, tandis qu’ils forment, pendant l’été, une couche compacte avec l'argile du granit. Dansun vignoble voisin de Constance, on voit des traces évidentes de décomposition de dolomite. Là, le sol est d'un brun rougeâtre (coloré par l’oxyde ferrique), et très-peu propre a la viticulture.
Dans les vignes de Constance on cultive trois sortes de raisins :
i° Le raisin muscat rouge et blanc :
grappe elliptique, de la grosseur du
poing, à baies rondes et très-serrées;
2" Le Frontignan: grappe elliptique, de la grosseur du poing , a baies rondes d’un rouge clair;
3° Le Pontac : grappe de la moitié moins grosse que les deux précédentes, à baies ovales serrées, très-petites, et d’un bleu foncé; tige rouge de sang; feuilles fortement velues.
Outre ces trois sortes principales, on y trouve le steen-raisin (raisin de pierre), à grappe pointue, de la grosseur de celle du muscat, à baies rondes, petites, blanches, non serrées, qui ne sont propres qu’à la fabrication dJun excellent vin mousseux.
Le raisin muscat, rouge et blanc, est cultivé en plus grande quantité : il fournit les vins blancs ou rouges ordinaires de Constance. Le Frontignan et le Pontac sont beaucoup moins cultivés (le dernier surtout) , et donnent également des vins très-doux, qui se vendent à un prix plus élevé que les vins de Constance ordinaires.
L’établissement d’un vignoble est trèssimple. La première année, on laboure le sol à plus d’un demi-mètre de profondeur, et on y plante, aux mois de septembre et d’octobre (printemps de ces régions), les pieds de vigneàun mètre environ de distance les uns des autres. La seconde année , on fume le terrain légèrement, à l’époque des pluies, dans les mois de juin et de juillet. Les jeunes ceps portent déjà, la seconde année, les premières grappes , qui sont petites; dans laquatrième année, le produitqu’ils donnent est si riche, qu’il peut servir à la vinification. Les vignes sont taillées très-bas , tous les ans, au mois de juillet. On les échenille depuis le mois de septembre jusqu’au mois de novembre.
Parmi les insectes les plus nuisibles , on remarque principalement la larve du Phlyctimus callosus La floraison a lieu au mois de novembre, et les raisins mûrissent à la lin de janvier ou au commencement de février. Pour obtenir le vin muscat, on laisse les grappes, au delà de leur maturité, se dessécher à moitié au soleil. A cet effet, on coupe au commencement de mars les feuilles, et on laisse les raisins qui s’y trouvaient à l’ombre exposés à la chaleur du soleil. A la fin de mars ou au com-
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mencement d’avril, on les coupe au milieu de la journée , en ayant soin d’élaguer les baies pourries ou non suffisamment desséchées. A partir de ce moment , il faut procéder rapidement à la vinification , parce qu’en raison de la chaleur du climat et de la grande quantitéde sucre que renferment ces raisins , la fermentation ne tarde pas à s’établir.
Les vins de Constance sepaississent en vieillissant; on ne peut donc pas les conserver longtemps. Les vignes de Groot, Kleen et Hoch-Constantia appartiennent aujourd'hui aux deux frères Cloete et à M. van Reeken. ( Fin de la communication de M. Krauss. )
Le blé, on le laisse croître en terrain ouvert. La péninsule ne produit que de l’orge, que l’on donne aux chevaux de préférence à l’avoine. Le froment n’est cultivé qu’au delà de l’isthme et sur la côte de l’ouest, entre les grandes chaînes de montagnes du nord et du sud ; et c’est au delà, dans les districts éloignés (le grand Karrou) , que s’élèvent les chevaux, ainsi que les troupeaux de moutons et de bêtes à cornes. Barrow a essayé , avec un grand succès , au Cap la culture de la luzerne commune.
La pimprenelle vient également bien.
Dansl'intérieur de la colonie, il y a plusieurs districts très-favorables à la culture des citrons, des oranges et des mandarins; mais la difficulté du transport empêche d'en tirer parti. Quelques colons industrieux expriment le suc des citrons , et le transportent en tonneaux à la ville du Cap ; ils savent même tirer l'huile du zest, et en font commerce. L’orange amère ne réussit nulle part dans la colonie; mais la grosse limoue (Citrus decumana ) se voit assez fréquemment.
Les chevaux ne sont point indigènes au Cap. La première souche lut apportée de Java; il en est venu depuis de toutes les parties du monde. Les plus estimés pour leur beauté, leur douceur, et pour le service qu’on en retire , sont les chevaux espagnols noirs et grisâtres, dont la race fut apportée au Cap du sud de l’Amérique. Ils sont petits, souvent mal nourris, et n’en sont pas moins durs au travail; cependanton ne les attelle pas aux grands et lourds chariots de la cam-
pagne; ce sont les bœufs qu’on y emploie. Ceux-ci sont tous indigènes, excepté une race provenant de quelques individus d’Europe, nouvellement introduits dans la colonie. Le bœuf du Cap se reconnaît aux jambes longues, aux épaules hautes et aux grandes cornes. Le marché aux poissons est fourni d’une grande variété de poissons de mer, que T’on pêche dans la haie et sur toute la côte. Le meilleur est une espèce de perche d’un rose foncé , que l’on nomme roman ; mais on ne le prend ue dans False-Bay et sur la cote à est de cette baie. Après le roman vient le sleen-brassen rouge et blanc, autrement la brème de roche; ce sont deux espèces, ou peut-être seulement deuxvariétés de perches. On en prend de différentes grandeurs, depuis une livre jusqu’à trente. Il y a plusieurs autres especes du même genre, et tontes passablement bonnes à manger. Uue ae ces espèces , le cabillaud, pèse jusqu'à quarante livres; ce poisson a une nageoire sur le dos , la queue plate , et la naissance des nageoires pectorales est noire.
Le poisson nottentot doit son nom à sa couleur d’un brun sale ; il a une nageoire sur le dos; la queue est fourchue; il pèse ordinairement environ quatre livres. Une autre perche, nommée poisson d’argent, a une nageoire dorsale et la queue fourchue ; le fond de sa couleur est une légère teinte rose, et de chaque côté elle a cinq bandes argentées longitudinales; vraisemblablement c’est celle qui est décrite sous le nom de Perça striata. Enfin une quatrième espèce a la nageoire dorsale et la queue fourchue; chaque côté est rayé de six bandes transversales noires, tachetées de blanc. On estime le barder, espèce de Clupea, assez semblable au hareng ordinaire; ou fait de bonnes fritures du kliplisch ou poisson de pierre; c’est le blennius eiviparus. LeScomber trac/iurus, espèce de maquereau, est d’un goût agréable, mais en général malsain; en conséquence on s’en abstient.
Après le mauvais temps, on voit quelquefois dans la baie de grands bancs de maquereaux ordinaires. On fait grand cas du springer, à cause de la graisse épaisse qu’il a le long de la cavité de l’abdomen.
Le speering est une espèce d’ Antherina;
c’est un petit poisson transparent, ayant de chaque côte une large bande qui ressemble à une plaque d'argent. Le Uiiorhaen est un bon poisson ; c’est une espece de Trigla. Il adeuxlortsdardsen avant de chaque œil, et deux au-dessus des ouïes. La sole ordinaire vaut ici celle d’Europe. Il arrive quelquefois, après un coup de vent, de prendre des dauphinsdans la baie.
Les pécheurs ont appris à connaître une singulière espèce de rqie, la torpille ou raieélectrique; elle les électrise, et leur occasionne souvent des commotions lorsqu’ils marchent par inégardesur les petits poissons de ce genre que la mer lance sur le rivage peudant l’hiver. On en mange d'une autre espèce, que les Anglais out nommée skate. On pêche aussi dans quelques rivières un poisson d’eau douce: c’est unsilurus électrique, mais on ne le mange pas. On prend dans la baie une autre espèce de siiurus, nommé bagre, mais on ne le regarde pas comme un poison. Une espèce d’écrevisse , plusieurs espèces de crabes, une grande variété de moules trop odorantes (1), des huîtres aussi bonnesque celles d'Europe, mais un peu rares au Cap et aux environs, complètent la liste des animaux marins comestibles.
Peudant l'hiver, les baleines fréquentent toutes les baies de l’Afrique; les baleiniers les y pèchent plus facilement qu’en pleine mer. Elles sont inférieures en valeur et en grandeur à celles du Nord: cependant elles sont d’un assez grand prix pour avoir décidé une compagnie à former un établissement au Cap pour en faire la pèche dans la baie de la Table. Leur longueur est communément de quinze a vingt mètres; elles produisent chacune de six à dix tonneaux d’huile. Les barbes d’une auisi petite baleine n'ont que peu de valeur; il esta remarquer que toutes celles qu’on a prises jusqu'à ce jour étaient des femelles. Cette particularité porte à supposer qu’elles ne se jettent dans les baies que pour y déposer leurs petits à l'abri.
Les côtes de l’Afrique australe, etprin-
(i) M. Degrandpré remarque à ce sujet que les moules, el tous les poissons en général, prennent une odeur insupportable lorsqu'ils uni passé sur des fouds de corail.
cipalement les îles qui avoisinent ces côtes sont couvertes a’une substance organique qui porte le nom de guano, et qui estaepuis quelque temps fort recherchée comme engrais. L’origine de cette substance, qui se rencontre aussi sur les côtes occidentales de l’Amérique, n’est pas encore bien connue. Cependant on s’accorde généralement à regarder le guano comme une agglomération séculaire d’excréments d’oiseaux marins. Les chimistes y ont constaté la présence d'un principe actif, la guanine, qui forme la base du guano considéré comme engrais (1). Le guano d’Afrique paraît être moins riche en guanine que le guano d’Amérique.
La notice suivante sur les gisements du guano d’Afriqueestextraitedu Nautical Magazine, année 1 845 (2). Entre File Possession et Augra-Pequena se trouve une Ile qui n’est pas marquée sur les cartes, et à laquelle on a donne le nom de Ludovic. Cette (le, qui a un mille de circonférence, est réunie au continent par une chaîne de roches sur lesquelles la mer se brise. Elle est par 25° ââ^de latitude sud, et contient environ dix mille tonneaux de bon guano. A l’est de l’île, il y a mouillage par neuf brasses (16 mètres) pour trois ou quatre navires; mais cet ancrage est peu lréquenté, à cause de la grosse mer qui s’élève continuellement dans l’étroit canal qui se trouve à la pointe nord de l’tle.
Sur l’île HollamVBird il y a une niasse de guauo d'excellente qualité, d’environ dix mille tonneaux. On ne s’en est pas occupé à cause des dangers locaux et des risques que l’on court en cherchant à se procurer cette matière.
L’état de la mer autour de l’île ne permet pas de construire un quai pour faciliter l’embarquement. L’île Hollam’s- Bird est par 26° 38' de latitude; elle n’a pas plus d’un quart de mille de circonférence; elle laisse entre elle et le continent un chenal d’environ dix milles de large. Une chaîne de récifs qui, s’étendant de la pointe nord, contourne le côté ouest de l’île , et s’avance dans le
(t) Voir Annuaire Je Chimie , par MM. Hôtel, Millon et Hoefer, année 1844.
(a) Yoycï Annales mariâmes , novembre
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sud-ouest à cinq ou six milles de celuici, rend l’approche de cette île très-dangereuse , lorsqu’on vient du sud. Les navires mouillent au nord-est de l’île, par dix brasses ( 18 mètres), fond de roches. . '
Entre le cap de Bonne- Espérance et le cap Voltas, il y a cinq dépôts de guano :
1° Dans False-Bay, sur l’île Seahil y en a un d’environ dix mille tonneaux;
2“ Dans la baie Saldanha, sur les îles Saint-Julien, le guano est d’uneextract ion difficile, et n’est pas de bonne qualité; celui de l’île Marens, qui est mélangé de plumes et de coquilles brisées, ne peut servir s’il n’a été épluché et séché ; celui de l’île Malga est d’excellente qualité et en pleine exploitation ; sa quantité est de quarante-huitmille tonneaux ;
3° Entre le cap Voltaset Benguela, on a découvert onze dépôts de guano, dont neuf sont épuisés : ce sont ceux de Pam- Pudding, de Boyds, de Bob, de Possession, de Merman , de Penguin-Seal , d’Icliaboe et de Mercury. Les deux autres qui restent à exploiter sont celui de Ludovic et celui d’Hollam’s-Bird, qui sont d'une excellente qualité, mais d’une extraction difficile. Les dépôts de guano de la côte d’Afrique entre le Cap et Benguela étant épuisés, ou à peu près, les nombreux navires anglais qui se trouvaient sur cette côte en sont partis vers la fin de 1844 pour explorer la côte entre le Cap et la mer Rouge. Il paraît qu’à l’est du Cap il s’est, formé un dépôt de guano dans la baie d’Algoa ; mais il n’est pas de bonne qualité, et il a été abandonné, après avoir procuré un bénéfice de dix schellings par tonneau au gouvernement de Natal. Un autre dépôt de guano deux fois aussi considérable que celui d'Ichaboe, et d’aussi bonne qualité, se trouve sur l'île Tarn, par 6° 42' de latitude sud et 39° 54' de longitude est de Greenwich (37“ 34' est de Paris). Le gouvernement du Cap en a pris possession; et un ordre récent du gouvernement, en vertu duquel tous les dépôts de guano qui ne se trouvent pas sur des propriétés particulières sont déclarés appartenir à la reine, semble confirmer ce bruit. On a découvert dernièrement un troisième dépôt de guano sur une île
qui est quelque part au nord de l’île Latnam, et dont la position n’est pas exactement connue. Mais cette île fait partie des possessions de l’iman deMascate, qui a, dit-on, consenti à ce que les chargements se fissent sous la protection du gouvernement anglais.