‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 130 sur 246 · LOEDIUM ET DE PALERME ; 254 AVANT · texte numérisé non relu

LOEDIUM ET DE PALERME ; 254 AVANT

l'ère vulgaire. — Les deux nouveaux consuls, Cnéius Cornélius Scipio Asina et Aulus Atilius Calatinus , chargés du commandement delà flotte, se rendirent d'abord à Messine, où ils recueillirent les bâtiments qui avaient échappé au naufrage de l'année précédente. De là , avec trois cents vaisseaux de guerre, ils abordèrent à Cephalcedium , qui leur fut livrée par la trahison de quelques habitants. Ils essayèrent ensuite de s'emparer de Drépane; mais les secours qu'y introduisirent

les Carthaginois les forcèrent de renoncer au siège de cette ville. Loin de se laisser décourager par cette tentative infructueuse , ils allèrent mettre le siège devant Païenne (*) , capitale de toutes les possessions carthaginoises en Sicile. Ils s'emparèrent duport , et les habitants ayant refusé de se rendre, ils travaillèrent à environner la ville de fossés et de retranchements. Comme le pays était couvert d'arbres jusqu'aux portes de la ville, les palissades, les agger et les machines avancèrent rapidement. Ils poussèrent vigoureusement leurs attaques , et renversèrent avec le bélier une tour située sur le bord de la mer. Les soldats montèrent à l'assaut par la brèche, et après avoir fait un grand carnage, s'emparèrent de cette partie de la place qu on appelait la Nouvelle Ville. Les habitants de la Vieille Ville, manquant de vivres, offrirent de se rendre, à condition qu'on leur laisserait la vie et la liberté. Les consuls n'acceptèrent point cette roposition, mais fixèrent leur rançon deux mines par tête (**). Il y en eut dix mille qui se rachetèrent à ce prix; tous les autres , au nombre de treize mille, furent vendus à l'encan avec le reste du butin.

La prise de cette ville fut suivie de la reddition de plusieurs autres places (***), dont les habitants chassèrent la garnison carthaginoise et embrassèrent le parti des Romains.

Les consuls laissèrent une garnison dans Palerme et retournèrent a Rome.

Pendant leur traversée, les Carthaginois leur adressèrent une embuscade et leur enlevèrent quelques vaisseaux chargés d'argent et de butin.

Douzième , treizième et quatorzième ANNÉES DE LA PREMIÈRE GUER- RE PUNIQUE , 253 A 250 AVANT L'ÈRE

chrétienne. — L'année suivante, les consuls C. Servilius Cœpio et Caius Sempronius Blœsus passèrent en Afri-

(*) Anciennement Panormus.

(**) i8* fr. g5 r. La rançon des dix mille fut donc de 1,829,500 fr.

(***) Jétine , Petrinum , Solunte , Tyndaris , etc.

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que avec toute leur flotte. lisse bornèrent à longer la cote et à faire de temps à autre des descentes , dont le seul résultat fut le pillage de quelques cam-

Eagnes, tant les Carthaginois avaient ie'n pourvu alors à la garde et à la sûreté de leur pays. Ils retournèrent à Rome, en côtoyant les côtes de la Sicile et celles de l'Italie. Mais au moment où ils doublaient le cap Palmure, il s'éleva une furieuse tempête qui submergea cent cinquante vaisseaux de guerre et un grana nombre de bâtiments de charge. Quelle que fût la constance des Romains, tant de désastres consécutifs abattirent leur courage. Ils renoncèrent à disputer rempire de la mer, que les v ents et les flots semblaient leur refuser. Ils mirent désormais tout leur espoir dans leurs légions, et se bornèrent à équiper soixante vaisseaux pour transporter en Sicile les vivres et les munitions nécessaires à leurs armées.

Ce découragement des Romains releva la confiance des Carthaginois. Jamais , depuis le commencement de la guerre , 1 état de leurs affaires n'avait été plus florissant. Les Romains les avaient laissés maîtres de la mer , et ils commençaient à concevoir une meilleure opinion de leurs troupes de terre. En effet, les Romains, depuis la défaite de Régulus , qui avait été décidée surtout par les éléphants , s'étaient fait de ces animaux belliqueux une idée si terrible , que pendant les deux années suivantes, où ils campèrent souvent dans les campagnes de Lilybée et de Sélinunte, à cinq 041 sjx stades de l'ennemi , ils n'osèrent Ytî accepter le combat , ni descendre dans la plaine.

Privés de cette confiance qui leur faisait ordinairement chercher la bataille avec joie , ils se retranchaient soigneusement sur des montagnes escarpées et dans des positions inaccessibles. Aussi toutes leurs opérations, pendant ces deux années de la guerre , se bornèrent-elles aux sièges presque insignifiants de Thermes et de Lipari.

Cependant les Carthaginois, jugeant l'occasion favorable pour reprendre l'offensive , résolurent d'augmenter les

4* Livraison. (Cabthagb.)

forces qu'ils avaient en Sicile. Mais comme leur trésor était épuisé par les dépenses énormes d'une si longue guerre , ils envoyèrent une ambassade a Ptolémée Philadelphe , roi d'Égypte, pour le prier de leur prêter deux mille talents (*). Celui-ci, qui était allié des deux peuples , après avoir vainement interposé sa médiation pour les réconcilier, refusa le prêt sollicité par les Carthaginois , en disant qu'il ne convenait pas à un ami de fournir des secours contre ses amis.

Alors les Carthaginois épuisèrent toutes leurs ressources, et expédièrent en Sicile Asdrubal avec deux cents vaisseaux , cent quarante éléphants et vingt mille hommes, tant d'infanterie que de cavalerie. Ce général employa toute l'année suivante à exercer ses troupes et ses éléphants, et les armées romaines ne tirent dans cette campagne aucune action qui mérite d'être rapportée.

Quinzième année de là première guerre punique ; les carthaginois sont battus par les romains sous

LES MURS DE PàLERME; 250 .AVANT

l'ère vulgaire. — Le sénat romain, voyant s'augmenter de jour en jour le découragement des légions qui faisaient la guerre en Sicile , revint sur sa première résolution , et se décida à tenter de nouveau sur mer la fortune des armes. Les nouveaux consuls Caius Atilius Régulus et Lucius Manlius Vulso furent chargés de préparer et d'équiper avec le plus grand soin une nouvelle flotte. Lucius Coecilius Metellus , l'un des consuls de l'année précédente , fut continué dans le commandement de l'armée de Sicile avec le titre de proconsul.

Asdrubal avait remarqué que, pendant les précédentes campagnes, les Romains avaient tacitement fait l'aveu de leur crainte en évitant toujours les occasions de combattre en bataille rangée. Instruit que l'un des consuls était retourné en Italie avec la moitié des troupes , que Métellus était resté seul en Sicile avec l'autre moitié; pressé

(*) ti millions.

L'UNIVERS

d'ailleurs par les instances de ses soldats, qui brûlaient de marcher à l'ennemi , il résolut de profiter de ces circonstances favorables pour engager une action décisive. Il partit donc de Lilybée avec toutes ses forces , et vint camper sur la frontière du territoire de Palerme. Métellus se trouvait alors dans cette ville avec son armée.

Celui-ci, ayant appris par des espions carthaginois qu'il avait eu l'adresse de surprendre qu'Asdrubals'avançaitdans le dessein de lui livrer bataille , affecta de montrer de la crainte pour inspirer à son ennemi une plus aveugle confiance , et se tint soigneusement enfermé dans ses murailles. Cette terreur simulée accrut en effet la témérité d' Asdrubal. II franchit les défilés, s'avance dans la plaine , mettant tout à feu et à sang , et porte le ravage jusqu'aux portes mêmes de Palerme. Métellus ne fit encore aucun mouvement dans l'espoir d'engager les Carthaginois à franchir la rivière d'Orethus , qui coule le long de la ville, et ne laissa même paraître sur les remparts qu'un petit nombre de- soldats. Asdrubal donna dans le piège. Il lit passer la rivière à son infanterie et à ses éléphants, et, plein de mépris pour les Romains , il dressa ses tentes presque sous les murs de la ville, sans daigner même les protéger par un fossé et par un retranchement. Métellus aussitôt fit sortir quelques troupes légères pour harceler les Carthaginois et les engager à mettre toutes leurs forces en bataille. Alors, voyant que son stratagème avait complètement réussi , il place une partie de ses vélites, armés de javelots, en avant du fossé et des murs de la ville, avec ordre de lancer tous leurs traits contre les éléphants dès qu'ils seraient à portée, et, s'ils se trouvaient trop pressés , de se jeter dans le fossé pour en sortir ensuite et revenir à la charge. II fait mettre sous leurs mains, au pied des murailles, une grande provision de javelots, dispose sur les remparts ses archers et ses frondeurs, et lui-même, avec ses soldats pesamment armés , se tient derrière la porte opposée à l'aile gauche des Carthaginois,

envoyant sans cesse de nouveaux secours à ses vélites qui étaient engagés avec l'ennemi. Les conducteurs Ses éléphants, piqués d'une noble émulation et voulant avoir l'honneur de la victoire , chargent tous à la fois les premiers rangs des Romains , les renversent et les poursuivent hardiment jusqu'au bord du fossé. Mais alors, les éléphants , accablés d'une grêle de flèches qu'on faisait pleuvoir du haut des murs , et des traits que leur lançaient les vélites rangés en avant du rossé, entrent en fureur, se tournent contre les Carthaginois, écrasent tous ceux qui se trouvent sur leur passage et portent le désordre et la confusion dans leurs rangs. Métellus, qui n'attendait que ce moment , sort avec ses légions rangées en bon ordre , et tombe sur le flanc des ennemis , effrayés et déjà plus d'à moitié vaincus. Aussi n'eut-il pas de peine à achever leur défaite. On en tua un grand nombre sur le champ de bataille ; on en fit un grand carnage dans la fuite, et, pour surcroît de malheur, un accident , qui aurait dû leur être favorable, contribua encore à leur désastre. La flotte carthaginoise ayant paru dans ce moment, tous se précipitèrent au-devant d'elle , dans l'espoir d'y trouver leur salut.

Mais , avant de pouvoir atteindre les galères, ils furent ou écrasés par les éléphants, ou tués par les Romams qui les poursuivaient , ou submergés dans les flots. Les Carthaginois perdirent dans cette journée vingt mille soldats, et tous leurs éléphants tombèrent au pouvoir de l'ennemi.

Métellus , outre l'honneur d'une victoire si mémorable, eut encore la gloire d'avoir rendu leur ancienne confiance aux légions romaines qui, dès ce moment, restèrent maîtresses de la campagne. Asdrubal, après sa défaite, se réfugia à Lilybée. Ce seul malheur fit oublier aux Carthaginois tous les services qne cet habile général leur avait rendus. Il fut condamné pendaut son absence, et, lorsqu'il revint à Carthage , il fut arrêté et mis à mort.

Les Carthaginois bnvoibnt Ré-

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gulus A Rome four négocier la

PAIX ; SON OPINION DANS LE SÉNAT ; SON SUPPLICE ET SA MORT. — Ce nOU-

veau désastre, joint aux pertes considérables que les Carthaginois avaient éprouvées sur terre et sur mer dans les dernières campagnes , les engagea à ouvrir des négociations de paix. Ils

fiensèrent que par l'entremise de Réguus , ils pourraient obtenir des conditions plus favorables ou du moins l'échange de leurs prisonniers, dont quelques-uns appartenaient aux premières familles de Carthage. On lui avait fait prêter serment de revenir s'il ne réussissait pas dans sa négociation. Il partit donc pour Rome avec les ambassadeurs des Carthaginois ; mais lorsqu'il fut arrivé, il ne voulut jamais entrer dans la ville, quelques instances que lui fît le sénat, alléguant pour motif de son refus que, suivant les coutumes de leurs ancêtres , un député des ennemis ne pouvait point y être introduit, mais qu'on devait lui donner audience hors de l'enceinte de Rome.

Les sénateurs s'étant donc assemblés hors des murs, Régukrs leur dit :

« Les Carthaginois , pères conscrits , nous ont envoyés vers vous ( car moi aussi , par le droit de la guerre , je suis devenu leur esclave), et nous ont chargés de demander la paix à des conditions qui puissent être agréées des deux peuples, sinon d'insister au moins sur l'échange des prisonniers. »

Après avoir prononcé ces mots , il se retirait en silence avec les ambassadeurs. Les consuls le pressaient vivement d'assister à la délibération; mais il n'y consentit qu'après avoir obtenu la permission des Carthaginois, qu'il regardait comme ses maîtres.

Les propositions de paix furent écartées ; la délibération ne routa que sur l'échange des prisonniers. Invité par les consuls à donner son avis , il répondit qu'il n'était plus sénateur ni même citoyen romain depuis qu'il était tombé entre les mains de l'ennemi ; mais il ne refusa pas d'émettre son opinion comme simple particulier. Il n'avait qu'un mot à prononcer pourrecoavrer, avec sa liberté, ses biens, ses dignités,

sa femme , ses enfants , sa patrie. Mais

cette âme ferme et constante sacrifia toutes ses affections à l'intérêt de son pays, et déclara nettement qu'on ne devait point songer à faire l'échange des prisonniers ; qu'un tel exemple aurait des suites funestes pour la république; que des citoyens qui avaient eu la lâcheté de livrer leurs armes à l'ennemi étaient indignes de compassion et incapables de servir utilement leur patrie; que pour lui-même, en le perdant, ils ne perdraient que les débris d'un corps usé par la vieillesse et par la guerre, tandis que les généraux carthaginois , qu'on leur proposait d'échanger, étaient tous dans la vigueur de l'âge, et pouvaient rendre longtemps encore de grands services à leur pays.

Les sénateurs admiraient , mais n rasaient accepter ce dévouement sublime.

Ils ne se rendirent enfin que sur les vives instances de Régulus lui-même, qui, par Une générosité sans exemple , S'immola it à l'intérêt de sa patrie.

L'échange fut donc refusé ; mais la, famille, les amis, les concitoyens de Régulus employèrent presque la force pour le retenir. Le grand pontife luimême assurait qu'il pouvait rester à Rome sans être parjure à son ser* ment. Rien ne put ébranler la généf reuse obstination de cette âme inflexi* hle. Il partit de Rome pour se rendre à Carthage, sans se laisser attendrir ni par la vive douleur de ses amis, ni par les larmes de sa femme et de ses enfants. Cependant il n'ignorait pas quels supplices affreux l'attendaient à son retour; mais il redoutait plus te parjure que la cruauté de ses ennemis.

En effet, lorsque tes Carthaginois apprirent que c'était sur l'avis même de Régulus que F échange des prisonniers avait été refusé, ils lui firent souffrir les plus affreux tourments. Ils le tenaient longtemps renfermé dans on noir cachot , d'où , après lui avoir coupé les paupières, ils le faisaient sortir tout à coup pour l'exposer au soleil le plus vif et le plus ardent. Ils l'enfermèrent ensuite dans un coffre hérissé de pointes de fer, où il expira,

L'UNIVERS

miné par la douleur et par les fatigues d'une insomnie perpétuelle.

Siège de Lilybée par les Romains. — Cependant les consuls partirent de Rome avec quatre légions et une flotte de deux cents voiles , dans le dessein de venger la mort de Régulus , et de profiter de la victoire de Pulerme pour chasser entièrement les Carthaginois de la Sicile. Après avoir réuni a leur armée toutes les forces qui étaient dans cette province , ils résolurent défaire le siège deLilybée, espérant qu'après la prise de cette ville , rien ne pourrait plus s'opposer à leur passage en Afrique. Les Carthaginois sentaient, aussi bien que les Romains, de quelle importance était cette place, soit pour la défense de l'Afrique, soit pour la conquête de la Sicile. Aussi les deux peuples employèrent-ils tout ce qu'ils avaient de forces pour l'attaquer et pour la défendre.

Lilybee est située sur le promontoire du même nom qui est tourné du côté de l'Afrique. Cette ville , que les Carthaginois avaient fortifiée avec le plus grand soin, était entourée d'épaisses murailles , d'un fossé profond et de lagunes .salées presque impraticables.

C'est à travers ces lacunes que s'ouvrait l'entrée du port, dont l'accès était très-difficile pour ceux qui ne connaissaient pas parfaitement la rade. Les Romains ayant établi leurs camps sur deux points opposés de la ville qui se rapprochaient de la mer, les joignirent entre eux par des lignes fortifiées d'un fossé , d'un muret d un retranchement.

Ils dirigèrent leurs premières attaques contre la tour la plus proche qui regardait l'Afrique, ajoutant toujours de nouveaux ouvrages aux premiers, et s'avançant de plus en plus. Enfin , ils renversèrent six tours contiguës à celle dont nous avons parlé, et entreprirent d'abattre les autres avec le bélier. Dans ce but, ils commencèrent à combler, pour y établir leurs machines, le fossé qui, selon Diodore, avait soixante coudées de large et quarante de profondeur, et ils poussèrent avec une constance inébranlable ce long et pénible travail. Déjà plusieurs tours

avaient été renversées ; d'autres menaçaient ruine, et les assiégeants s'avan-

S lient de plus en plus vers l'intérieur e la place. Alors la terreur et la consternation se répandirent dans la ville, quoique la garnison fût de dix mille soldats, sans compter les habitants, et qu'Imilcon, leur commandant, déployât dans la défense de la place un courage et une habileté remarquables. En effet, l'infatigable activité de ce général pourvoyait à tous les besoins, et déjouait tous* les efforts des ennemis. S'ils creusaient une mine, il en ouvrait une autre pour les traverser ; s'ils parvenaient a faire une brèche, elle était aussitôt réparée; si une portion du mur s'écroulait, un autre mur s'élevait en arrière pour le remplacer. Toujours vigilant et attentif, toujours présent au milieu du danger, il ne laissait ni ses soldats en repos, ni ceux des assiégeants en sûreté, opposant ses ouvrages , ses mines et ses armes , aux ouvrages , aux mines et aux armes des Romains. 11 épiait sans cesse l'occasion de mettre le feu aux machines des assiégeants, et, pour y parvenir, le jour, la nuit , à tous les instants favorables, il faisait de brusques sorties , et livrait des combats acharnés, plus meurtriers quelquefois que des batailles rangées.

Pendant qu'Imilcon se défendait si courageusement , quelques officiers des soldats étrangers formèrent entre eux le complot de livrer la ville aux Romains, espérant entraîner dans leur défection les troupes qu'ils avaient sous leurs ordres. Le général, dont la vigilance avait pénétre ce projet de révolte, ne perd pas un instant. Il rassemble sur le forum tous les mercenaires; il réveille dans leurs âmes les sentiments d'affection et de fidélité qu'ils doivent à Carthage et à leur général ; il leur fait payer l'arriéré de leur solde; et enfin, par ses promesses, par son éloquence, il les détermine à punir les traîtres . et à se dévouer entièrement* avec lui a une cause qu'ils ont défendue jusque-là avec tant de courage et de gloire.

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