‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 143 sur 246 · VIENT AU SECOUES DES ROMAINS · texte numérisé non relu

VIENT AU SECOUES DES ROMAINS

Manilius entreprend une seconde expédition contre le camp dr néphéris; pham^as trahit les Carthaginois et passe dans le camp des Romains; Scipion et Phamaas vont a Rome ; 149 et 148 avant notre ère. — Sur ces entrefaites, on vit arriver en Afrique des commissaires envoyés par le sénat romain ; ils devaient, à leur retour, faire un rapport fidèle sur l'état de l'armé* et sur les événements qui s'étaient accomplis. Les commissaires examinèrent tout avec soin dans le camp de Manilius. Là, ils remarquèrent le sentiment d'admiration qu'inspirait non point seulement aux soldats , mais encore aux tribuns et au consul , la conduite de Scipion. Ils revinrent à Rome, où ils firent part au sénat de toutes leurs observations. Il est vraisemblable qu'après ce rapport, les Romains conçurent des craintes sérieuses au sujet de la guerre d'Afrique, et qu'ils doutèrent du succès de leur entreprise, car ils envoyèrent alors des ambassadeurs à Massinissa pour lui demander des secours contre les Carthaginois, uand les ambassadeurs arrivèrent en umidie, Massinissa avait cessé de vivre, et ses trois fils, Gulussa, Mici psa et Manastabal , s'étaient partagé ses vastes États.

Peu de temps avant sa mort, le vieux roi avait mandé Scipion, et l'avait chargé de régler les affaires de sa succession. Celui-ci s'était empressé d'accourir pour rendre ce dernier service au compagnon et à l'ami de son illustre aïeul. Se conformant aux intentions de Massinissa mourant, Scipion avait réglé les partages au gré de tous les héritiers , et après s'être acquitté avec sagesse des fonctions délicates qu'il avait acceptées, il était revenu avec Gulussa au camp de Manilius. Les Romains ne tardèrent point à voir qu'ils avaient dans le jeune roi de Numidie un précieux auxiliaire , car, avec ses

L'UNIVERS

cavaliers agiles et expérimentés, il prévenait toutes les ruses de Phamaeas, et réprimait ses audacieuses tentatives.

Il arriva un jour, pendant l'hiver, que Phamaeas et Scipion eurent ensen> ble un entretien. Ils suivaient l'un- et l'autre, avec leurs soldats, les bords d'un torrent, et ils n'étaient séparés que par le courant profond et rapide, lorsque Scipion, qui redoutait les ruses du général carthaginois, s'avança en téte de sa troupe pour reconnaître les chemins. Phamaeas , de son côté , se sépara de ses soldats , et courut en avant, accompagné d'un seul cavalier.

Scipion , persuadé que le Carthaginois ne cherchait que l'occasion de lui parler, prit avec lui un de ses amis et marcha jusqu'à un endroit d'où il pouvait se iaire entendre de Phamacas ; il lui cria alors : ■ Puisque vous ne pouvez sauver Carthage, pourquoi ne point songer à votre propre sûreté?

— Et que uois-je espérer des Romains, dit Phamaeas, moi, qui leur ai fait tant de mal? — Vous pouvez tout espérer, répondit Scipion, et dès aujourd'hui je m'engage , au nom de mes concitoyens, à vous accorder la vie sauve et une récompense. — Je me fie à vos paroles, répliqua Phamacas.

Toutefois, je ne veux me décider qu'après mûre réflexion. Je vous ferai connaître plus tard la détermination que j'aurai prise. » A ces mots, Phamaeas et Scipion rejoignirent leurs soldats.

Cependant le consul Manilius voulait effacer, par un éclatant succès, la honte de sa première expédition contre Pîéphéris. Il fit donc ses préparatifs, et après avoir ordonné aux soldats de se pourvoir de vivres pour quinze jours, il se mit en marche et se dirigea vers le camp d'Asdrubal. Cette fois, Manilius se montra plus circonspect que dans sa première expédition, mais il ne fut pas plus heureux. Quand il se trouva en vue des Carthaginois , il ne tarda pas à comprendre que son entreprise devait échouer, et bientôt il songea à la retraite. Mais le consul, malgré ses précautions, ne pouvait rétrograder sans courir les plus grands

dangers , et il redoutait déjà pour son armée les attaques d'Asdrubal. Le général et les soldats étaient en proie à la crainte et à la honte, lorsqu'un des cavaliers numides de Gulussa apporta une lettre à Scipion. On l'ouvrit en présence de Manilius , et on y lut ces mots : « Je me trouverai tel jour à tel endroit ; je vous attends. Dites à vos soldats de se tenir prêts à recevoir celui qui se présentera à eux pendant la nuit. » Quoimie la lettre ne fût point signée , Scipion comprit aisément qu'elle lui avait été adressée par Phamacas. Au jour convenu, il se dirigea, avec l'assentiment du consul, vers rendroit qui lui avait été désigné. Il jr trouva Phamaeas qui l'aborda et lut dit : « Je suis prêt à passer dans votre camp; c'est à vous que je me confie, et je remets mon sort entre vos mains. » Après un court entretien , le général carthaginois rejoignit les siens.

Le lendemain , Phamaeas mit sa cavalerie en bataille, puis il ordonna aux ofliciers de sortir des rangs. Quand ils furent rassemblés, il leur parla en ces termes : « Si nous pouvions encore sauver Carthage, vous me verriez tenter avec vous les plus grands efforts pour écarter de notre malheureuse patrie le danger qui la menace. Mais aujourd'hui que tout espoir est perdu, j'ai dû songer à me sauver moi-même.

Je m'empresse d'ajouter que je ne vous ai point oubliés. Les Romains se sont engagés à vous accueillir, vous comme moi, si toutefois vous consentez à suivre mon exemple. Réfléchissez à mes paroles , et voyez ce qu'il vous reste a faire. » En achevant ces mots, il se dirigea vers les Romains, suivi dé deux mille cavaliers. Alors Hannon, rassemblant les débris de la troupe de Phamaeas, ramena au camp d'Asdrubal les soldats qui ne s'étaient point laissé séduire par de honteuses promesses, et qui , au jour du danger, n'avaient point désespéré du salut de Carthage.

Quand l'armée romaine vit arriver Scipion accompagné de Phamacas et des autres transfuges , elle s'avança à sa rencontre et l'accueillit comme un triomphateur. La joie du consul était

CARTHAGE

US

inquiété par les Carthaginois. Il se mi? Se v rs A pponf3 C ne vmê donc en marche et hâta son retour. avait une forte citaTl"e de honni» Peu de temps après cette expédition murailles et un «celle nt port SU»Z

sas tsar «ni a ak hsdrSasB

je jeune tribun jusqu'à son vaisseau: la prise de la ville un riZ imtif

ils priaient les dieux de le ramener en Mafs ses espérances furent déçues'

Afrique, car lui seul, disa ent-ils dou. Tm ae*;^e ™rcu* aeçues.

vait "détruire Car.hage. A Rome ^. dew sS, rt^PaTdes Sf

pion reçut les éloges du sénat. Quant à thaginois, ils ncendièren les SS&

Phamœas, on le comb la de présents, et des Romiin. i » Jl„ les.mla.l-nines

on lui fit entendre qu'on lu? donnera* Sura tout ."éié.'-piso.f di«Kï

bien plus encore , s^l restait fidèle aux enfin d'emporter la Xe se w ?™ i

trS%„â^^nnt i?" ' aVait T" Uti<>ue,' ou '« Prit d' Zr.

ti actes. Phamœas fit les plus grandes La fortune semblait favoriser t'ar

promises, et d ne tarda pas a partir thage. L'armée d'A drubaî n 'avait e^

dPes Rom ns6' °U " reJ°,6n,t * Camp S?" aucu»e I**- ™™Z

°L?pZ Cal pison BT l^^'ÏSsPzœ

L. BUNciNus viennent prendre rinus , et au moment mém. loi \ te Rô-

le COMMANDEMENT SE L'ARMÉS

d'Afrique ; succès des Carthaginois ; les frères de Gulussa hésitent a envoyer des secours aux Romains; troubles a Carthage;

148 AVANT NOTRE ÈRE. — Au COID-

mains levaient le siège d'Hippone , huit cents cavaliers numides abandonnaient Gulussa pour s'enfuir dans le camp des Carthaginois. De plus, ceux que Rome comptait au nombre de ses alliés, en Afrique, commençaient à manifester

linft «rr.'inrlf ii.i.AaAl..f.- ««•• .

mencement du printemps, on vit a7"i- SWBZ' SlTet

ver en Afrique le consul Calpurnius Manaltabal, frères de Gulu ss? „V

Pison et L. Mancmus qui avait été vaient point cessé de dire qVi s étafe^t

choisi pour commander la flotte ro- disposes à mïnvPr ,, ,p»„ , î

maine L'armée que leur laissa Mani- S et df Kéni mais Tn e «

bus était s. fa.bfe et si découragée, hâtaient poin d! rëmpïïr îein nro!

quils n osèrent point attaquer Car- messes, et ils attendaient l'issue *d£

thage, et qu'ils se bornèrent à porter événements. Alors les CaVSinn^

a guerre dans la contrée qui avoisinait sentirent leur courage s'accr^ tre ét

le camp. Ils vinrent d'abord assiéger ils purent espérer un instanrd éclnùn^

par terre et par mer la ville de C ypea; au daneer nui tS , PPîr

mais cette première tentative Ai ils 2" dë t%upe" Il „s les nro!

point heureuse, et ils furent repoussés, vinces voisines de Carthacé nnisP^

Peu de temps après, Pison entra dans répandirent dans toïtes le naP tid t

une vi l e qu^ pilla, malgré la promesse l'Afrique des ém ssaim oui avaient

formelle qu'il avait faite aux habitants pour mission d'exciter fes ônnh! „nî

de respec er toutes leurs propriétés, a faire la guerre aux RoSé C"s

Ce succès lui fut plus funeste qu'utile, car les autres cités de l'Afrique, se défiant de la parole de Pison , refusèrent d'écouter ses propositions, et elles aimèrent mieux se défendre jusqu'à

émissaires , qui se rendirent aussi auprès des rois Micipsa et Manastabal, disaient que les Romains n'étaient point invincibles; que deux fois ils avaient échoué contre Asdrubal* à

L'UNIVERS

Pîéphéris, et que naguère encore ils avaient été forcés de lever le siège d'Hippone. Ils ajoutaient : a Vous êtes menacés comme nous, car si Carthage succombe, les Romains ne tarderont point à porter leurs armes victorieuses jusque sur votre propre territoire. »

Les Carthaginois tirent plus encore:

ils envoyèrent, s'il faut en croire Appien , des ambassadeurs en Macédoine a celui qui se disait le fils du roi Persée. Us l'exhortèrent à poursuivre avec ardeur la guerre contre les Romains , et ils s'engagèrent a lui fournir de l'argent et des vaisseaux.

Au moment même où les Carthaginois déployaient une si grande activité et manifestaient hautement leurs espérances, des querelles intestines agitaient la république. Asdrubal, qui deux fois, à Néphéris, avait vu échouer l'armée de Manilius, voulait alors devenir le magistrat suprême de l'État et commander dans Carthage. Pour réussir, il accusa le chef de la république , qui , comme nous l'avons dit plus haut, s'appelait aussi Asdrubal, et se trouvait lié par les liens de la parenté à la famille de Massinissa, d'entretenir avecGulussa de coupables intelligences. Quoique cette accusation fût calomnieuse, dit un historien ancien, le premier magistrat de Carthage subit le châtiment réservé aux traîtres, et fut mis à ro#rt(*).

ÉLECTION DES CONSULS A ROME ; SCIPION EST POBTÉ AU CONSULAT PAB LES SUFFBAGES UNANIMES DU

peuple; Mancinus se pbésentb

DEVANT LES MUBS DE CâBTHAGE ET DONNE UN ASSAUT ; SCIPION , EN AFBIQUE , SAUVE D'UNE PERTE CEB- TAINE MANCINUS'ET SES TROUPES; 147

avant notbe èbe. — La nouvelle des échecs reçus par le consul Calpurnius Pison jeta la crainte dans l'âme des Romains. Ils commençaient à croire que Carthage ne pouvait être détruite, lorsque tout à coup le souvenir des actions glorieuses accomplies par Scipion vint

• (*) Nous dirons plus bas ce qu'il faut r du témoignage d'Appien, lorsque cet ien nous parle d'Asdrubal.

atteint l'itee où l'on

penser liston

les rassurer. A Rome , les citoyens se racontaient à l'en vi chacun des exploits du jeune tribun, et tous disaient que pour terminer promptement la guerre, il fallait élever Scipion au consulat, et l'envoyer en Afrique. Lorsque le jour des comices fut arrivé, Scipion brigua Tédilité, mais le peuple, d'une voix unanime, le nomma consul. Ce choix du peuple était une infraction aux lois, car le nouvel élu n'avait point encore

n pouvait parvenir , , a la première des

dans la république

dignités. Toutefois, après quelque hésitation, le sénat ratifia ce qtii avait été fait dans les comices. Scipion reçut le commandement de l'armée d'Afrique, et , avant son départ, il fut autorisé à lever en Italie et ailleurs de nombreux soldats.

Cependant , le chef de la flotte romaine , L. Mancinus, s'était approché de Carthage et i) avait essayé de s'emparer de la ville par surprise. 11 s'était

fiorté sur un point des murailles que es Carthaginois négligeaient de garder, parce que cette partie de I enceinte était péfendue par une chaîne de rochers très-escarpés et par une mer semée d'écueils et de bas-fonds. À la vue de quelques-uns de leurs compagnons qui pénétraient dans la ville, tous les soldats de la flotte de Mancinus s'élancèrent impétueusement, la plupart sans armes, vers l'endroit des fortifications qui avait été forcé. Là ils se crurent dans une forte position et ils y passèrent la nuit; mais bientôt ils s'aperçurent qu'ils couraient de grands dangers : ils manquaient de vivres , et ils pensaient avec effroi que les Carthaginois , supérieurs en nombre , pouvaient facilement les repousser et les précipiter dans la mer du haut des rochers. Mancinus se hâta d'envoyer quelques hommes à Utique, pour demander à Pison de prompts secours. Lescraintesdes Romains étaient fondées, car le lendemain, au lever de l'aurore , ils furent attaqués de tous cdtés par les Carthaginois. Mancinus comptait à peine cinq cents hommes armes parmi ceux qui s'étaient élancés avec lui pour surprendre la ville. 11

CARTHAGE

soutint longtemps le choc des assaillants; mais enfin il céda du terrain, et déjà il allait succomber avec les siens lorsqu'on aperçut au loin sur la mer de nombreux vaisseaux. C'était Scipion qui arrivait. Il avait reçu à Utique les lettres de Mancinus/et il s'était hâté de mettre à la voile et de se diriger vers Carthage. Quand les Cartha-

Sinois virent approcher cette nouvelle otte romaine, ils revinrent se placer derrière leurs murailles, et Scipion put recueillir sur ses vaisseaux Mancinus et les soldats qui l'avaient suivi. Mancinus fut renvoyé en Italie, et Serranus lui succéda dans le commandement de la flotte romaine. Alors Scipion réunit ses troupes , et il songea à continuer d'une manière suivie et régulière le siège de Carthage. Pour mettre à exécution le projet qu'il avait conçu , il vint camper non loin de cette ville avec toute son armée. Les Carthaginois, de leur côté, s'avancèrent hors des murs pour prendre position en face du camp romain , et ils ne tardèrent point à voir arriver dans leurs retranchements Asdrubal, le premier de leurs énéraux , et Bithya , transfuge numie, qu'ils avaient mis à la tête de leur cavalerie. Asdrubal et Bithya amenaient avec eux six mille fantassins et mille cavaliers d'élite.

Scipion bétablit la discipline dans l'armée romaine; 147 avant notre ère. — Scipion, à son retour en Afrique , avait remarqué dans la discipline de l'armée romaine un funeste relâchement. Sous le commandement de Pison , les soldats s'étaient habitués à vivre dans le désordre ; chaque jour ils sortaient du camp , contre les lois militaires, pour se livrer au pillage et à la rapine , et chaque jour aussi une multitude d'étrangers s introduisaient dans les retranchements pour vendre ou pour acheter. Puis, il y avait sans cesse entre les soldats des querelles , des rixes et de sanglants combats. Scipion porta remède au mal , en déclarant que les moindres fautes seraient punies par des châtiments sévères. Il chassa alors du camp ceux qui n'étaient point enrôlés, et il enleva aux soldats

tous les objets qui n'étaient propres qu'à les corrompre et à les amollir.

Après avoir rétabli dans son armée l'ordre et la discipline , Scipion résolut enfin de diriger une attaque contre les murs de Carthage.

Scipion prend le faubourg de Mégara; lbs soldats carthaginois SE BÉFUG1ENT DANS LE QUAR- TIER DE LA CITADELLE? 147 AVANT

notre ère. — « Pendant la nuit, dit Appien (*), et quand l'ennemi ne sV attendait pas, Scipion dirigea une double attaque contre la partie de Carthage qu 'on appelait Mégara . C'est un quartier très-çrand qui est continu aux murs extérieurs. Ayant envoyé des troupes pour attaquer sur un point, il se porta lui-même à vingt stades de distance, avec des haches , des échelles et des le- > viers , en gardant le plus profond silence. Les sentinelles carthaginoises placées sur les murs de Mégara, averties de son approche, ayant poussé le cri d'alarme, son corps d'armée et celui qui faisait la fausse attaque y répondirent par un cri terrible. * Les Carthaginois furent effrayés de voir, Ja nuit, tant d'ennemis les assaillir de deux côtés à la fois. Cependant il ne put s'emparer des murs, malgré tous ses efforts. Heureusement une tour déserte, située hors des murs qu'elle égalait en hauteur, s'élevait à peu de distance de leur enceinte. Scipion y fait monter de jeunes soldats intrépides qui , avec des solives et des planches appuyées sur la tour et le mur, forment un pont, renversent l'ennemi qui défendait la muraille, s'en emparent, sautent dans Mégara, et après avoir brisé une des portes y introduisent Set-

(*) Pour certains détails du siège nous reproduirons fidèlement le récit d'Appien. Comme les passages de ce récit qui servent à déterminer la position des différents quartiers de la ville assiégée et des lieux qui ravoisinent, ont été rendus avec une scrupuleuse exactitude par M. Dureau "de la Malle , nous nous proposons de citei; quelquefois les excellentes traductions que l'on rencontre dans les Rechêrcltes sur la topegrapliiê dê Cartliagê.

118 L'UNIVERS

.,:«„ il v mtre avec auatre mille hom- « Cependant , ajoute Appien , après

„ es' V naï un !USSSl , les la prisede Mégara, Sçipion fit brûler

Carthaginois comme si le reste Ùe la le camp retranché que les Car liagmois

^ e e it pris ~vent dans Byrsa. avaient abandonné la veille b^squ fis

iPS cris des prisonniers, le tumulte s'enfuirent dans la tine, et maître ue

au'ils éntendaiênt derrière eux , ef- tout l'isthme {') , il le coupa par un

?ravèrenS les Carthagino s qui fossé prolongé d'une mer a l'autre, qui

étl ent dans le « P retranché , hors ne s'éloignait pas des murs ennemis

des murs , qu'ls abandonnèrent aussi de plus d'une portée de trait. Les a -

cette position et se réfugièrent avec .ié^és rinqu.eta.ent oujours. anscrt£

lesautresdanslacitadelle.Maiscomme opération ou e soldat, surunuevclop

e faubourg de Mégara était rempli de peit.ent de vmgt-çmq stades . devait

tantini Plantés d'arbres fruitiers , sé- tour à tour travailler et combattre. Ce

Jparés paPr des clôtures en pierres sè- fossé achevé to eircop^a-

ches ctes haïes vives d'arbustes épi- tion), il en ht un autre de même

«eux etSupéspardenombreuxcanauit gra.ideur à une faible distance (faeu*

profonds et toïtueux, Scipion, crai- ^ÏW'^rtt deS K

enant de s'encager dans ce terrain de l'Afrique il y ajouta deux losses

G ffo le dont ifs voies étaient incon- transversaux qui donnèrent a l ouvrage

S uesTuxTomahis ,° et où rennemi , à total la forme d'un Kj^™»£

la faveur de la nuit, pou va t u dres- les henssa tous de pal ssades. Derrière

i«are embuscadè f s'arrêta et ht lespalissad* eva,t Jag^ Du cou

Innnpr i., rptraite » qui regardait Cartnage, u consiruiMi

mers romains; moyens employés vingt-cinq stades, de douze pieds de

par Asdbubal poub dominer dans haut, sans les parapets et les tours

t^à ville Se i P ion enlève aux Car- qui flanquaient la courtine par inter-

^agÎnois toÙ?e communication valle. La largeur du mur était moitié

ma ^continent ; famine a Car- de la hauteur. Au milieu, était une

™foE 147 ayant notre ère. % tour en pierre très-haute, surmontée

Le lendema n, quand le jour parut, d'une tour de bois a quatre étages,

Asdrubal à la vue des ennenus quj d'où la vue plongeait dans la vile. I

rompaient dans Mégara , fut en proie acheva cet ouvrage en vingt jours et

KiTàffi II rassembla vinft nuits. Toutes les roupes y fu-

Slors les soldats romains qui avaient renï employées, les soldats ^ wtojant

été pris pendant la guerre, et après les tour a tour pour travailler et se battre,

avoir livrés à d'horribles mutilations , pour manger et pour dormir. »

il les fit précipiter du haut des mu- Dans ces lignes, 1 armée u

".tir. ii - ~:. ~nn*Amia Hit ri.îfi- trouva une forte nosition contr

romaine

il les sit précipiter uu nuui. uç» mu- , -

railles. Il croyait sans doute, dit l'his- trouva une forte position contre > l eur

torieii du siège, enlever ainsi à ses nemi. De plus, en coupant l is me

concitoyens tout espoir de traiter avec dans toute sa longueur Sc.p.on obtint

les Romains ; mais cette horrible exé- un important résultat-, il empêcha I ar-

cution n'eut point le résultat qu'il at- rivée des convois qui , par la route du

tendait Asdrubal s'aperçut bientôt continent, avaient fourni jusqu alors

qu'il avait soulevé contre lui de vio- d'abondantes provisions aux ^rtliagi-

fentes haines. On lui reprocha même, nois assièges. Une grande femiMM

en plein sénat, d'avoir montré, en tarda pas a se faire sentir a Carthuge.

égorgeant ses' prisonniers, plus de Les habitants, qui ne pou va «tf*""

cruauté que de prudence. Pour étouf- les lignes de : Scipion po ur rétabli leurs

fer les plaintes des mécontents, il fit communications avec le con t ment , ne

tuer ceux qui, parmi les sénateurs, se se procuraient des vivres qu.avec une déclaraient ses adversaires et blâmaient

sa conduite. Dès lors, il régna dans la Q Voye* plus bas la Topographie «Je

ville par la terreur, Cariliage.

extrême difficulté. Ils étaient forcés de sortir avec leurs vaisseaux, et de faire un long détour pour prendre au loin , sur le rivage , les provisions que leur amenait k grand* peine Bithya, le général de leur cavalerie. Encore ces courses ne se faisaient point sans danger, car il fallait que les vaisseaux , à leur départ et à leur arrivée, évitassent la flotte romaine qui eroisait devant la ville. D'un autre côté, Cartilage ne pouvait tirer aucun secours des pays étrangers. Depuis le commencement de la guerre, son commerce avait été anéanti, et les marchands n'osaient plus pénétrer dans ses ports. Les convois qui arrivaient par mer ne pouvaient subvenir à tous les besoins, et Asdrubal se vit bientôt forcé de ne distribuer des vivres qu'aux trente mille soldats qu'il avait choisis pour combattre. Alors la population de Cartilage qui, pendant la guerre, s'était encore accrue des habitants de la campagne , fut en proie à d'effroyables souffrances.

asdbubal essaie de tbaiter avec les Romains ; son entbbvue avec Gulussa; béponse de Scipion; 147 avant notre ère. — Pressé de tous côtés par l'ennemi , environné d'une foule immense dont les maux déjà si grands et si profonds s'aggravaient sans cesse , Asdrubal perdit courage. Ce fut alors que, sans espoir de réussir , il eut recours aux négociations. 11 s'adressa, non point directement àScipton. mais au roi de Numidie, Gulussa, et il kii demanda une entrevue. Àppien ne parle point de ces négociations; mais Polybe, qui se trouvait dans le camp romain à l'époque du siège de Carthage , les raconte avec assez d'étendue. Nous donnons ici la curieuse narration de- ce dernier historien (*).

« Asdrubal, le chef des Carthaginois, était un- homme vain, rempli de jac-

(*} Fragment» du livre xxxix. — Comrt'e Appien, dans seî. Punique*, n'a fait que reproduire le récit de Polybe , il y a lieu dit étonner qu'il n?ait pas même mentionné 1-enlrevue a" Asdrubal et de Gulussa.

tance, et qui, en toutes circonstances, se montrait dépourvu des qualités que possèdent ordinairement ceux qui veulent commander et dominer dans une république. Voici, entre plusieurs autres, un exemple de sa vanité. Quand il arriva au lieu désigné à Gulussa pour l'entrevue, il parut armé complètement et couvert d'un riche manteau de pourpre. 11 s'était fait accompagner par dix soldats. Cependant il laissa ses gardes derrière lui , à vingt pas environ, et du bord du fossé qui le protégeait , par un signe qu'il devait plutôt attendre que donner, il fit comprendre au roi de Numidie qu'il pouvait approcher. Gulussa, au contraire, vint à l'entrevue sans escorte, et vêtu, suivant l'usage des Numides , avee la plus grande simplicité. Lorsqu'il fut près u Asdrubal, il lui demanda pourquoi il s'était couvert d'une cuirasse et muni de toutes ses armes : « Qui donc craignez-vous? lui dit-il. — Je crains les Romains, reprit le Carthaginois. — Je le vois bien , repartit Gulussa, car, s'il en était autrement , vous ne resteriez pas r sans cause , enfermé dans votre ville. Mais enfin, que souhaitezvous de moi? — Je vous prie, dit Asdrubal , d'être notre intercesseur auprès du général romain. Vous pouvez lui promettre , au nom de tous mes concitoyens, que s'il épargne Carthage et la laisse subsister, il trouvera en nous une entière soumission. » Gulussa se prit à rire, et s'adressant au chef carthaginois : « Vos paroles sont des paroles d'enfant. Quoi ! dans l'état déplorable où vous êtes, assiégés par mer et par terre , n'ayant plus de ressources et ne conservant pas même des espérances , vous n'avez pas d'autres propositions à faire- que celles qu'on a re jetées à Utique, avant le siège? — Nos affaires ne sont point aussi mauvaises que vous le pensez , répondit Asdrubal. Nos alliés arment au dehors pour notre défense (*) , et

(*) Polybe ajoute : // ne sapait pas ce qui s'était passé dan* la Mauritanie. ÎNons ignorons aussi les événements emi s'étaient accomplis alors dans cette parUe de l'Afrique.

L'UNIVERS

les troupes que nous avons placées sur différents points de notre territoire f n'ont point encore été attaquées. Mais c'est surtout dans les dieux que nous mettons notre confiance. Ils sont trop justes pour ne point nous venger de la perfidie des Romains. Dites au consul, je vous prie, que même après ses brillants succès, les dieux et la fortune

Îieuvent faire triompher notre cause, înfln , dites-lui que les Carthaginois ont pris la résolution de se faire massacrer jusqu'au dernier plutôt que de se rendre. » Ici finit l'entrevue, mais avant de se séparer , Asdrubal et le roi de Numidie s'engagèrent à revenir au même endroit trois jours après.

« Rentré au camp, Gulussa rendit compte à Scipion de l'entretien qu'il avait eu avec Asdrubal. Scipion se mit à rire, et dit : « En vérité, je ne conçois pas qu'après avoir massacré cruellement nos captifs, cet homme ose encore nous reprocher d'avoir violé les lois divines et humaines. » Mais le roi de Numidie fit alors remarquer à Scipion qu'il était de son intérêt de finir au plus tôt la guerre; gue, sans parler des cas imprévus , le jour où l'on ferait à Rome de nouveaux consuls ne tarderait pas à arriver, et qu'il était à craindre, si l'hiver se passait en d'inutiles attaques , qu'un autre ne vint lui ravir, sans l'avoir mérité, les honneurs du triomphe. Scipion sentit aisément la justesse de ces réflexions , et il chargea Gulussa d'annoncer au

Î;énéral carthaginois, de sa part, qu'il ni accordait à lui, à sa femme, à ses enfants et à dix familles parentes ou amies, la vie et la liberté, et qu'il lui permettait en outre d'emporter de Carthage dix talents de son bien , et d'emmener avec lui ceux qu'il voudrait choisir parmi ses esclaves. Gulussa, avec des offres qui devaient , ce semble, être agréables à Asdrubal, se rendit le troisième jour à l'endroit fixé pour l'entrevue.

« Asdrubal y vint aussi. Il portait

Il est vraisemblable que Polybe avait raconté ces événements, mais son récit n'est point parvenu jusqu'à nous.

encore ses armes et son manteau de pourpre. A sa démarche lente et grave on eût dit qu'il jouait, dans une tragédie, le rôle du tyran. Le général carthaginois était gras de sa nature, mais ce jour-là son embonpoint parut plus grand qu'à l'ordinaire. Par sa rosseur et son teint enluminé, cet omme ressemblait bien plus aux bœufs que l'on engraisse dans les marchés, qu'au chef d'une ville assiégée qui souffrait des maux inexprimables. Après avoir connu, par Gulussa, les offres du consul , il s'écria , en se frappant la cuisse à coups redoublés : « Je prends les dieux et la fortune à témoin ue le soleil ne verra jamais Carthage étruite et Asdrubal vivant. Un homme de cœur n'est nulle part plus noblement enseveli que sous les ruines de sa patrie, quand il n'a pu la sauver. • Résolution généreuse, magnifiques paroles qu'on ne peut trop admirer! mais plus tard, au îour du danger, on vit bien qu'Asdrubal n'était qu'un lâche et un fanfaron. D'abord , on peut lui reprocher d'avoir fait, au milieu de gens affamés, de somptueux repas et d'avoir insulté, en quelque sorte, par son embonpoint aux souffrances de ses concitoyens. Alors, en effet, le nombre de ceux qui échappaient à la famine par la mort ou la fuite était immense. Asdrubal se montrait impitoyable; il raillait les uns, accablait les autres d'outrages , et souvent même il tuait ceux qui lui faisaient ombrage. A force de sang répandu , il intimida tellement la multitude , qu'il conserva jusqu'au bout , dans Carthage assiégée , une puissance aussi absolue que le pourrait être celle d'un roi juste dans une ville heureuse. »

Examen du jugement que Polybe ET QUELQUES AUTRES HISTO- RIENS ONT PORTÉ SUR ASDRUBAL. —

Il ne faudrait peut-être point admettre sans restriction le témoignage de Polybe et de quelques autres écrivains amis de Home, lorsqu'ils font le portrait d'Asdrubal et qu'ils essayent d'apprécier son caractère et ses actes.

Pendant les six années qui précédèrent la ruine de Carthage, Asdrubal ma-

CARTHAGE

nifesta contre les ennemis de son pays une haine trop vive pour que les Romains et tous ceux qui s'étaient attachés à leur fortune aient pu le juger sans prévention et avec impartialité.

Nous avons rapporté fidèlement l'opinion de Polybe et celle d'Appien qui a suivi avec tant d'exactitude le récit de l'illustre Mégapolitain , et on a vu que cette opinion était sévère*. 11 est vraisemblable encore que Tite-Live, dans la partie de son histoire qui n'est point arrivée jusqu'à nous, n'avait pas épargné le blâme au dernier chef des Carthaginois. Voilà sans doute de graves , d'imposantes autorités. Toutefois , en nous servant du récit même de Polybe et d'Appien, nous pouvons, sinon transformer Asdrubal en un grand capitaine et le montrer comme un homme exempt de fautes, au moins prouver qu'il aima sincèrement sa patrie , et que toutes ses actions ne furent pas, comme l'ont prétendu des écrivains ennemis, contraires à la prudence et à la justice.

Au moment même où pour la première fois, l'histoire fait mention d1 Asdrubal, nous le voyons figurer à Carthage dans le parti populaire, c'està-dire dans les rangs des ennemis implacables du nom romain. Bientôt il acquiert assez d'influence parmi ses concitoyens, pour accomplir avec eux et par eux une importante révolution.

Il tait bannir de la ville les partisans de Massinissa. Puis , il entreprend une guerre utile et juste contre le roi de Jïumidie, qui, fidèle allié de Rome, n'avait cessé , depuis un demi-siècle , d'attaquer les Carthaginois et de leur porter de continuels dommages. Asdrubal, nous j'avons dit, échoua dans son expédition contre Massinissa.

Alors, mettant à profit les malheurs publics , les amis des Romains reprirent assez d'audace à Carthage pour proscrire le chef du parti populaire.

]\Ton contents de condamner à mort Asdrubal et ses adhérents, ils vendirent leur patrie aux Romains; ils envoyèrent a Libybée trois cents otages ( les Carthaginois n'en avaient remis que cent aux vainqueurs après la bataille

de Zama) , et ils livrèrent aux consuls Manilius et Censorinus toutes leurs armes. Au moment même où les traîtres, en désarmant Carthage, préparaient le triomphe des ennemis, le chef du parti populaire rassemblait vingt mille soldats. Il prévoyait sans doute que ses concitoyens désabusés ne tarderaient point à le rappeler. En effet , au retour des ambassadeurs qui étaient ailés recevoir à Utique la réponse des consuls, il y eut dans la ville une sanglante réaction. Le parti vraiment national se releva plein de force et d'énergie , pour engager contre les Romains une dernière et terrible lutte.

Au jour du danger , Asdrubal oublia les vieilles injures, et proclamé général par la voix du peuple, il se hâta d'offrir a ses concitoyens les soldats qu'avec tant de sagesse il avait réserves pour la défense de la patrie. Tandis que les Carthaginois assiégés repoussaient glorieusement les premiers assauts de l'armée romaine, il se maintint dans son camp de Néphéris. devant lequel vinrent échouer deux fois les légions de Manilius. Enfin, lorsque Scipion étant consul, Carthage eut à soutenir des attaques sérieuses et multipliées, il se jeta dans la ville et la défendit jusau'au moment où il ne vit plus autour de lui qu'un monceau de ruines.

Les historiens de l'antiquité ont accusé Asdrubal de cruauté, et nous avons rapporté précédemment les faits qu'ils ont donnes à l'appui de leur as* sertion. Mais nous devons remarquer que ceux-là même qui , après l'arrivée des Romains en Afrique, furent victimes de la réaction populaire, étaient soupçonnés, nous pourrions dire convaincus de s'être vendus à l'ennemi et de trahir leur patrie. Ainsi le magistat suprême que fit mourir Asdrubal, était le petit-fils de Massinissa, l'ami des Numides, et, de l'aveu d'Appien, il ne perdit la vie que pour avoir été accusé d'avoir entretenu avec Gulussa de coupables intelligences. Ailleurs, l'historien alexandrin nous apprend qu'après le massacre des prisonniers romains , quelques-uns des sénateurs reprochèrent a Asdrubal d'avoir agi avec plus

L'UNIVERS

de cruauté que de prudence, et de leur avoir enlevé tout espoir de iraiter avec l'ennemi; il ajoute que pour étouffer leurs plaintes, Asdrubal les lit tuer. Certes, quand on a suivi avec attention l'histoire des six années qui précèdent la ruine de Carthage, on est tenté de eroire que ceux qui , au moment même où l'ennemi s'était rendu maître d'une partie de la ville , proclamaient hautement que Ton pourrait encore réussir par la voie des négociations, étaient des traîtres et les amis des Romains. Nous ne voulons point ici excuser les crimes ou les fautes qu'Asdrubal a commis ; nous essayons seulement de montrer qu'il a pu se faire que le dernier général carthaginois ait été calomnié par les ennemis de Carthage.

a Asdrubal , disent Polybe et Appien, régnait sur le peuple par la (erreur, et il conserva jusqu'à la fin , sur la multitude, une autorité sans bornes. » On peut croire aussi qu'Asdrubal régna sur la multitude, moins par la terreur que parce qu'il était felu de cette multitude et le chef du parti populaire.

Enfin, il n'est pas vraisemblable qu'au moment où les Carthaginois assiégés subissaient de cruelles privatious et souffraient de la famine , Asdrubal se soit fait un jeu de la misère publique, et qu'il ait insulté à ses concitoyens malheureux, en donnant à quelques-uns de ses amis de somptueux banquets. « Scipion, dit Polybe, fit annoncer au général carthaginois qu'il lui accordait à lui, à sajemme, à ses enfants , et à dix familles parentes ou amies, la vie et la liberté, et qu'il lui permettait, en outre, d'em~ porter de Carthage dix talents de son bien, et d'emmener avec fui ceux qu'il voudrait choisir parmi ses esclaves. » Pourquoi Asdrubal repoussa* t-il alors les propositions de Scipion?

Pourquoi préféra-t-il à une retraite tranquille où il aurait trouvé le repos et le oien^être, le séjour Je Carthage? Assurément, pour se livrer à la bonne chère et pour donner de splendides festins, c'était mai choisir son lieu que de

s'enfermer dans une ville assiégée qui souffrait toutes les horreurs de la famine.

On peut reprocher à Asdrubal de s'être écrié un jour en présence de Gulussa : « Le soleil qui éclairera la destruction de Carthage ne me verra point vivant. » Comme il survécut à la ruine de sa patrie, Polybe a pu dire:

« On vit bien au jour du danger que ces grandes et belles paroles étaient sorties de la bouche d'un fanfaron. »

Ajoutons encore, avaot de terminer, qu'entre tous les torts d'Asdrufeal, le plus grand peut-être a été celui d'avoir succombé et d'avoir abandonné, comme sa malheureuse patrie , le soin de sa gloire à des historiens étrangers.

Suite du récit; Scipion ferme l'entrés des ports par une jetée; les Carthaginois s'ouvrent une nouvell! issue et mettent une

Page 1