CONSTITUTION POLITIQUE
COLONIES ET AUTRES POSSESSIONS , AGRICUL- TURE, COMMENCE, INDUSTRIE, AftMKfcS, RELIGION ET LITTERATURE DES CARTHA- GINOIS.
L'histoire du peuple carthaginois n'est pas tout entière dans la série des événements que nous avons racontés.
Pour connaître à fond Carthage et son histoire , il faut aller plus avant et pénétrer, si nous pouvons nous exprimer ainsi , dans les secrets de son organisation intérieure. Dès l'antiquité, ceux qui ont écrit sur cette puissante république ne se sont point bornés à consigner, dans leurs livres, les guerres et les traités de paix ou d'alliance ; ils ont encore étudié sa constitution politique; son système d'administration; l'étendue de ses possessions , de son commerce , de ses richesses et de ses forces militaires; sa religion , etc. Nous nous proposons, à notre tour, d'aborder séparément chacun de ces points, et d'exposer, dans un court sommaire, en nous appuyant sur l'autorité des écrivains de l'antiquité , tous les renseignements qui nous ont été transmis sur cet important sujet (*).
Constitution. — A Carthage, le pouvoir était aux mains d'une puissante aristocratie. Toutefois , il ne faudrait pas croire qu'entre cette aristocratie et celle que l'on rencontre à Sparte ou à Rome , il existât une parfaite ressemblance. En effet, à Carthage, il n'y avait point de noblesse fondée sur (les souvenirs de conquête ou sur une gloire héréditaire, mais une noblesse qui tirait en général tout son éclat de l'étendue de ses richesses. Il est vrai qu'à certaines époques, on vit s'élever dans la république des hommes qui acquirent une grande renommée, et qui transmirent à leurs familles, pour un temps plus ou mains long, toute leur illustration. Mais nous devons ajouter que ce fait ne se produisit que rarement dans l'histoire de Carthage ; et si les Magon , les Hannon et lesitarca se virent en possession, pendant de nombreuses années, des dignités de l'État et de la considération publique , c'est que , dans ces familles, les richesses se perpétuaient
(*) Nous nous sommes aidé aussi des travaux de la critique moderne, et nous avons consulté fréquemment les chapitres que Hecrcii a consacrés à Carthage, dans sou grand ouvrage sur la politique et lt commerce des peuples de l'antiquité
CARTHAGE
aussi bien que les vertus. Trois siècles avant notre ère, Aristote avait saisi la différence qui existait entre l'aristocratie carthaginoise et l'aristocratie qui gouvernait Sparte. Il a insisté sur cette distinction; et les faits qu'il a rassemblés, à ce sujet, dans sa Politique, nous fournissent sur la constitution de Carthage de précieux renseignements. Aristote nous a encore appris nue, dans la république, les riches étaient les seuls qui parvinssent aux magistratures. Il s'exprime formellement à cet égard : « On pense à Carthage, dit-il , que celui qui veut exercer une fonction publique doit avoir non-seulement de grandes qualités, mais encore de grandes richesses. »
Pouvoirs de l'État; orandb
ASSEMBLER (aû'p.ÀYiTo;) ; C0.NSE1L SU- PBEMB OU DES CENT (ftpouaia) ; AS- SEMBLÉES du peuple; s u f f êtes ;