‹ Afrique esquisse générale de l'Afrique et Afrique ancienneChapitre 166 sur 246 · CIBTA , CAPITALE DE SYPHAX , TOMBE AU POUVOIR DE AI ASSIMSSA · texte numérisé non relu

CIBTA , CAPITALE DE SYPHAX , TOMBE AU POUVOIR DE AI ASSIMSSA

— Massinissa poursuivit la perte de

(*) Voyez dans ce volume Y Histoire de Cartilage, deuxième partie, p. gi.

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son rival avec la plus grande activité. Conseillé par sa passion et par sa lutine , il était le véritable chef des opérations, et imposait ses plans à Lélius. Il avait à cœur d'occuper a l'instant Cirta , où Syphax avait réside depuis que son royaume s'était agrandi vers l'orient, et il persuada à Lélius de le suivre avec l'iufanterie, tandis qu'il courrait en avant avec les cavaliers pour investir la place. Ce n'était pas seulement pour se rapprocher de Çarrthage que Syphax avait choisi ce séjour. Cirta était la place la plus forte, de toute la Numidie , comme aujourd'hui encore la ville moderne tfui la remplace (*). Massinissa arriva devanles murs de Cirta avant que la nouvelle de la captivité de Syphax y fût parvenue. Il demanda une entrevue aux principaux de la ville; mais ni les promesses ni les menaces ne pouvaient les déterminer à se rendre ; alors on leur montra Syphax enchaîné. A ce tri^e spectacle , un cri de douleur échappa de leur poitrine, et toute la ville fut bientôt dans la consternation. On ne songea plus a se défendre ; les uns , par crainte , abandonnèrent les murailles; les autres , pour obtenir le. pardon du vainqueur, ouvrirent les portes et se rendirent. Massinissa plaça des gardes aux portes et autour des murailles pour empêcher la désertion des habitants, et il courut de toute la vitesse de son cheval au palais de Syphax pour s'en rendrt maître.

DISCOURS DE SOPHONISBE A MAS- SINISSA.— Au moment où il entrait

(*) Constant ine. On trouve sur l'emplacement de cette ville de nombreuses ruines antiques, un arc de triomphe tel qu'on en voit à Rome, un édifice de marbre construit près d'une fontaine d'uue eau lies -froide. Hors de l'enceinte de Constant ine , Shaw a vu plusieurs cipyes couverts d'inscriptions funéraires. Au dedans de la ville sont plusieurs débris de constructions roumaines, un palais, un amphithéâtre; enfin le pont du llummel, ouvrage romain d'une architecture remarquable. Les voyageurs Shaw et Poirel ont pensé que la ville moderne n'est pas aussi étendue que le fut l'ancienne Cirta.

L'UNIVERS

sous le vestibule du palais, Sophonisbe, fille d'Asdrubal, épouse de Syphax, se présente à lui. Elle distingua facilement le roi de sa suite, à l'éclat de ses armes et à la richesse de tout son vêtement militaire, et, s'étant prosternée à ses pieds, elle lui parla ainsi : « Les dieux , votre courage et votre « fortune vous ont rendu maître ab- « solu de mon sort. Mais s'il est per- « mis à une captive d'implorer en sup- « pliant celui qui est l'arbitre de sa « vie et de sa mort , si vous m'accor- « dez la faveur d'embrasser vos ge- « noux et cette main victorieuse , je « vous conjure, par la majesté royale « dont nous étions encore tout à l'heure « environnés, par le nom de Numide « qui vous est commun avec Syphax , « par les divinités de ce palais que je « prie de regarder votre arrivée plus « favorablement qu'elles n'ont vu son « triste départ ; je vous conjure de « m'accorder cette grâce, que vous décidiez vous-même de mon sort, « quelles que soient vos dispositions « à l'égard de votre prisonnière, et de « ne point souffrir que je tombe sous « la superbe et cruelle domination « d'aucun Romain. Quand je n'aurais « été que la femme de Syphax, j'aurais « toujours préféré la foi d'un prince « numide, né dans l'Afrique comme «moi, à celle d'un étranger. Mais « vous comprenez ce qu'une Carthaginoise, ce que la fille d'Asdrubal « doit redouter des Romains. S'il n'y « a que la mort qui puisse me sous- « traire à leur puissance, je vous prie * et je vous conjure de me la don- « ner. »

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