GUERRES ENTRE LES VANDALES ET LES MAURES; CARACTÈRE DE CES
guerres. — Nous n'essaj»erons point ici de raconter, dans les moindres dé* tails, tous les incidents de c*»s longues guerres. Nous nous bornerons à reproduire une page où, suivant nous, M. Marcus a parfaitement saisi et rendu le caractère général de la lutte que les Vandales eurent à soutenir contre les Maures, leurs agresseurs. « Les événements auxquels ce combat des deux nations donna lieu, dit-il, ne nous sont guère connus ; il est néanmoins facile d'en déterminer le caractère , et. de dire quel en fut le résultat. C'était une suite continuelle de petites guerres de partisans dont les côtes de la Tripolitaine, les parties basses de la Byzacèue , les montagnes d'Aurès, et le haut plateau bordé . au sud, par ces dernières; au nord, par le petit Atlas; à l'est, par le Bagradas ou Megerda, et, à l'ouest, par le lac Cbott et par le cours supérieur de PAjebbi, furent le principal théâtre. Les Maures étaient d'ordinaire les agresseurs dans ces guerres; et ils les entreprirent dans les premiers temps pour devenir maîtres absolus des chaînes de montagnes et des plateaux ou vallées qu'elles renferment ; et, plus tard, pour s'enrichir par le pillage aux frais des habitants romains de la côte et des parties peu élevées de l'intérieur du pays. Les Vandales devaient s'opposer aux projets des Maures-
sinon, ils risquaient de voir bientôt leur empire réduit aux limites de la Proconsulaire, où ils demeuraient presque tous. Mais, dans leur lutte contre les Maures, tous les avantages étaient du côté de ces derniers. Agresseurs, ils purent faire porter leurs attaques sur plusieurs points de l'empire vandale à la fois, ou sur ceux qui leur offraient pour le moment le plus de chances de succès. Les Vandales avaient peu de troupes stationna ires dans les provinces du prince; mais c'est là précisément que se vidait la querelle des deux nations; et les conquérants germains de l'Afrique n'auraient pas voulu que les habitants romains de ces provinces se chargeassent de leur défense. Si les Vandales approchaient avec des forces trop grandes, les Maures se retiraient dans des lieux déserts ou défendus par de hautes montagnes, sauf à revenir dès que l'ennemi serait parti , ou à envahir le territoire vandale à une longue distance de l'endroit où le parti adverse avait momentanément pour lui la supériorité du nombre. Mais les Maures étaient d'ordinaire plus nombreux que les Vandales, et la tactique militaire de ceux de l'Est les fit sortir victorieux de tous les combats qu'ils livrèrent aux
guerriers tudesques. Quant aux Maures e l'Ouest, ils se battaient aussi bien à cheval que les Vandales, et leurs fantassins valaient probablement mieux que l'infanterie de ces derniers. La lleche et le dard des Numides et des Mauritains les mettaient à même de faire plus de mal aux Vandales, que ceux-ci ne purent leur en faire avec leurs larges épées et leurs longues lances, les Maures occidentaux ayant l'habitude de disparaître comme' l'éclair du champ de bataille quand ils voyaient de loin l'ennemi fondre sur eux, et de se jeter sur lui à leur tour au moment oùril s'y attendait le moins. Il n'est donc pas étonnant que dans les parties occidentales de l'empire vandale, les Maures soient parvenus peu à peu, non-seulement à se rendre maîtres de toute la Mauritanie césarienne et de celle de Sitifis, à l'exception
de Césarée et de quelques autres villes
maritimes, mais à expulser en outre les Vandales de toute la partie de la Numidie qui est située au sud du petit Atlas. Plus à l'est, les Maures de la Tripolitaine et de la Bvzacène étendirent leurs ravages, déjà sous le règne de Trasamund, jusqu'à Ruspe et au delà. Du temps de Hunéric, les Maures ne purent détacher de l'empire vandale que les montagnes d'Aurès et quelques districts situés sur la route de Lambèse à Sitiûs. Mais sous les rois postérieurs, leurs conquêtes s'agrandirent d'autant plus rapidement que les Vandales s'amollirent davantage; et, dans les dernières années de la domination de ce peuple germain en Afrique, les habitants d'Adrumète, ville située non loin de la Proconsulaire, se virent obligés de fermer les ouvertures qui étaient à leurs maisons, et de les joindre les unes aux autres, pour se défendre tant bien que mal contre les irruptions subites des Maures (*). »
Tentatives dr Hunéric pour