AU PBEMIER SIÈCLE AVANT NOTRE
bre. —Tel est le tableau que nous offre Hérodote, au cinquième siècle avant notre ère; quatre cents ans plus tard, Diodore de Sicile nous fait une nouvelle description, moins étendue, mais qui offre quelques détails curieux, dignes-de trouver place ici.
« Passons», dit-il , « aux Libyens voisins de l'Égypte, et aux contrées limitrophes. Près de Cyrène et des Syrtes, habitent, dans l'intérieur des terres, quatre races de Libyens : on appelle Nasamons ceux qui s'étendent au midi ; Auskhises ceux qui occupent l'occident; Marmarides ceux qui ont leurs demeures entre l'Égypte et Cyrène, tenant une partie du rivage; les autres habitent autour des Syrtes. Deux de ces peuples obéissent à des rois, et mènent une vie moins grossière, moins éloignée de toute civilisation ; mais le
troisième ne reconnaît aucun roi , n'a aucune notion de la justice , et ne vit que de brigandages , enlevant tout ce qui arrive du désert , et l'emportant aussitôt dans son repaire. Tous ces Libyens mènent une existence abrutie , couchant en plein air, et n'ayant qu'une nourriture sauvage; sans maisons, sans habits , se couvrant seulement le corps de peaux de chèvres. Leurs chefs n'ont pas de villes sous leur obéissance, mais seulement, au voisinage des sources , des tours où ils renferment leurs richesses ; tous les ans ils somment les peuples tributaires de faire leur soumission , traitant en amis ceux qui obéissent , poursuivant comme rebelles ceux qui s'y refusent.
Leurs armes sont analogues à la nature de leur pays et à leur genre de vie; car, légers de corps , et habitant un pays de plaines, ils courent au combat avec trois javelots et des pierres dans un sac de cuir, sans aucune autre arme offensive ou défensive, ayant pour but de gagner de vitesse l'ennemi dans la poursuite comme dans la retraite, habiles qu'ils sont à courir et à lancer des pierres, après s'être appliqués à développer par l'exercice et rhabitude leurs dispositions naturelles. En général, à l'égard des étrangers, ils n'observent absolument ni loi , ni loi. »
Exposé de Straeon et de Pline,