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ASPECT ET CONSTITUTION PHYSIQUE

SITUATION, FIGUBB , ÉTENDUE.

Double de l'Europe en étendue, mais plus petite d'un tiers que l'Asie, à qui elle dispute en vain quelque parcelle de l'Orient, l'Afrique partage l'Occident avec l'Europe, et tandis que celle-ci tient l'empire du Nord, tous les feux du Midi s'épandent et débordent sur la torride Afrique.

En sa forme ramassée et compacte, où nul golfe profond , nul fleuve aisément navigable n'a ouvert au commerce et à la civilisation l'accès des régions intérieures, l'Afrique oppose à la fois au génie des découvertes, qui tourmente notre savante Europe, les difficultés naturelles d'un sol brûlant, sans routes et sans abords, etl'inhospitalité sauvage des peuples indigènes dont la fréquentation des nations étrangères n'est point venue adoucir la rudesse native.

Depuis l'isthme de Souéys , qui lui est à l'orient comme une jetée de communication avec l'Arabie, jusqu'au détroit de Gibraltar, où elle n'est séparée de l'Europe que par un détroit de moins de 3 lieues, l'Afrique déploie de l'est à l'ouest, sur la Méditerranée, plus de 1,000 lieues de côtes en regard de la Grèce, de l'Italie, de la France et de l'Espagne, tour à tour

(')« Africa terribilei treroithorrida terra tuinol tu «(Indique. »

E»ir. Ànnal. rtt (Cicéron, F» tas, «te). « Loti campi quos gerii Africa terra politog. »

Eajr. Satjr. m (Noniu* Marcello»).

dominatrices de cette plage, mais impuissantes à franchir l'étroite lisière resserrée entre la mer et l'Atlas. Depuis ce détroit où la fabuleuse antiquité plaçait les colonnes d' Hercule .

jusqu'au cap des Aiguilles qui marque au sud la pointe extrême du continent, se contourne onduleusement sur l'océan Atlantique un littoral de plus de 2,600 lieues, où quelques rivages mal connus attendent encore l'exploration de l'hydrographie moderne. Et depuis ce cap des Aiguilles, que les marins de Tyr doublèrent dans les vieux âges avec une flotte égyptienne , jusqu'au fond du golfe Arabique où ces habiles navigateurs ramenaient du grand voyage d'Ophir les vaisseaux charges d'or de l'opulent Salomon, se développe sur l'océan Indien une côte de plus de 2,400 lieues, dont la majeure

f>artie ne nous est connue que par le reèvement nautique de ses contours.

L'ensemble de cette vaste périphérie offre donc une ligne continue de plus de 6,000 lieues géographiques, présentant en sa forme une figure irrégulière que l'on a bien ou mal comparée , tantôt à un triangle , tantôt à un cœur, ou bien à ce jouet que les enfants nomment cerf-volant : si nous voulions grossir le catalogue des comparaisons de ce genre, nous ajouterions que l'Afrique reproduit la figure réniforme d'une noix d'acajou tour* nant ses deux lobes à l'ouest et au sud.

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î>eÈ>iifà te tfà îltàrié* voisin de Si- lieues èàrHes; (mis, frangées autoùr zertë, qui pfOiettè à 37° 19' 40" de la- d'elle comme des satellites, leé Comotitudë nord l'extrémité la plus avan- fes, les Séchelles, et ces îles de France cée de la côte septentrionale, jusqu'au et de Bourbon, que les affections mu- Cap des Aiguilles, qui termine à iuelles, le langage , les mœurs et la 34° 38'40" de latitude australe la pointe communauté d'origine tiennent étroisud du continent, on mesure un dia- tement liées sous des pavillons rivaux; mètre de 1,450 lieues, que coupe, sous enfin, à l'extrémité du cap Gharda- Urt angle de 80» nord-ouest, un autrë fouy, Socotora, de plus de 100 lieues diamètre dé 1,380 lieues, déterminant carrées, acquisition récente de l'Anla plus grande largeur de l'Afrique, gleterre pour assurer à ses paquebots entre le cap Vert, par 19°53'7" de Ion- la voie de l'Inde par la mer Rouge, gitude à l'ouest de Paris, et le cap Bien plus : située au voisinage im- Ghardafouy qui s'avance à l'opposite médiat de l'Afrique, offrant avec elle jusqu'à 49°l'8§"d« longitude est. La la pins parfaite similitude de caractèsuperrïcie totale est évaluée à 929,000 res physiques et de productions natulieues carrées géographiques. Et, com- relies , ainsi que les rapports ethnolojmë appendices immédiats, le banc des giques et linguistiques les plus intimes, Aiguilles à l'extrémité sud, et le banc l'Arabie semble constituer au nordd'Arguin, sur la marge occidentale, ëst un appendice de ce continent bien prolongent sous les eaux de l'Océan la plutôt que de celui d'Asie. Sans pré- Vaste étendue des terres africaines. tendre sur ce motif introduire une dé-

, limitation nouvelle des grandes divi-

dépendances. sions de l'ancien monde, du moins

est-il opportun de signaler ces con-

En dehors de ces limites existent nexités répétées, que la géographie et

des îles, soit isolées, soit groupées en l'histoire s'accordent à montrer si

archipels, que leur voisinage relatif étroites et si nombreuses, fait encore annexer, comme des dépendances, au large continent d'Afri- mers ambiantes, courants. que. En nous bornant à indiquer les

Srincipales< nous avons à énumérer, Les mers qui baignent ces immenans l'océan Occidental, Madère, fa- ses rivages circulent autour d'eux en meuse par ses vins ; les Canaries, aux- courants rapides, dérivations du grand quelles se rattache le souvenir des îles courant équatorial que la rotation ter- Fortunées, des Hespérides et des Gor- restre imprime aux mobiles eaux de

§ones de l'antiquité, et celui peut-être l'Océan. Dans la mer des Indes, le e cette Atlantide disparue, que la mouvement normal, modiûé par la vieille Égypte racontait à la Grèce disposition des côtes, court au nordnaissante; plus loin, les îles du cap Ouest le long des rivages, jusqu'au Vert; au fond de la mer de Guinée, fond du golfe du Bengale, d'où il se Fernan-do-Po, le Prince, Saint-Thomé, réfléchit au sud-ouest pour aller frap- Annobon, qui semblent culminer sur per les berges de Madagascar; penune prolongation sous -marine des dant que la même impulsion, propagée montagnes des Ambozes; au large, et en deçà de la chaîne des Maldives, enialonnànt la route de l'océan Indien, traîne les eaux de la mer d'Oman le le rocher de l'Ascension, terre nue long des plages orientales du continent sans souvenirs, et celui de Sainte-Hé- africain, et les précipite dans le canal lène, sur lequel est ineffaçablement de Mozambique. Au sortir de cette écrit le plus grand nom historique manche, elles se réunissent à la fois des temps modernes; sur la côte au courant particulier du Bengale et orientale* Madagascar, la plus grande au grand courant équatorial, pour des îleS africaines, présentant à elle continuer avec une nouvelle puissance seule une étendue de plus de 20,000 de glisser le long des côtes jusqu'au

HISTOltfÉ b

banc dés Aiguilles, le traverser en le contournant, et là, se combinant avec les effluves polaires, s'avancer d'une part au nord dans la mer de Guinée, ei s'aller perdre d'autre part au nordouest dans le courant équatorial de l' Atlantique. Ici encore les mers d'Afrique se refusent à l'influence directe du mouvement normal; elles ne reçoivent que son impulsion réfléchie, alors qu'après avoir glissé sur les côtes brasiliennes, contourné le golfe du Mexique et longé les États-Unis, il revient sur lui-même porter d'uue part les eaux de l'Océan dans la IVlétf iterranée, où elles courent à l'est contre le littoral barbaresque, etd'autre part se diriger en biaisant vers la côte occidentale, imprimer an banc d'Àrguin la triste célébrité d'un fameux naufrage (celui de fa Médusé)^ et poursuivre sa marche fatale jusque dans le golfe de Guinée, où sa rencontre avec le courant du sud se révèle par des tournants moins renommés, mais plus à craindre que Charybde et Seylla, tant chantés par la poétique antiquité.

Cette route circulaire du Gulf- Stream (comme l'appellent les marins du Nord) n'a-t-elle d'autre hovau central qUe la niasse inerte des eaux atlantiques? ou bien faut -il croire qu'un grand continent submergé trace encore, au fond des mers, un lit infranchissable à ce fleuve gigantesque? 0 Platon! cette Atlantide, attestée à Solon par les traditions immémoriales de l'Égypte , et dotée, par ta rêveuse imagination, de peuples si merveilleusement sages, cette terre, que la fable dispute à l'histoire, gît-elle, en effet, sous ces eaux immobiles, autour des* quelles roule incessamment un courant fougueux , emprisonné dans seS liquides rivages?

VENTS BÉGULIEBS.

D'accord avec les courants maritimes généraux, les vents alizés régnent constamment d'est en ouest sur la zone équinoxiale de l'Océan; mais, comme les courants généraux, les vents alizés n'étendent point leur domaine jus*

L'Afrique. *

oju'aux abords du littoral africain : sur

toute la côte occidentale, des tenta tout aussi réguliers , tout aussi cons* tants, loin de souffler à l'ouest, se dl* rigent dans un sens opposé vers la terre; et dans la mer des Indes, lé phénomène des moussons frappe les côtes orientales , jusqu'au cap Delgado, d'un vent de nord-?st gui dore un« moitié de l'année (d'octobre à février)* tandis qu'un vent de sud-ouest le remplace pendant l'autre moitié (d'avril à août).

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