ENTREVUE DE SYPHAX ET DE SCI
pion. — Syphax avait été conduit devant Scipion, et son entretien fit comprendre à celui-ci tout le danger du nouveau mariage de Massinissa : « Quel «démon t'a poussé, dit Scipion au « prisonnier, à renoncer à l'alliance «. romaine, et à préférer celle de Car- « thage, qui t'avait toujours combat- « tu? » Syphax répondit : « C'est So- «phonisbe, fille d'Asdrubal. Je l'ai « aimée, pour mon malheur. Elle aime « ardemment sa patrie, et est habile à « persuader ce qu'elle veut. C'est elle « qui m'a fait l'allié de Carthage, et « qui m'a précipité dans cet abîme de « maux. Prenez garde qu'elle ne sé- « duise aussi Massinissa, et qu'elle ne « l'entraîne à son parti.» Il parlait ainsi, autant par dépit de l'infidélité de Sophonisbe, que par jalousie et par haine contre Massinissa. Ces paroles furent bien accueillies de Scipion, qui garda Syphax auprès de lui , et le consulta fréquemment, dit Appien, comme, autrefois Cyrus, le roi de Lydie Crésus, qui était aussi son captif. Peut-être Scipion se ménageait -il les moyens d'inquiéter Massinissa, si les prévisions de Syphax se réalisaient.
SCIPION BECLAME SOPHONISBE;
(*) Rollin, le président de Brosses emploient ces expressions à propos de cette entrevue de Massinissa et de Sophonisbe. Le sujet de Sophonisbe a été traité trois fois par trois poètes tragiques d'une valeur bien différente, Mairet , Corneille, Voltaire. Aucun n'y a réussi.
NUMIDIE ET MAURITANIE