MORT DE MICIPSA; SES DERNIÈRES
paroles. — Depuis la guerre de Numance , le roi de Numidie traita Jugurtha comme l'égal de ses propres enfants; et plus tard, quand il sentit approcher sa fin , il résolut de lui donner une part dans son héritage , afin qu'il ne fût pas tenté de prendre le tout. Couché sur son lit de mort , il
NUMIDIE ET MAURITANIE
fit appeler Adherbal , Hiempsal , et celui qu'il appelait son fils d'adoption , et adressa aux trois jeunes princes une touchante allocution. Il leur recommanda de vivre en paix et de se fjrêter, dans les circonstances difficies, un mutuel secours. Il termina en disant : « Je vous laisse un royaume solidement affermi , si dans vos rapports vous êtes loyaux et gens de bien; mais aisé à détruire, si vous ne l'êtes pas : car l'union augmente les forces des plus petites choses ; la désunion ruine insensiblement les plus grandes.
C'est à toi , Jugurtha, plutôt qu'à tes frères, puisque tu es le plus âgé et le plus sage, à prévenir les événements qui amènent la discorde et les ruptures ; parce que, dans tout démêlé, le plus fort, quoique attaqué le premier, ne laisse pas, à raison même de sa supériorité, dépasser pour l'agresseur. Pour vous, Adherbal et Hiempsal, respectez et honorez Jugurtha. Soyez comme lui braves et habiles , et faites en sorte qu'à l'égard de mes enfants je ne paraisse pas avoir été plus heureux par l'adoption que par la nature. » Jugurtha témoigna sa reconnaissance au roi mourant par les plus vives protestations. Mais Micipsa avait à peine fermé les yeux, que sa famille fut accablée de tous les maux qu'il avait prévus (119).