‹ Afrique. Tableau generalChapitre 175 sur 232 · DES RENFORTS ; IL DÉFAIT L'ARMÉE · texte numérisé non relu

DES RENFORTS ; IL DÉFAIT L'ARMÉE

de scipion. — Cette diversion , tout en dissipant les graves inquiétudes de César , ne le délivrait pas des deux armées qu'il avait sur les bras. Reconnaissant qu'il était trop faible pour livrer bataille, il se résigna à attendre dans son camp, qu'il avait rendu inexpugnable. En même temps il envoyait des députés aux villes et aux tribus de l'Afrique, pour les détacher de Scipion et de Juba , contre lesquels il y avait partout de graves sujets de mécontentement. Il réussit auprès de plusieurs , et il parvint même à entretenir des intelligences dans le camp ennemi. Les Gétules et les Numides avaient conservé un souvenir ineffaçable du grand nom de Marius. Quan'd ils surent que César était l'allié du chef qu'ils avaient tant appris à redouter, et qu'il continuait son parti , ils commencèrent à se refroidir pour leurs généraux et à les abandonner. Les tribus gétuliennes , qui bordaient le royaume de Juba , montraient toutes les dispositions les plus favorables pour César; et leur attitude devint telle, que Juba fut encore obligé de détacher de son armée quelques troupes pour les surveiller. Enfin , les secours et les vivres arrivèrent. César affronta l'ennemi, et remporta la victoire dans une action de cavalerie. Scipion , désespérant de vaincre seul , pressait Juba de le rejoindre à tout prix pour terminer la guerre par une bataille décisive , rejetant les conseils de Caton, qui l'engageait à temporiser.

arrivée de juba; stratagème employé par césar pour rassurer ses soldats. — Le roi de Numidie ayant appris la nouvelle du combat où

L'UNIVERS

Scipion avait eu le dessous , et recevant les lettres par lesquelles celui-ci implorait son secours, se remit en marche après avoir confié à Sabura , dont l'habileté lui était bien connue, le soin de combattre Sittius. Quand le bruit se répandit que Juba était sur le point d'arriver, les césariens , qui avaient déjà fort à faire avec Scipion et les autres pompéiens , se laissèrent aller 5 la crainte et au découragement. La renommée publiait des choses effrayantes touchant les forces du roi barbare , et César avait tout à redouter de la consternation où il voyait ses soldats. Pour dissiper ces terreurs, il imagina un expédient singulier qui lui réussit pleinement. Il résolut d'enchérir encore sur les bruits qui alarmaient tant ses légions, et les ayant rassemblées, il leur dit : « Je sais que « Juba arrive avec dix légions, 30,000 « chevaux, 100,000 soldats armés à la « légère, et 300 éléphants. Que les cu- « rieux de nouvelles cessent donc de « faire des recherches inquiètes et de « bâtir des systèmes , et qu'ils s'en « rapportent à ce que je leur annonce « sur des avis certains ; ou bien je les « embarquerai sur le plus vieux de mes « navires , et je les abandonnerai au « gré des vents, pour être portés en « quelque terre que ce puisse être. »

Cette exagération confirma d'abord toutes les terreurs, mais elle servit à les dissiper entièrement quand la vérité fut connue. En effet, Juba ayant établi son camp auprès de Scipion , mais à part , on reconnut bien que ses forces n'étaient pas si considérables qu'on l'avait craint jusque-là. Enfin , on sut qu'en outre de sa cavalerie numide et de son infanterie légère , qui étaient très-nombreuses, il n'avait que trois légions , 800 chevaux , et 30 éléphants. Alors toute cette crainte imaginaire s'évanouit , et les soldats de César en vinrent à ne faire aucun cas de la jonction de Juba avec leurs ennemis.

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